Le livre questionne le mĂ©canisme de financement de l'UniversitĂ© de Kinshasa, son originalitĂ©, ses effets pervers ainsi que les arrangements et l'idĂ©ologie qui organisent et lĂ©gitiment les rapports entre acteurs universitaires dans le cadre de systĂ©matisation d'un Ătat concessionnaire. Il propose, dans son dĂ©nouement, des alternatives pour rationaliser ce mĂ©canisme devenu vital pour cette institution universitaire.

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UNIVERSITE DE KINSHASA A L'ERE DU PARTENARIAT EDUCATIF (L')
- 141 pages
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UNIVERSITE DE KINSHASA A L'ERE DU PARTENARIAT EDUCATIF (L')
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Education GeneralChapitre 1
RESSORTS ET ENJEUX DE LâĂTUDE
1.1. CONTEXTE ET ĂNONCĂ DU PROBLĂME
Questionner le fonctionnement du champ universitaire congolais aprĂšs vingt ans du partenariat Ă©ducatif pour en saisir le(s) ressort(s), le progrĂšs rĂ©alisĂ© et ouvrir les perspectives, telle se rĂ©sume lâambition de cette Ă©tude. Dans ce champ, en effet, le partenariat Ă©ducatif a Ă©mergĂ© comme alternative Ă la situation sinistrĂ©e provoquĂ©e par la coupe drastique des financements publics. ConfrontĂ© Ă la contraction de ses ressources et, pour ce fait, soumis dĂšs lâannĂ©e 1982 Ă la cure dâamaigrissement des PAS, lâĂtat zaĂŻrois (congolais) avait quasi interrompu Ă partir de 1990, lâallocation des subsides Ă lâensemble du secteur Ă©ducatif. Il en est rĂ©sultĂ© que la part de lâĂ©ducation dans le budget national est passĂ©e de 25 % Ă 7 % entre 1980 et 1986 jusquâĂ atteindre le fond de moins 1 % pendant toute la dĂ©cennie 1990 (Poncelet, AndrĂ© et De Herdt, 2010 : 24).
Durant ces longues annĂ©es, lâĂtat ne versait plus de frais de fonctionnement aux Ă©tablissements dâenseignement, bref lâ« investissement ne relevait simplement plus des pratiques politiques gouvernementales dans ce secteur » (Maindo Ngonga, 2012 : 184b). Et, simultanĂ©ment, sâarrĂȘtait la coopĂ©ration avec les principaux bailleurs de fonds, en reprĂ©sailles aux tentatives mobutistes de contournement et/ou de rĂ©cupĂ©ration du processus de dĂ©mocratisation.1 Il en a rĂ©sultĂ© plusieurs consĂ©quences, notamment la suppression des bourses dâĂ©tudes pour les Ă©tudiants, la rĂ©duction drastique des salaires, des frais de fonctionnement, dâinvestissement et dâĂ©quipement, des grĂšves Ă rĂ©pĂ©tition, des annĂ©es blanches, etc., augurant lâarrĂȘt de lâoffre Ă©ducative universitaire, pourtant attendue.
Câest dans ce contexte que sâest nĂ©gociĂ© le partenariat Ă©ducatif dans les Ă©tablissements dâenseignement supĂ©rieur et universitaire. Les autoritĂ©s acadĂ©miques, les enseignants et les Ă©tudiants avaient convenu dâun nouveau mode de financement du fonctionnement de leurs Ă©tablissements. Les Ă©tudiants devaient dĂ©sormais financer eux-mĂȘmes leur formation en payant des frais qualifiĂ©s de « primes de sauvetage ».
Sur le plan institutionnel, le partenariat Ă©ducatif rĂ©pondait Ă lâimpĂ©ratif de la pĂ©rennisation de lâuniversitĂ© congolaise menacĂ©e de disparition par le dĂ©sinvestissement de lâĂtat. Dans le vocabulaire de lâĂ©poque, il sâagissait de « sauver les annĂ©es acadĂ©miques » afin dâĂ©viter de compromettre lâavenir de la jeunesse zaĂŻroise (congolaise).
Sur le plan socio-Ă©conomique, il a Ă©tĂ© conçu comme une alternative aux salaires de misĂšre payĂ©s irrĂ©guliĂšrement par lâĂtat et un remĂšde Ă la crise socio-Ă©conomique qui battait son plein au pays. Politiquement, il sâinterprĂ©tait comme une rĂ©sistance populaire contre le pouvoir mobutiste dĂ©cidĂ© de formater toutes les couches sociales qui en contestaient la lĂ©gitimitĂ© pendant la « transition dĂ©mocratique », particuliĂšrement les milieux universitaires qui se montraient plus rĂ©tifs.
Sans consacrer la privatisation totale de lâenseignement supĂ©rieur et universitaire, ce mode de financement a contribuĂ© Ă la survie de lâuniversitĂ© congolaise. Il a permis Ă lâuniversitĂ© de « perpĂ©tuer la lumiĂšre de la science au cĆur des tĂ©nĂšbres de la crise congolaise » (Rubbers et Petit, 2009 : 650). Sous ce rĂ©gime, une importante partie de la forte et croissante demande de la formation universitaire a Ă©tĂ© Ă©pongĂ©e, entraĂźnant par-devers lui une prolifĂ©ration desdits Ă©tablissements, si bien quâen 2010, il a Ă©tĂ© dĂ©nombrĂ© 1 578 Ă©tablissements dâenseignement supĂ©rieur et universitaire (publics et privĂ©s) gĂ©rant plus ou moins 200 000 Ă©tudiants (MINESU, Rapport dâaudit, 2010). Ce mode de financement a, enfin, servi Ă lâentretien de toute la bureaucratie administrative de lâenseignement supĂ©rieur et universitaire congolais et, dans certains cas, Ă lâĂ©rection des infrastructures acadĂ©miques.
Ainsi, Ă en croire Willy Bongo-Pasi et TĂ©lesphore Tsakala Munikengi (2004 : 99), câest grĂące Ă lâengagement, au sacrifice, au pragmatisme et au dĂ©vouement des professeurs ainsi quâĂ lâaide financiĂšre des Ă©tudiants et de leurs familles que lâuniversitĂ© congolaise a Ă©tĂ© sauvĂ©e si bien que, selon les auteurs prĂ©citĂ©s, le systĂšme Ă©ducatif est parmi les rares services publics du pays qui, pour ne pas disparaĂźtre, sâest organisĂ© avec les moyens de bord, sans pour autant trahir sa vocation.
Mais au fil des ans, le dĂ©ploiement du partenariat Ă©ducatif transforme les institutions universitaires, pour parler comme Jean Pierre Olivier De Sardan (1995 : 58-59), en un « marchĂ© » et une « arĂšne ». Un marchĂ© parce que son institutionnalisation sâest accompagnĂ©e de la « vĂ©nalisation » de toutes les prestations tant acadĂ©miques quâadministratives. Une arĂšne parce que ces institutions sont devenues « une scĂšne oĂč sâaffrontent divers acteurs sociaux autour dâenjeux de pouvoir, dâinfluence, de prestige, de notoriĂ©tĂ©, de contrĂŽle ». Quâon en juge par la prĂ©sence de multiples corporations qui ont Ă©mergĂ© dans le champ universitaire, sâopposant autour des intĂ©rĂȘts divergents sur fond des logiques de castes et revendiquant de nouvelles lĂ©gitimitĂ©s.
Ainsi, lâuniversitĂ© devient-elle un « lieu dâanalyse des logiques et des stratĂ©gies sociales et politiques » (Ela, 1990 : 254) des acteurs qui prĂ©sident Ă sa fonctionnalitĂ© au point que, pour paraphraser une fois de plus Jean Pierre Olivier De Sardan (1995 : 59), ni la rhĂ©torique salvatrice, ni les Ă©vocations patriotiques â aussi rĂ©elles que respectables â ne peuvent occulter la logique marchande et les luttes de pouvoir qui sous-tendent le partenariat. Câest au dĂ©voilement de cette logique et de ces jeux du pouvoir, versant souvent oubliĂ© sinon mĂ©connu des analyses institutionnelles, que nous consacrons ces rĂ©flexions. Une telle perspective permet, pour emprunter les termes de Laurence Proteau (2002 : 14), de rompre avec les interprĂ©tations du sens commun qui attribuent les pĂ©nuries du systĂšme scolaire Ă la seule rĂ©cession Ă©conomique et de prĂ©ciser les dynamiques de transformation et/ou de reproduction des institutions en leur sein.
Au fond, lâĂ©tude du partenariat Ă©ducatif prĂ©sente un intĂ©rĂȘt Ă plus dâun Ă©gard. Elle offre un cadre pertinent dâanalyse des changements en cours dans le champ universitaire congolais et de diffĂ©rents problĂšmes qui le minent. En mĂȘme temps, elle est rĂ©vĂ©latrice « des formes de domination Ă lâĆuvre dans toutes les sociĂ©tĂ©s » (Bianchini, 2004 : 241) et de tous les soubresauts subsĂ©quents. Enfin, parce que lâenseignement supĂ©rieur nâest quâun sous-systĂšme de la sociĂ©tĂ© globale et que sa crise dĂ©passe le seul cadre acadĂ©mique et renvoie Ă celle de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre (Verhaegen, 1978 : 6), la comprĂ©hension des avatars de lâuniversitĂ© Ă lâĂšre du partenariat est susceptible de renseigner sur le fonctionnement de lâensemble des institutions de la sociĂ©tĂ© congolaise oĂč les normes pratiques prĂ©valent sur celles juridico-lĂ©gales.
1.2. VISĂES DE LâĂTUDE
Nous voulons montrer quâen dĂ©pit de ses effets pervers sporadiquement dĂ©noncĂ©s lors des liturgies officielles, le partenariat Ă©ducatif en milieu universitaire congolais fait lâobjet dâun consensus politique. Aujourdâhui, mĂȘme si les voix sâĂ©lĂšvent timidement et progressivement pour en dĂ©noncer les mĂ©faits, le partenariat Ă©ducatif en milieu universitaire, que dâaucuns croyaient provisoire, continue son bonhomme de chemin. Il sâest imposĂ© comme le mode de fonctionnement qui garantit le dĂ©roulement « normal » des annĂ©es acadĂ©miques et arrange tous les partenaires Ă©ducatifs. Si les enseignants y trouvent une garantie de lâautonomie vis-Ă -vis de lâĂtat, une stratĂ©gie de protection de leur emploi et de rĂ©sorption des effets de la crise, les Ă©tudiants en profitent pour conquĂ©rir dans une « mĂ©diocritĂ© tranquille et heureuse » (Elikia MâBokolo, 2007 : 13) des diplĂŽmes tandis que lâĂtat se fait la bonne conscience dâĂȘtre dĂ©chargĂ© de ses responsabilitĂ©s et Ă lâabri des pressions de la communautĂ© universitaire. Câest la raison pour laquelle les appels renouvelĂ©s au dĂ©but de chaque annĂ©e acadĂ©mique aussi bien par le gouvernement congolais, les enseignants que par les Ă©tudiants et leurs parents, pour abroger ce mode de fonctionnement de lâuniversitĂ©, nâont jamais trouvĂ© un dĂ©but dâexĂ©cution.
Par ailleurs, il sâagit de scruter dans le contexte dâun « Ătat concessionnaire » (Poncelet, AndrĂ© et De Herdt, 2010 : 39), les formes de nĂ©gociations auxquelles sont soumises les rĂšgles institutionnelles au niveau local. Ces rĂšgles tout en Ă©tant en vigueur, informent moins le fonctionnement des institutions que les normes pratiques qui donnent accĂšs Ă la rationalitĂ© de la praxis dans le champ universitaire congolais.
Cependant, cette ambition aurait peu dâimportance, et serait moins instructive, si elle se rĂ©duisait Ă une entreprise pamphlĂ©taire en mettant Ă nu des « pratiques peu recommandables » du champ universitaire congolais. Ses lettres de noblesse lui viennent du fait quâelle permet la comprĂ©hension du fonctionnement de lâinstitution universitaire et de consolider les acquis actuels du modĂšle partenarial pour faire de lâuniversitĂ© un vĂ©ritable fer de lance du dĂ©veloppement national.
Ainsi, Ă lâobjectif analytique sus-Ă©voquĂ© sâarrime un objectif opĂ©rationnel : interroger lâefficacitĂ©, les contraintes et les issues possibles de ce mode de financement de lâenseignement supĂ©rieur et universitaire de maniĂšre Ă Ă©valuer les pratiques actuelles et les enjeux du partenariat Ă©ducatif ; Ă formuler des principes susceptibles de lâamĂ©liorer et, enfin, Ă simuler les possibilitĂ©s et les conditions dâextension du partenariat Ă©ducatif Ă dâautres acteurs Ă©tatiques et non Ă©tatiques, nationaux et internationaux.
Sous ce double objectif couvent quatre principaux enjeux. Il sâagit, en premier lieu, de produire une rĂ©flexion sur le fonctionnement de lâuniversitĂ© congolaise afin de comprendre les mĂ©canismes et les bases de reproduction du systĂšme Ă©ducatif en lâabsence des politiques publiques efficaces en matiĂšre dâĂ©ducation.
En deuxiĂšme lieu, il est question dâesquisser un modĂšle de partenariat dans lâoptique de la prise en charge globale des problĂšmes qui sâaccumulent et assaillent lâenseignement supĂ©rieur et universitaire congolais.
En troisiĂšme lieu, la vulgarisation de ce nouveau modĂšle de partenariat auprĂšs dâautres Ă©tablissements dâenseignement supĂ©rieur et universitaire pourrait concourir Ă lâamĂ©lioration des conditions de travail et de vie au sein desdits Ă©tablissements.
Enfin, en quatriĂšme lieu, faire prendre conscience aux uns et aux autres du fait que dans un contexte socio-Ă©conomique en mutation, le partenariat entre lâuniversitĂ© et les diffĂ©rents secteurs est plus que nĂ©cessaire pour gagner le pari de lâinnovation et de la compĂ©titivitĂ©, valeurs cardinales du nouvel espace mondial dâenseignement supĂ©rieur et universitaire.
1.3. POSTURE MĂTHODOLOGIQUE
Le regard sur le champ universitaire congolais se projette Ă partir de lâUNIKIN, la plus ancienne universitĂ© du pays (créée en 1954), la premiĂšre en termes des effectifs des enseignants et des Ă©tudiants, la premiĂšre Ă avoir mis en train le partenariat Ă©ducatif au niveau national. Lâanalyse se base sur une large enquĂȘte qui a touchĂ© les autoritĂ©s acadĂ©miques, les membres des corps acadĂ©mique, scientifique et administratif ; les responsables de diffĂ©rentes corporations ainsi que les Ă©tudiants. La dĂ©marche est essentiellement qualitative fondĂ©e sur des entretiens individuels. Elle prend Ă©galement appui sur lâexploitation en profondeur des documents ayant trait au partenariat Ă©ducatif, Ă lâĂ©volution de lâuniversitĂ© et au cadre dâanalyse.
La perspective adoptĂ©e dans ce travail est de longue durĂ©e Ă lâeffet de relativiser nombre dâimpressions et de stratĂ©gies discursives trĂšs trompeuses produites par lâincessante Ă©vocation dâune crise, dâun abandon, dâun Ăąge dâor fondateur, etc. Non pour enchĂąsser la rĂ©alitĂ© Ă©tudiĂ©e dans des catĂ©gories abstraites, mais pour lâarticuler dans des relations gĂ©nĂ©tiques concrĂštes qui revĂȘtent inĂ©vitablement un caractĂšre individuel propre (Weber, 1985 : 44). Nous remontons ainsi le filon pour repĂ©rer les premiĂšres traces des pratiques partenariales dĂšs lâaube de lâinstitution scolaire, puis Ă la crĂ©ation de lâuniversitĂ© congolaise qui sâest rĂ©alisĂ©e sur fond dâune crise comme en tĂ©moignent les analyses de BenoĂźt Verhaegen (1978).
1.4. NIVEAUX DâANALYSE
LâĂ©tude repose sur une approche non normative centrĂ©e sur les effets du partenariat et de la « nĂ©gociation » des services pĂ©dagogiques et administratifs. Elle questionne de ce fait deux niveaux.
Le premier relĂšve de la sociologie des institutions universitaires pour en saisir la dimension nĂ©o-corporatiste, Ă travers lâĂ©tude de nouveaux acteurs collectifs, leur structuration et leurs rapports avec lâinstance Ă©tatique. Le second relĂšve dâune sociologie politique visant plutĂŽt Ă interroger les orientations contemporaines du politique africain Ă partir des stratĂ©gies des acteurs dans les institutions « non politiques » Ă proprement parler. Il sâagit dâinterroger lâapproche nĂ©o-patrimonialiste reformulĂ©e par Jean François Bayart (1989, 2006) autour des notions de « politique du ventre » et « dâinstrumentalisation de lâextraversion » en essayant de construire la notion dâ« Ătat concessionnaire » dans la foulĂ©e dâune problĂ©matique qui interroge le mode dâadministration des services publics dans les Ătats fragiles (ChĂątaigner et Magro, 2007).
De la sorte, il sera restituĂ© Ă lâUNIKIN, en particulier, et Ă lâenseignement supĂ©rieur et universitaire congolais, en gĂ©nĂ©ral, sa propre historicitĂ© souvent occultĂ©e par une version locale de lâĂ©cole dĂ©pendantiste qui renvoie toutes les transformations du paysage universitaire aux incursions politiques. Pourtant, câest Ă lâaune de cette double dĂ©termination que se dĂ©voile le mieux lâintelligence des dynamiques qui affectent le champ universitaire congolais.
Ce positionnement heuristique interdit donc dâenvisager la contribution des usagers sans rĂ©fĂ©rence Ă dâautres Ă©lĂ©ments de contexte ou de stratĂ©gie comme lâabsence de capitalisation susceptible de garantir les retraites des professeurs, la « panne » du renouvellement acadĂ©mique et la quasi-disparition dâune sanction du diplĂŽme par le marchĂ© de lâemploi formel lui-mĂȘme effondrĂ©2, lâautonomisation des administrations assurant leur propre reproduction en lâabsence des politiques publiques efficaces.
1.5. FILIATION THĂORIQUE
Les concepts structurants de lâĂ©tude ont Ă©tĂ© empruntĂ©s Ă la fois aux dispositifs thĂ©oriques bourdieusiens (champ, capital, marchĂ©) et desardiens (marchĂ©, arĂšne). Leur usage simultanĂ© appelle des justifications pour vider dâentrĂ©e de jeu les malentendus dans lâapprĂ©hension des argumentations dĂ©veloppĂ©es aux diffĂ©rents stades de lâanalyse.
Sans ignorer la diffĂ©rence des sensibilitĂ©s paradigmatiques auxquelles ils renvoient, nous avons assignĂ© Ă ces concepts le mĂȘme statut heuristique dans la construction de cette Ă©tude. Ainsi, nous confĂ©rons la mĂȘme portĂ©e sĂ©mantique aux concepts champ et arĂšne dans une perspective plus souple pour indiquer Ă la fois les rapports de force du champ universitaire et les espaces de nĂ©gociations et de contournement de la domination exploitĂ©s par les acteurs sociaux. De mĂȘme, le concept de marchĂ© est utilisĂ©, dans son acception desardienne, pour dĂ©signer lâespace oĂč circulent et se commercialisent les biens matĂ©riels et symboliques et, au sens bourdieusien, pour mettre en Ă©vidence les investissements nĂ©cessaires au captage et Ă la rentabilitĂ© de quatre ordres de capital : Ă©conomique, social, culturel et symbolique.
Cette triangulation nous a paru plus enrichissant que ne le seraient les deux paradigmes considĂ©rĂ©s indĂ©pendamment. Elle nous a permis de nous mettre en garde contre lâapprĂ©hension plus contraignante des structures (hiĂ©rarchies acadĂ©miques) tel quâil peut rĂ©sulter dâune application mĂ©canique de la thĂ©orie du champ dans sa version bourdieusienne, de mĂȘme quâelle nous prĂ©vient contre une inclinaison Ă une conception trop labile des cadres institutionnels (certains parlent de la sociĂ©tĂ© liquide) trĂšs ouverte Ă toutes les stratĂ©gies dâacteurs telle que laisserait penser une interprĂ©tation malencontreuse de la perspective desardienne.
De mĂȘme, elle offre lâavantage de privilĂ©gier une approche processuelle et factuelle du fonctionnement de lâinstitution universitaire ici considĂ©rĂ©e, Ă savoir : lâUNIKIN. Câest donc fort de ce mixage que nous avons dĂ©nichĂ© les logiques sous-jacentes au partenariat Ă©ducatif dans le champ universitaire congolais. Au clair, il sâagit de relever les effets de ce quâAntony Giddens appellerait la dualitĂ© du structurel en Ă©clairant les contraintes que la faillite des institutions un...
Table des matiĂšres
- Couverture
- 4e de couverture
- Dans la mĂȘme collection
- Titre
- Copyright
- LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
- PRĂFACE
- ĂPIGRAPHE
- CHRONOLOGIE DES ĂVĂNEMENTS POLITIQUES ET ĂDUCATIFS
- AVANT-PROPOS
- Chapitre 1. RESSORTS ET ENJEUX DE LâĂTUDE
- Chapitre 2. TRAJECTOIRES ET PRATIQUES DU PARTENARIAT ĂDUCATIF EN RDC
- Chapitre 3. MARCHANDISATION DES SERVICES PĂDAGOGIQUES, ACADĂMIQUES ET ADMINISTRATIFS Ă LâĂRE DU PARTENARIAT ĂDUCATIF
- Chapitre 4. LâARĂNE ACADĂMIQUE KINOISE1
- Chapitre 5. PERSPECTIVES POUR LE PARTENARIAT Ă LâUNIKIN
- CONCLUSION GĂNĂRALE
- BIBLIOGRAPHIE
- TABLE DES MATIĂRES
Foire aux questions
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