AprĂšs une argumentation solidement fondĂ©e sur des Ă©tudes de cas irrĂ©futables, l'auteur ne peut que constater que chez les peuples dits "sauvages", les manifestations supranormales sont identiques Ă celles obtenues par les mĂ©diums des sociĂ©tĂ©s "avancĂ©es". L'opinion que ces phĂ©nomĂšnes, quand ils ne rĂ©sultent pas de tromperies dĂ©libĂ©rĂ©es, reposent sur des illusions, des expĂ©riences mal montĂ©es ou de fausses interprĂ©tations, est donc Ă rĂ©futer totalement. Ce que l'on appelle "supranormal" est en rĂ©alitĂ© un champ d'action naturel partagĂ© par tous les humains. Une base sĂ»re pour une science encore Ă venir... (Ădition annotĂ©e, traduction corrigĂ©e.)

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Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages
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Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages
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ReligionDes manifestations supranormales chez les peuples sauvages
Il suffit de consulter les Ćuvres des plus Ă©minents anthropologistes et sociologues pour constater que ces auteurs reconnaissent tous, dâun commun accord, que la croyance en la survivance de lâesprit humain est universelle.
E. B. Tylor, dans son ouvrage : Primitive Culture, remarque que « la formule minime pour dĂ©finir une religion consiste dans la croyance Ă lâexistence dâentitĂ©s spirituelles », croyance que lâon rencontre « au milieu des races humaines les plus arriĂ©rĂ©es avec lesquelles nous sommes parvenus Ă entrer en rapports suffisamment intimes ». Il fait ressortir, un peu plus loin, que « la croyance en des entitĂ©s spirituelles implique, en son plein dĂ©veloppement, la croyance en lâexistence dâune Ăąme survivant Ă la mort du corps ». Et il poursuit en disant :
Cette croyance est la base fondamentale de toute philosophie des religions, Ă partir des religions des sauvages les plus arriĂ©rĂ©s, pour arriver Ă celles des peuples les plus civilisĂ©s ; cette mĂȘme croyance constitue dâailleurs la philosophie la plus ancienne et la plus universelle.
Grant Allen remarque Ă son tour :
La religion contient en elle-mĂȘme un Ă©lĂ©ment infiniment plus ancien que ne lâest la religion elle-mĂȘme, plus fondamental et persistant que toute croyance Ă Dieu ou aux Dieux ; câest-Ă -dire, plus ancien, mĂȘme, que lâusage de se rendre propices les Dieux et les esprits au moyen de rites et offrandes, et cet Ă©lĂ©ment est la croyance en la survivance des trĂ©passĂ©s. Or, câest sur cette croyance universelle primitive que sont fondĂ©es toutes les religions. (The Evolution of the idea of God, page 42).
Brinton écrivit :
Je vous dĂ©montrerai quâil y a des religions tellement rudimentaires quâelles nâont ni temples, ni autels, ni rites ; mais il mâest impossible de vous dĂ©montrer quâon en rencontre une seule ne nous apprenant point la croyance Ă des entitĂ©s spirituelles communiquant avec les hommes. (Religions of Primitive People, page 50).
Et Goblet dâAlviella :
Des dĂ©couvertes des derniers vingt-cinq ans, surtout dans les grottes de la France et de la Belgique, ont montrĂ© dâune maniĂšre dĂ©cisive quâĂ lâĂ©poque du mammouth, lâhomme pratiquait dĂ©jĂ les rites funĂšbres, croyait Ă la survivance de lâĂąme, possĂ©dait des fĂ©tiches et peut-ĂȘtre aussi des idoles. (Hibbert Lecture, page 15).
Powers dit des Californiens :
Je suis absolument convaincu que la grande majoritĂ© des Indiens de Californie nâont aucune idĂ©e dâun Ătre SuprĂȘme ... Jâaffirme en outre, et en connaissance de cause, quâil nâexiste aucun terme indien correspondant Ă Dieu ... Ils croient bien Ă lâexistence de nombreux esprits, surtout mĂ©chants, dont quelques-uns ont forme humaine ; dâautres sâincarnent en des quadrupĂšdes et des oiseaux... (Tribes of California, page 413-414).
Et voici lâavis dâHuxley :
Il y a des peuples sauvages sans un Dieu, dans le propre sens du mot, mais il nây en a point sans « esprits » (Lay Sermons and Addresses, page 163).
Herbert Spencer conclut en disant :
Nous rencontrons partout lâidĂ©e de la survivance de lâesprit Ă la mort du corps, avec toutes les conceptions multiples et compliquĂ©es qui en rĂ©sultent. Nous la rencontrons identique aussi bien dans les rĂ©gions arctiques que dans les rĂ©gions tropicales ; autant dans les forĂȘts de lâAmĂ©rique du Nord que dans les dĂ©serts de lâArabie ; dans les vallĂ©es de lâHimalaya comme dans les Ă©tendues de lâAfrique ; sur les pentes des Andes comme dans les Ăźles de la PolynĂ©sie. Cette idĂ©e est exprimĂ©e avec la plus grande nettetĂ© par des races si diffĂ©rentes, que les techniciens sont amenĂ©s Ă penser que leur transformation sâest accomplie avant la distribution actuelle des terres et des eaux ; câest-Ă -dire, aussi bien parmi les tĂȘtes Ă cheveux plats quâentre celles Ă cheveux bouclĂ©s, ou Ă cheveux laineux ; chez les races blanches comme chez les jaunes, les rouges, les noires ; chez les peuples les plus arriĂ©rĂ©s et sauvages comme chez les barbares semi-civilisĂ©s et ceux qui se trouvent Ă lâavant-garde de la civilisation. (Sociologie, vol. II, p. 689).
Ces citations reproduisent la pensĂ©e des anthropologistes et sociologues les plus Ă©minents ; je ne pense donc pas quâil soit nĂ©cessaire dâen ajouter dâautres Ă lâappui de cette affirmation, thĂ©oriquement trĂšs importante ; les hommes de science sont dâaccord pour reconnaĂźtre que, si dâun cĂŽtĂ© lâon peut affirmer quâil y a des peuples ignorant lâexistence de Dieu, dâautre part, tous les peuples de la terre partagent la croyance en la survie de lâesprit Ă la mort du corps. Seulement, ces mĂȘmes hommes de science ne se trouvent plus dâaccord lorsquâil sâagit de rechercher la genĂšse de cette croyance universelle ; aucun dâeux ne parvient Ă des conclusions satisfaisantes Ă ce sujet. Herbert Spencer entrevoit la vĂ©ritĂ©, mais comme il ignore les manifestations mĂ©tapsychiques, il est contraint de formuler des inductions incomplĂštes et insuffisantes, en se bornant Ă affirmer que la croyance en la survivance de lâĂąme tire son origine des rĂȘves, combinĂ©s au fait de reconnaĂźtre son image rĂ©flĂ©chie dans lâeau, ou dâobserver son ombre accompagnant les mouvements du corps. Comme on peut le voir, ces inductions prouvent que la puissante mentalitĂ© dâHerbert Spencer sâacheminait sur la bonne voie, bien quâelle nâait pu atteindre le but, par manque de connaissance du matĂ©riel brut fourni par les faits supranormaux, qui Ă©taient indispensables Ă lâorienter dans sa recherche.
Ce qui nâa pas Ă©tĂ© fait par Herbert Spencer a Ă©tĂ© tentĂ© avec succĂšs par lâanthropologiste bien connu Andrew Lang dans son ouvrage : The Making of Religion, oĂč il applique les mĂ©thodes de lâanalyse comparĂ©e aux croyances des peuples primitifs, relativement aux manifestations tĂ©lĂ©pathiques, tĂ©lesthĂ©siques, clairvoyantes, de hantise, etc., considĂ©rĂ©es dans leurs rapports avec les manifestations modernes et telles quâelles se produisent spontanĂ©ment et expĂ©rimentalement parmi les peuples civilisĂ©s. Une fois son analyse terminĂ©e, il utilise les rĂ©sultats, scientifiquement irrĂ©futables, auxquels il est parvenu, pour suggĂ©rer les modifications quâil estime nĂ©cessaires aux thĂ©ories des anthropologistes lesquels, refusant toute croyance aux rĂ©cits de ces manifestations chez les sauvages, ne savent en tenir aucun compte pour formuler leurs inductions sur la genĂšse de la croyance Ă la survivance de lâĂąme et Ă lâĂ©volution des religions.
Dans lâintroduction de son ouvrage, M. Lang remarque :
Mon but est dâexaminer les prĂ©tendues « pratiques superstitieuses » et les « croyances » des sauvages qui y correspondent, en recourant Ă la mĂ©thode de lâanalyse comparĂ©e. Je comparerai donc les preuves ethnologiques, concernant les croyances et coutumes des sauvages, avec les meilleures preuves de « transmission de pensĂ©e », dâ « hallucinations vĂ©ridiques », de « personnalitĂ©s alternantes », etc., telles quâelles se rĂ©alisent chez les peuples civilisĂ©s, soit spontanĂ©ment, soit expĂ©rimentalement. Tout cela soulĂšve lâobjection de la validitĂ© des preuves ethnographiques que jâai prĂ©sentĂ©es ; objection importante, et que je me mets en devoir de rĂ©futer, en remarquant que les rĂ©cits des sauvages Ă cet Ă©gard sont incontestablement Ă la hauteur dâun grand nombre parmi les meilleures preuves sur lesquelles les anthropologistes fondent leurs inductions ; ce qui fait quâil ne reste aux oppositeurs quâĂ repousser en masse toutes les preuves, en les dĂ©clarant des « racontars des explorateurs et des missionnaires ». Mais la meilleure preuve de leur authenticitĂ© se trouve dans leur admirable concordance â Ă©videmment non prĂ©mĂ©ditĂ©e â avec tous les autres rĂ©cits Ă©pisodiques analogues, dâoĂč quâils viennent, et quelle que soit lâĂ©poque oĂč les faits concernĂ©s se sont rĂ©alisĂ©s. Lorsque les circonstances que nous relatent les explorateurs anciens et modernes, instruits et ignorants, mystiques et sceptiques, concordent dans leurs modalitĂ©s de manifestation, nous recueillons ainsi les meilleurs critĂ©riums de preuves que lâanthropologie est en Ă©tat de fournir. En outre, lorsque nous constatons que ces Ă©tincelles de vive lumiĂšre dont sâĂ©clairent les tĂ©nĂšbres de lâanthropologie â Ă©tincelles nĂ©gligĂ©es jusquâici â existent dĂ©jĂ non seulement dans les superstitions populaires des races humaines, mais sont attestĂ©es par des centaines dâĂ©pisodes arrivĂ©s Ă des personnes vivantes fort respectables, cultivĂ©es et qualifiĂ©es, nous ne pouvons lĂ©gitimement nous empĂȘcher alors de tenir compte de ces concordances fort Ă©loquentes, et il nous est impossible de continuer irraisonnablement Ă prĂ©tendre que ces rĂ©cits, lorsquâils se produisent chez les peuples civilisĂ©s, ne sont que des survivances de superstitions sauvages, et pas autre chose.
AprĂšs avoir rapportĂ© ces considĂ©rations de M. Lang et en me disposant Ă Ă©tablir un essai de classification des manifestations supranormales se produisant chez les sauvages, il ne me reste quâĂ faire valoir, pour mon compte, les mĂȘmes raisons prĂ©sentĂ©es par lâanthropologiste dont je viens de parler.
Certes, il ne mâest pas possible dâĂ©tayer les faits que je vais rapporter en ayant recours aux tĂ©moignages directs des protagonistes et des tĂ©moins. Cependant lâon doit tenir le plus grand compte du fait que les rĂ©cits des missionnaires et explorateurs, non seulement concordent entre eux, mais quâils concordent aussi, dans leurs moindres dĂ©tails, avec les rĂ©cits des faits correspondants qui se rĂ©alisent aujourdâhui, et qui se sont toujours rĂ©alisĂ©s, chez les peuples civilisĂ©s. Il est aisĂ© de comprendre que ces Ă©loquentes concordances relativement Ă des manifestations Ă©tranges et inouĂŻes â concordances trop nombreuses pour pouvoir ĂȘtre expliquĂ©es par lâhypothĂšse des « coĂŻncidences fortuites » â amĂšnent nĂ©cessairement Ă reconnaĂźtre lâauthenticitĂ© des faits.
Il est vĂ©ritablement intĂ©ressant dâobserver que les manifestations supranormales chez les sauvages, non seulement sont conformes aux modalitĂ©s de rĂ©alisation chez les peuples civilisĂ©s, mais quâon constate aussi un parfait accord entre les sauvages et les civilisĂ©s dans les procĂ©dĂ©s quâon emploie ici et lĂ pour choisir les sujets les mieux prĂ©disposĂ©s pour devenir « sorciers » dâune part, « mĂ©diums » de lâautre ; il en va de mĂȘme pour les systĂšmes empiriques dâ « entraĂźnement » employĂ©s pour favoriser lâĂ©mergence des facultĂ©s supranormales subconscientes chez les novices.
Ainsi, nous trouvons que chez les Zoulous, les Esquimaux, les SamoyĂšdes, « sorciers », « mĂ©decins » sont choisis dans la classe qui, en Europe, fournit les meilleurs sujets hypnotiques, câest-Ă -dire chez les jeunes gens psychopathiques, ou nerveux ou hystĂ©riques, ou mĂȘme Ă©pileptiques, soumis ensuite Ă des pratiques longues et mĂ©thodiques, dâ « entrainement », parmi lesquelles on enregistre les jeĂ»nes prolongĂ©s, lâisolement rigoureux dans les cavernes, lâingestion de drogues spĂ©ciales, lâaspiration de vapeurs dĂ©gagĂ©es par des brasiers, sans prĂ©judice de la pratique journaliĂšre dâautosuggestions mĂ©thodiques et dâautohypnose.
Lorsque les initiĂ©s ont reçu une prĂ©paration suffisante, le chef de la tribu fait lâessai de leurs capacitĂ©s supranormales en ayant recours Ă des mĂ©thodes analogues Ă celles des peuples civilisĂ©s. Câest ainsi que chez les Indiens du PĂ©rou, les Apaches, les Iroquois, les Hurons, les Australiens, les Maoris et les indigĂšnes de la PolynĂ©sie, la mĂ©thode la plus en vogue est la « vision dans le cristal », oĂč le globe de cristal est habituellement remplacĂ© par une coupe ou une calebasse remplie dâeau dans laquelle le candidat doit regarder fixement. En dâautres tribus, on met Ă lâĂ©preuve les candidats en cachant Ă leur insu diffĂ©rents objets un peu partout, et en les invitant Ă les retrouver. Ceux des candidats qui surmontent ces premiĂšres Ă©preuves sont dĂ©clarĂ©s « sorciers ».
Quand il sâagit de communiquer avec les « esprits des dĂ©cĂ©dĂ©s », les parents forment cercle autour du sorcier mĂ©dium, aprĂšs avoir fait lâobscuritĂ© dans la hutte ; prĂ©cisĂ©ment tout comme on agit dans les cercles expĂ©rimentaux des peuples civilisĂ©s. Quand on ne fait pas lâobscuritĂ©, le sorcier se place Ă lâintĂ©rieur dâune hutte plus petite, qui sert de cabinet mĂ©diumnique, et les expĂ©rimentateurs sâassoient tout autour.
Chez plusieurs tribus du Canada, chez les SamoyĂšdes, les Australiens, les Esquimaux, il est dâusage dâentourer tout le corps du sorcier avec une grosse corde de lianes, ou toute autre sorte de lien, de maniĂšre Ă le mettre dans la condition dâune momie Ă©gyptienne. M. Lang suppose que cet usage (si on considĂšre en mĂȘme temps le fait que, chez les peuplades qui le pratiquent, il est traditionnel dâenvelopper de mĂȘme les cadavres avant de les ensevelir) a la signification symbolique de placer le voyant dans la condition des morts, afin quâil parvienne plus facilement Ă se mettre en rapport avec eux.
Je mâarrĂȘte lĂ , ce que jâai exposĂ© suffit Ă montrer que les manifestations supranormales, telles quâelles se rĂ©alisent chez les sauvages, doivent ĂȘtre regardĂ©es comme des manifestations rĂ©elles, certaines et indiscutables, autant que les manifestations analogues chez les peuples civilisĂ©s. En effet, sâil nâen Ă©tait pas ainsi, on ne rencontrerait point la triple et parfaite concordance que nous venons de signaler entre les deux ordres de manifestations, soit au point de vue des critĂ©riums Ă lâaide desquels on choisit les sensitifs, soit sous celui des systĂšmes empiriques par lesquels on favorise lâĂ©mergence des facultĂ©s subconscientes chez les initiĂ©s, soit enfin relativement aux modalitĂ©s par lesquelles se manifestent les facultĂ©s dont il sâagit.
Je passe donc sans plus Ă lâexposition des cas, en commençant par une excursion rapide dans le vaste domaine des phĂ©nomĂšnes de mouvements dâobjets sans contact (« tĂ©lĂ©kinĂ©sie »), voire mĂȘme de mouvements dâobjets en contact avec le sorcier ou les consultants, mais selon des circonstances de lieu et de temps qui excluent toute fraude consciente.
***
M. Lang est parfaitement fondĂ© Ă supposer que lâune des causes principales de la naissance de la religion « fĂ©tichiste » parmi les sauvages est imputable Ă lâobservation des phĂ©nomĂšnes dâobjets se mouvant sans contact en prĂ©sence des sorciers. Il Ă©crit Ă ce propos :
Maintenant nous tĂącherons de dĂ©montrer la probabilitĂ© que le FĂ©tichisme (croyance quâun esprit anime et rĂ©git des objets inanimĂ©s, ou se manifeste par leur intermĂ©diaire), doive son origine Ă des faits qui ne sont peut-ĂȘtre pas normaux, ou qui, tout au moins, semblent supranormaux aux sauvages ... Nous avons vu quelle est la raison pour laquelle un sauvage suppose quâun esprit habite certaines choses inanimĂ©es, telles quâun crĂąne, ou dâautres restes humains ; mais comment a-t-il pu parvenir Ă sâimaginer quâun esprit ait fixĂ© son habitat dans un morceau de bois ou dans une pierre ? ... Charles Darwin a vu deux femmes malaises de lâĂźle de Keeling qui avaient habillĂ© une grosse cuillĂšre de bois comme on habille les poupĂ©es ; cuillĂšre prĂ©alablement dĂ©posĂ©e sur le tombeau dâun de leurs morts, fort regrettĂ©. Or il se produisait ceci : Ă chaque retour de la pleine lune, la cuillĂšre sâanimait, en sautillant et en dansant frĂ©nĂ©tiquement, comme le font les guĂ©ridons au cours des modernes sĂ©ances spirites.
John Bell, dans son livre Journey in Asia, cite lâĂ©pisode dâun Lama mongol auquel on avait volĂ© diffĂ©rentes piĂšces de damas. Voici la mĂ©thode Ă laquelle il eut recours pour dĂ©couvrir le coupable : il sâassit sur un tabouret ; celui-ci, en glissant et en sautant, le transporta jusquâĂ la tente du voleur. En de pareilles circonstances, les indigĂšnes croient naĂŻvement que le tabouret est animĂ© de mouvements spontanĂ©s.
Rowley raconte que, dans le Manganjah, un sorcier, voulant dĂ©couvrir un criminel, pratiqua des cĂ©rĂ©monies magiques sur deux bĂątons, quâil plaça ensuite dans les paumes dâun jeune homme. « Tout Ă coup, les bĂątons commencĂšrent Ă sâagiter violemment dans les mains du jeune homme ; puis, ils le forcĂšrent Ă tourner vertigineusement, comme sâil Ă©tait devenu fou ; enfin ils lui Ă©chappĂšrent pour aller rouler aux pieds de la femme dâun chef, qui fut aussitĂŽt dĂ©noncĂ©e comme coupable. »
Duff Macdonald, dĂ©crivant les pratiques magiques usitĂ©es chez les Yaos, remarque : « Les sorciers remettent Ă un homme un bĂąton, qui se met aussitĂŽt en mouvement comme sâil Ă©tait animĂ©, et entraĂźne enfin trĂšs rapidement celui qui le tient vers lâhabitat...
Table des matiĂšres
- Des manifestations supranormales chez les peuples sauvages
- Conclusions
Foire aux questions
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