
- 293 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
CES MOTS QUI NOUS MENENT
À propos de ce livre
Quel est le poids des mots? En observant la façon dont ils servent à évoquer l'actualité, l'auteur s'aperçoit qu'ils ne se limitent pas à un simple rôle descriptif. Ils projettent aussi le réel sur un arrière-fond, qui en constitue la trame idéologique. En retraçant leur origine et en suivant leur transformation formelle et sémantique, il constate qu'ils orientent la conception du monde plus qu'ils ne le décrivent. Plus souvent qu'à leur tour ils ne suivent pas notre pensée, ils la précèdent.
Foire aux questions
Oui, vous pouvez résilier à tout moment à partir de l'onglet Abonnement dans les paramètres de votre compte sur le site Web de Perlego. Votre abonnement restera actif jusqu'à la fin de votre période de facturation actuelle. Découvrez comment résilier votre abonnement.
Non, les livres ne peuvent pas être téléchargés sous forme de fichiers externes, tels que des PDF, pour être utilisés en dehors de Perlego. Cependant, vous pouvez télécharger des livres dans l'application Perlego pour les lire hors ligne sur votre téléphone portable ou votre tablette. Découvrez-en plus ici.
Perlego propose deux abonnements : Essentiel et Complet
- Essentiel est idéal pour les étudiants et les professionnels qui aiment explorer un large éventail de sujets. Accédez à la bibliothèque Essentiel comprenant plus de 800 000 titres de référence et best-sellers dans les domaines du commerce, du développement personnel et des sciences humaines. Il comprend un temps de lecture illimité et la voix standard de la fonction Écouter.
- Complet est parfait pour les étudiants avancés et les chercheurs qui ont besoin d'un accès complet et illimité. Accédez à plus de 1,4 million de livres sur des centaines de sujets, y compris des titres académiques et spécialisés. L'abonnement Complet comprend également des fonctionnalités avancées telles que la fonction Écouter Premium et l'Assistant de recherche.
Nous sommes un service d'abonnement à des ouvrages universitaires en ligne, où vous pouvez accéder à toute une bibliothèque pour un prix inférieur à celui d'un seul livre par mois. Avec plus d'un million de livres sur plus de 1 000 sujets, nous avons ce qu'il vous faut ! Découvrez-en plus ici.
Recherchez le symbole Écouter sur votre prochain livre pour voir si vous pouvez l'écouter. L'outil Écouter lit le texte à haute voix pour vous, en surlignant le passage qui est en cours de lecture. Vous pouvez le mettre sur pause, l'accélérer ou le ralentir. Découvrez-en plus ici.
Oui ! Vous pouvez utiliser l'application Perlego sur les appareils iOS ou Android pour lire à tout moment, n'importe où, même hors ligne. Parfait pour les trajets quotidiens ou lorsque vous êtes en déplacement.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application.
Oui, vous pouvez accéder à CES MOTS QUI NOUS MENENT par Franck Doutrery en format PDF et/ou ePUB ainsi qu'à d'autres livres populaires dans Languages & Linguistics et Linguistics. Nous disposons de plus d'un million d'ouvrages à découvrir dans notre catalogue.
Informations
Sujet
LinguisticsV
CES MOTS QUI MUENT ET QUI MIGRENT
Accrochez-vous, croquants !
L’origine du croc se perd dans les limbes du Moyen Âge. À la faveur des invasions germaniques et l’ère de bilinguisme qui s’ensuivit, une brassée de termes franciques passèrent en ancien français. Krok fut des leurs, qui dénotait un outil rudimentaire, souvent métallique, avec lequel on parvenait à saisir, retenir ou suspendre divers objets qui s’y prêtaient ou s’y refusaient. Francisé en croc par l’usure progressive du c terminal (sauf dans crocen-jambe, qui n’est autre que le croche-pied, parfois puni du carton jaune), le mot devait bientôt signifier, outre l’outil à pointe recourbée, la dent des carnassiers ou des humains imaginés tels. Aussi servit-il souvent pour exprimer le mordant, l’éraflant, l’écorchant ou le déchirant. Au point qu’on le retrouve encore de nos jours dans tout ce qui se croche, se décroche, s’accroche ou se raccroche. Dès lors, accrochez-vous !
Mais il ne suffit pas d’inventer le mot, encore faut-il forger la chose. Quand l’homme de La Tène inventa le croc, il en vit illico les immenses avantages. Certes, la métallurgie d’Hallstatt avait jadis produit la pointe en fer forgé, mais la pointe faisait rire les métallos celtes. Les railleurs disaient même, avec leur savoureux accent suisse, qu’elle ne valait pas un clou. Les circonstances de l’invention du croc sont encore mal connues. Les spécialistes du deuxième âge de fer supposent qu’un beau jour, à force de taper toujours sur le même clou, un forgeron le rabattit par inadvertance à angle droit, obtenant ainsi un piton. Issu de cette malfaçon involontaire, ce piteux piton n’en fut pas moins d’une grande commodité pour suspendre le fatras qui jonchait naguère le sol : haches de bronze, épées à garde ouvragée, poteries à anse, arcs en corne, ancres à chas. Sans oublier les pinces-évêque et les tenailles-monseigneur. Ajoutons à cela le confort que le croc a pu offrir au pirate manchot. Avec ce grappin au bout de son moignon, il ajustait le bandeau sur son œil borgne, hissait le pavillon à tête de mort sur le cacatois, voire se grattait la jambe de bois pour en chasser les fourmis. Et quand il vous serrait la pince, ça faisait un bruit de quincaillerie. En somme, privé du croc, le vrai pirate des mers eût pointé au chômage. Car sans lui comment accrocher le fier galion regorgeant de butins ? Comment pêcher le poisson-scie pendant le carême ? Comment harponner Moby Dick, la baleine blanche de Melville ?
Mais avant de donner dans le verbe, croc avait engendré par dérivation croche, crochu et crochet. La croche, d’abord féminin de croc, dénotait un instrument de préhension de la forge ou de la pêche. Elle devint ensuite adjectif synonyme de crochu, soit au sens ancien d’ayant la forme d’un croc (un nez croche, comme celui de Jules César par Uderzo, ou de Max Jacob par Modigliani), soit au sens de muni d’un croc. Ainsi, au temps où la musique commençait à se noter par des blanches et des noires, avec ou sans hampes, certaines noires dites croches arboraient en haut de leur mât un petit pavillon, signalant qu’il fallait les compter pour des demi-portions. Quant à crochu, il s’emploie souvent pour qualifier, outre le nez et les dents, les doigts, les griffes et les serres, sans oublier les atomes imagi-naires qui font qu’on s’entend ou non avec son voisin. Dans crochet enfin, sachant que le suffixe -et est la trace d’un diminutif (cf. chevalet, poucet, rouet), on verra sans peine un petit croc. Ce peut être, comme évoqué plus haut, le clou à angle droit ou en point d’interrogation, parfois fileté, auquel on suspend tantôt son imper ou les tournesols de Van Gogh, tantôt l’effigie d’un président ou d’un Saxe-Cobourg. Mais aussi une tige à bec de perroquet, qui sert dan...
Table des matières
- MENTIONS
- PAGE DE TITRE
- DU MEME AUTEUR
- EPIGRAPHE
- INTRODUCTION
- CHAPITRE I
- CHAPITRE II
- CHAPITRE III
- CHAPITRE IV
- CHAPITRE V
- CHAPITRE VI
- CHAPITRE VII
- CHAPITRE VIII
- QUATRIEME DE COUVERTURE
- NOTES