Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages
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Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages

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Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages

À propos de ce livre

AprĂšs une argumentation solidement fondĂ©e sur des Ă©tudes de cas irrĂ©futables, l'auteur ne peut que constater que chez les peuples dits "sauvages", les manifestations supranormales sont identiques Ă  celles obtenues par les mĂ©diums des sociĂ©tĂ©s "avancĂ©es". L'opinion que ces phĂ©nomĂšnes, quand ils ne rĂ©sultent pas de tromperies dĂ©libĂ©rĂ©es, reposent sur des illusions, des expĂ©riences mal montĂ©es ou de fausses interprĂ©tations, est donc Ă  rĂ©futer totalement. Ce que l'on appelle "supranormal" est en rĂ©alitĂ© un champ d'action naturel partagĂ© par tous les humains. Une base sĂ»re pour une science encore Ă  venir... (Édition annotĂ©e, traduction corrigĂ©e.)

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Informations

Éditeur
Books on Demand
Année
2021
Édition
1
ISBN de l'eBook
9782383710394
Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages
Il suffit de consulter les Ɠuvres des plus Ă©minents anthropologistes et sociologues pour constater que ces auteurs reconnaissent tous, d’un commun accord, que la croyance en la survivance de l’esprit humain est universelle.
E. B. Tylor, dans son ouvrage : Primitive Culture, remarque que « la formule minime pour dĂ©finir une religion consiste dans la croyance Ă  l’existence d’entitĂ©s spirituelles », croyance que l’on rencontre « au milieu des races humaines les plus arriĂ©rĂ©es avec lesquelles nous sommes parvenus Ă  entrer en rapports suffisamment intimes ». Il fait ressortir, un peu plus loin, que « la croyance en des entitĂ©s spirituelles implique, en son plein dĂ©veloppement, la croyance en l’existence d’une Ăąme survivant Ă  la mort du corps ». Et il poursuit en disant :
Cette croyance est la base fondamentale de toute philosophie des religions, Ă  partir des religions des sauvages les plus arriĂ©rĂ©s, pour arriver Ă  celles des peuples les plus civilisĂ©s ; cette mĂȘme croyance constitue d’ailleurs la philosophie la plus ancienne et la plus universelle.
Grant Allen remarque Ă  son tour :
La religion contient en elle-mĂȘme un Ă©lĂ©ment infiniment plus ancien que ne l’est la religion elle-mĂȘme, plus fondamental et persistant que toute croyance Ă  Dieu ou aux Dieux ; c’est-Ă -dire, plus ancien, mĂȘme, que l’usage de se rendre propices les Dieux et les esprits au moyen de rites et offrandes, et cet Ă©lĂ©ment est la croyance en la survivance des trĂ©passĂ©s. Or, c’est sur cette croyance universelle primitive que sont fondĂ©es toutes les religions. (The Evolution of the idea of God, page 42).
Brinton écrivit :
Je vous dĂ©montrerai qu’il y a des religions tellement rudimentaires qu’elles n’ont ni temples, ni autels, ni rites ; mais il m’est impossible de vous dĂ©montrer qu’on en rencontre une seule ne nous apprenant point la croyance Ă  des entitĂ©s spirituelles communiquant avec les hommes. (Religions of Primitive People, page 50).
Et Goblet d’Alviella :
Des dĂ©couvertes des derniers vingt-cinq ans, surtout dans les grottes de la France et de la Belgique, ont montrĂ© d’une maniĂšre dĂ©cisive qu’à l’époque du mammouth, l’homme pratiquait dĂ©jĂ  les rites funĂšbres, croyait Ă  la survivance de l’ñme, possĂ©dait des fĂ©tiches et peut-ĂȘtre aussi des idoles. (Hibbert Lecture, page 15).
Powers dit des Californiens :
Je suis absolument convaincu que la grande majoritĂ© des Indiens de Californie n’ont aucune idĂ©e d’un Être SuprĂȘme ... J’affirme en outre, et en connaissance de cause, qu’il n’existe aucun terme indien correspondant Ă  Dieu ... Ils croient bien Ă  l’existence de nombreux esprits, surtout mĂ©chants, dont quelques-uns ont forme humaine ; d’autres s’incarnent en des quadrupĂšdes et des oiseaux... (Tribes of California, page 413-414).
Et voici l’avis d’Huxley :
Il y a des peuples sauvages sans un Dieu, dans le propre sens du mot, mais il n’y en a point sans « esprits » (Lay Sermons and Addresses, page 163).
Herbert Spencer conclut en disant :
Nous rencontrons partout l’idĂ©e de la survivance de l’esprit Ă  la mort du corps, avec toutes les conceptions multiples et compliquĂ©es qui en rĂ©sultent. Nous la rencontrons identique aussi bien dans les rĂ©gions arctiques que dans les rĂ©gions tropicales ; autant dans les forĂȘts de l’AmĂ©rique du Nord que dans les dĂ©serts de l’Arabie ; dans les vallĂ©es de l’Himalaya comme dans les Ă©tendues de l’Afrique ; sur les pentes des Andes comme dans les Ăźles de la PolynĂ©sie. Cette idĂ©e est exprimĂ©e avec la plus grande nettetĂ© par des races si diffĂ©rentes, que les techniciens sont amenĂ©s Ă  penser que leur transformation s’est accomplie avant la distribution actuelle des terres et des eaux ; c’est-Ă -dire, aussi bien parmi les tĂȘtes Ă  cheveux plats qu’entre celles Ă  cheveux bouclĂ©s, ou Ă  cheveux laineux ; chez les races blanches comme chez les jaunes, les rouges, les noires ; chez les peuples les plus arriĂ©rĂ©s et sauvages comme chez les barbares semi-civilisĂ©s et ceux qui se trouvent Ă  l’avant-garde de la civilisation. (Sociologie, vol. II, p. 689).
Ces citations reproduisent la pensĂ©e des anthropologistes et sociologues les plus Ă©minents ; je ne pense donc pas qu’il soit nĂ©cessaire d’en ajouter d’autres Ă  l’appui de cette affirmation, thĂ©oriquement trĂšs importante ; les hommes de science sont d’accord pour reconnaĂźtre que, si d’un cĂŽtĂ© l’on peut affirmer qu’il y a des peuples ignorant l’existence de Dieu, d’autre part, tous les peuples de la terre partagent la croyance en la survie de l’esprit Ă  la mort du corps. Seulement, ces mĂȘmes hommes de science ne se trouvent plus d’accord lorsqu’il s’agit de rechercher la genĂšse de cette croyance universelle ; aucun d’eux ne parvient Ă  des conclusions satisfaisantes Ă  ce sujet. Herbert Spencer entrevoit la vĂ©ritĂ©, mais comme il ignore les manifestations mĂ©tapsychiques, il est contraint de formuler des inductions incomplĂštes et insuffisantes, en se bornant Ă  affirmer que la croyance en la survivance de l’ñme tire son origine des rĂȘves, combinĂ©s au fait de reconnaĂźtre son image rĂ©flĂ©chie dans l’eau, ou d’observer son ombre accompagnant les mouvements du corps. Comme on peut le voir, ces inductions prouvent que la puissante mentalitĂ© d’Herbert Spencer s’acheminait sur la bonne voie, bien qu’elle n’ait pu atteindre le but, par manque de connaissance du matĂ©riel brut fourni par les faits supranormaux, qui Ă©taient indispensables Ă  l’orienter dans sa recherche.
Ce qui n’a pas Ă©tĂ© fait par Herbert Spencer a Ă©tĂ© tentĂ© avec succĂšs par l’anthropologiste bien connu Andrew Lang dans son ouvrage : The Making of Religion, oĂč il applique les mĂ©thodes de l’analyse comparĂ©e aux croyances des peuples primitifs, relativement aux manifestations tĂ©lĂ©pathiques, tĂ©lesthĂ©siques, clairvoyantes, de hantise, etc., considĂ©rĂ©es dans leurs rapports avec les manifestations modernes et telles qu’elles se produisent spontanĂ©ment et expĂ©rimentalement parmi les peuples civilisĂ©s. Une fois son analyse terminĂ©e, il utilise les rĂ©sultats, scientifiquement irrĂ©futables, auxquels il est parvenu, pour suggĂ©rer les modifications qu’il estime nĂ©cessaires aux thĂ©ories des anthropologistes lesquels, refusant toute croyance aux rĂ©cits de ces manifestations chez les sauvages, ne savent en tenir aucun compte pour formuler leurs inductions sur la genĂšse de la croyance Ă  la survivance de l’ñme et Ă  l’évolution des religions.
Dans l’introduction de son ouvrage, M. Lang remarque :
Mon but est d’examiner les prĂ©tendues « pratiques superstitieuses » et les « croyances » des sauvages qui y correspondent, en recourant Ă  la mĂ©thode de l’analyse comparĂ©e. Je comparerai donc les preuves ethnologiques, concernant les croyances et coutumes des sauvages, avec les meilleures preuves de « transmission de pensĂ©e », d’ « hallucinations vĂ©ridiques », de « personnalitĂ©s alternantes », etc., telles qu’elles se rĂ©alisent chez les peuples civilisĂ©s, soit spontanĂ©ment, soit expĂ©rimentalement. Tout cela soulĂšve l’objection de la validitĂ© des preuves ethnographiques que j’ai prĂ©sentĂ©es ; objection importante, et que je me mets en devoir de rĂ©futer, en remarquant que les rĂ©cits des sauvages Ă  cet Ă©gard sont incontestablement Ă  la hauteur d’un grand nombre parmi les meilleures preuves sur lesquelles les anthropologistes fondent leurs inductions ; ce qui fait qu’il ne reste aux oppositeurs qu’à repousser en masse toutes les preuves, en les dĂ©clarant des « racontars des explorateurs et des missionnaires ». Mais la meilleure preuve de leur authenticitĂ© se trouve dans leur admirable concordance – Ă©videmment non prĂ©mĂ©ditĂ©e – avec tous les autres rĂ©cits Ă©pisodiques analogues, d’oĂč qu’ils viennent, et quelle que soit l’époque oĂč les faits concernĂ©s se sont rĂ©alisĂ©s. Lorsque les circonstances que nous relatent les explorateurs anciens et modernes, instruits et ignorants, mystiques et sceptiques, concordent dans leurs modalitĂ©s de manifestation, nous recueillons ainsi les meilleurs critĂ©riums de preuves que l’anthropologie est en Ă©tat de fournir. En outre, lorsque nous constatons que ces Ă©tincelles de vive lumiĂšre dont s’éclairent les tĂ©nĂšbres de l’anthropologie – Ă©tincelles nĂ©gligĂ©es jusqu’ici – existent dĂ©jĂ  non seulement dans les superstitions populaires des races humaines, mais sont attestĂ©es par des centaines d’épisodes arrivĂ©s Ă  des personnes vivantes fort respectables, cultivĂ©es et qualifiĂ©es, nous ne pouvons lĂ©gitimement nous empĂȘcher alors de tenir compte de ces concordances fort Ă©loquentes, et il nous est impossible de continuer irraisonnablement Ă  prĂ©tendre que ces rĂ©cits, lorsqu’ils se produisent chez les peuples civilisĂ©s, ne sont que des survivances de superstitions sauvages, et pas autre chose.
AprĂšs avoir rapportĂ© ces considĂ©rations de M. Lang et en me disposant Ă  Ă©tablir un essai de classification des manifestations supranormales se produisant chez les sauvages, il ne me reste qu’à faire valoir, pour mon compte, les mĂȘmes raisons prĂ©sentĂ©es par l’anthropologiste dont je viens de parler.
Certes, il ne m’est pas possible d’étayer les faits que je vais rapporter en ayant recours aux tĂ©moignages directs des protagonistes et des tĂ©moins. Cependant l’on doit tenir le plus grand compte du fait que les rĂ©cits des missionnaires et explorateurs, non seulement concordent entre eux, mais qu’ils concordent aussi, dans leurs moindres dĂ©tails, avec les rĂ©cits des faits correspondants qui se rĂ©alisent aujourd’hui, et qui se sont toujours rĂ©alisĂ©s, chez les peuples civilisĂ©s. Il est aisĂ© de comprendre que ces Ă©loquentes concordances relativement Ă  des manifestations Ă©tranges et inouĂŻes – concordances trop nombreuses pour pouvoir ĂȘtre expliquĂ©es par l’hypothĂšse des « coĂŻncidences fortuites » – amĂšnent nĂ©cessairement Ă  reconnaĂźtre l’authenticitĂ© des faits.
Il est vĂ©ritablement intĂ©ressant d’observer que les manifestations supranormales chez les sauvages, non seulement sont conformes aux modalitĂ©s de rĂ©alisation chez les peuples civilisĂ©s, mais qu’on constate aussi un parfait accord entre les sauvages et les civilisĂ©s dans les procĂ©dĂ©s qu’on emploie ici et lĂ  pour choisir les sujets les mieux prĂ©disposĂ©s pour devenir « sorciers » d’une part, « mĂ©diums » de l’autre ; il en va de mĂȘme pour les systĂšmes empiriques d’ « entraĂźnement » employĂ©s pour favoriser l’émergence des facultĂ©s supranormales subconscientes chez les novices.
Ainsi, nous trouvons que chez les Zoulous, les Esquimaux, les SamoyĂšdes, « sorciers », « mĂ©decins » sont choisis dans la classe qui, en Europe, fournit les meilleurs sujets hypnotiques, c’est-Ă -dire chez les jeunes gens psychopathiques, ou nerveux ou hystĂ©riques, ou mĂȘme Ă©pileptiques, soumis ensuite Ă  des pratiques longues et mĂ©thodiques, d’ « entrainement », parmi lesquelles on enregistre les jeĂ»nes prolongĂ©s, l’isolement rigoureux dans les cavernes, l’ingestion de drogues spĂ©ciales, l’aspiration de vapeurs dĂ©gagĂ©es par des brasiers, sans prĂ©judice de la pratique journaliĂšre d’autosuggestions mĂ©thodiques et d’autohypnose.
Lorsque les initiĂ©s ont reçu une prĂ©paration suffisante, le chef de la tribu fait l’essai de leurs capacitĂ©s supranormales en ayant recours Ă  des mĂ©thodes analogues Ă  celles des peuples civilisĂ©s. C’est ainsi que chez les Indiens du PĂ©rou, les Apaches, les Iroquois, les Hurons, les Australiens, les Maoris et les indigĂšnes de la PolynĂ©sie, la mĂ©thode la plus en vogue est la « vision dans le cristal », oĂč le globe de cristal est habituellement remplacĂ© par une coupe ou une calebasse remplie d’eau dans laquelle le candidat doit regarder fixement. En d’autres tribus, on met Ă  l’épreuve les candidats en cachant Ă  leur insu diffĂ©rents objets un peu partout, et en les invitant Ă  les retrouver. Ceux des candidats qui surmontent ces premiĂšres Ă©preuves sont dĂ©clarĂ©s « sorciers ».
Quand il s’agit de communiquer avec les « esprits des dĂ©cĂ©dĂ©s », les parents forment cercle autour du sorcier mĂ©dium, aprĂšs avoir fait l’obscuritĂ© dans la hutte ; prĂ©cisĂ©ment tout comme on agit dans les cercles expĂ©rimentaux des peuples civilisĂ©s. Quand on ne fait pas l’obscuritĂ©, le sorcier se place Ă  l’intĂ©rieur d’une hutte plus petite, qui sert de cabinet mĂ©diumnique, et les expĂ©rimentateurs s’assoient tout autour.
Chez plusieurs tribus du Canada, chez les SamoyĂšdes, les Australiens, les Esquimaux, il est d’usage d’entourer tout le corps du sorcier avec une grosse corde de lianes, ou toute autre sorte de lien, de maniĂšre Ă  le mettre dans la condition d’une momie Ă©gyptienne. M. Lang suppose que cet usage (si on considĂšre en mĂȘme temps le fait que, chez les peuplades qui le pratiquent, il est traditionnel d’envelopper de mĂȘme les cadavres avant de les ensevelir) a la signification symbolique de placer le voyant dans la condition des morts, afin qu’il parvienne plus facilement Ă  se mettre en rapport avec eux.
Je m’arrĂȘte lĂ , ce que j’ai exposĂ© suffit Ă  montrer que les manifestations supranormales, telles qu’elles se rĂ©alisent chez les sauvages, doivent ĂȘtre regardĂ©es comme des manifestations rĂ©elles, certaines et indiscutables, autant que les manifestations analogues chez les peuples civilisĂ©s. En effet, s’il n’en Ă©tait pas ainsi, on ne rencontrerait point la triple et parfaite concordance que nous venons de signaler entre les deux ordres de manifestations, soit au point de vue des critĂ©riums Ă  l’aide desquels on choisit les sensitifs, soit sous celui des systĂšmes empiriques par lesquels on favorise l’émergence des facultĂ©s subconscientes chez les initiĂ©s, soit enfin relativement aux modalitĂ©s par lesquelles se manifestent les facultĂ©s dont il s’agit.
Je passe donc sans plus Ă  l’exposition des cas, en commençant par une excursion rapide dans le vaste domaine des phĂ©nomĂšnes de mouvements d’objets sans contact (« tĂ©lĂ©kinĂ©sie »), voire mĂȘme de mouvements d’objets en contact avec le sorcier ou les consultants, mais selon des circonstances de lieu et de temps qui excluent toute fraude consciente.
***
M. Lang est parfaitement fondĂ© Ă  supposer que l’une des causes principales de la naissance de la religion « fĂ©tichiste » parmi les sauvages est imputable Ă  l’observation des phĂ©nomĂšnes d’objets se mouvant sans contact en prĂ©sence des sorciers. Il Ă©crit Ă  ce propos :
Maintenant nous tĂącherons de dĂ©montrer la probabilitĂ© que le FĂ©tichisme (croyance qu’un esprit anime et rĂ©git des objets inanimĂ©s, ou se manifeste par leur intermĂ©diaire), doive son origine Ă  des faits qui ne sont peut-ĂȘtre pas normaux, ou qui, tout au moins, semblent supranormaux aux sauvages ... Nous avons vu quelle est la raison pour laquelle un sauvage suppose qu’un esprit habite certaines choses inanimĂ©es, telles qu’un crĂąne, ou d’autres restes humains ; mais comment a-t-il pu parvenir Ă  s’imaginer qu’un esprit ait fixĂ© son habitat dans un morceau de bois ou dans une pierre ? ... Charles Darwin a vu deux femmes malaises de l’üle de Keeling qui avaient habillĂ© une grosse cuillĂšre de bois comme on habille les poupĂ©es ; cuillĂšre prĂ©alablement dĂ©posĂ©e sur le tombeau d’un de leurs morts, fort regrettĂ©. Or il se produisait ceci : Ă  chaque retour de la pleine lune, la cuillĂšre s’animait, en sautillant et en dansant frĂ©nĂ©tiquement, comme le font les guĂ©ridons au cours des modernes sĂ©ances spirites.
John Bell, dans son livre Journey in Asia, cite l’épisode d’un Lama mongol auquel on avait volĂ© diffĂ©rentes piĂšces de damas. Voici la mĂ©thode Ă  laquelle il eut recours pour dĂ©couvrir le coupable : il s’assit sur un tabouret ; celui-ci, en glissant et en sautant, le transporta jusqu’à la tente du voleur. En de pareilles circonstances, les indigĂšnes croient naĂŻvement que le tabouret est animĂ© de mouvements spontanĂ©s.
Rowley raconte que, dans le Manganjah, un sorcier, voulant dĂ©couvrir un criminel, pratiqua des cĂ©rĂ©monies magiques sur deux bĂątons, qu’il plaça ensuite dans les paumes d’un jeune homme. « Tout Ă  coup, les bĂątons commencĂšrent Ă  s’agiter violemment dans les mains du jeune homme ; puis, ils le forcĂšrent Ă  tourner vertigineusement, comme s’il Ă©tait devenu fou ; enfin ils lui Ă©chappĂšrent pour aller rouler aux pieds de la femme d’un chef, qui fut aussitĂŽt dĂ©noncĂ©e comme coupable. »
Duff Macdonald, dĂ©crivant les pratiques magiques usitĂ©es chez les Yaos, remarque : « Les sorciers remettent Ă  un homme un bĂąton, qui se met aussitĂŽt en mouvement comme s’il Ă©tait animĂ©, et entraĂźne enfin trĂšs rapidement celui qui le tient vers l’habitat...

Table des matiĂšres

  1. Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages
  2. Conclusions

Foire aux questions

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