Distances et liens
eBook - ePub

Distances et liens

  1. 171 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub

Distances et liens

À propos de ce livre

Qu'elle soit gĂ©ographique et/ou affective, recherchĂ©e, subie ou contrainte, etc., la distance – et son pendant, la proximitĂ© – est multiforme. Cet ouvrage, fruit d'une collaboration interdisciplinaire Ă©troite, explore les apports qu'un dialogue entre sciences sociales, histoire et psychologie peut fournir Ă  l'Ă©tude de la construction, du maintien et de la dĂ©liquescence des liens familiaux, parentaux et conjugaux, saisis au prisme de la dialectique distance/proximitĂ©.

Approuvé par les 375,005 étudiants

AccÚs à plus de 1,5 million de titres pour un prix mensuel raisonnable.

Étudiez plus efficacement en utilisant nos outils d'Ă©tude.

Informations

Éditeur
Academia
Année
2014
ISBN de l'eBook
9782806119902

CHAPITRE 1
LA DISTANCE AU CƒUR DU LIEN DE LA DIFFERENCIATION DES GENERATIONS AU SEIN DE LA FAMILLE

Blanche Leider, Christophe Janssen
OĂč peut-on ĂȘtre mieux qu’au sein de sa famille ?
(André Gide)

Introduction : la séparation nécessaire au lien

« [
] Pas d’accord possible sans droit au dĂ©saccord, pas de lien solide sans penser la possibilitĂ© de la dĂ©liaison » (Abel, 2005 : 17). Ce constat, le philosophe le pose Ă  partir de son analyse aiguisĂ©e des liens de couples contemporains. Sa thĂšse est la suivante : l’idĂ©e mĂȘme du divorce prĂ©cĂšde nĂ©cessairement l’union librement consentie. Il va mĂȘme plus loin en affirmant : « on ne comprend pas le lien sans la dĂ©liaison, la possibilitĂ© de l’accord sans le dĂ©saccord » (ibidem, p. 37). Il apparaĂźt assez rapidement que le propos d’Abel dĂ©passe largement la question du couple, et plus encore du mariage. Il s’appuie, notamment, sur l’Ɠuvre de John Milton Le paradis perdu. Il Ă©crit Ă  ce propos :
Le coup de gĂ©nie de Milton, [
], c’est justement de penser la sĂ©paration comme fondatrice : la crĂ©ation mĂȘme est sĂ©paration et l’alliance vĂ©ritable repose sur le divorce. Sans cet arrachement et cette sĂ©paration premiĂšre, il n’y a pas de pacte, pas de nouvelle alliance (ibidem, p. 57).
En fait, cette thĂšse est bien connue des psychanalystes et, en particulier, de ceux qui s’intĂ©ressent Ă  l’auteur britannique Donald W. Winnicott.
Winnicott (2005) conceptualise le lien Ă  l’autre comme rendu possible par une sĂ©paration premiĂšre. Il Ă©voque, bien sĂ»r, la premiĂšre sĂ©paration mĂšre-enfant. Pour l’auteur, si, dans un premier temps, la mĂšre et l’enfant se vivent comme « Un », survient petit Ă  petit un dĂ©collage, une forme de « dĂ©sillusion », un Ă©cart entre la mĂšre et l’enfant qui se distingue alors de l’autre, l’autre Ă©tant ce que Winnicott appelle la « MĂšre-environnement », c’est-Ă -dire, du point de vue de l’enfant, le monde qui est « non-moi ». L’enfant se vit alors comme unifiĂ©, intĂ©grĂ©, et cette sĂ©paration d’avec la mĂšre le libĂšre du « comme Un », lui ouvrant la possibilitĂ© « d’ĂȘtre deux ». Et ce n’est qu’à cette condition de pouvoir ĂȘtre deux, au moins deux, qu’un lien est pensable et expĂ©rimentable. L’auteur nous invite mĂȘme Ă  penser en quoi le lien, dans sa nature mĂȘme, est sĂ©parateur tout autant que liant. De la mĂȘme façon, Daniel Sibony (1991), psychanalyste et philosophe, conceptualise l’« entre-deux » comme point d’articulation en mĂȘme temps qu’il s’insĂšre comme Ă©cart entre deux pĂŽles. C’est le principe du pont qui relie deux berges, mais qui, d’un autre point de vue, les tient Ă  distance l’une de l’autre.
Cette premiĂšre sĂ©paration mĂšre-enfant va permettre que s’ouvre un espace dont Winnicott (1971) parlera en termes « d’aire intermĂ©diaire d’expĂ©rience » ni tout Ă  fait intĂ©rieure ni tout Ă  fait extĂ©rieure et qui vise Ă  maintenir Ă  la fois unies et sĂ©parĂ©es – c’est-Ă -dire liĂ©es – les rĂ©alitĂ©s internes et externes Ă  l’individu. Cette aire est certes un « espace », mais aussi et, sans doute avant tout, un « processus » ; « une tĂąche humaine interminable », Ă©crira mĂȘme Winnicott (1971). Et c’est de cette premiĂšre sĂ©paration qu’émergeront les fondements du lien, ce que l’auteur nommera les « phĂ©nomĂšnes transitionnels », dont le fameux « objet transitionnel ». Celui-ci, s’il est concret, visible, objectivable, n’en demeure pas moins, essentiellement, le support d’un processus de « liaison-dĂ©liaison », « illusion-dĂ©sillusion », « trouvaille-crĂ©ation » : autant d’expressions qui tentent de rendre compte de la complexitĂ© de notre rapport au monde et, donc, Ă  l’autre dont la nature paradoxale est si difficile Ă  mettre en mots puisque difficilement reprĂ©sentable (Janssen, 2013a). Et pourtant, telle est bien la visĂ©e de cet article ; faire entendre au lecteur que la distance ne s’oppose pas au lien. Bien au contraire, le lien prĂ©suppose la distance. C’est, en effet, une forme de sĂ©paration et de mise Ă  l’écart qui rend possible le dĂ©ploiement d’un processus de liaison entre soi et le monde, entre « moi » et ce qui est « non-moi », en ce compris l’« autre ».
Nous montrerons, Ă  partir d’un matĂ©riel de recherche recueilli par l’un de nous deux, diffĂ©rentes maniĂšres que les individus ont de « trouver-crĂ©er » pour introduire une certaine distance nĂ©cessaire aux liens – en l’occurrence, aux liens affectifs intrafamiliaux entre un adulte quinqua- ou sexagĂ©naire et son parent vieillissant.

1. Contextualisation de la recherche

Ce matĂ©riau est rĂ©coltĂ© dans le cadre d’une thĂšse de doctorat en cours, intitulĂ©e « Dynamique familiale et soutien Ă  un parent vieillissant ». CentrĂ©e sur la question du soutien offert par les enfants (50-65 ans) Ă  leur parent ĂągĂ© en perte d’autonomie (75-89 ans), cette recherche sociologique tente de rĂ©pondre aux questions suivantes : quel enfant offre quel soutien au parent vieillissant, lorsque celui-ci vit seul Ă  son domicile ? À quel enfant le parent demande-t-il quel soutien ? Comment comprendre la forme prise par ces configurations d’aide ? C’est-Ă -dire, comment l’engagement des uns (le type de soutien offert par un enfant) module l’engagement des autres (le type de soutien offert par les autres enfants), cela en lien avec les demandes de soutien Ă©manant du parent ĂągĂ© ?
Ces questionnements sont adressĂ©s Ă  des familles, auprĂšs desquelles sont menĂ©s des entretiens individuels avec – autant que faire se peut – les diffĂ©rents membres des configurations filiales de soutien (le parent ĂągĂ© et ses enfants). Actuellement, le matĂ©riau de la recherche se compose de trente et un entretiens recueillis au sein de treize familles, douze avec des parents ĂągĂ©s (quatre hommes/huit femmes) et dix-neuf avec des enfants (sept hommes/douze femmes). Ces familles sont recrutĂ©es par diffĂ©rents canaux : rĂ©seau interpersonnel, milieu associatif, services professionnels d’aide et de soins Ă  domicile, et par l’effet de « boule de neige » Ă  partir des personnes dĂ©jĂ  interrogĂ©es. Les personnes interviewĂ©es sont issues de milieux sociaux diversifiĂ©s (avec la classe moyenne un peu plus reprĂ©sentĂ©e) et Ă©voluent tant en milieu urbain que rural (avec le milieu urbain davantage reprĂ©sentĂ©). Ces constats valent tant pour la gĂ©nĂ©ration du parent ĂągĂ© que pour la gĂ©nĂ©ration des enfants, mais varient bien Ă©videmment au sein des familles : mobilitĂ© sociale et mobilitĂ© gĂ©ographique ont cours dans chaque groupe et, comme nous le verrons, ne sont pas sans incidence sur les dynamiques qui s’y dĂ©ploient.
Bien qu’il ne s’agisse pas de l’interrogation premiĂšre de la recherche, la question de la (mise Ă ) distance par rapport au parent est cependant ressortie trĂšs tĂŽt des entretiens, comme l’un des composants essentiels du lien intergĂ©nĂ©rationnel. Selon le sociologue Kurt LĂŒsher (1999), connu et reconnu pour sa thĂ©orisation de la notion d’ambivalence, c’est le fait mĂȘme de la succession des gĂ©nĂ©rations qui implique cette imbrication du lien et de la distance. En effet, la gĂ©nĂ©ration, en essence, relĂšve simultanĂ©ment d’une logique de reproduction et d’une logique de diffĂ©renciation, de renouvellement :
Peu importe combien parents et enfants sont liés par leurs vies et leurs expériences, ceux-ci ne pourront jamais devenir complÚtement identiques à ceux-là1 (1999 : 6).
Cette derniĂšre citation est d’importance puisqu’elle semble nous autoriser Ă  rapprocher nos deux perspectives, psychanalytique et sociologique. C’est-Ă -dire que, nous rĂ©fĂ©rant d’une part Ă  Winnicott, d’autre part Ă  LĂŒsher, nous pouvons dĂ©terminer que la distance dont nous parlons (et qui s’avĂšre, chez les deux auteurs, nĂ©cessaire au lien) est affaire de diffĂ©renciation. Il ne s’agit donc pas, bien Ă©videmment, d’une distance gĂ©ographique, mĂȘme si, comme nous le verrons avec le matĂ©riel de recherche, une telle distance peut venir actualiser ce processus. Il ne s’agit pas non plus Ă  proprement parler d’une distance affective au sens d’une forme de dĂ©samour ou d’ambivalence mĂȘme si, une fois encore, il nous est sans doute possible d’articuler cette notion Ă  notre propos. La distance que nous Ă©tudions serait davantage « identitaire » au sens d’un Ă©cart qui permet de s’affirmer, de se considĂ©rer soi-mĂȘme comme non-identique Ă  l’autre. C’est parce que nous ne sommes pas totalement identiques que « chaque un » peut se sentir ĂȘtre soi, mais aussi, pour la mĂȘme raison et si nous le souhaitons, que nous pouvons nous lier l’un Ă  l’autre.
Dans le cadre qui est le sien, le clinicien ne peut que constater que cette question du lien et de la « distance-diffĂ©renciation » qui lui est nĂ©cessaire semble particuliĂšrement problĂ©matique aujourd’hui pour un grand nombre de personnes venant en consultation. Au-delĂ  de la question strictement psychopathologique, quelques sociologues sont sans doute Ă  mĂȘme de nous livrer diverses explications quant Ă  la mise Ă  mal contemporaine de cette question des rapports « Soi-Soi » et « Soi-Autre ».
Si cet article est rĂ©digĂ© Ă  quatre mains, celles du psychologue et clinicien d’un cĂŽtĂ©, et celles du sociologue de l’autre, la richesse d’une dĂ©marche interdisciplinaire n’exonĂšre en rien les chercheurs d’une rĂ©flexion Ă©pistĂ©mologique. Bien au contraire, le croisement de regards sur un mĂȘme objet conduit Ă  deux impasses possibles. La premiĂšre est celle qui amĂšne les chercheurs de disciplines diffĂ©rentes Ă  ne trouver aucun terrain d’entente ; les rĂ©alitĂ©s sont trop diffĂ©rentes que pour ĂȘtre mises en rapport. La seconde, Ă  l’inverse, se soutient d’une chimĂšre Ă©noncĂ©e frĂ©quemment de la façon suivante : « Dans le fond, nous parlons de la mĂȘme chose », ignorant, dĂšs lors, les diffĂ©rences de langues. Cette volontĂ© de dĂ©nier ces diffĂ©rences est souvent facilitĂ©e par l’utilisation de « faux-amis » tels que les concepts d’« identitĂ© », de « sujet », de « lien » et, bien entendu, de « proximitĂ© » et de « distance ». Ces notions, parfois Ă©rigĂ©es en concepts, se retrouvent frĂ©quemment usitĂ©es dans diffĂ©rents champs disciplinaires mais recouvrent, Ă  l’analyse, des rĂ©alitĂ©s fort diffĂ©rentes. La dĂ©marche qui a prĂ©sidĂ© Ă  la rĂ©daction de cet article s’appuie sur ce que nous avons appelĂ© ailleurs un « constructivisme modĂ©rĂ© » (Janssen, Frogneux, De Neuter, Bartiaux, 2009). Il s’agit de considĂ©rer que, certes l’objet de chaque discipline est une construction conceptuelle, thĂ©orique et qu’il convient donc de ne pas syncrĂ©tiquement et illusoirement chercher Ă  fusionner nos regards et, par lĂ , nos objets de recherche. En mĂȘme temps, nous considĂ©rons que ces objets construits s’appuient sur un mĂȘme « objet rĂ©el » qui ne peut ĂȘtre apprĂ©hendĂ© de façon brute, mais qui sous-tend les rĂ©flexions et analyses des uns et des autres. Il s’agit, dĂšs lors, de tenir compte de la diversitĂ© des points de vue Ă  propos d’un mĂȘme objet, supposant que ce dialogue croisĂ© constituera un apport inĂ©dit Ă  la construction des objets de chaque discipline en prĂ©sence. Il subsistera toujours un reste, un point du rĂ©el qui nous Ă©chappe, mais chaque discipline approchant ce rĂ©el par un bout qui lui est propre est susceptible de nous en apprendre davantage quant Ă  notre propre façon de construire notre objet. C’est en quelque sorte un processus d’auto-indigĂ©nisation proche du procĂ©dĂ© mis en Ɠuvre par Montesquieu dans ses Lettres persanes que nous visons Ă  travers cette dĂ©marche.
Ce court dĂ©tour Ă©pistĂ©mologique nous amĂšne, en rĂ©alitĂ©, au plus prĂšs de ce dont nous traitons dans cet article. En effet, nous pourrions dire que, pour que deux disciplines se lient l’une Ă  l’autre (le temps d’un travail de recherche commun ou d’un article, par exemple), il leur faut d’abord se diffĂ©rencier, maintenir un Ă©cart entre elles qui leur Ă©vite toute forme de symbiose hallucinĂ©e. Telle est la façon dont nous envisagerons le lien dans ses rapports avec la notion d’intermĂ©diaire, celle-ci reprise principalement au regard de sa fonction de « pontage sur une rupture maintenue » (KaĂ«s in Chouvier et al., 2002, p. 20).

2. Prendre de la distance : rester Ă  distance, mettre de la distance

Or, pour le sociologue comme pour le psychologue, la distance (la diffĂ©renciation) semble constitutive du lien qu’entretient l’enfant Ă  son parent, dans la succession des gĂ©nĂ©rations. Nous l’avons dĂ©jĂ  illustrĂ© pour le psychologue en Ă©voquant l’Ɠuvre de Winnicott. Mais pour la sociologue Ă©galement, la distance est un outil conceptuel fĂ©cond pour penser les relations de filiation. Pour de nombreux sociologues de la famille contemporaine, en effet, la transmission familiale opĂšre Ă  la croisĂ©e de ces deux injonctions, l’« originel » et l’« original » (Favart, 2006) : il s’agit pour le descendant d’ĂȘtre tout Ă  la fois « semblable » et « unique » (Bloch, Buisson, 1994) ; de « suivre la voie » et de « suivre sa voie » (Favart, 2007) ; de « se positionner entre la reproduction de la famille et la production de soi » (de Singly, 2007). En somme, de cultiver un lien incarnĂ© dans ces deux mouvements : affiliation et distanciation.
Or, il est plus facile pour l’enfant de prendre cette distance lorsque le parent reste lui-mĂȘme Ă  distance : lorsque ce parent accepte davantage son enfant tel qu’il est – tel qu’il est devenu –, en admettant que celui-ci ne corresponde pas en tout point au devenir projetĂ© sur lui ; c’est-Ă -dire, en quelque sorte, qu’il ne soit pas l’égal du parent lui-mĂȘme, fut-ce sur le mode idĂ©alisĂ©. Cela revient, pour le parent, Ă  faire le deuil de la reproduction Ă  l’identique, par son descendant, de sa loyautĂ© sans faille Ă  un hĂ©ritage familial. Cette loyautĂ© peut ĂȘtre requise dans les multiples domaines de l’existence, selon l’accent mis par chaque famille sur ce qui fait le « noyau dur » de la transmission. Trois axes fondamentaux de la construction du parcours de vie des individus sont toutefois particuliĂšrement susceptibles de renvoyer Ă  des enjeux de loyautĂ© familiale :
‱ la rĂ©ussite sociale (professionnelle et/ou financiĂšre), cela d’autant plus qu’elle peut « signifier un contre-don symbolique dans le cadre de l’échange diffĂ©rĂ© qui rĂ©gule le cycle familial » (Attias-Donfut, Lapierre, Segalen, 2002 : 235) ;
‱ l’enfantement, qui renvoie au devoir premier « de faire en sorte que le systĂšme se maintienne, se perpĂ©tue, se rĂ©gĂ©nĂšre » (Godbout, Charbonneau, 1996, p. 118), et les pratiques Ă©ducatives (Bloch, Buisson, 1994) ;
‱ l’alliance, le choix d’un conjoint et d’un mode de vie conjugal Ă©tant fortement incarnĂ©s dans des scĂ©narios familiaux (Favart, 2007) ; choix d’autant plus lourd d’enjeux que l’alliance est l’occasion pour les conjoints de rencontrer une autre culture familiale (Attias-Donfut, Lapierre, Segalen, 2002), qui, dans la « confrontation des styles » (quant Ă  la frĂ©quence des visites, Ă  la proximitĂ© physique, aux styles Ă©ducatifs, etc.) (ibidem), menace potentiellement la reproduction au sein de chaque lignĂ©e – les interactions avec la belle-famille pouvant en effet « renforcer l’attraction, [mais aussi] la rĂ©pulsion pour sa famille d’origine » (Favart, 2007 : 183).
Que se passe-t-il, alors, lorsque le parent ne prend pas un peu de distance par rapport Ă  son idĂ©al, cultive des attentes prĂ©cises quant Ă  l’existence de ses enfants, et leur fait savoir ? Lorsque l’équilibre entre le pĂŽle du « semblable » et le pĂŽle de l’« unique » n’est pas atteint, dans l’expĂ©rience que les enfants font de leur relation filiale ? Lorsqu’ils se sentent aspirĂ©s par leur ascendant vers la reproduction, le semblable, au dĂ©triment du renouvellement, de l’unique ? Si le parent ne reste pas Ă  distance, celle-ci devra ĂȘtre prise par un autre moyen, si le lien veut subsister : c’est l’enfant qui pourra alors opĂ©rer une mise Ă  distance de son parent2. C’est ce mouvement de mise Ă  distance qui sera au centre des points suivants, tant il nous semble rĂ©vĂ©lateur de l’argument que nous souhaitons ici dĂ©fendre : la nĂ©cessaire distance au cƓur du lien. De fait, cet argument se donne Ă  voir avec beaucoup de clartĂ© dans les situations oĂč la distance est travaillĂ©e dans un effort conscientisĂ© des indi...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. (IEFS) AU (CIRFASE)
  4. Titre
  5. Derniers volumes parus dans la collection « Famille, couple, sexualité »
  6. Copyright
  7. Table des matiĂšres
  8. Distances et liens : une relation complexe et Dialectique
  9. CHAPITRE 1 – LA DISTANCE AU CƒUR DU LIEN DE LA DIFFERENCIATION DES GENERATIONS AU SEIN DE LA FAMILLE
  10. CHAPITRE 2 – L’EXPÉRIENCE DE LA DISTANCE CHEZ LES ENFANTS CONFIÉS À LA FAMILLE ÉLARGIE
  11. CHAPITRE 3 – COPRÉSENCE PHYSIQUE, COPRÉSENCE VIRTUELLE ET LIENS FAMILIAUX EN SITUATION MIGRATOIRE
  12. CHAPITRE 4 – CONJUGALITÉ/PARENTALITÉ ET CARRIÈRES SCIENTIFIQUES A L’ÉPREUVE DE LA MOBILITÉ CHEZ LES COUPLES DE CHERCHEUR-E-S
  13. CHAPITRE 5 – L’ÉVALUATION DES FAMILLES PAR LES ACTEURS DE LA PROTECTION DE L’ENFANCE EN BELGIQUE (FIN XIXe/DÉBUT XXIe SIÈCLES) : PRATIQUES ET DISCOURS EXPERTS
  14. CHAPITRE 6 – LES COUPLES LESBIENS ET LES TECHNIQUES D’AIDE À LA PROCRÉATION
  15. ÉPILOGUE – LA PROXIMITE DISTANTE : UN OXYMORE POUR L’INTERDISCIPLINARITÉ
  16. BIBLIOGRAPHIE
  17. LES AUTEURS

Foire aux questions

Oui, vous pouvez résilier à tout moment à partir de l'onglet Abonnement dans les paramÚtres de votre compte sur le site Web de Perlego. Votre abonnement restera actif jusqu'à la fin de votre période de facturation actuelle. Découvrir comment résilier votre abonnement
Non, les livres ne peuvent pas ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©s sous forme de fichiers externes, tels que des PDF, pour ĂȘtre utilisĂ©s en dehors de Perlego. Cependant, vous pouvez tĂ©lĂ©charger des livres dans l'application Perlego pour les lire hors ligne sur votre tĂ©lĂ©phone portable ou votre tablette. Apprendre Ă  tĂ©lĂ©charger des livres hors ligne
Perlego propose deux formules : Essential et Complete
  • Essential est idĂ©al pour les apprenants et les professionnels qui aiment explorer une grande variĂ©tĂ© de sujets. AccĂ©dez Ă  la Essential Library avec plus de 800 000 titres de confiance et best-sellers dans les domaines du business, du dĂ©veloppement personnel et des sciences humaines. Inclut un temps de lecture illimitĂ© et la voix Standard Read Aloud.
  • Complete : Parfait pour les apprenants avancĂ©s et les chercheurs ayant besoin d'un accĂšs total et sans restriction. DĂ©bloquez plus de 1,5 million de livres dans des centaines de sujets, y compris des titres acadĂ©miques et spĂ©cialisĂ©s. Le forfait Complete inclut aussi des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es telles que Premium Read Aloud et Research Assistant.
Les deux formules sont disponibles avec des cycles de facturation mensuels, semestriels ou annuels.
Nous sommes un service déabonnement à des manuels scolaires en ligne, qui vous permet d'accéder à une bibliothÚque en ligne entiÚre pour moins que le prix d'un seul livre par mois. Avec plus de 1,5 million de livres sur plus de 990 thÚmes, nous avons ce qu'il vous faut ! Découvrir notre mission
Recherchez le symbole Écouter sur votre prochain livre pour voir si vous pouvez l'Ă©couter. L'outil Écouter lit le texte Ă  haute voix pour vous, en surlignant le passage qui est en cours de lecture. Vous pouvez le mettre sur pause, l'accĂ©lĂ©rer ou le ralentir. En savoir plus sur la fonctionnalitĂ© Écouter
Oui ! Vous pouvez utiliser l'application Perlego sur les appareils iOS et Android pour lire Ă  tout moment, n'importe oĂč, mĂȘme hors ligne. Parfait pour les trajets quotidiens ou lorsque vous ĂȘtes en dĂ©placement.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application
Oui, vous pouvez accéder à Distances et liens de Laura Merla,Aurore François aux formats PDF et/ou ePub, ainsi qu'à d'autres livres populaires dans Sciences sociales et Histoire et théorie en psychologie. Nous avons plus de 1,5 million de livres disponibles dans notre catalogue pour vous.