Debout, citoyens !
eBook - ePub

Debout, citoyens !

Contre la décadence

  1. 116 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Debout, citoyens !

Contre la décadence

À propos de ce livre

"Face au désarroi d'une jeunesse en mal de repères et au pessimisme des intellectuels tentés par un relativisme mortifère, l'existence d'un point de convergence entre les diverses traditions spirituelles apparaît nécessaire pour redonner un sens à nos vies tout en s'opposant aux certitudes abusives de quelques-uns. Jeunes Européens, il ne tient qu'à vous de retrouver l'enthousiasme et le souffle que mérite notre civilisation."

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Informations

Comment surmonter
le « déclinisme » ?

Il n’est pas possible de penser surmonter une série de facteurs aussi lourds que ceux dont nous venons de faire le recensement par des mesures pratiques telles que la limitation de l’immigration clandestine, l’aide au développement local des peuples sous-développés, ou autres dispositions utiles, certes, mais sans portée fondamentale. Une guerre comme celle que nous devons affronter ne saurait se remporter que sur un plan idéologique. Cela est d’autant plus nécessaire que face à la contestation de l’islam radical qui nous accuse d’avoir sombré dans une société de consommation sans âme, il importe de bien mesurer nos armes.

RÉAFFIRMATION DE NOS VALEURS

Les valeurs dont nous procédons sont magnifiques, nous l’avons dit. Mais elles exigent pour être remises en selle la prise en compte d’un contexte nouveau et une éducation appropriée.
Notons d’abord que les causes de leur effacement temporaire nées des deux guerres civiles que nous avons connues ont largement disparu. La construction d’une Europe unie, l’abandon dans l’ensemble accepté des nationalismes, le temps écoulé depuis les pires horreurs du passé, justifient une vision rénovée dont la repentance et l’auto-flagellation doivent être résolument écartées. Nous devons regarder devant nous et non derrière. Redisons-le : l’esprit critique grec, le sérieux romain, le goût de la spéculation intellectuelle juive, l’altruisme chrétien représentent des valeurs éternelles dont nous pouvons être fiers. Encore doivent-elles être enseignées dès la petite école pour être reprises et commentées ensuite au niveau du collège et du lycée.
Le rôle de l’enseignement est là fondamental. Prenons un exemple : face à l’offensive sans nuance de religions trop sûres d’elles, il est capital que soit réaffirmé le respect dû à toutes les croyances et, simultanément, le fait qu’aucune ne saurait prétendre être supérieure aux autres. Ce point d’histoire des doctrines est plus important qu’il ne paraît. À titre d’exemple, face à un islam convaincu d’être le « sceau de la révélation », l’analyse critique des doctrines issues du passé nous oblige à une conclusion : ni le taoïsme, ni le confucianisme, ni le bouddhisme, ni l’hindouisme, ni, non plus, le christianisme, le judaïsme ou l’islam ne peuvent prétendre représenter l’aboutissement ultime, le point oméga des croyances humaines. Nous devons, comme disait Jaurès,
« … sauvegarder avant tout cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée, c’est-à-dire interdite à la pleine investigation de l’homme ».
À moins d’insulter les penseurs du monde entier qui ont consacré leur vie à l’approfondissement de leurs textes fondateurs, il est présomptueux de vouloir passer leurs efforts par pertes et profits au bénéfice d’un seul successeur.
Une éducation appropriée devrait donc insister sur l’histoire des religions et leur évolution progressive, soulignant à la fois le besoin profond qu’elles manifestent et leur caractère relatif. Pour préciser un peu ces observations, il conviendrait de présenter aux jeunes, dès leurs premières années, un programme qui leur fasse prendre conscience de cette unité dans la recherche du sacré qui est celle du genre humain, tout en mesurant nos origines religieuses à l’aune d’une perspective historique.
Il faut répéter à ce sujet que, sans ce qu’il est possible d’appeler une éducation philosophique, il est très probable que certains soient tentés de monopoliser à leur profit le « besoin de croire ». Il est possible en particulier que l’islam, au niveau de ses grandes universités théologiques, se refuse à baisser sa garde, à l’instar de ce qui a déjà été observé dans l’histoire, avec comme conséquence le risque de terribles conflits idéologiques.
C’est à ce niveau que se retrouve le caractère véritablement fondateur de la liberté de penser qui nous distingue de l’animal ne sachant qu’obéir à la loi de l’espèce. Car s’il suffisait de se soumettre une fois pour toutes à une révélation pour trouver le bonheur et mériter le paradis, que serait l’homme sinon une sorte de robot programmé de l’extérieur ? Où se situerait son autonomie ? Les planètes ont-elles du mérite à tourner autour du Soleil ? Ne faut-il pas préférer l’affirmation de Bernanos, « La foi ? C’est vingt-quatre heures de doute, moins une minute d’espérance », qui exalte la force créatrice de l’incertitude plutôt que l’obéissance passive, facteur de stérilité intellectuelle ?
Face à un conflit idéologique de cette nature, il n’y aurait donc pas d’autre choix que la lutte pour préserver l’essentiel : cette fragile liberté de penser qui, malgré ses travers et le mauvais usage qu’en font les manipulateurs d’opinion, constitue la force et la meilleure justification des démocraties occidentales. Dans les classes des années cinquante, le professeur lisait en chaire les lettres des fusillés de seize ans qui avaient affronté le nazisme totalitaire avec leur seul courage. Quelles phrases magnifiques jaillissaient de ces bouches qui seraient recouvertes de terre au matin ! Rappelons-nous que la liberté se mérite et qu’elle ne s’est jamais confondue avec l’insouciance…
L’on ne peut que déplorer à ce sujet l’abandon progressif par l’Éducation nationale de l’apprentissage scolaire des langues anciennes, et au travers d’elles, de la connaissance des mondes grecs et romains. Car l’oubli de ces deux sources fondamentales est lourd de conséquences. Une triste démagogie est à l’œuvre qui s’abreuve au relativisme que nous dénoncions plus haut. Rappeler à la jeunesse les origines de la tradition culturelle occidentale est un impératif si nous voulons sauver l’essentiel de notre façon d’être et de penser, bref de notre civilisation. Ce n’est pas en admettant sans discussion un dogmatisme issu d’une tradition orientale de soumission que nous retrouverons la possibilité d’un « vivre ensemble » harmonieux. Il faut, sinon, nous préparer au pire…

RECHERCHE D’UNE SPIRITUALITÉ
OUVERTE SUR L’AVENIR :
L’«
ESPRIT QUI VEILLE »

Nous entrons là dans un domaine particulièrement difficile. Les tenants affirmés des diverses religions sont en général convaincus que leur foi est supérieure aux autres, sans quoi ils ne seraient pas en accord avec eux-mêmes. Comme le relève très bien Daniel Sibony à propos de l’islam, mais la remarque pourrait être étendue à toutes les religions révélées :
« Accepter l’existence de “l’autre” sans l’opprimer, et sans que son statut d’inférieur prouve son infériorité, c’est accepter d’être (soi-même) imparfait, donc d’être en faute… »
Où l’on retrouve le statut de dhimmis des adeptes des religions du Livre en terre d’islam. Et le grand orientaliste qu’était Alain Daniélou d’ajouter :
« L’impertinence et l’orgueil avec lesquels les “croyants” attribuent à Dieu leurs préjugés sociaux, alimentaires, sexuels, qui d’ailleurs varient d’une région à l’autre, seraient comiques s’ils n’aboutissaient pas inévitablement à des formes de tyrannie, de caractère purement temporel. »
Triste constat ! L’on ne peut donc compter que sur la tolérance, vertu en creux, pour compenser l’irritation naturelle ressentie par les croyants convaincus face aux autres traditions. C’est l’éternel problème des minorités religieuses. Selon les cas, leur existence se révélera plus ou moins difficile : là où le taoïsme accepte l’autre sans trop de difficultés, là où le bouddhisme est tolérant par essence, l’hindouisme est déjà plus sourcilleux ; quant à l’islam, sa tendance naturelle est de rejeter en bloc tout ce qui n’est pas lui, avec les dérives criminelles que nous connaissons actuellement. On ne s’entretue jamais aussi bien qu’au nom de la foi…
Les agnostiques répondront que pour supprimer le problème, il suffit de supprimer la foi elle-même. Cette attitude qui est depuis longtemps déjà celle des scientistes ne tient pas devant la réalité. Comme disait Voltaire :
On entre, on crie et c’est la vie
On crie, on sort et c’est la mort
Un jour de joie, un jour de deuil
Tout est fini en un clin d’œil
La formule est heureuse, mais elle ne comble pas le vide. L’homme d’aujourd’hui comme celui d’hier demande un rattachement à l’éternité qui donne un sens à sa vie. Pas plus que Staline n’a réussi à extraire l’orthodoxie du cœur des Russes, aucun hiérarque intellectuel ne peut espérer arracher la revendication d’« explication globale du monde » du cœur de la plupart des êtres ...

Table des matières

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. Copyright
  4. Titre
  5. Citation
  6. Avant-propos
  7. Les racines de la situation actuelle
  8. Pouvons-nous être fiers de nos origines ?
  9. Comment surmonter le « déclinisme » ?
  10. Conclusion
  11. Table des matières