
- 170 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Dr House, l'esprit du shaman
Ă propos de ce livre
Médecin, écrivain, spécialiste des séries télévisées, il n'en fallait pas plus pour que Martin Winckler, le romancier de La maladie de Sachs, se penche sur le cas du Dr House qui, à l'étonnement ou l'effarement de téléspectateurs scotchés à leurs petits écrans durant huit saisons, a pratiqué au service (selon le jargon du métier) des « moutons à cinq pattes », chez les patients au diagnostic difficile. Mal rasé, boßteux, misanthrope, cynique, inspiré et désemparant, ce personnage est livré à l'examen analytique, éthique et spirituel du Dr Winkler qui, tout écrivain qu'il est, envisage et situe son sujet d'étude dans la lignée des héros (un Sherlock Holmes, par exemple) que la fiction offre à nos passions de lecteurs.
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TelevisionPREMIĂRE PARTIE
Récit
Récit
La forme et le fond
House est une tĂ©lĂ©sĂ©rie dramatique de 177 Ă©pisodes produite pour le rĂ©seau amĂ©ricain FOX, qui la diffusa pendant huit « saisons » (de novembre 2004 Ă mai 2012) Ă raison de 22 Ă 24 Ă©pisodes par an ; la quatriĂšme saison, toutefois, nâen eut que 16 en raison de la grĂšve des scĂ©naristes de 2007-2008. Chaque Ă©pisode dure quarante-trois minutes. Ă leur diffusion, ils Ă©taient dĂ©coupĂ©s en quatre segments (six Ă partir de 2007) sĂ©parĂ©s par des pauses publicitaires (dix-sept minutes par heure). Aux Ătats-Unis, House a remportĂ© un trĂšs grand succĂšs auprĂšs du public â la sĂ©rie a Ă©tĂ© lâune des dix Ă©missions les plus regardĂ©es du pays pendant ses deuxiĂšme, troisiĂšme et quatriĂšme saisons â, mais aussi auprĂšs de la critique. DiffusĂ©e dans plusieurs dizaines de pays, elle est devenue, en 2006, lâune des sĂ©ries les plus regardĂ©es au monde.
La description qui prĂ©cĂšde pourrait ĂȘtre celle de nombreuses tĂ©lĂ©sĂ©ries amĂ©ricaines. Mais House est atypique Ă plusieurs Ă©gards. Dâabord, parce que câest une sĂ©rie mĂ©dicale, genre qui compte moins dâĆuvres Ă succĂšs que le genre policier. Ensuite, parce quâelle repose, contrairement Ă de nombreuses autres, sur un personnage central charismatique : Greg House, spĂ©cialiste des maladies infectieuses et de nĂ©phrologie au Princeton-Plainsboro Teaching Hospital (PPTH), Ă©tablissement fictif de la cĂŽte est des Ătats-Unis. Enfin, parce que lâexcentricitĂ© de House rĂ©side aussi dans son propos. LâĂ©quipe de House nâest pas constituĂ©e de soignants, mais dâinvestigateurs. Leur mission premiĂšre : Ă©lucider une Ă©nigme mĂ©dicale.
* * *
AprĂšs que Paul Attanasio lui a proposĂ© de crĂ©er une sorte de « sĂ©rie policiĂšre mĂ©dicale », David Shore invente « un personnage qui pose des diagnostics Ă travers la personnalitĂ© des patients, leurs mensonges, leurs secrets1⊠». Ă ce mĂ©tissage des genres â policier et mĂ©dical â, Shore ajoute une dimension le plus souvent ignorĂ©e par les mĂ©dias europĂ©ens, mais quâil porte en lui depuis longtemps : le crĂ©ateur de House Ă©tait avocat Ă Toronto avant de devenir scĂ©nariste. Il a collaborĂ© au scĂ©nario de plusieurs tĂ©lĂ©sĂ©ries judiciaires et a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© deux fois pour les Emmy Awards (les Oscars de la tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine) pour des Ă©pisodes de la sĂ©rie Law & Order. Celle-ci, dont la production a durĂ© vingt ans (de 1990 Ă 2010), est le modĂšle inĂ©galĂ© des fictions rĂ©flexives, engagĂ©es et critiques de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. Lorsque David Shore remporte son premier Emmy Award du meilleur scĂ©nario pour « Three Stories » (1.21), il dĂ©clare au quotidien canadien London Free Press : « Lâimportant nâest pas tant lâhistoire mĂ©dicale que le personnage, dâune grande intelligence philosophique et Ă©thique2. »
MĂȘme si House se veut dâabord un divertissement (pour durer, il faut plaire ; pour plaire longtemps, il est souhaitable que les scĂ©naristes se fassent plaisir et sâamusent Ă Ă©crire), ce qui motive Shore, ce sont les conflits moraux qui agitent les personnages â les mĂ©decins comme les patients. En cela, Ă©galement, House est une anomalie â avant elle, on nâavait jamais vu de sĂ©rie mĂ©dicale aussi obsĂ©dĂ©e par les dilemmes Ă©thiques et la place de la technologie dans le soin. Les spectateurs anglophones ne sây sont pas trompĂ©s. La sĂ©rie a donnĂ© lieu au lot habituel dâessais descriptifs (House, M.D. : The Official Guide to the Hit Medical Drama, de Ian Jackman; Chasing Zebras : The Unofficial Guide to House, M.D., de Barbara Barnett) ou consacrĂ©s Ă son contenu mĂ©dical (House, M.D. vs. Reality et The Medical Science of House, M.D., dâAndrew Holtz), mais aussi Ă deux collectifs, soit House and Philosophy : Everybody Lies (sous la direction de Henry Jacoby et William Irving) et House and Psychology : Humanity Is Overrated (sous la direction de Ted Cascio et Leonard L. Martin3). LâintĂ©rĂȘt pĂ©dagogique de la sĂ©rie dans lâenseignement de lâĂ©thique biomĂ©dicale y est soulignĂ©, et jâai personnellement pu en tester la pertinence auprĂšs dâĂ©tudiants en Ă©thique clinique Ă lâoccasion dâun enseignement donnĂ© fin 2009.
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La dimension morale que Shore veut donner Ă la sĂ©rie est manifeste dĂšs le pilote, « Everybody Lies » (1.1), que je vais dĂ©crire en dĂ©tail. Le scĂ©nariste-crĂ©ateur prĂ©cise ses intentions dans « Three Stories » (1.21), le meilleur Ă©pisode de tĂ©lĂ©vision que jâaie vu en vingt ans. Pendant toute la sĂ©rie, Shore entraĂźne House trĂšs loin, Ă travers une suite dâĂ©preuves, de chutes et de rĂ©tablissements successifs, jusquâĂ la conclusion admirable que constituent les quatre derniers Ă©pisodes. Tout en tĂ©moignant jusquâau bout dâun respect remarquable pour tous les personnages, il assure lâintĂ©gritĂ© thĂ©matique et la cohĂ©rence narrative des huit annĂ©es de production. Aborder une Ćuvre pareille nâest pas chose aisĂ©e. Ce livre nâest donc pas une analyse exhaustive (qui nĂ©cessiterait au moins cinq cents pages). Jây dĂ©cris ce que jây ai vu dâessentiel et qui, jusquâĂ maintenant, il me semble, nâa pas Ă©tĂ© soulignĂ© : le personnage universel auquel House emprunte ses traits.
VO vs VF
Ce livre est publiĂ© au QuĂ©bec ; je nâai pas regardĂ© la version française (VF) de Dr House diffusĂ©e ici, mais je tiens Ă avertir le lecteur qui aurait suivi la sĂ©rie en France : on lui a infligĂ© une VF modifiĂ©e, caviardĂ©e, rĂ©crite. Bref, censurĂ©e. Ă plusieurs reprises, TF1 (le diffuseur français) a omis certains Ă©pisodes ; il a coupĂ© des scĂšnes jugĂ©es « choquantes » (plus pour les Français que pour les AmĂ©ricains ?); il a fait rĂ©crire des dialogues de maniĂšre inacceptable. Lâexemple le plus flagrant (et ce nâen est quâun parmi bien dâautres) est une rĂ©plique dans « Damned if You Do » (1.5). House reçoit un patient souffrant de lâintestin et lui recommande, en soulignant que ce nâest pas « politiquement correct », de fumer deux cigarettes par jour, car la nicotine calme les spasmes du cĂŽlon. Le patient sâinquiĂšte : le tabac, câest toxique et addictif. Avec sa causticitĂ© habituelle, House rĂ©pond que câest le cas de tous les mĂ©dicaments quâil prescrit ; la libre consommation de tabac, au moins, est autorisĂ©e par la loi, contrairement aux premiers, pour lesquels une ordonnance mĂ©dicale est requise. Dans la VF commanditĂ©e par TF1, House prescrit⊠deux bols de riz par jour, et le patient sâinquiĂšte dâune dĂ©pendance au riz complet. Ce qui est non seulement stupide, mais incomprĂ©hensible, et laisse entendre, en plus, que les scĂ©naristes Ă©crivent nâimporte quoi !
Il y a pire. Dans « Donât Ever Change » (4.12), une femme, juive orthodoxe, a un malaise inexpliquĂ© le jour de son mariage. Dans les dialogues de la VF, House la traite de « youpine », terme fĂ©rocement antisĂ©mite. Le magazine de tĂ©lĂ©vision français TĂ©lĂ©rama sâĂ©meut : le personnage va vraiment trop loin. Mais dans la VO, House emploie tout simplement le mot jewess (juive). Le terme antisĂ©mite vient des doubleurs. Ce nâest pas une erreur, câest un contresens et une trahison dâautant plus scandaleux que David Shore, crĂ©ateur de la sĂ©rie, est juif (ses deux frĂšres sont rabbinsâŠ) et trois personnages rĂ©currents â Lisa Cuddy, James Wilson et Chris Taub â le sont Ă©galement. Si le personnage principal Ă©tait antisĂ©mite, ça se saurait⊠MĂȘme si TF1 a prĂ©sentĂ© officiellement des excuses par la suite, il est lĂ©gitime de penser que toute sa VF de House est du mĂȘme acabit. Car depuis longtemps la chaĂźne censure, coupe et fait rĂ©crire les dialogues de toutes les sĂ©ries quâelle achĂšte4.
La traduction des titres est Ă©galement trĂšs problĂ©matique. Pourquoi rendre « Paternity » par « Test de paternitĂ© » ? Pourquoi Ă©vacuer lâallusion philosophique du titre « The Socratic Method » en le traduisant par « Une mĂšre Ă charge » ? Pourquoi transformer â et trahir â « Autopsy » en « Leçon dâespoir » ? Etc. Les titres de House nâont rien de gratuit : ils sont richement polysĂ©miques (jây reviendrai plus loin). En inventant de nouveaux titres trĂšs Ă©loignĂ©s des originaux au lieu de les traduire littĂ©ralement, ce qui est souvent possible, les doubleurs en affadissent le sens, quand ils nâinduisent pas les spectateurs en erreur.
Lâauteur
House, M.D. : The Official Guide, excellent livre de Ian Jackman5, ne couvre que les six premiĂšres saisons de la sĂ©rie, mais il apporte sur ses coulisses des informations prĂ©cieuses, glanĂ©es auprĂšs des membres de lâĂ©quipe de production et des principaux comĂ©diens. Il rĂ©pond, dâemblĂ©e, Ă une question cruciale : qui a Ă©crit la sĂ©rie ?
House a Ă©tĂ© créée par David Shore. Il est personnellement lâauteur dâune quinzaine de scripts, mais a dirigĂ© lâĂ©quipe de scĂ©naristes pendant les huit saisons et il a donnĂ© le feu vert Ă lâĂ©criture, annotĂ© les premiers jets et rĂ©crit les versions dites dĂ©finitives de tous les scĂ©narios.
Jackman dĂ©crit trĂšs prĂ©cisĂ©ment les procĂ©dures. LâĂ©quipe compte de douze Ă quinze scĂ©naristes Ă temps plein ; Shore avait trois codirecteurs dâĂ©criture â Thomas L. Moran et le duo Russel Friend et Garrett Lerner â, qui supervisaient les autres scĂ©naristes et lâĂ©criture dâun Ă©pisode sur deux. Chaque scĂ©nariste proposait une histoire Ă son superviseur ; une fois lâidĂ©e exposĂ©e en dĂ©tail, le superviseur la transmettait Ă Shore, qui annotait la prĂ©sentation et la renvoyait au scĂ©nariste, pour quâil Ă©crive un premier jet. Lequel Ă©tait retravaillĂ© par Moran ou Friend et Lerner, puis annotĂ© par Shore. Au stade final, Shore relisait, complĂ©tait et mettait la derniĂšre touche au scĂ©nario. LâĂ©criture est collective (les idĂ©es viennent de tous), chaque Ă©pisode est signĂ© par le ou les scĂ©naristes ayant proposĂ© lâidĂ©e, mais la cohĂ©rence de lâensemble est assurĂ©e par le crĂ©ateur et maĂźtre dâĆuvre de la sĂ©rie, dont le nom apparaĂźt au sommet dâun corps sans tĂȘte, Ă la fin du gĂ©nĂ©rique de dĂ©but6. Entre le pilote et la series finale, Shore a signĂ© ou cosignĂ© dix-sept Ă©pisodes significatifs qui redĂ©finissent le personnage Ă chaque Ă©tape de son itinĂ©raire tourmentĂ©.
Il est intĂ©ressant de regarder House en faisant dĂ©filer les sous-titres anglais des DVD, afin de saisir toutes les nuances des dialogues, souvent si rapides quâon en rate la moitiĂ©. Cette « double lecture » (je lâai faite pour lâĂ©criture de ce livre) confirme le sentiment quâa suscitĂ© le visionnement du pilote : les dialogues de House sont des bijoux dâĂ©criture. Ceux du premier Ă©pisode Ă©tablissent le niveau dâexigence du crĂ©ateur Ă lâĂ©gard de ses coscĂ©naristes et des comĂ©diens. La tĂ©lĂ©vision, comme les films de cinĂ©ma dâavant le rĂšgne des blockbusters, a besoin dâune bonne histoire et de bons acteurs. Les rĂ©alisateurs, mĂȘme chevronnĂ©s, nây ont pas dâego : ils tournent ce qui est Ă©crit. Et les scĂ©naristes sont rois : leurs histoires doivent ĂȘtre assez riches et intĂ©ressantes pour quâon ait envie dâĂ©couter la suite chaque semaine ; ils doivent ĂȘtre aussi inventifs que ShĂ©hĂ©razade â faute de quoi le sultan (la chaĂźne) sera sans merci.
Comme le temps dâantenne est comptĂ©, les meilleurs dialogues fusent, sont truffĂ©s de doubles sens, et les acteurs, triĂ©s sur le volet, doivent mettre Ă contribution leur voix, leur visage, leur corps pour tout exprimer, parfois en une fraction de seconde. Dans le commentaire vidĂ©o de « Houseâs Head » (4.15), David Shore dit, en parlant dâune phrase dâapparence anodine : « Cette phrase, il y avait vingt maniĂšres de la dire, et Hugh a trouvĂ© exactement la maniĂšre qui convenait. » Plus loin, il souligne la finesse dâexpression dâIvana Milicevic, comĂ©dienne qui donne la rĂ©plique Ă Laurie dans une scĂšne clĂ© de lâĂ©pisode. Dans une sĂ©quence fantasmatique, House Ă©change des hypothĂšses diagnostiques avec Cuddy tandis que celle-ci sâengage dans un strip-tease langoureux, puis sâinterrompt parce quâelle empĂȘche House de raisonner ; Shore raconte le plaisir que ses coscĂ©naristes et lui ont eu Ă Ă©crire la scĂšne. Plus loin encore, il sâinquiĂšte de la cohĂ©rence visuelle dâune scĂšne dans la narration, en reconnaissant, navrĂ©, quâil sâagit dâune rĂ©flexion a posteriori, quâil a bien donnĂ© son accord pour quâelle soit tournĂ©e ainsi. On le sent attentif au moindre dĂ©tail et Ă sa transposition Ă lâĂ©cran. Si Hugh Laurie est la figure de proue de la sĂ©rie, Shore en est indiscutablement le capitaine.
Dâautres Ă©lĂ©ments, plus indirects, permettent dâaffirmer la prééminence de lâĂ©criture dans la production. Les lignes narratives montrent une nette volontĂ© de rĂ©sistance aux pressions extĂ©rieures : le scĂ©nario se dĂ©barrasse en quelques Ă©pisodes du milliardaire Vogler, personnage imposĂ© par FOX Ă la fin de la premiĂšre saison ; il Ă©carte Ă©galement trĂšs vite Tritter, le flic qui harcĂšle House dans la troisiĂšme saison, et dont lâapparition dĂ©coule probablement des critiques laissant entendre que le diagnosticien ne serait quâun toxicomane acariĂątre. Ă lâopposĂ©, la dĂ©cision audacieuse de sĂ©parer House de son Ă©quipe Ă la fin de la troisiĂšme saison pour en embaucher une autre est fiĂšrement revendiquĂ©e par Shore ; elle ne visait nullement Ă Ă©largir lâaudience (House remportait dĂ©jĂ un succĂšs colossal) et a souverainement dĂ©plu aux fans les plus passionnĂ©s. Mais elle correspondait au dĂ©sir de lâauteur de renouveler la narration. Plus tard, lorsque deux comĂ©diennes centrales (Olivia Wilde, puis Lisa Edelstein) quittent la sĂ©rie pour poursuivre dâautres projets, la narration ne sâen ressent pas : les scĂ©narios expliquent le dĂ©part des personnages de maniĂšre parfaitement plausible et, Ă mon sens, la dynamique de la sĂ©rie nâen souffre pas, quoi quâen disent les fans des personnages disparus.
LâĂ©thique
Dans une vidĂ©o promotionnelle de la FOX, Shore reconnaĂźt que le personnage principal possĂšde beaucoup de ses traits. La forme â une « sĂ©rie policiĂšre en milieu mĂ©dical » dans laquelle les enquĂȘteurs (House et son Ă©quipe) tentent dâidentifier un criminel (une maladie, un syndrome rare) avant que la victime (le patient) ne succombe â a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e initialement par Paul Attanasio. Mais le fond, le thĂšme central de lâhistoire et lâobsession du personnage principal viennent de Shore : câest la quĂȘte de la vĂ©ritĂ©. Dans de nombreuses interviews, Shore raconte que lâune des inspirations du personnage vient dâune expĂ©rience personnelle : il se rend Ă lâhĂŽpital ; un mĂ©decin le reçoit, lui parle avec politesse, le traite de la meilleure maniĂšre qui soit, aprĂšs quoi il sort, et Shore lâentend plaisanter dans le couloir avec ses collĂšgues. Les mĂ©decins ont deux visages : polis et respectueux face au patient, ils parlent plus librement, plus crĂ»ment en lâabsence de celui-ci. Lorsquâil invente House, Shore dĂ©cide que ce mĂ©decin-lĂ livrera le fond de sa pensĂ©e en prĂ©sence du patient â et donc, de tout le monde. La question qui intĂ©resse le scĂ©nariste est la suivante : « Quâest-ce qui est le plus important ? La bienveillance ou la vĂ©ritĂ©7 ? »
House se focalise sur lâĂ©nigme â le diagnostic de la maladie â par conviction philosophique : la vĂ©ritĂ© est la seule chose qui compte. Si la vĂ©ritĂ© compte plus que tout Ă ses yeux, ce nâest pas en tant que valeur abstraite, mais bien en tant que moyen vers une fin. Il le dit explicitement Ă Carly, la patiente boulimique de « Control » (1.14), en lui demandant si les souffrances quâelle sâinflige (et qui risquent de lui coĂ»ter la vie) relĂšvent dâune conduite suicidaire ou si elle veut vivre. Elle ne comprend pas ce quâil veut. Il sâemporte : « Je veux faire ce qui est juste. » ...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Les Ăditions du BorĂ©al
- Faux-titre
- Du mĂȘme auteur
- Titre
- Crédits
- Dédicace
- Exergue
- Préambule
- PREMIĂRE PARTIE RĂ©cit
- DEUXIĂME PARTIE HĂ©ros
- TROISIĂME PARTIE Esprit
- Remerciements
- Bibliographie
- Collection
- Notes
- QuatriĂšme de couverture
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