UNIVERSITE DE KINSHASA A L'ERE DU PARTENARIAT EDUCATIF (L')
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UNIVERSITE DE KINSHASA A L'ERE DU PARTENARIAT EDUCATIF (L')

  1. 141 pages
  2. French
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UNIVERSITE DE KINSHASA A L'ERE DU PARTENARIAT EDUCATIF (L')

À propos de ce livre

Le livre questionne le mĂ©canisme de financement de l'UniversitĂ© de Kinshasa, son originalitĂ©, ses effets pervers ainsi que les arrangements et l'idĂ©ologie qui organisent et lĂ©gitiment les rapports entre acteurs universitaires dans le cadre de systĂ©matisation d'un État concessionnaire. Il propose, dans son dĂ©nouement, des alternatives pour rationaliser ce mĂ©canisme devenu vital pour cette institution universitaire.

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Informations

Éditeur
Academia
Année
2017
ISBN de l'eBook
9782806121523

Chapitre 1

RESSORTS ET ENJEUX DE L’ÉTUDE

1.1. CONTEXTE ET ÉNONCÉ DU PROBLÈME

Questionner le fonctionnement du champ universitaire congolais aprĂšs vingt ans du partenariat Ă©ducatif pour en saisir le(s) ressort(s), le progrĂšs rĂ©alisĂ© et ouvrir les perspectives, telle se rĂ©sume l’ambition de cette Ă©tude. Dans ce champ, en effet, le partenariat Ă©ducatif a Ă©mergĂ© comme alternative Ă  la situation sinistrĂ©e provoquĂ©e par la coupe drastique des financements publics. ConfrontĂ© Ă  la contraction de ses ressources et, pour ce fait, soumis dĂšs l’annĂ©e 1982 Ă  la cure d’amaigrissement des PAS, l’État zaĂŻrois (congolais) avait quasi interrompu Ă  partir de 1990, l’allocation des subsides Ă  l’ensemble du secteur Ă©ducatif. Il en est rĂ©sultĂ© que la part de l’éducation dans le budget national est passĂ©e de 25 % Ă  7 % entre 1980 et 1986 jusqu’à atteindre le fond de moins 1 % pendant toute la dĂ©cennie 1990 (Poncelet, AndrĂ© et De Herdt, 2010 : 24).
Durant ces longues annĂ©es, l’État ne versait plus de frais de fonctionnement aux Ă©tablissements d’enseignement, bref l’« investissement ne relevait simplement plus des pratiques politiques gouvernementales dans ce secteur » (Maindo Ngonga, 2012 : 184b). Et, simultanĂ©ment, s’arrĂȘtait la coopĂ©ration avec les principaux bailleurs de fonds, en reprĂ©sailles aux tentatives mobutistes de contournement et/ou de rĂ©cupĂ©ration du processus de dĂ©mocratisation.1 Il en a rĂ©sultĂ© plusieurs consĂ©quences, notamment la suppression des bourses d’études pour les Ă©tudiants, la rĂ©duction drastique des salaires, des frais de fonctionnement, d’investissement et d’équipement, des grĂšves Ă  rĂ©pĂ©tition, des annĂ©es blanches, etc., augurant l’arrĂȘt de l’offre Ă©ducative universitaire, pourtant attendue.
C’est dans ce contexte que s’est nĂ©gociĂ© le partenariat Ă©ducatif dans les Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur et universitaire. Les autoritĂ©s acadĂ©miques, les enseignants et les Ă©tudiants avaient convenu d’un nouveau mode de financement du fonctionnement de leurs Ă©tablissements. Les Ă©tudiants devaient dĂ©sormais financer eux-mĂȘmes leur formation en payant des frais qualifiĂ©s de « primes de sauvetage ».
Sur le plan institutionnel, le partenariat Ă©ducatif rĂ©pondait Ă  l’impĂ©ratif de la pĂ©rennisation de l’universitĂ© congolaise menacĂ©e de disparition par le dĂ©sinvestissement de l’État. Dans le vocabulaire de l’époque, il s’agissait de « sauver les annĂ©es acadĂ©miques » afin d’éviter de compromettre l’avenir de la jeunesse zaĂŻroise (congolaise).
Sur le plan socio-Ă©conomique, il a Ă©tĂ© conçu comme une alternative aux salaires de misĂšre payĂ©s irrĂ©guliĂšrement par l’État et un remĂšde Ă  la crise socio-Ă©conomique qui battait son plein au pays. Politiquement, il s’interprĂ©tait comme une rĂ©sistance populaire contre le pouvoir mobutiste dĂ©cidĂ© de formater toutes les couches sociales qui en contestaient la lĂ©gitimitĂ© pendant la « transition dĂ©mocratique », particuliĂšrement les milieux universitaires qui se montraient plus rĂ©tifs.
Sans consacrer la privatisation totale de l’enseignement supĂ©rieur et universitaire, ce mode de financement a contribuĂ© Ă  la survie de l’universitĂ© congolaise. Il a permis Ă  l’universitĂ© de « perpĂ©tuer la lumiĂšre de la science au cƓur des tĂ©nĂšbres de la crise congolaise » (Rubbers et Petit, 2009 : 650). Sous ce rĂ©gime, une importante partie de la forte et croissante demande de la formation universitaire a Ă©tĂ© Ă©pongĂ©e, entraĂźnant par-devers lui une prolifĂ©ration desdits Ă©tablissements, si bien qu’en 2010, il a Ă©tĂ© dĂ©nombrĂ© 1 578 Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur et universitaire (publics et privĂ©s) gĂ©rant plus ou moins 200 000 Ă©tudiants (MINESU, Rapport d’audit, 2010). Ce mode de financement a, enfin, servi Ă  l’entretien de toute la bureaucratie administrative de l’enseignement supĂ©rieur et universitaire congolais et, dans certains cas, Ă  l’érection des infrastructures acadĂ©miques.
Ainsi, Ă  en croire Willy Bongo-Pasi et TĂ©lesphore Tsakala Munikengi (2004 : 99), c’est grĂące Ă  l’engagement, au sacrifice, au pragmatisme et au dĂ©vouement des professeurs ainsi qu’à l’aide financiĂšre des Ă©tudiants et de leurs familles que l’universitĂ© congolaise a Ă©tĂ© sauvĂ©e si bien que, selon les auteurs prĂ©citĂ©s, le systĂšme Ă©ducatif est parmi les rares services publics du pays qui, pour ne pas disparaĂźtre, s’est organisĂ© avec les moyens de bord, sans pour autant trahir sa vocation.
Mais au fil des ans, le dĂ©ploiement du partenariat Ă©ducatif transforme les institutions universitaires, pour parler comme Jean Pierre Olivier De Sardan (1995 : 58-59), en un « marchĂ© » et une « arĂšne ». Un marchĂ© parce que son institutionnalisation s’est accompagnĂ©e de la « vĂ©nalisation » de toutes les prestations tant acadĂ©miques qu’administratives. Une arĂšne parce que ces institutions sont devenues « une scĂšne oĂč s’affrontent divers acteurs sociaux autour d’enjeux de pouvoir, d’influence, de prestige, de notoriĂ©tĂ©, de contrĂŽle ». Qu’on en juge par la prĂ©sence de multiples corporations qui ont Ă©mergĂ© dans le champ universitaire, s’opposant autour des intĂ©rĂȘts divergents sur fond des logiques de castes et revendiquant de nouvelles lĂ©gitimitĂ©s.
Ainsi, l’universitĂ© devient-elle un « lieu d’analyse des logiques et des stratĂ©gies sociales et politiques » (Ela, 1990 : 254) des acteurs qui prĂ©sident Ă  sa fonctionnalitĂ© au point que, pour paraphraser une fois de plus Jean Pierre Olivier De Sardan (1995 : 59), ni la rhĂ©torique salvatrice, ni les Ă©vocations patriotiques – aussi rĂ©elles que respectables – ne peuvent occulter la logique marchande et les luttes de pouvoir qui sous-tendent le partenariat. C’est au dĂ©voilement de cette logique et de ces jeux du pouvoir, versant souvent oubliĂ© sinon mĂ©connu des analyses institutionnelles, que nous consacrons ces rĂ©flexions. Une telle perspective permet, pour emprunter les termes de Laurence Proteau (2002 : 14), de rompre avec les interprĂ©tations du sens commun qui attribuent les pĂ©nuries du systĂšme scolaire Ă  la seule rĂ©cession Ă©conomique et de prĂ©ciser les dynamiques de transformation et/ou de reproduction des institutions en leur sein.
Au fond, l’étude du partenariat Ă©ducatif prĂ©sente un intĂ©rĂȘt Ă  plus d’un Ă©gard. Elle offre un cadre pertinent d’analyse des changements en cours dans le champ universitaire congolais et de diffĂ©rents problĂšmes qui le minent. En mĂȘme temps, elle est rĂ©vĂ©latrice « des formes de domination Ă  l’Ɠuvre dans toutes les sociĂ©tĂ©s » (Bianchini, 2004 : 241) et de tous les soubresauts subsĂ©quents. Enfin, parce que l’enseignement supĂ©rieur n’est qu’un sous-systĂšme de la sociĂ©tĂ© globale et que sa crise dĂ©passe le seul cadre acadĂ©mique et renvoie Ă  celle de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre (Verhaegen, 1978 : 6), la comprĂ©hension des avatars de l’universitĂ© Ă  l’ùre du partenariat est susceptible de renseigner sur le fonctionnement de l’ensemble des institutions de la sociĂ©tĂ© congolaise oĂč les normes pratiques prĂ©valent sur celles juridico-lĂ©gales.

1.2. VISÉES DE L’ÉTUDE

Nous voulons montrer qu’en dĂ©pit de ses effets pervers sporadiquement dĂ©noncĂ©s lors des liturgies officielles, le partenariat Ă©ducatif en milieu universitaire congolais fait l’objet d’un consensus politique. Aujourd’hui, mĂȘme si les voix s’élĂšvent timidement et progressivement pour en dĂ©noncer les mĂ©faits, le partenariat Ă©ducatif en milieu universitaire, que d’aucuns croyaient provisoire, continue son bonhomme de chemin. Il s’est imposĂ© comme le mode de fonctionnement qui garantit le dĂ©roulement « normal » des annĂ©es acadĂ©miques et arrange tous les partenaires Ă©ducatifs. Si les enseignants y trouvent une garantie de l’autonomie vis-Ă -vis de l’État, une stratĂ©gie de protection de leur emploi et de rĂ©sorption des effets de la crise, les Ă©tudiants en profitent pour conquĂ©rir dans une « mĂ©diocritĂ© tranquille et heureuse » (Elikia M’Bokolo, 2007 : 13) des diplĂŽmes tandis que l’État se fait la bonne conscience d’ĂȘtre dĂ©chargĂ© de ses responsabilitĂ©s et Ă  l’abri des pressions de la communautĂ© universitaire. C’est la raison pour laquelle les appels renouvelĂ©s au dĂ©but de chaque annĂ©e acadĂ©mique aussi bien par le gouvernement congolais, les enseignants que par les Ă©tudiants et leurs parents, pour abroger ce mode de fonctionnement de l’universitĂ©, n’ont jamais trouvĂ© un dĂ©but d’exĂ©cution.
Par ailleurs, il s’agit de scruter dans le contexte d’un « État concessionnaire » (Poncelet, AndrĂ© et De Herdt, 2010 : 39), les formes de nĂ©gociations auxquelles sont soumises les rĂšgles institutionnelles au niveau local. Ces rĂšgles tout en Ă©tant en vigueur, informent moins le fonctionnement des institutions que les normes pratiques qui donnent accĂšs Ă  la rationalitĂ© de la praxis dans le champ universitaire congolais.
Cependant, cette ambition aurait peu d’importance, et serait moins instructive, si elle se rĂ©duisait Ă  une entreprise pamphlĂ©taire en mettant Ă  nu des « pratiques peu recommandables » du champ universitaire congolais. Ses lettres de noblesse lui viennent du fait qu’elle permet la comprĂ©hension du fonctionnement de l’institution universitaire et de consolider les acquis actuels du modĂšle partenarial pour faire de l’universitĂ© un vĂ©ritable fer de lance du dĂ©veloppement national.
Ainsi, Ă  l’objectif analytique sus-Ă©voquĂ© s’arrime un objectif opĂ©rationnel : interroger l’efficacitĂ©, les contraintes et les issues possibles de ce mode de financement de l’enseignement supĂ©rieur et universitaire de maniĂšre Ă  Ă©valuer les pratiques actuelles et les enjeux du partenariat Ă©ducatif ; Ă  formuler des principes susceptibles de l’amĂ©liorer et, enfin, Ă  simuler les possibilitĂ©s et les conditions d’extension du partenariat Ă©ducatif Ă  d’autres acteurs Ă©tatiques et non Ă©tatiques, nationaux et internationaux.
Sous ce double objectif couvent quatre principaux enjeux. Il s’agit, en premier lieu, de produire une rĂ©flexion sur le fonctionnement de l’universitĂ© congolaise afin de comprendre les mĂ©canismes et les bases de reproduction du systĂšme Ă©ducatif en l’absence des politiques publiques efficaces en matiĂšre d’éducation.
En deuxiĂšme lieu, il est question d’esquisser un modĂšle de partenariat dans l’optique de la prise en charge globale des problĂšmes qui s’accumulent et assaillent l’enseignement supĂ©rieur et universitaire congolais.
En troisiĂšme lieu, la vulgarisation de ce nouveau modĂšle de partenariat auprĂšs d’autres Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur et universitaire pourrait concourir Ă  l’amĂ©lioration des conditions de travail et de vie au sein desdits Ă©tablissements.
Enfin, en quatriĂšme lieu, faire prendre conscience aux uns et aux autres du fait que dans un contexte socio-Ă©conomique en mutation, le partenariat entre l’universitĂ© et les diffĂ©rents secteurs est plus que nĂ©cessaire pour gagner le pari de l’innovation et de la compĂ©titivitĂ©, valeurs cardinales du nouvel espace mondial d’enseignement supĂ©rieur et universitaire.

1.3. POSTURE MÉTHODOLOGIQUE

Le regard sur le champ universitaire congolais se projette Ă  partir de l’UNIKIN, la plus ancienne universitĂ© du pays (créée en 1954), la premiĂšre en termes des effectifs des enseignants et des Ă©tudiants, la premiĂšre Ă  avoir mis en train le partenariat Ă©ducatif au niveau national. L’analyse se base sur une large enquĂȘte qui a touchĂ© les autoritĂ©s acadĂ©miques, les membres des corps acadĂ©mique, scientifique et administratif ; les responsables de diffĂ©rentes corporations ainsi que les Ă©tudiants. La dĂ©marche est essentiellement qualitative fondĂ©e sur des entretiens individuels. Elle prend Ă©galement appui sur l’exploitation en profondeur des documents ayant trait au partenariat Ă©ducatif, Ă  l’évolution de l’universitĂ© et au cadre d’analyse.
La perspective adoptĂ©e dans ce travail est de longue durĂ©e Ă  l’effet de relativiser nombre d’impressions et de stratĂ©gies discursives trĂšs trompeuses produites par l’incessante Ă©vocation d’une crise, d’un abandon, d’un Ăąge d’or fondateur, etc. Non pour enchĂąsser la rĂ©alitĂ© Ă©tudiĂ©e dans des catĂ©gories abstraites, mais pour l’articuler dans des relations gĂ©nĂ©tiques concrĂštes qui revĂȘtent inĂ©vitablement un caractĂšre individuel propre (Weber, 1985 : 44). Nous remontons ainsi le filon pour repĂ©rer les premiĂšres traces des pratiques partenariales dĂšs l’aube de l’institution scolaire, puis Ă  la crĂ©ation de l’universitĂ© congolaise qui s’est rĂ©alisĂ©e sur fond d’une crise comme en tĂ©moignent les analyses de BenoĂźt Verhaegen (1978).

1.4. NIVEAUX D’ANALYSE

L’étude repose sur une approche non normative centrĂ©e sur les effets du partenariat et de la « nĂ©gociation » des services pĂ©dagogiques et administratifs. Elle questionne de ce fait deux niveaux.
Le premier relĂšve de la sociologie des institutions universitaires pour en saisir la dimension nĂ©o-corporatiste, Ă  travers l’étude de nouveaux acteurs collectifs, leur structuration et leurs rapports avec l’instance Ă©tatique. Le second relĂšve d’une sociologie politique visant plutĂŽt Ă  interroger les orientations contemporaines du politique africain Ă  partir des stratĂ©gies des acteurs dans les institutions « non politiques » Ă  proprement parler. Il s’agit d’interroger l’approche nĂ©o-patrimonialiste reformulĂ©e par Jean François Bayart (1989, 2006) autour des notions de « politique du ventre » et « d’instrumentalisation de l’extraversion » en essayant de construire la notion d’« État concessionnaire » dans la foulĂ©e d’une problĂ©matique qui interroge le mode d’administration des services publics dans les États fragiles (ChĂątaigner et Magro, 2007).
De la sorte, il sera restituĂ© Ă  l’UNIKIN, en particulier, et Ă  l’enseignement supĂ©rieur et universitaire congolais, en gĂ©nĂ©ral, sa propre historicitĂ© souvent occultĂ©e par une version locale de l’école dĂ©pendantiste qui renvoie toutes les transformations du paysage universitaire aux incursions politiques. Pourtant, c’est Ă  l’aune de cette double dĂ©termination que se dĂ©voile le mieux l’intelligence des dynamiques qui affectent le champ universitaire congolais.
Ce positionnement heuristique interdit donc d’envisager la contribution des usagers sans rĂ©fĂ©rence Ă  d’autres Ă©lĂ©ments de contexte ou de stratĂ©gie comme l’absence de capitalisation susceptible de garantir les retraites des professeurs, la « panne » du renouvellement acadĂ©mique et la quasi-disparition d’une sanction du diplĂŽme par le marchĂ© de l’emploi formel lui-mĂȘme effondrĂ©2, l’autonomisation des administrations assurant leur propre reproduction en l’absence des politiques publiques efficaces.

1.5. FILIATION THÉORIQUE

Les concepts structurants de l’étude ont Ă©tĂ© empruntĂ©s Ă  la fois aux dispositifs thĂ©oriques bourdieusiens (champ, capital, marchĂ©) et desardiens (marchĂ©, arĂšne). Leur usage simultanĂ© appelle des justifications pour vider d’entrĂ©e de jeu les malentendus dans l’apprĂ©hension des argumentations dĂ©veloppĂ©es aux diffĂ©rents stades de l’analyse.
Sans ignorer la diffĂ©rence des sensibilitĂ©s paradigmatiques auxquelles ils renvoient, nous avons assignĂ© Ă  ces concepts le mĂȘme statut heuristique dans la construction de cette Ă©tude. Ainsi, nous confĂ©rons la mĂȘme portĂ©e sĂ©mantique aux concepts champ et arĂšne dans une perspective plus souple pour indiquer Ă  la fois les rapports de force du champ universitaire et les espaces de nĂ©gociations et de contournement de la domination exploitĂ©s par les acteurs sociaux. De mĂȘme, le concept de marchĂ© est utilisĂ©, dans son acception desardienne, pour dĂ©signer l’espace oĂč circulent et se commercialisent les biens matĂ©riels et symboliques et, au sens bourdieusien, pour mettre en Ă©vidence les investissements nĂ©cessaires au captage et Ă  la rentabilitĂ© de quatre ordres de capital : Ă©conomique, social, culturel et symbolique.
Cette triangulation nous a paru plus enrichissant que ne le seraient les deux paradigmes considĂ©rĂ©s indĂ©pendamment. Elle nous a permis de nous mettre en garde contre l’apprĂ©hension plus contraignante des structures (hiĂ©rarchies acadĂ©miques) tel qu’il peut rĂ©sulter d’une application mĂ©canique de la thĂ©orie du champ dans sa version bourdieusienne, de mĂȘme qu’elle nous prĂ©vient contre une inclinaison Ă  une conception trop labile des cadres institutionnels (certains parlent de la sociĂ©tĂ© liquide) trĂšs ouverte Ă  toutes les stratĂ©gies d’acteurs telle que laisserait penser une interprĂ©tation malencontreuse de la perspective desardienne.
De mĂȘme, elle offre l’avantage de privilĂ©gier une approche processuelle et factuelle du fonctionnement de l’institution universitaire ici considĂ©rĂ©e, Ă  savoir : l’UNIKIN. C’est donc fort de ce mixage que nous avons dĂ©nichĂ© les logiques sous-jacentes au partenariat Ă©ducatif dans le champ universitaire congolais. Au clair, il s’agit de relever les effets de ce qu’Antony Giddens appellerait la dualitĂ© du structurel en Ă©clairant les contraintes que la faillite des institutions un...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. Dans la mĂȘme collection
  4. Titre
  5. Copyright
  6. LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
  7. PRÉFACE
  8. ÉPIGRAPHE
  9. CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS POLITIQUES ET ÉDUCATIFS
  10. AVANT-PROPOS
  11. Chapitre 1. RESSORTS ET ENJEUX DE L’ÉTUDE
  12. Chapitre 2. TRAJECTOIRES ET PRATIQUES DU PARTENARIAT ÉDUCATIF EN RDC
  13. Chapitre 3. MARCHANDISATION DES SERVICES PÉDAGOGIQUES, ACADÉMIQUES ET ADMINISTRATIFS À L’ÈRE DU PARTENARIAT ÉDUCATIF
  14. Chapitre 4. L’ARÈNE ACADÉMIQUE KINOISE1
  15. Chapitre 5. PERSPECTIVES POUR LE PARTENARIAT À L’UNIKIN
  16. CONCLUSION GÉNÉRALE
  17. BIBLIOGRAPHIE
  18. TABLE DES MATIÈRES

Foire aux questions

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