Le miroir, du voir au savoir : outil de connaissance
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Le miroir, du voir au savoir : outil de connaissance

  1. 80 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Le miroir, du voir au savoir : outil de connaissance

À propos de ce livre

On peut se chercher toute une vie, dans le reflet du miroir, sans jamais se trouver. Surtout si le miroir est de verre. Car la plus fidèle des images est l'inverse de celle que nous y voyons, et dans cette réflexion, le regard de l'autre est nettement plus juste. Après vous être lu dans le miroir, plus jamais vous ne vous y regarderez de la même façon! Né à Bruxelles en 1961, Boris Nicaise est écrivain, poète et dentiste. Ancien assistant de l'Université Libre de Bruxelles, il est l'auteur...

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Informations

Éditeur
EME Editions
Année
2015
ISBN de l'eBook
9782806603388

Le miroir des zoos

« Tu t’es déjà vu dans un miroir ? »
Propos lapidaire de cours dite de récréation, moult fois entendu dans nos écoles. Propos destructeur, voire mortel, lorsqu’infligé de façon collective.
Au jardin zoologique d’Anvers, parmi les cages d’animaux prisonniers des mercredis après-midi, trône au tournant d’une allée, un miroir immense rayé de bambous, en manière de barreaux.
Enfant, je m’y suis souvent croisé, à peine masqué par le relief des rayures horizontales, exposant ma turbulence aux singes placides assis non loin de là.
En grands caractères, un écrit annonce au bas du miroir : « Attention, ceci est l’animal le plus dangereux du monde ! ». Ce qui se confirme un peu plus chaque aurore.
L’an passé, la directrice du zoo de Berlin installa provisoirement, dans une cage, un couple d’humains (payés), vacants à quelques occupations plus ou moins intéressantes, sous le regard de visiteurs (payants) auxquels il fut précisé que, s’il était autorisé de tenter d’entrer en communication avec les encagés, il était en revanche strictement interdit de jeter de la nourriture.
Je ne connais pas le résultat de cette dernière expérience, mais point n’est besoin d’être Michel de Nostredame pour voir d’ici nos mâles frapper de leur alliance les vitres, pour attirer le regard de la femelle, et nos femelles zoomer et dézoomer frénétiquement pour immortaliser un mâle enfin sous contrôle. Les singes du miroir naissent du refus de ses signes. Quant aux enfants, cela fait longtemps qu’ils ont quitté la cage, même si c’est au profit d’autres.
Se pose automatiquement la question de la différence (ou de la similitude) entre ces deux regards : le miroir-cage et la cage-miroir, la seconde n’intéressant en rien les enfants, et le premier ne connaissant que de rares solitaires. Au zoo, le miroir rayé a encore moins de succès que les enclos à poules et à lapins. Ni les enfants ni les parents ne s’installent devant lui. Seul l’esseulé s’y arrête un instant : enfant perdu, ou adulte le cherchant.
Alors que le miroir nous concerne tous, tout se passe comme si nous pensions qu’il ne concerne que nous seul ! Sans doute parce que, dès que nous nous voyons dans le miroir, nous nous disons que si ce gars-là a des réponses, elles sont forcément faites à notre exclusive intention, et nous sommes tellement prêts à les accepter que nous en excluons toute autre personne !
La légende du miroir-cage avertit justement.
Comme dit Paul Valéry en ses Cahiers (XVIII, p. 305 / 1, p. 1187), « Dieu sait quelles métaphysiques et géométries l’invention des miroirs et des vitres a pu engendrer chez les mouches ! »
Aucun entomologiste n’a trouvé à ce jour, au cœur d’une termitière, un miroir sous-titré d’un lumineux : « Le termite est le plus dangereux… ». A n’en point douter, les termites ont leurs caches, bien secrètes.
Mais à quoi pensent les animaux face au miroir ? Ou tout au moins que font-ils lors de cette confrontation ?
Interrogeons l’animal, qui demeure en nous : mettons-le en présence du miroir.
Pour échelonner notre propos tout en le limitant, nous allons examiner sept êtres.
D’abord, Saturnin. Oui, le canard. Ayant perdu récemment sa femelle, il se colle à son image dans le miroir. Il est heureux ainsi.
Passons à Rantanplan, pas si bête qu’il en a l’air. Ce chien est troublé par l’incohérence de son double, qui réagit bizarrement à ses provocations ; mais quand, dans son dos, Lucky Luke vient le caresser, il se retourne sur l’homme.
Nous connaissons un chien qui observe à distance, dans un miroir, ses maîtres manger, pour ne venir achever les assiettes que lorsqu’il a repéré dans le reflet la fin des agapes. Faut-il que le reflet des reliefs lui semble bien réel !
Dumbo ? L’éléphant auquel une tache macule le torse, tente de l’effacer avec sa trompe, si et seulement si le miroir reflète l’image de son corps en entier : il passe avec la plus grande indifférence devant un miroir plus petit.
Quant au dauphin, il semble… Flipper, devant son image marquée, passant et repassant devant la glace, ralentissant régulièrement sur la tache ajoutée pour l’expérience.
Certains chercheurs soutiennent que les animaux qui se reconnaissent au miroir seraient aussi ceux qui manifesteraient le plus d’empathie à l’égard de leurs semblables. Mais comment le prouver durablement ?
Piggy la cochonne n’accorde aucune importance à ses tatouages, et attaque l’intrus du miroir. Mais si de la nourriture cachée (sous une hotte aspirante, car elle a un fameux odorat) en ce monde se reflète au miroir, elle la déniche prestement ! La motivation développe le talent.
Et Sheeta ? Le singe devient vite furieux, jusqu’à l’autodestruction. Pour les Hindoux, sa colère vient du fait qu’il pensait être un homme, ce que lui refuse le miroir. L’homme n’enrage-il pas parfois de même sur son image peu flatteuse, lorsqu’il s’y regarde d’un peu près ? D’où les masques, dont nous affublons notre visage et notre corps, pour être un peu moins nus, moins vrais sans doute, mais aussi comme nous pensons ou voulons être, devant les autres.
Mais le singe essaye aussi de passer de l’autre côté de la surface qu’il sent, et s’il parvient à la contourner, se calme.
Et Mowgli, donc ?
L’enfant découvrant le miroir connaît trois pas. Au premier, il voit un autre, et réagit en ce sens : il veut jouer avec lui, puis lui envoie sa locomotive à la figure.
Au second pas, mesurant que cet autre n’existe pas, il l’ignore. Enfin, troisième pas, il comprend qu’il s’agit de sa propre image, et commence alors à l’utiliser pour se construire… une identité.
Bien sûr, l’enfant fait ces trois pas avec une lenteur qui désespère le bon dieu dans son atelier (dixit la chanson), pendant que le singe a crié depuis longtemps : « J’ai pigé ! »
O merveille, après dix mille jours d’expériences, l’homme est capable d’essuyer une tache sur son visage en se regardant. Bon, le singe aussi, et beaucoup plus tôt, mais lui, c’est seulement s’il connaît d’autres singes : le singe seul reste indifférent à son point rouge sur le museau : la reconnaissance de soi passe par celle des autres (pour le singe, tout au moins).
On suppose que le singe ne va pas beaucoup plus loin dans le processus d’identification. Mais on cherche encore. Gageons que les découvertes à venir obligeront une fois de plus à revoir nos définitions de l’humanité.
Ce dont on est sûr, c’est que l’homme moyen ne parviendra jamais, ses activités frénétiques et son manque de sérénité le prouvent amplement, à s’identifier totalement avec son corps. Son image nous emprisonne. L’image que nous réalisons donner aux autres limite notre être.
Ce n’est pas juste. Je ne suis pas un numéro, je veux être un homme libre. Et si vous n’êtes pas libres parce que moi non plus, je ne suis pas libre parce que vous non plus !
Frédéric Dard fait dire à San Antonio : « Certaines gens, plantées devant le miroir, croient réfléchir, alors que c’est le contraire. »
Amie lectrice, ami lecteur, vous êtes-vous déjà souri, dans le miroir de votre salle de bain ? Voire même, avez-vous déjà éclaté de rire, dans ce miroir ? Oui, pas juste sourire un instant, puis détourner le regard. Non. Pas juste vous sourire. Vous rire. Et vous regarder. Etre heureux d’être là. De vivre. D’être vous. D’être avec vous.
Rire d’y voir. A pleines dents. A vous. A votre être.
Comme un fou. Comme un forcené.
Auquel la guérison importe peu, vivre étant mortel de toute façon.
Le chanteur Matthieu Chédid insiste : « Rire d’un miroir, c’est rire de tout ! »
Cinéaste, romancier, et aujourd’hui peintre, Jean-François Comte réfléchit : « Le moi est une cabine d’essayage. On s’y enferme avec son miroir pour y choisir son image ».
Faites-la belle (plutôt que la bête), pour vous-même !
Un lieu magique qu’il nous fut parfois donné d’investir, est cet extraordinaire ascenseur (rare, mais tellement ascenseur) où deux miroirs se font face, où instantanément le vertige qui nous prend, lié à l’infinité de reflets où nous nous reproduisons plus ou moins lamentablement, nous fait oublier si l’ascenseur monte ou descend. Il est curieux de constater que, dans cet ascenseur vertigineux, on ne se cure pas le nez, remonte la braguette ou réajuste la jupe, comme dans les autres. Non, ces miroirs en vis-à-vis nous rendent sérieux ...

Table des matières

  1. Illusion d’optique ou optique de l’illusion ?
  2. Le miroir des zoos
  3. Le miroir des eaux
  4. Le miroir des autres
  5. Les zoos du miroir
  6. Les eaux du miroir
  7. Les autres du miroir
  8. Les miroirs du miroir : du voir au savoir
  9. Bibliographie
  10. Dans la collection « Explorations maçonniques »