Le dire de Di
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Le dire de Di

  1. 54 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Le dire de Di

À propos de ce livre

Di a 16 ans et habite la grande maison familiale perdue entre champs et forêts. Elle y vit dans une sorte d'enchantement aux côtés de Makati, sa mère adorée, de Paclay, son papa rêveur, et du beau Mario Morneau, deuxième mari de sa mère. Or, voici que l'arrivée de Peggy Bellatus et de ses effrayantes machines minières qui bouleversent la terre, les désirs et les secrets vient rompre ce fragile et merveilleux équilibre.Avec cette pièce «pour une femme seule», Michel Ouellette poursuit son exploration des frontières théâtrales: le personnage, composé comme un poème, s'exprime dans une langue bigarrée et joueuse, pleine de trous et de rebonds. Il en résulte un poème scénique tout en spirale, ludique et poignant.

Foire aux questions

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Informations

Pièce pour une femme seule.
Il y a une femme seule, une jeune femme seule, debout au centre de la scène… Attendez! Peut-être qu’elle n’est pas seule finalement. Excusez cette interruption. Permettez-moi de m’insérer dans ce préambule didascalique. Permettez-moi de parler au je un moment… Je voyais cette jeune femme, cette jeune fille, seule sur scène. Elle faisait dos au public, elle montrait ses fesses, les pantalons aux genoux. Elle relevait son pantalon parce qu’elle se sentait observée, puis elle se retournait pour faire face au public. Je la voyais seule et je me disais que par sa seule présence, par son corps et sa voix, elle serait capable de faire naître les autres personnages, les décors, les accessoires et tous les effets spéciaux. C’était l’image initiale de ce texte. Maintenant, j’ai des doutes. Je me dis que sa voix pourrait permettre à des personnages et des décors d’émerger des noirceurs et d’exister sur scène avec elle, pour accompagner sa parole, pour s’opposer à son dire, pour lutter avec son corps. Il se créerait alors un dialogue entre la jeune femme et cet espace scénique habité… Mais je ne suis qu’une voix qui propose, à vous de disposer… Disons qu’il y a une jeune femme toute seule tout au début. Disons qu’elle est dans le noir et qu’une lumière éclaire son ventre nu. Disons qu’elle commence à parler.
Je suis dans une boîte. Pas dans une boîte. Sur un carré. Non, pas sur un carré. Sur une surface. Une table, peut-être. Une très grande table. Oui, c’est ça. Je suis sur une grande table, je suis au beau milieu de la table. Autour de moi, des chaises, des places pour… Oui. Pour vous. Pour eux aussi, les Autres qui ne sont pas moi et qui me regardent tout le temps, même quand ils ont cessé d’être là. Ils fixent leur regard sur moi. Ils me fixent. Voilà, c’est pourquoi je ne peux pas quitter cette table. Ils me regardent. Ils me gardent. Peut-être que je suis le plat principal. Oui. Ils me mangent des yeux. Des yeux, ça peut manger une personne, la dévorer, la croquer, la mordre, la mordiller, l’embrasser. Un baiser, là, là, là. Deux yeux m’embrassent. Oh! Quelqu’un a sorti la langue, une langue me lèche. Là, là, là. Ici. Ah! On me goûte. Non, ça ne me dégoûte pas. Ici, au centre de la table, je me mets à la disposition des yeux, des langues, des bouches de l’esprit. Goûtez-moi, je suis le corps qui crie. Je crie, je m’écrie, je m’écris sur des rétines blanches, couleurs, mouvements, formes. C’est moi en vous, vous en moi.
Moi, c’est Di. Je m’appelle Di. Di tout court. Di pour Diane. Mais j’ai laissé tomber l’ane. Je suis Di, sans ane. J’ai seize ans, presque dix-sept. Je suis la fille de ma mère, la fille toute crachée, tout droit sortie de la bouche de ma mère. Je me souviens d’avoir glissé entre ses lèvres, la tête première, les pieds en dernier, dans l’ordre des choses de la naissance. « Je me souviens! » Non. Je ne me souviens pas. On ne peut pas se souvenir de sa naissance. On peut juste l’imaginer, se l’imaginer tellement fort que ça devient plus vrai que la réalité parce que la réalité, de toute façon, n’a pas de vérité. Ni de mensonge, d’ailleurs. La réalité, c’est une forme qui n’a pas de nom. C’est le nom qui donne la forme, qui donne la vérité à la réalité. C’est drôle, hein? Non. Ce n’est pas drôle. Ça serait tellement mieux si la réalité et la vérité étaient la même chose. Il n’y aurait pas de doute alors. Tout serait clair. Tout baignerait dans la lumière de midi. Mais, à midi, on a faim, la faim nous aveugle, nous trompe. On ne voit clairement finalement que quand la lumière meurt, juste avant qu’elle meure, quand elle est en train de mourir. C’est l’angoisse du manque qui nous force à voir mieux, pour de vrai. Je m’égare, là. Ça m’arrive. Je digresse. C’est parce que je ne veux pas vous perdre dans le silence. Si. Si je me taisais, j’ai peur que vous arrêtiez d’exister. C’est vrai. C’est le danger. Parler, ça garde les lumières allumées, ça garde les yeux ouverts. C’est parce que la parole allume des feux dans les oreilles, des petits feux qui crépitent, qui partent partout, à travers les neurones, dans tous les sens, pour manger l’oxygène, pour manger la matière inflammable de la matière grise, les souvenirs surtout. C’est vrai. Quand je parle, des souvenirs s’allument dans vos esprits, des bouts de souvenirs, des fragments, du petit bois pour nourrir les flammes. On se mange, vous et moi. Vous et moi. Et eux. Oui, je dois vous parler d’eux.
Ils ne sont pas trop nombreux, ceux qui vont s’asseoir autour de ma table. Moi, je ne vis pas dans le regard d’une planète, ni d’un pays, ni d’une région, ni d’une ville, même pas d’un village, même pas d’un hameau… Je vis dans le regard de six personnes seulement. Il y en a une septième, oui, une nouvelle personne. Mais, fondamentalement, ils sont six. Six, mais il y en a déjà trois qui ne me voient plus tellement souvent. Oui, c’est triste. Des fois, ça me fait pleurer. Mes sœurs, l’aînée et la cadette, et mon frère. Lui, c’est Dorémi, mais les autres l’appellent Jérémie. Dorémi, c’est plus beau. Ça sonne comme de la musique. Dorémi étudie les sciences à Montréal. Il aime bien s’embrouiller dans les nombres et les formules. Il est drôle comme ça. Ma grande sœur, elle, c’est Tima. Tima pour Fatima. Elle fait un doctorat en France, un doctorat en philosophie « incontinentale ». Elle est contente de vivre sur un autre continent, le continent qui l’a mise au monde une première fois. Puis, il y a Ine. Ine, c’est Céline. Elle, elle est partie devenir une artiste dans l’Ouest. Elle étudie dans un collège qui lui apprend comment décoller dans des collages. Elle a toujours été bonne en dessin. Parce qu’ils sont aux études, mes sœurs et mon frère, ils...

Table des matières

  1. Page couverture
  2. Prise de parole
  3. Du même auteur
  4. Page titre
  5. Crédits / Catalogage
  6. Dédicace
  7. Distribution / Équipe de création
  8. Le dire de Di
  9. Remerciements
  10. Quatrième de couverture