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Marie Anne Bamont (vers 1655-1708)
Autres graphies : Basmont et Maurisseau, Mauriceau, Morisso et Moriceau
Origine
Marie Anne Bamont, née en Belgique, fait partie de la minorité des Filles du Roy qui sont originaires d’un autre pays européen que la France, comme le sont Anne Marie Vanzèque ou Phansèque, Allemande arrivée en 1673, l’Anglaise Catherine de Lalore en 1671, Espérance Durosaire, Portugaise de 1668, et Barbe Duchesne venue de Suisse en 1671.
Tour-clocher de l’égliseSaint-Martin, à Courtrai. Wikimedia Communs.
Courtrai, ville de Belgique de Flandre-Occidentale, date de l’époque gallo-romaine. Elle n’est située qu’à sept kilomètres de la France sur les bords de la rivière Lys. À partir du XIIIe siècle, elle est devenue une ville drapière prospère et au XVe siècle on y produisit de la toile de lin cultivé sur place.
Originaire de Courtrai, Marie Anne Bamont est née vers 1655 dans la paroisse de Saint-Martin de Courtrai, une très ancienne paroisse datant du VIIe siècle dont la première église fut édifiée par saint Éloi. Elle est la fille de François Bamont et de Marie Lumoi. On ne sait rien d’autre sur sa famille.
Qu’est-ce qui a bien pu pousser cette jeune femme de 18 ans à quitter son pays, puis à s’embarquer en 1673, probablement sur le bateau Nouvelle-France vers le Nouveau Monde ?
Nous ne connaissons rien de sa famille et de sa vie en Europe. Moins de deux mois après son arrivée en Nouvelle-France, elle signe un contrat de mariage, le 23 octobre 1673, devant le notaire Adhémar à Lanoraie avec Vincent Morisseau âgé d’environ 26 ans, originaire de Saint-Girons, évêché de Bordeaux, aujourd’hui Saint-Girons-d’Aiguevives. L’acte de mariage est disparu. De ses origines et de sa vie en France, nous savons seulement que Vincent est le fils de Pierre Morisseau et de Marie Anne Guillebonne, né vers 1647. Même s’il ne figure pas dans les recensements de 1666 et 1667, il était en Nouvelle-France au moins en 1665 puisqu’il a été confirmé à Québec le 25 juillet de cette année-là.
L’aveu et dénombrement pour la seigneurie d’Autray par Anne Gasnier, en date du 31 octobre 1668, nous indique que Vincent Morisseau y possédait une terre : « Vincent Morisso deux arpents de terre de front sur le fleuve sur quarante de profondeur joignant d’un costé Jacques forget et d’aut’ costé aux terres dud’ sieur d’autray […]. »
Établissement
De nouveau le 7 mai 1674, Anne Gasnier, veuve du seigneur Jean Bourdon, concédait à Vincent Morisseau une terre de 25 arpents de superficie dans la seigneurie Dautray. Est-ce là que le couple s’établit d’abord ? Ils ont cependant certainement vécu la plus grande partie de leur vie de famille à Repentigny. Dans les actes de naissance de leurs enfants, à l’exception de l’aîné, il est spécifié qu’ils résident à Repentigny.
Famille
Dix enfants naissent du couple Bamont-Morisseau. À la naissance de leurs deux premiers enfants, l’endroit n’était pas encore desservi par une paroisse organisée autour d’une église. Un prêtre missionnaire venait baptiser les enfants et les enregistrait dans une paroisse voisine, d’où le délai inhabituellement long pour l’époque entre la naissance et le baptême. À Sorel, une première chapelle est construite en 1672 et la paroisse de Saint-Pierre est alors desservie par un premier curé. La seigneurie de Sorel a des liens familiaux avec le seigneur de Repentigny, puisque l’épouse de Pierre de Saurel, Catherine Legardeur, est la cousine de Jean-Baptiste Legardeur. À Boucherville, le registre de la paroisse Sainte-Famille ouvre en 1668, année de la première résidence d’un curé et de la construction de la première chapelle près du fort Saint-Louis.
1. Jean Morisseau, né le 3 juin 1675, a été baptisé le 13 juillet suivant et inscrit au registre de Sorel. Son parrain est Jean Lemire, celui-là même qui avait été engagé par le sieur de Repentigny pour construire le moulin à farine, et sa marraine, Marie Gratiot, est une habitante de Repentigny. La famille de Jacques Gratiot semble proche des Morisseau puisque la sœur de Marie, Marguerite Gratiot, sera marraine de deux autres enfants du couple Bamont-Morisseau et l’épouse de Jacques Gratiot, Madeleine Michelande, sera la marraine de Jean Baptiste Morisseau. C’est à Boucherville, le 19 juin 1698, que Jean Morisseau épouse à 23 ans, Marie Anne Pastourel (Patourel) Lafranchise, fille de Claude Pastourel et de Marie Leclerc. Des personnes d’importance sont présentes : Pierre Boucher, seigneur de Boucherville, le notaire Michel Moreau ainsi que Marien Tailhandier dit Labaume, notaire et chirurgien. Trois enfants naissent de ce couple et deux se marieront. Jean Morisseau est interprète et voyageur entre Montréal et les Grands Lacs. À son décès en 1703, tué par les Amérindiens à 28 ans, Jean laisse un enfant en bas âge et son épouse enceinte. Anne Pastourel, devenue veuve, signe alors un contrat devant le notaire Antoine Adhémar, le 27 août 1703, acceptant de devenir nourrice de l’enfant de Marie Thérèse Guyon (Dion), l’épou...