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Le Nouveau Partage
Pour un nouveau pacte politique, économique, social et fiscal entre les Français
- 84 pages
- French
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Le Nouveau Partage
Pour un nouveau pacte politique, économique, social et fiscal entre les Français
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Informations
Éditeur
Fauves editionsISBN de l'eBook
9791030201963
Année
2017La bourgeoisie d’État
« Certains jours vous éclairent plus que d’autres. Ils sont des marqueurs qui permettent de mesurer le temps perdu qu’il a fallu pour comprendre. Ils sont la visualisation de l’évidence. »
Boris Tovel
Le 11 juin 2013, quatre jours après sa mort, un hommage national est rendu à Pierre Mauroy. Dans la cour d’honneur des Invalides, il fait doux. On entend les talons mar teler le pavé. Poignées de main et baisers s’échangent, sourires courtois répondent aux mines attristées. L’oligarchie républicaine au grand complet se retrouve pour se recueillir. Toutes les composantes de ceux qui sont passé par l’ENA : politiques, grands patrons, hauts fonctionnaires, tous les leaders syndicaux viennent saluer la mémoire du premier
« Premier Ministre de François Mitterrand ». Aux premiers rangs, face au catafalque, on distingue : François Hollande (ENA, promotion Voltaire), Laurent Fabius (ENA, promotion Rabelais), Alain Juppé (ENA, promotion Charles de Gaulle), Ségolène Royal (ENA, promotion Voltaire), Jean-
François Copé (ENA, promotion LibertéEgalité-Fraternité), Martine Aubry (ENA, promotion Léon Blum), Pierre Moscovici (ENA, promotion Louise Michel), Elisabeth
Guigou (ENA, promotion Simone Weil),
Michel Sapin (ENA, promotion Voltaire), Lionel Jospin (ENA, promotion Stendhal), Jean-Pierre Chevènement (ENA, promotion Stendhal), Jacques Toubon (ENA, promotion Stendhal), Dominique de Villepin (ENA, promotion Voltaire), Aquilino Morelle (ENA, promotion Condorcet)…
Tous sont venus dire adieu au « fils du peuple », à celui qui aimait à rappeler : « Ouvrier, ce n’est pas un gros mot ». On célèbre sans le dire la fin d’une époque. La plupart ne le savent pas, mais Pierre Mauroy, lui aussi a fait l’ENNA. Une ENNA avec deux N, l’Ecole Normale Nationale d’Apprentissage. Ce 11 juin 2013, l’ENA avec un N enterre l’ENNA avec deux N.
Ce 11 juin 2013, l’Ecole Nationale d’Admi nistration créée par de Gaulle et Thorez à la Libération enterre l’Ecole Normale Nationale d’Apprentissage, où Pierre Mauroy, fils d’instituteur, a fait ses classes. Ce 11 juin 2013, la bourgeoisie d’État enterre les ouvriers, les employés, les artisans, les petits commerçants et les agriculteurs. Elle enterre les classes populaires, tous ceux et celles qui n’ont plus leur mot à dire, tous ceux et celles à qui on a confisqué le droit de faire de la politique.
Le constat ne date pas de ce 11 juin 2013, mais ce jour-là, il saute aux yeux. La photo est tellement nette qu’on prend la mesure de la dégénérescence amorcée dès la fin des années 70. La bourgeoisie d’État triomphe, elle a tout raflé. Elle est à l’Élysée, dans les ministères, dans les cabinets, dans les instances des deux principaux partis, elle dirige les principales entreprises.
Cerise sur le gâteau, elle est même dans les think tanks. Là justement où l’on devrait inventer un avenir où les hauts fonctionnaires devraient faire le choix de la politique à la seule condition d’abandonner la fonction publique. C’est tout juste si cette oligarchie accepte de nous soumettre ses candidats1 à échéance régulière dans des élections dites « démocratiques ».
Elle contrôle tellement bien le système, que de temps à autre, elle condescend à ce que certains qui ne sortent pas de ses rangs puissent se présenter. Elle sait qu’elle ne prend aucun risque.
Ces Sarkozy, ces Valls, ceux qui font de la po litique un métier, n’ont pas fréquenté l’ENA mais sont dans le marigot depuis si longtemps qu’ils ne prendront jamais le moindre risque de s’attaquer à ceux qui contrôlent le pays. La bourgeoisie d’État peut dormir tranquille, ces professionnels qui n’existent que par la politique font illusion.
Ils ont une plus grande liberté de ton que les énarques, ils sont plus hardis dans les mots, plus créatifs dans les promesses, mais derrière la témérité des slogans « La Rupture », « J’aime l’entreprise », la bourgeoisie d’État sait qu’ils ne changeront rien. Dans les ministères, la Haute administration veille. Les « Pas de vague, pas de vague » contrôlent tout.
Ce 11 juin 2013, à quelques pas derrière les politiques, plus discrets et moins connus du grand public, les managers des grandes entreprises françaises. Un quart d’entre eux a fréquenté l’ENA. Ils étaient dans les mêmes promotions que ceux qui règnent aujourd’hui en maîtres sur les destinées de la gauche et de la droite.
Aux feux de la politique, ils ont préféré le parcours qui mène de l’ENA à la Direction du Trésor, de la Direction du Trésor aux cabinets ministériels, des cabinets aux présidences prestigieuses. Ils sont nombreux, ces hauts fonctionnaires, à avoir emprunté ce parcours. À tel point que l’ENA est devenue la sixième école au monde à former le plus de PDG. Une performance d’autant plus surprenante qu’aucun cours de l’ENA ne forme au management ou au marketing, et d’autant plus étrange que rien dans les missions de l’ENA ne correspond à cet objectif.
« La mission de l’ENA est de recruter et de former les hommes et les femmes qui feront vivre et évoluer les administrations, tout en leur transmettant l’éthique du service public, fondée sur des va...
Table des matières
- Couverture
- 4e de couverture
- Copyright
- Titre
- Dédicace
- La bourgeoisie d’État
- Le nouveau partage politique
- Le nouveau partage économique et social
- Le nouveau partage fiscal
- Annexes