Le volume rend compte des travaux d'un séminaire interdisciplinaire (ESO UMR 6590 et PREFics 4246 EA / Rennes 2) visant la mise en place de débats contradictoires autour d'un objet commun de recherche: l'urbanité et les territoires numériques. Il a été systématiquement question d'interroger, à l'aune de la variété des horizons disciplinaires proposés, les discours comme pratiques sociales dans le contexte particulier que sont la ville, l'urbain et leurs représentations…

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Urbanités et territoires numériques
Approche interdisciplinaire
- 142 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
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Informations
Urbanités langagières, plurilinguismes et
diasporisation(s) numérique(s) (itinérances
de recherche entre La Réunion et la
Bretagne)
Thierry Bulot et Gudrun Ledegen, EA 4246 PREFics
Université Rennes 2 / Université Européenne de Bretagne
Université Rennes 2 / Université Européenne de Bretagne
Introduction
En Sciences du Langage, les travaux relatifs à la place des langues (à considérer autant en termes de codes homogènes réifiés que comme pratiques hétérogènes situées) dans ce que l’on peut rapidement nommer leur interfaçage avec le numérique1 ne sont pas récents (Siroux et alii, 1989 ; Coutaz, 1990) ; et cela tant pour concevoir leurs modélisations formelles (Rastier, 1989 ; Sabah, 1988) que pour tenter d’en envisager les dimensions plus interactionnelles (Luzzati, 1991) voire applicatives (Rabaté, 1986) et dès lors tendanciellement centrées sur les usages effectifs. S’il est évidemment daté d’évoquer le Minitel, il importe cependant de rappeler a) que les effets dialogaux et dialogiques des interfaces en langues dites naturelles (voir Bulot, 1994 pour la distinction sur ces deux termes), b) que les recherches sociolinguistiques sur le dialogue homme machine faisant valoir la nécessité de placer le concepteur des interfaces comme un élément essentiel pour comprendre les représentations induites par lesdites interfaces (Theureau & Bulot, 1994), ont donné lieu à d’importants moments aussi bien descriptifs que, finalement, prospectifs, voire prophétiques (Debyser, 1989) des situations perçues socialement comme inédites des usages actuels du numérique.
Les approches en Sciences du Langage restent globalement focalisées sur la langue des interfaces et les recherches les plus proches des postulats initiaux de la sociolinguistique demeurent finalement centrées2 sur la dimension formelle (Pierozak, 2003, par exemple3) via une analyse sociale des formes hybrides d’écrits – notamment francophones pour les cas qui nous intéressent – induits par l’objet technique et ses usages pluriels. Notre questionnement spécifique dans ce texte est, dans la perspective de contribuer à un échange interdisciplinaire, de considérer plus avant les effets de la diffusion massive de l’usage des objets techniques langagiers sur les dynamiques identitaires, sur les contacts dits de langues, sur les différents processus d’émergence des langues. En d’autres termes, après Jacky Simonin (Simonin, 2010 ; Ledegen & Simonin 2009), nous nous intéressons à la diasporisation sociolinguistique à cause de la rencontre ainsi permise avec une théorisation antérieure – développée en sociolinguistique urbaine – posant (comme le terme diasporisation l’induit d’ailleurs) la spatialisation des langues et des discours comme un phénomène central à la compréhension des dynamiques langagières.
Pour ne pas encombrer notre propos4, cette partie de notre contribution s’articule en deux temps distincts visant, d’une part, à poser les cadrages théorique et méthodologique d’une sociolinguistique urbaine (T. Bulot) posant la spatialisation comme un phénomène central pour décrire et interpréter les phénomènes langagiers ; et d’autre part, à expliciter, pour l’exemplification d’un spatialisme des langues (G. Ledegen), ce qu’il convient de nommer les identités langagières diasporiques (donc, dans notre esprit, numériques – nous y reviendrons) à partir de deux situations sociolinguistiques différentes par la géographie mais proches par les dynamiques discursives en œuvre.
1. Urbanités langagières et diasporisation(s)
sociolinguistique
sociolinguistique
La question que nous posons est d’envisager effectivement la dimension numérique5 de l’urbanité langagière, à définir ici comme les discours sur la ville fonctionnellement empreints du rapport aux langues représentées et/ou présentes dans l’espace perçu comme propre à ladite ville et comme l’intégration, dans le rapport à l’organisation socio-cognitive de l’espace de ville, non seulement des pratiques linguistiques mais aussi des pratiques discursives et notamment des attitudes linguistiques et langagières. Ce dont il est ainsi question c’est de concevoir, entre autres pour l’action, l’intervention sociolinguistique en lien avec les différents acteurs de l’urbanité, la dimension complexe de la gestion du plurilinguisme qui peut osciller entre tension et conflit (Bulot, 2011a). Cette dimension – le plurilinguisme inhérent et indépendant des pratiques dites par les locuteurs et locutrices – est en effet corrélée à divers facteurs structurant et normalisant les espaces et de fait les urbanités langagières : a) la légitimité que les locuteurs et locutrices (s’) accordent à faire de cet espace leur territoire, b) la vulnérabilité (de tous ordres) que les locuteurs et locutrices (s’) accordent à/pour leur espace d’action, leur espace énonciatif, c) la mobilité/motilité6 que les locuteurs et locutrices (s’) accordent à ces mêmes espaces, d) l’habitat (mais davantage l’habiter) que les locuteurs et locutrices (s’) accordent sur lesdits espaces, et notamment sur la faculté de co-habitation, de concevoir la pluralité culturelle et linguistique sur un même espace, et enfin e) le genre que les locuteurs et locutrices (s’) accordent à ces espaces non plus seulement plurilingues mais construits comme multilingues.
Dans un tel contexte, la diasporisation des langues permet de conceptualiser le changement linguistique non plus comme lié à la seule mobilité sociale mais à la mise en contacts (pluriels et multiples) de populations et groupes sociaux très divers ; cela est d’autant plus prégnant que la mobilité spatio-linguistique est systématiquement aussi médiée et active (sans déplacement nécessaire). Au bilan, la diasporisation des langues relève d’une forme de déplacement dans la mesure où co-émergent en discours – tant scientifiques qu’ordinaires – des réalités socio-langagières « déplacées » (perceptions situées des langues, hybridations, émergences et vitalités des normes) des espace(s) identitaire(s) formé(s) par ce déplacement (la culture dite urbaine) et des circulations concurrentielles des normes… dans un contexte qui relève de la migrance (Bulot, 2009).
Ainsi dans un chapitre introductif (Bulot et Feussi, 2012) consacré aux parlers jeunes et co-signé avec Valentin Feussi, nous (T. Bulot) en posions une définition « augmentée ». En fait, avec le recul, il nous semble que les traits que nous affirmions comme spécifiques aux parlers jeunes renvoient plus nettement à l’ensemble des pratiques langagières situées (ce qu’en sociolinguistique nous concevons comme les langues) et spécifiquement numériques.
En paraphrasant et augmentant notre propre texte (Bulot et Feussi, 2012 : 18), les urbanités langagières numériques sont diasporiques (Simonin, 2010) par la dimension novatrice des contacts de langues et l’approche critique que l’on doit avoir des communautés sociolinguistiques compte tenu des TIC, plurilingues dans la mesure où elles procèdent de compétences relevant du plurilinguisme (Coste, Moore, Zarate, 1999) dans un contexte réputé, mis en discours comme (potentiellement) multilingue, urbanisées (Rémy et Voyé, 1992) car liées aux mobilités et motilités (Kaufmann, 2008) autant des lan...
Table des matières
- Couverture
- 4e de couverture
- Titre
- Remerciements
- Introduction : Urbanités et territoires numériques, histoire d’un séminaire
- Urbanités langagières, plurilinguismes et diasporisation(s) numérique(s) (itinérances de recherche entre La Réunion et la Bretagne)
- Quelles approches méthodologiques d’un « web territorial » ?
- Approche info-communicationnelle du déterminisme technologique de « la société de l’information » au Sénégal : l’exemple du web social
- Le marketing territorial dans la fabrique des villes créatives : une approche comparative de Rennes, Nantes et Saint-Etienne
- La ville d’Alger : Discours sur le « vécu » et la « métamorphose urbaine »
- L’homme dans la ville, Réflexions sur la performativité des visuels urbains
- Médiation des projets urbains : une fabrique urbaine augmentée ?
- Les auteurs
- Table des matières
- Dans la collection « Proximités – Sciences du langage »
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