Archivistes de 2030
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Archivistes de 2030

Réflexions prospectives

  1. 430 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Archivistes de 2030

Réflexions prospectives

À propos de ce livre

Les archives ont changé. Les gestionnaires de celles-ci doivent relever les défis de cette évolution. Trente-cinq d'entre eux issus de tous les milieux professionnels ont accepté de partager leurs réflexions, en fonction de leur(s) expérience(s) ou de leur angle d'observation, sur l'évolution de leur métier dans quinze ans.

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Informations

Éditeur
Academia
Année
2015
ISBN de l'eBook
9782806120090

Les archives en 2030
De la donnĂ©e (signifiant) Ă  l’information sur la donnĂ©e (signifiĂ©) au service des documentalistes et autres publics

Roger ROBERTS

1. Introduction : Vers de nouveaux fondements

Sous la pression omniprĂ©sente des technologies de numĂ©risation, la production documentaire ne cesse d’évoluer ! Un document numĂ©rique est un ensemble de donnĂ©es informatiques (autre qu’un programme informatique ou fichier systĂšme) qui est visualisĂ©, sans ĂȘtre matĂ©rialisĂ©. Le document numĂ©rique permet de sĂ©parer l’aspect prĂ©sentation (mise en forme, mise en page
) de l’aspect contenu (donnĂ©es
), offrant Ă  la fois l’intĂ©gration de diffĂ©rents modes d’expression (audio, vidĂ©o, photo, texte, ainsi que la possibilitĂ© d’une exploitation combinĂ©e).
Le dĂ©veloppement de rĂ©seaux informatiques a permis de distribuer et d’échanger ces documents Ă©lectroniques sans pouvoir rĂ©soudre le problĂšme de multiples incompatibilitĂ©s de formats de fichiers (traitements de texte, tableurs et Ă©diteurs graphiques
)
Les documents numĂ©riques audiovisuels ajoutent une dimension complĂ©mentaire : la time-line. L’audiovisuel est un tout temporel qui aujourd’hui est fragmentĂ© par le numĂ©rique510. En effet, les technologies numĂ©riques dĂ©ploient Ă  la fois deux logiques :
- Une logique de fragmentation. Un document audiovisuel numĂ©risĂ© est un objet audiovisuel explosĂ©, en unitĂ©s de calcul de maniĂšre Ă  pouvoir interagir avec chaque fragment constitutif du document. Ce qui compte, ce n’est pas tant la notion de fragment que celle de fragmentation. Dans le numĂ©rique, il y a toujours une fragmentation (supĂ©rieure ou infĂ©rieure) qu’il est possible de faire en fonction de la granularitĂ© de l’objet (Ă©lĂ©ment signifiant ultime).
- Une logique de recomposition libĂ©rĂ©e des contraintes du support physique. La libertĂ© que permet le calcul numĂ©rique, permet de recomposer des contenus, des programmes qui vont pouvoir ĂȘtre consultĂ©s, abordĂ©s, prĂ©levĂ©s et reconstruits diffĂ©remment selon la multiplicitĂ© des utilisateurs. Dans le processus de reconstruction, il n’y a pas seulement une logique de fragmentation/recomposition, il y a aussi in fine :
- Une logique de reprĂ©sentation. Lors d’un codage et conformĂ©ment au rich-media, il est dĂ©sormais possible d’intĂ©grer des contenus et des Ă©lĂ©ments hĂ©tĂ©rogĂšnes comme la vidĂ©o, l’image, le son, la photo, le texte, les graphiques
, dans un environnement numĂ©rique. Le terme consacrĂ© est « virtualisation ». L’analogique disposait d’une unitĂ© de support qui gĂ©nĂ©rait un contexte, une globalitĂ©. Avec les technologies numĂ©riques, c’est exactement l’inverse ; la fragmentation est spontanĂ©e. C’est un principe de fonctionnement de base du numĂ©rique.
À partir de fragments, il faut donc reconstruire l’unitĂ© sur une base sĂ©mantique.
À partir d’un code donnĂ©, de fragments donnĂ©s, il devient alors possible d’effectuer des reconstructions Ă©ditoriales variĂ©es. Il est possible de rĂ©-interprĂ©ter, de re-contextualiser

Cette reconstruction Ă©tant variable, quel rapport, quelle intĂ©gritĂ© et identitĂ© du contenu allons-nous pouvoir avoir entre ces diffĂ©rents fragments, reconstituĂ©s Ă  partir des fragments dĂ©construits par la numĂ©risation des documents, et des contenus audiovisuels sinon celle offerte par les technologies nouvelles gĂ©rant des mĂ©tadonnĂ©es explicites et des modĂ©lisation sĂ©mantiques susceptibles d’échanger entre des systĂšmes fermĂ©s, basĂ©s sur des modĂšles plats (exportation de listes d’attributs).

2. Les principes de l’interopĂ©rabilitĂ©

L’interopĂ©rabilitĂ© est la capacitĂ© que possĂšde un systĂšme, dont les interfaces sont intĂ©gralement connues, Ă  fonctionner avec d’autres systĂšmes existants ou futurs sans restriction d’accĂšs ou de mise en Ɠuvre.
Il convient de distinguer « interopĂ©rabilitĂ© » et « compatibilitĂ© ». Pour ĂȘtre simple, on peut dire que la compatibilitĂ© est une notion verticale qui fait qu’un outil peut fonctionner dans un environnement donnĂ© en respectant toutes les caractĂ©ristiques ; et l’interopĂ©rabilitĂ© est une notion transversale qui permet Ă  divers outils de pouvoir communiquer Ă  partir du moment oĂč leurs fonctionnements sont connus. Les diffĂ©rents systĂšmes et applications diverses doivent pouvoir interagir de façon continue dans un processus.
Compte tenu du fait que l’univers audiovisuel est composĂ© d’élĂ©ments hĂ©tĂ©rogĂšnes (donnĂ©es, bases de donnĂ©es, sĂ©mantique
) produits par des constructeurs divers, avec des mĂ©thodes variĂ©es, qui rĂ©pondent Ă  des besoins spĂ©cifiques
 l’interopĂ©rabilitĂ© consiste Ă  dĂ©finir une base explicite, une norme ou un ensemble de normes, que chaque Ă©lĂ©ment d’un systĂšme va « implanter » dans son propre fonctionnement.
Un exemple de systĂšmes interopĂ©rables est le tĂ©lĂ©phone. Toutes les interfaces sont des normes gĂ©rĂ©es par l’UIT-T. Cette norme joue un double rĂŽle : d’abord un indicateur de la façon dont le dialogue entre les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments doit s’opĂ©rer ; et ensuite une passerelle de communication qui doit s’adapter aux besoins changeants des Ă©lĂ©ments. De ce fait, il existe un vĂ©ritable marchĂ© des pĂ©riphĂ©riques, des outils de tĂ©lĂ©communication, des logiciels

L’interopĂ©rabilitĂ© est un concept fondateur pour les rĂ©seaux de tĂ©lĂ©communication mondiaux comme le tĂ©lĂ©phone et l’Internet. Par essence, des matĂ©riels divers et variĂ©s sont mis en Ɠuvre dans ces rĂ©seaux hĂ©tĂ©rogĂšnes aux cĂŽtĂ©s d’une panoplie encore plus vaste de matĂ©riels informatiques et de logiciels.
Du point de vue de l’ingĂ©nierie des systĂšmes (vision universitaire), l’interopĂ©rabilitĂ© informatique pilote l’interopĂ©rabilitĂ© globale de l’ensemble de l’économie. Dans presque tous les domaines d’activitĂ©, des systĂšmes informatiques gĂ©nĂšrent des donnĂ©es, pilotent des systĂšmes de contrĂŽle, des systĂšmes de gestion, interconnectent des citoyens, des entreprises, des États

Dans le domaine des tĂ©lĂ©communications l’European Telecommunications Standards Institute (ETSI) distingue quatre couches d’interopĂ©rabilitĂ© :
1. Interopérabilité technique : associée aux composants hardware/software, aux systÚmes et aux plate-formes qui permettent la communication machine/machine. Cette couche est centrée sur les protocoles de communication et les infrastructures nécessaires pour opérer ces protocoles.
2. Interopérabilité syntactique : associée aux formats et aux modÚles de représentation des données.
3. InteropĂ©rabilitĂ© sĂ©mantique : associĂ©e Ă  la signification du contenu, et donc concerne l’interprĂ©tation humaine du contenu et non celle des machines. L’interopĂ©rabilitĂ© Ă  ce niveau implique qu’il y ait une comprĂ©hension commune de la signification du contenu Ă©changĂ©.
4. InteropĂ©rabilitĂ© organisationnelle : associĂ©e Ă  la capacitĂ© des organisations de communiquer de maniĂšre effective. S’appuie sur les trois couches prĂ©cĂ©dentes. Peut dĂ©pendre de la culture de l’organisation.
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Figure 1 : European Telecommunications Standards Institute interoperability model
L’interopĂ©rabilitĂ© dans l’espace implique que les diffĂ©rents clients puissent, aux Ă©tapes-clĂ©s fonctionnelles, extraire du systĂšme des donnĂ©es dans un format qui soit indĂ©pendant du format propriĂ©taire pour une exploitation propre ou en vue de les transmettre vers d’autres fournisseurs Ă©ventuels. Le producteur d’informations est le propriĂ©taire des donnĂ©es.
Les mĂ©canismes qui assurent l’interopĂ©rabilitĂ© (dans l’espace) sont assez proches des mĂ©canismes qui assurent la persistance (dans le temps). Si d’un point de vue conceptuel, l’interopĂ©rabilitĂ© est conçue correctement, la persistance ne devrait poser aucun problĂšme. Cette Ă©quivalence implique donc que les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques nĂ©cessaires Ă  l’archivage persistant sont de mĂȘme nature que les propriĂ©tĂ©s nĂ©cessaires Ă  la construction de l’interopĂ©rabilitĂ© entre des systĂšmes indĂ©pendants.

3. Les évolutions de la visualisation/manipulation des objets

3.1. É volution pharaonique de la rĂ©solution des images

La taille moyenne des tĂ©lĂ©viseurs vendus ne cesse d’augmenter. AprĂšs trentesept pouces en 2012, on est passĂ© en 2013 Ă  trente-neuf pouces. Cette donnĂ©e reflĂšte la masse des tĂ©lĂ©viseurs installĂ©s dans les foyers, confondant modĂšles principaux et secondaires
 Manifestement, la technologie HD pĂ©nĂštre les foyers plus vite que les outils de production/exploitation des diffuseurs.
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Figure 2 : La taille moyenne des tĂ©lĂ©viseurs vendus ne cesse d’augmenter
Pour profiter pleinement de l’effet waow, il faut que l’utilisateur puisse se placer Ă  une distance idĂ©ale de l’écran. Celle-ci est fonction de la rĂ©solution de la dalle. Ainsi, considĂ©rant le marchĂ© actuel, on peut distinguer quatre cas de figure :
- RĂ©solution standard (720 x 576) : 4 Ă  6 fois la diagonale de l’écran ;
- HD Ready (1366 x 768) : 3 Ă  5 fois la diagonale de l’écran ;
- Full HD (1920 x 1080) : 2,5 Ă  3 fois la diagonale de l’écran ;
- Ultra HD (3840 x 2160) : 1 Ă  1,5 fois la diagonale de l’écran.
Dans le domaine du cinĂ©ma, c’est l’IMAX qui a donnĂ© le ton en termes de qualitĂ© d’expĂ©rience du spectateur (QoE : mesure subjective de l’adĂ©quation d’un service par rapport Ă  ce qu’en attend un usager). IMAX (Image Maximum) est un format de pellicule créé par l’IMAX Corporation, au Canada, qui a la capacitĂ© d’exposer des images d’une plus grande taille et d’une meilleure rĂ©solution que les pellicules conventionnelles.
Du seul fait qu’il soit composĂ© de photogrammes qui s’apparentent Ă  des photographies, le cinĂ©ma offre une certaine tridimensionnalitĂ©. Comme la photo, il reproduit une reprĂ©sentation codĂ©e de la troisiĂšme dimension (la perspective) sur une surface plane (deux dimensions). De plus, par le mouvement, les effigies immobiles se voient arrachĂ©es Ă  la surface plane : le mouvement apporte le relief. « En somme, le secret du cinĂ©ma – dit Christian Metz511 –, c’est d’arriver Ă  mettre beaucoup d’indices de rĂ©alitĂ© dans des images, qui, ainsi enrichies, restent nĂ©anmoins perçues comme images. »
L’augmentation de la rĂ©solution des images s’effectue sous le signe d’une accentuation des indices de rĂ©alitĂ©, par l’apport de nouveaux Ă©lĂ©ments Ă  cette relation images analogiques/mouvement/relief qui constitue la base mĂȘme du cinĂ©ma, autrement dit la tridimensionnalitĂ©. À cet Ă©gard le cinĂ©ma Imax, Ă©tant donnĂ© la dimension gigantesque de son Ă©cran (dont les extrĂ©mitĂ©s correspondent aux limites de la vision pĂ©riphĂ©rique du spectateur) et sa grande qualitĂ© d’image (en ce qui a trait notamment Ă  sa luminositĂ©), engendre un pas en avant dans le dĂ©veloppement du relief, intensifiant de la sorte le caractĂšre tridimensionnel des images. Cela s’accompagne gĂ©nĂ©ralement d’une multiplication des sources sonores.
L’Ɠil se dĂ©place dĂ©sormais dans un espace dont les contenus sont riches et bien dĂ©finis, le spectateur se retrouve en fait dans la position d’une personne assistant Ă  un Ă©vĂ©nement dans un stade ou une salle de spectacles. Cela ouvre des perspectives Ă  des captations mono-camĂ©ra en UltraHD avec une structuration de l’univers sonore dans des configurations de type 22.1 (en comparaison au 5.1 d’aujourd’hui).
La trĂšs haute dĂ©finition ou Ultra Haute DĂ©finition, baptisĂ©e UHD-4K, 4K-8K ou bien encore UHD 2160p selon les fabricants, dĂ©barque dans nos foyers. Cette Ă©volution majeure dans l’univers du cinĂ©ma s’apprĂȘte avec ses huit millions de pixels Ă  dĂ©trĂŽner la rĂ©solution Full HD 1080p de la tĂ©lĂ©vision (HDTV 1080p) qui n’en affiche que deux millions ! L’UHD-4K concerne aussi bien les tĂ©lĂ©viseurs UHD-4K et les vidĂ©oprojecteurs UHD...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. Dans la mĂȘme collection :
  4. Titre
  5. Copyright
  6. Table des auteurs
  7. Introduction
  8. De quelle sorte d’archivistes aurons-nous besoin en 2030 ?
  9. Les transformations du mĂ©tier de l’archiviste face aux nouveaux modes de production dans les administrations en France
  10. Ni tout Ă  fait la mĂȘme, ni tout Ă  fait une autre : la formation en archivistique en 2030
  11. L’archiviste de 2030 entre archives numĂ©riques et utilisateurs connectĂ©s
  12. L’archiviste de rĂ©fĂ©rence, de savant Ă  mĂ©diateur
  13. Le directeur d’un service d’archives, conservateur ou entrepreneur ?
  14. L’archivistique en 2015 ConsidĂ©rations sur son Ă©tat actuel et son avenir
  15. Les données au péril des archives
  16. Une conservation matĂ©rielle pour les archives dans l’avenir ?
  17. L’interdisciplinaritĂ© dans la formation archivistique : un atout pour l’archiviste de demain
  18. Fabriquer de l’archive. Portrait de l’archiviste du 21e siĂšcle entre pouvoir et citoyennetĂ© archivistiques
  19. L’archiviste Ă  la croisĂ©e des chemins ? La profession d’archiviste face Ă  ses dĂ©fis : se rendre indispensable ?
  20. Looking for a new generation of archivists through a very cloudy horizon
  21. L’image de l’archiviste dans la sociĂ©tĂ© hypermoderne : vers une autre communication sur les archives ?
  22. RĂ©flexions sur la place de l’archiviste dans la convergence de la gestion de l’information
  23. Du devenir des associations professionnelles
  24. Les bñtiments d’archives
  25. Citoyen-né archiviste en 2030
  26. Vers une archivistique pragmatique et intégrée
  27. PrĂ©parer aujourd’hui les voix de l’avenir
  28. La gestion numérique des archives de militant-es
  29. Archives 2015-2030. Quel archiviste se cache derriĂšre cette icĂŽne ! ?
  30. Quel avenir pour les restaurateurs dans les services d’archives français ?
  31. MusĂ©es, bibliothĂšques, archives : mĂȘme combat Ă  l’ùre Ă©lectronique
  32. Les archives en 2030 De la donnĂ©e (signifiant) Ă  l’information sur la donnĂ©e (signifiĂ©) au service des documentalistes et autres publics
  33. Vers une sélection plus drastique et davantage de partenariats
  34. Faut-il des cyberarchivistes ? Dix ans aprĂšs, est-ce les mĂȘmes ?
  35. Dans la mĂȘme collection (suite) :
  36. Table des matiĂšres

Foire aux questions

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