APPENDICE 1
Les dynasties familiales d’officiers canadiens en Nouvelle-France
Les officiers et les cadets des troupes de la Marine au Canada ont été au cœur du système défensif et offensif de la Nouvelle-France entre 1683 et 1760. Des quelque 900 officiers des troupes coloniales, près de 49 % sont des Canadiens de naissance. Les capitaines assurent le commandement de compagnies franches composées généralement de trente-neuf à cinquante hommes, auxquels se sont joints des Amérindiens alliés aux Français. En Nouvelle-France, plusieurs grandes familles canadiennes ont engendré des générations d’officiers qui ont combattu pour la France en Amérique.
Parmi les familles les plus prolifiques, on a identifié les d’Ailleboust avec seize officiers, dont trois chevaliers de Saint-Louis ; les Boucher avec vingt et un officiers, dont trois chevaliers de Saint-Louis ; les Godefroy avec quinze officiers ; les Hertel avec vingt-cinq officiers, dont cinq chevaliers de Saint-Louis ; les Le Gardeur avec vingt officiers, dont huit chevaliers de Saint-Louis et les Le Moyne avec seize officiers, dont cinq chevaliers de Saint-Louis. On trouvera ci-après les généalogies sommaires des six principales familles de militaires de la Nouvelle-France, dont cinq sont originaires de Normandie et la sixième de Bourgogne. Le grade indiqué en regard des officiers est le plus haut obtenu dans la hiérarchie militaire des troupes de la Marine, au Canada, et l’année de son obtention.
Dans les généalogies ci-après, les noms des parents, qui ne sont pas toujours des officiers, sont en caractères gras ainsi que l’année de leur mariage. La numérotation correspond aux générations.
Les d’Ailleboust : d’Argenteuil / de Cerry / de Coulonge / de Cuisy / de Manthet / des Muceaux / de La Boulasserie / de La Madeleine / de Périgny
Charles d’Ailleboust des Muceaux est né entre le 21 et le 27 juin 1621 à Ancy-le-Franc (Yonne), de l’union de Nicolas d’Ailleboust, écuyer et seigneur de Coulonge-la-Madeleine (en Saône-et-Loire), et de Dorothée de Manthet. Issu par sa mère d’une famille écossaise presbytérienne du Stirlingshire, et par son père d’une ancienne famille patricienne d’Autun en Bourgogne, assimilée à la noblesse et partagée entre le catholicisme et le calvinisme, il est arrivé en Nouvelle-France en 1648 avec son oncle Louis d’Ailleboust. Lieutenant civil et criminel à Montréal, gouverneur intérimaire de Montréal, il avait épousé Catherine Le Gardeur de Repentigny à Québec le 16 septembre 1652. Charles d’Ailleboust est décédé à Montréal le 19 novembre 1700, à l’âge de 79 ans. Il a laissé au pays une descendance de seize officiers sur trois générations.
Généalogie familiale
1. Charles d’Ailleboust des Muceaux et Catherine Le Gardeur de Repentigny (1652)
Louis d’Ailleboust de Coulonge, né en 1656 : enseigne (1715)
Pierre d’Ailleboust d’Argenteuil, né en 1659 : capitaine (1710)
Paul d’Ailleboust de Périgny, né en 1661 : capitaine (1713), chevalier de Saint-Louis (1734)
Nicolas d’Ailleboust de Manthet, né en 1663 : capitaine (1702)
Jean-Baptiste d’Ailleboust des Muceaux, né en 1666 : lieutenant réformé (1690)
2. Pierre d’Ailleboust d’Argenteuil et Marie-Louise Denys de La Ronde (1687)
Charles-Joseph d’Ailleboust d’Argenteuil, né en 1688 : capitaine (1730), chevalier de Saint-Louis (1745)
Jean d’Ailleboust d’Argenteuil, né en 1694 : lieutenant (1730)
2. Jean-Baptiste d’Ailleboust des Muceaux et Marie-Anne Picard (1689)
Nicolas-Marie d’Ailleboust des Muceaux, né en 1691 : capitaine réformé (1739)
François-Jean-Daniel d’Ailleboust des Muceaux et de La Madeleine, né en 1702 : lieutenant (1750)
Jean-Baptiste-Alphonse d’Ailleboust de La Boulasserie, né en 1703 : capitaine réformé (1751), chevalier
de Saint-Louis (1760)
Ignace-René-Pierre d’Ailleboust de Périgny, né en 1710 : cadet (1751)
2. Paul d’Ailleboust de Périgny et Madelein...