Coming In
eBook - ePub

Coming In

  1. 176 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub

Coming In

À propos de ce livre

"Le coming out n'est pas la solution, mais le problème. Il fallait arrêter mon coming out, arrêter mon implosion. Tant qu'il en était encore temps.Et à supposer que je n'implose pas, que se passerait-il après avoir dit à tous ma part obscure? Si ce qui se trouvait caché en moi émergeait au grand jour, que se passerait-il dans la minute, l'heure, le jour suivant?Non, j'avais besoin de l'inverse. D'un coming in.Pour pouvoir décider ce que je voulais faire, il me fallait réparer ma fracture.De l'intérieur, et non pas de l'extérieur.In et non pas out.Prendre le temps de plonger en moi pour comprendre comment et pourquoi j'étais passé à côté de moi-même…"

Foire aux questions

Oui, vous pouvez résilier à tout moment à partir de l'onglet Abonnement dans les paramètres de votre compte sur le site Web de Perlego. Votre abonnement restera actif jusqu'à la fin de votre période de facturation actuelle. Découvrez comment résilier votre abonnement.
Non, les livres ne peuvent pas être téléchargés sous forme de fichiers externes, tels que des PDF, pour être utilisés en dehors de Perlego. Cependant, vous pouvez télécharger des livres dans l'application Perlego pour les lire hors ligne sur votre téléphone portable ou votre tablette. Découvrez-en plus ici.
Perlego propose deux abonnements : Essentiel et Complet
  • Essentiel est idéal pour les étudiants et les professionnels qui aiment explorer un large éventail de sujets. Accédez à la bibliothèque Essentiel comprenant plus de 800 000 titres de référence et best-sellers dans les domaines du commerce, du développement personnel et des sciences humaines. Il comprend un temps de lecture illimité et la voix standard de la fonction Écouter.
  • Complet est parfait pour les étudiants avancés et les chercheurs qui ont besoin d'un accès complet et illimité. Accédez à plus de 1,4 million de livres sur des centaines de sujets, y compris des titres académiques et spécialisés. L'abonnement Complet comprend également des fonctionnalités avancées telles que la fonction Écouter Premium et l'Assistant de recherche.
Les deux abonnements sont disponibles avec des cycles de facturation mensuels, semestriels ou annuels.
Nous sommes un service d'abonnement à des ouvrages universitaires en ligne, où vous pouvez accéder à toute une bibliothèque pour un prix inférieur à celui d'un seul livre par mois. Avec plus d'un million de livres sur plus de 1 000 sujets, nous avons ce qu'il vous faut ! Découvrez-en plus ici.
Recherchez le symbole Écouter sur votre prochain livre pour voir si vous pouvez l'écouter. L'outil Écouter lit le texte à haute voix pour vous, en surlignant le passage qui est en cours de lecture. Vous pouvez le mettre sur pause, l'accélérer ou le ralentir. Découvrez-en plus ici.
Oui ! Vous pouvez utiliser l'application Perlego sur les appareils iOS ou Android pour lire à tout moment, n'importe où, même hors ligne. Parfait pour les trajets quotidiens ou lorsque vous êtes en déplacement.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application.
Oui, vous pouvez accéder à Coming In par Robert Branche en format PDF et/ou ePUB ainsi qu'à d'autres livres populaires dans Literature et Literature General. Nous disposons de plus d'un million d'ouvrages à découvrir dans notre catalogue.

Informations

EN TERRES INDIENNES

15

J’étais dans les airs, ni parti ni arrivé. Ailleurs. Un sas entre Paris et Delhi. Un lieu théorique, une abstraction, un pont entre les deux. Un vortex m’avait absorbé et me recracherait dans quelques heures. Probablement…
Que trouverais-je à l’autre bout ? Je ne voulais pas le savoir. Je n’aimais ni les guides, ni les histoires pensées à l’avance. J’irais au hasard. J’avais simplement choisi trois étapes : Bénarès, Calcutta et Hampi. Et emporté une pile de livres avec moi, dont plusieurs sur les neurosciences. Envie de comprendre un peu mieux comment fonctionnaient mon foutu cerveau et mes émotions contradictoires. Recherche de clés de lecture à défaut de réponses toutes faites.
La cabine était immobile, coupée de tout, une bulle virtuelle. La vitesse et le mouvement étaient virtuels, extérieurs. Ici, rien ne bougeait. Une salle de cinéma emboitée dans un tunnel métallique. A peine une sourde vibration.
Si c’était mon premier voyage en Inde, j’avais l’habitude des longs vols en avion. J’aime ces parenthèses. Très propices au songe ou à la réflexion. J’y suis toujours intellectuellement productif. Aucun téléphone ne risque d’y sonner, les voisins n’ont pas l’outrecuidance de m’adresser la parole. La durée connue et fixée à l’avance stimule ma créativité, comme pour un examen ou un concours. Je sais quand j’aurai à rendre ma copie.
Ce temps suspendu était cette fois celui d’une grossesse. Huit heures pour accoucher de l’Inde, c’était court. Trop court. Beaucoup trop court. Je fermai les yeux.
Je suis dans un bateau qui avance lentement, fendant l’eau dans une traversée qui délicieusement n’en finit pas. Non, il ne la fend pas, il glisse sur elle, l’effleurant doucement. L’équipage, complice de ma volonté d’une croisière paresseuse, a réglé la vitesse au minimum.
A la différence de l’avion, l’avancée n’y est pas théorique : par la fenêtre de ma cabine, je vois l’eau ruisseler sur la coque. Des escales rythment la progression et la ralentissent. Je prends plaisir à les multiplier, à aller à terre et y inventer des visites inutiles afin de retarder le moment du départ.
Descendre la côte italienne, se perdre dans les ruelles napolitaines et les pentes du Vésuve, tourner autour de la botte, jouer dans le chapelet des îles grecques, dorer longuement sur une crique isolée, atteindre la côte turque, m’imprégner de la moiteur des hammams, trainer le long de la Palestine, m’insinuer dans le canal de Suez, exiger d’aller voir les pyramides, pénétrer dans la mer Rouge, ne pas résister aux appels des muezzins de Médine et de la Mecque, remonter les terres arides du Yémen et du sultanat d’Oman, ne pas m’attarder dans Dubaï l’artificielle, profiter d’une dernière halte au Pakistan, et finir par apercevoir l’Indian Gate de Bombay. Dommage je suis arrivé.
Je rouvris les yeux. L’obscurité dans la cabine de l’avion était totale. Chaque passager à sa place. Pas de cris, pas de paroles plus hautes les unes que les autres. Le trajet était aseptisé, un accouchement sous péridurale. Tout était feutré, artificiel. Juste le temps qui s’écoulait sans bruit.
Les fenêtres sont des hublots hermétiques. Nous sommes trop loin de la terre des hommes pour pouvoir y vivre : le dehors est dangereux et impur, froid et létal, dénué d’oxygène, chargé de rayonnements nocifs. Aucune molécule ne doit ni rentrer, ni sortir. Nous sommes dans un espace que nous ne pouvons que traverser et en aucun cas habiter. Plongés dans un milieu dangereux sans air et sans vie. La peau de l’avion est la nôtre, une nouvelle peau protectrice, dont les fenêtres sont tout sauf des pores. Nous sommes isolés, protégés, coupés de nos racines, pris en charge et infantilisés.
Je découvris plus tard combien dans les trains indiens tout y était l’inverse : la paroi n’y est pas une peau qui isole, mais une peau qui relie. Des cloisons poreuses, un organisme métallique vivant, un échange omniprésent. Les vitres sont des grilles, des liens entre dehors et dedans. Même les portes ne sont pas fermées. Sans cesse, des arrêts. Partout des corps. Allongés, debout, assis, immobiles, piétinés, piétinant, montant, descendant, dormant, mangeant, buvant, rotant, parlant, chantant, criant. La vie en mouvement.
Plus que deux heures. Je me plongeai dans « Le Nouvel Inconscient » de Lionel Naccache.

16

Bénarès est une hydre à deux têtes, Jekyll et Hyde, deux mondes parallèles, juxtaposés et entremêlés, un côté lumineux, un côté obscur.
Au bord du Gange, le pays des Dieux et de la lumière. Le soleil y balaie la moindre marche, le moindre recoin. Aucun arbre, aucun abri pour s’en protéger, juste des berges en pierres nues et sans artifices. Aucune sculpture. Aucune ombre. Rien pour se cacher. Caïn assujetti pour toujours au regard des Dieux. Aucune chance de se soustraire ni au fleuve, ni au ciel. Être au bord du Gange, c’est être écorché vif et mis à nu. Vulnérable et soumis à la puissance des éléments. L’eau et le feu.
Fait de calme et d’énergie, source de vie, le fleuve coule lentement et majestueusement. Il se nourrit des boues et des algues qui soulignent son avancée. A la fois, dernier véhicule pour les morts et bain pour les vivants, il est le cœur et le poumon. Un Dieu fluide au service duquel tout est organisé. Les rives, les échappées des ghâts, les façades des maisons, tout est décor, tout est offrande, tout est supplication. Même le soleil se courbe à l’horizon.
Les berges sont respectueuses et silencieuses. Pas de cris, pas de voitures, pas de courses. Des hommes, des femmes et des enfants y marchent, prient, chantent, méditent, ou, plus prosaïquement, s’y lavent ou lavent. Aucun formalisme, aucun cloisonnement. Un divin inclusif. Rien, ni personne n’est rejeté. Le vivant est un. Les buffles, les vaches et les chiens le savent, et se mêlent naturellement au lent ballet de l’existence.
Tel est l’univers des Dieux, celui de l’ouverture. C’est là qu’ils accueillent, enseignent et consolent.
A l’autre extrémité du monde, tout là-haut, loin, se trouve la rue. Elle serpente sur la cime, singeant sinistrement le cours du fleuve. Ici, ce n’est plus de l’eau qui coule, mais des excréments. Ici, ce n’est plus la lumière qui domine, mais le noir éternel. Ici, ce n’est plus le pays des Dieux, mais celui des hommes.
Coincée entre les maisons ...

Table des matières

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. Titre
  4. Copyright
  5. MARC
  6. POUSSER DES PORTES
  7. EN TERRES INDIENNES
  8. ÉPILOGUE