
- 386 pages
- French
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eBook - ePub
À propos de ce livre
« Je crois à l'entrepreneurship. Mon apprentissage, ce fut une vie par paliers. [...] Ma vie a été parsemée d'occasions d'apprendre à gérer. » Si ces mots ne résument pas le parcours de Denis Vaugeois, ils résument sans doute l'esprit volontaire et curieux d'un homme abonné aux défis les plus variés.En tant qu'historien, Denis Vaugeois n'a jamais répugné à s'engager dans les affaires de la Cité, au point de devenir une référence pour le grand public. C'est ce même souci de rendre accessibles les travaux des historiens québécois qui l'encouragera à s'investir dans le domaine de l'édition. Combinés à son nationalisme modéré, ses travaux sur la Nouvelle-France et les Autochtones en font un observateur et un défenseur de l'Amérique métissée.Celui que René Lévesque considérait comme un « homme de culture » a donné son nom à d'importantes politiques culturelles qui aujourd'hui encore structurent l'action gouvernementale. Avec la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, Denis Vaugeois a su arrimer des objectifs de diffusion culturelle aux impératifs économiques d'un secteur d'activité fragile mais essentiel à la collectivité. Et son action en faveur d'un réseau de bibliothèques publiques constitue un legs culturel et démocratique majeur. Bien qu'épris de culture, l'homme n'en est pas moins un gestionnaire efficace et il se livre dans ces entretiens à une véritable leçon d'administration publique et privée. Que ce soit comme haut fonctionnaire, ministre ou éditeur, Denis Vaugeois se révèle être un praticien rigoureux et déterminé. C'est sans doute cette détermination qui explique la somme impressionnante de ses réalisations dans le domaine culturel.
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Informations
Sujet
HistoryII
La mesure d'un continent :
histoire, nationalisme
et métissage
histoire, nationalisme
et métissage
L’histoire selon Vaugeois
L’histoire, c’est le ciment d’une société.
Les débuts en tant qu’historien

J’ai déjà raconté comment j’ai été attiré par les cours de Maurice Séguin. Mais il me faut ajouter que mes lectures de jeunesse m’avaient préparé à aimer l’histoire. À la Bibliothèque des jeunes, je lisais et relisais les ouvrages de Karl May, Léon Ville, Eugène Achard et combien d’autres. Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire nord-américaine, j’avais l’impression d’être en territoire familier, de reconnaître Henri de Tonti dans La Main qui frappe et d’être en face du chef apache Winnetou1.
Il y a quelques années, j’ai voulu tirer au clair cette fascination pour Karl May. J’ai profité d’une participation à la foire de Francfort pour aller visiter le musée Karl May à Radebeul, en Allemagne. J’ai relu de vieux exemplaires des aventures de Winnetou. La magie n’était plus au rendez-vous.
J’ajoute qu’au collège j’ai eu de bons professeurs d’histoire, ce qui n’a pas nui. L’un d’entre eux avait l’habitude de nous recommander de faire un grand travail durant les vacances d’été. J’ai alors décidé de m’attaquer à Robert Rumilly. J’ai beaucoup de respect pour cet historien, c’est un travailleur acharné, il écrit bien, il est intéressant. Au cours de l’été qui a précédé mon année de rhétorique (sixième année du cours classique), j’ai fait un grand travail sur Histoire de la province de Québec de Rumilly qui a été remis à l’abbé Herman Plante, un de mes professeurs. Celui-ci était un passionné d’histoire – il sera d’ailleurs l’auteur d’un manuel d’histoire avec l’abbé Louis Martel. Quand j’ai eu fini ma licence en lettres à l’Université de Montréal, je n’ai pas hésité, j’ai continué en histoire. J’y ai même suivi en auditeur libre plusieurs cours d’histoire, dont l’un de Frédéric Seager sur les relations internationales.

Oui, le contact avec le document est vite devenu naturel pour moi, particulièrement à la suite de mon travail au sein de l’équipe du Journal Le Boréal Express. Ce fut une expérience vraiment exceptionnelle.
Je dois dire que j’ai commencé ma « carrière » d’historien avec Jacques Lacoursière. Il a été mon élève à l’École normale Duplessis de Trois-Rivières. À l’été 1960, il m’a accompagné aux Archives publiques du Canada où je poursuivais des recherches sur les premiers Juifs canadiens. Nous serons très liés pendant une dizaine d’années, en fait jusqu’à la publication en 1969 de Canada-Québec, synthèse historique.
En 1962, il quitte son poste dans une école publique pour venir enseigner au séminaire. Mgr Albert Tessier, qui a créé les Archives du séminaire, en assume la responsabilité parmi ses autres occupations. Il a tôt fait de déceler les capacités de Lacoursière, qui devient de facto son adjoint. En 1962, c’est la création du journal, dont la production se terminera au printemps 1972.
Jacques et moi, nous nous sommes plongés jusqu’au cou dans la production du Journal Le Boréal Express. Nous avons fréquenté les archives ensemble. C’est le contact avec les documents qui nous a littéralement formés. Nous avons vite appris à utiliser les instruments de recherche et aussi à maîtriser le classement de nos données. Jacques est devenu un adepte des fiches de toute nature. Il en a produit des milliers. Au début, elles étaient destinées à la préparation du Journal. Au fil des ans, elles ont constitué pour lui un important réservoir pour ses multiples projets.

L’histoire du Journal Le Boréal Express remonte aux débats entourant la nationalisation de l’électricité en 1962. En Mauricie, la Shawinigan Water and Power règne en maître. On lui prête toutes les vertus. Dans nos familles circulent des points de vue plus nuancés. Mon père raconte comment cette compagnie s’est comportée avec les riverains du Saint-Maurice. Ma famille a longtemps habité à l’embouchure de la Mékinac. Les souvenirs familiaux sont amers. Bref, les défenseurs de la Shawinigan racontent au public n’importe quoi. Notre verdict : nous ne connaissons pas notre histoire.
Au début de 1962, Gilles Boulet, Jacques Lacoursière et moi, nous profitons d’un repas avec Mgr Albert Tessier, historien régional émérite, pour nous mettre à la recherche d’un moyen de « conscientiser » la population, la seule façon de combattre la propagande, la manipulation. Mais quel véhicule choisir ? Nous avions accès à la télévision – Gilles Boulet y était animateur invité –, moi j’avais mes entrées à la radio, CHLN et CKTR, et Jacques pensait plutôt à une publication. Nous nous laissons sans conclure, chacun réfléchira de son côté. L’idée d’une publication fait son chemin. Lors d’une rencontre ultérieure, nous réfléchissons à la meilleure formule. Nous passons en revue le Journal du monde publié par Denoël, le Journal de la femme, ou encore le Journal de l’Église. Vu mon intérêt pour les Juifs, j’ai apporté le Journal d’Israël (News of the Past). Évidemment, dans chacun de ces cas, les auteurs avaient imité la formule d’un journal. Nous les comparons longuement afin d’évaluer les mérites de chacun ; notre projet prend forme. C’est alors que avons décidé que ce serait un périodique de type journal, format tabloïd.
Entre nous quatre, la discussion était vive, parfois passionnée. Curieusement, nous nous sommes rapidement entendus sur plusieurs questions. Nous ne ferions pas l’histoire du Québec ni celle du Canada. Maurice Séguin disait : « On ne fait pas l’histoire d’un territoire, mais celle d’un peuple. » Les autres se rallièrent. Cette orientation sera celle de toute ma carrière. Nous suivrons l’établissement des Français en Amérique du Nord. Notre approche sera celle du monde atlantique ; donc l’Europe et l’Amérique. Ce dernier continent est déjà peuplé. Nous en tiendrons compte. Je ne fais pas ici de la récupération a posteriori. Le premier numéro du Journal Le Boréal Express porte la date de 1524, donc avant Jacques Cartier. Il faut rappeler qu’en 1962 nos archéologues faisaient des fouilles en Méditerranée, nos anthropologues s’intéressaient aux Africains. Dans les départements d’histoire, il n’y avait aucun cours sur les Amérindiens. Guy Frégault a réussi à écrire La Guerre de la conquête2, un bouquin génial sur la French and Indian War, sans vraiment parler des Indiens.
Le journal prenait forme dans nos têtes, mais il fallait aussi le mettre sur papier. D’un commun accord, nous avons pensé à l’abbé Lévis Martin qui nous avait éblouis au collège par ses dessins dans le journal étudiant. Lévis en connaissait encore moins que nous sur les Indiens, mais il a vite trouvé des sources, l’illustrateur Charles William Jefferys et d’autres. Il a imaginé une bande dessinée et son héros, Pee Wee. Celui-ci se moquera des Blancs qui auront trop souvent le « beau » rôle dans les numéros à venir. Il fallait le prévoir.
Le numéro de 1524 permettra de présenter les « Premières Nations » déjà sur place. Nous avons décidé que le choix de dates serait établi de façon à couvrir la période antérieure. Nous sommes de vrais journalistes, nous ignorons ce qui arrivera le lendemain, et tous les aspects de la vie nous intéressent. Nos lecteurs ne s’ennuieront pas !
Le second numéro sera daté de 1543, ainsi on pourra faire le bilan des voyages de Jacques Cartier et de Roberval. Le numéro suivant sera ...
Table des matières
- Page couverture
- Les Éditions du Boréal
- Faux-titre
- Du même auteur
- Titre
- Crédits
- Présentation - Un homme de culture et d'action
- I - Les années de formation : conjonctures et réseaux de sociabilité
- II - La mesure d’un continent : histoire, nationalisme et métissage
- III - Au service de l’État : de l’enseignement à la fonction publique québécoise
- IV - L’engagement politique et la réforme démocratique
- V - Des livres et des hommes : culture et patrimoine comme moteurs de développement
- VI - Le passeur : devenir éditeur au Québec
- En guise d'envoi
- Bibliographie des ouvrages et études de Denis Vaugeois abordés dans les entretiens
- Crédits et remerciements
- Fin
- Quatrième de couverture
Foire aux questions
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