Nietzsche
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Cruauté et noblesse du droit

  1. 128 pages
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Cruauté et noblesse du droit

À propos de ce livre

En affirmant que la vie est exploitation et injustice, Nietzsche ne justifie-t-il-pas des systÚmes sociaux d'oppression et d'inégalités.Comment fonder sur de tels postulats une conception de la justice, du droit et de l'ordre social qui ait quelque cohérence ou ne soit pas la justification de pratiques fonciÚrement inacceptables?

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Informations

Année
1997
ISBN de l'eBook
9782368475829

II
Justice et loi

Puisque Nietzsche affirme avec tant d’insistance que la vie est exploitation et injustice, ne faudrait-il pas en conclure qu’il justifie des systĂšmes sociaux d’oppression et d’inĂ©galitĂ©, et que sa pensĂ©e incline donc dangereusement vers des options politiques suspectes ? Comment, sur de tels postulats, fonder une conception de la justice, du droit et de l’ordre social qui ait quelque cohĂ©rence et ne soit pas la justification de pratiques fonciĂšrement inacceptables, ou tout simplement non viables ?
Bien des textes, il est inutile de le nier, prĂȘtent le flanc Ă  ces soupçons ; nombre de passages sur l’homme supĂ©rieur, sur la sĂ©lection d’une Ă©lite dominante, sur l’esclavage nĂ©cessaire Ă  toute sociĂ©tĂ© vivante, voire sur « la grande politique », ont de quoi susciter les rĂ©serves les plus expresses. Mais, rĂ©pĂ©tons-le, Nietzsche cherche aussi Ă  sĂ©lectionner d’abord son lecteur, il veut Ă©carter par toute une sĂ©rie de provocations, de propos Ă  double ou triple entente, par des contradictions dĂ»ment construites, celui qui, Ă©tant imbu de la vĂ©ritĂ© de sa position (ou de sa croyance, selon le vocabulaire nietzschĂ©en), se trouve incapable d’entendre une pensĂ©e autre qu’il assimilera d’emblĂ©e Ă  l’erreur ou au mal, et donc de se laisser ouvrir aux possibles dangers de sa propre position libĂ©rale, Ă©galitaire, dĂ©mocrate, chrĂ©tienne
 C’est bien pourquoi la lecture de l’Ɠuvre suppose rumination, non pas jugement prĂ©cipitĂ© Ă  partir de quelques formules tentatrices et inquiĂ©tantes, conçues prĂ©cisĂ©ment pour inquiĂ©ter et pour Ă©carter le « faible » de chemins oĂč il se perdrait. Seule la rumination, donc la frĂ©quentation patiente et prolongĂ©e de l’Ɠuvre en dĂ©couvre le fil d’Ariane et permet de se repĂ©rer dans ce qui est, en toute hypothĂšse, un labyrinthe. Ce qui signifie que d’autres chemins (d’autres interprĂ©tations) pourraient ĂȘtre empruntĂ©s et que leur critĂšre de vĂ©ritĂ© seraient qu’ils soient capables de rendre compte de leur itinĂ©raire en faisant parcourir la totalitĂ© du labyrinthe, ou Ă  tout le moins de proposer un parcours cohĂ©rent.

Nécessaire justice

1. Microcosme et macrocosme

Pour aborder la pensĂ©e nietzschĂ©enne de la justice et du droit, il convient de revenir Ă  un postulat dĂ©jĂ  rencontrĂ© ci-dessus, essentiel pour situer la problĂ©matique Ă  partir de laquelle Nietzsche traite de ces problĂšmes. Tout philosophe parle de lui-mĂȘme et de ses propres maladies, lors mĂȘme qu’il prĂ©tend traiter de la rĂ©alitĂ© objective ou de la chose mĂȘme : telle est la thĂšse forte et Ă©tonnante de l’avant-propos du Gai Savoir. L’entremĂȘlement de forces contradictoires et instables, qui est le foyer mouvant de la volontĂ©, se retrouve au cƓur de toute rĂ©alitĂ© vivante dans l’histoire, et donc, quand bien mĂȘme le philosophe croit ne parler qu’abstraitement du corps ou du sensible, c’est encore des forces qui le structurent qu’il parle, sans le savoir ou sans l’avouer.
D’oĂč ce qu’on pourrait appeler une thĂšse trĂšs gĂ©nĂ©rale : il y a continuitĂ© entre « microcosme » et « macrocosme », pour citer le titre d’un aphorisme de Humain, trop humain (I, § 276) qui illustre parfaitement cette problĂ©matique. Quiconque, est-il dit dans ce texte, a Ă©prouvĂ© en lui-mĂȘme la contradiction insurmontable entre sa passion pour les arts et son amour pour les sciences sait bien que ne pouvant renoncer ni Ă  l’une ni Ă  l’autre, « il ne lui restera plus qu’à faire de lui-mĂȘme un monument de culture assez vaste pour que ces deux puissances puissent y habiter, ne serait-ce qu’à des extrĂ©mitĂ©s opposĂ©es, cependant que seront logĂ©es entre elles d’autres puissances mĂ©dianes conciliatrices, disposant d’une force prĂ©pondĂ©rante pour aplanir en cas de nĂ©cessitĂ© le conflit venu Ă  Ă©clater. Or, un tel Ă©difice de culture chez un individu singulier aura la plus grande ressemblance avec la construction d’une civilisation dans des pĂ©riodes entiĂšres et fournira un enseignement analogique continu Ă  ce sujet ». C’est sur cette analogie qu’on peut en effet s’appuyer, puisqu’il n’en va pas autrement dans le microcosme individuel et dans ce vaste macrocosme que constitue une civilisation : celle-ci aussi est tissĂ©e de forces ou de poussĂ©es contradictoires qu’il serait vain de vouloir attĂ©nuer, mais qu’il convient, comme dans une sorte de mĂ©canique sociale, de faire jouer pour aboutir Ă  un Ă©quilibre toujours en tension.
Cette citation apporte une premiĂšre rĂ©ponse Ă  la question posĂ©e au dĂ©but de ce chapitre. Que la vie soit exploitation et violence continue de forces contradictoires tentant de se surmonter en permanence ne signifie pas pour autant que l’homme puisse s’abandonner Ă  une telle puissance : s’il veut subsister, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif, il doit construire « l’édifice d’une civilisation », il se doit de faire jouer ces forces, sans les mĂ©connaĂźtre et sans prĂ©tendre les supprimer, mais pour permettre la construction d’un ensemble social viable et crĂ©ateur ; en ce cas, le dĂ©ploiement des forces opposĂ©es ne les anĂ©antira pas, mais servira Ă  l’édifice de maniĂšre positive et dynamique. Il n’en va pas autrement d’une civilisation ou d’un individu tiraillĂ© par les passions opposĂ©es de l’art et de la science qui doit chercher une permanente conciliation entre les deux, sans les Ă©touffer et sans cĂ©der Ă  l’une plutĂŽt qu’à l’autre, mais en tablant sur elles pour crĂ©er.

2. Loi et humanisation

Il faut joindre Ă  cette affirmation une autre thĂšse non moins fondamentale, et sans doute encore plus essentielle Ă  notre sujet. Nietzsche affirme Ă  maintes reprises que l’ĂȘtre humain, tel que nous le voyons aujourd’hui, est le produit d’une longue Ă©volution, et notamment le rĂ©sultat d’une Ă©ducation sĂ©culaire. LaissĂ© Ă  lui-mĂȘme, ce qu’il appelle volontiers l’animal humain ne subsisterait pas ; il serait livrĂ© Ă  l’instant aux jeux de ses affects, il ne connaĂźtrait aucune durĂ©e et se trouverait ainsi soumis Ă  tous les alĂ©as de la nature. En rĂ©alitĂ©, il n’accĂšde Ă  son humanitĂ© que par un dressage rigoureux et cruel que toute sociĂ©tĂ© traditionnelle a su mettre en place (en quoi d’ailleurs Nietzsche marque du recul Ă  l’égard d’un Ă©volutionnisme darwinien qui opterait pour une Ă©volution « naturelle »). Et si nous avons quelque peine Ă  comprendre ce type de sociĂ©tĂ©, ou si nous nous indignons des « siĂšcles de barbarie » qui, dit-on, nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s, c’est que, plus ou moins rousseauistes, nous sommes convaincus de ce que l’homme est spontanĂ©ment ou naturellement ce qu’il doit ĂȘtre. Or il n’en est rien, et l’on ne comprendrait pas, entre autre, pourquoi l’homme est un ĂȘtre de souffrance, une espĂšce non achevĂ©e, marquĂ©e par tant d’expĂ©riences de violences, pourquoi il est l’hĂ©ritier de tant de complexes et a intĂ©riorisĂ© tant de souhaits de cruautĂ© envers soi-mĂȘme et envers les autres, sans cette prĂ©histoire tĂ©nĂ©breuse.
Tel est l’horizon des analyses de la GĂ©nĂ©alogie de la morale, tout particuliĂšrement de la seconde Dissertation : pourquoi l’homme souffre-t-il ? pourquoi Ă©prouve-t-il envers lui-mĂȘme des rapports si tourmentĂ©s qui ont nom « mauvaise conscience », « culpabilitĂ© », torture de soi, dĂ©sir d’ascĂ©tisme, jouissance dans la souffrance ? pourquoi la justice s’identifie-t-elle si souvent Ă  un appareil de vengeance, Ă  un systĂšme de tortures, Ă  une volontĂ© de faire souffrir ? pourquoi la religion elle-mĂȘme, du moins dans ses formes modernes, apporte-t-elle sa caution Ă  ce tourment de soi, quand elle ne le crĂ©e pas de toutes piĂšces ? Qu’y a-t-il en l’homme mĂȘme qui puisse rendre compte de ces complicitĂ©s avec le mal et la violence ? On ne peut certes plonger le regard dans cet abĂźme d’horreur (non rĂ©soudre ou expliquer causalement, piĂšges que la mĂ©thode gĂ©nĂ©alogique Ă©carte) qu’en se mettant devant les conditions d’avĂšnement de l’homme Ă  lui-mĂȘme : elles prĂ©supposent toutes la rencontre d’une loi cruelle, torturante et inflexible qui apporte perturbation aux affects et les rĂ©ordonne en fonction d’une volontĂ© sociale extĂ©rieure sur laquelle l’individu n’a pas prise, mais Ă  laquelle il doit se soumettre.
Nietzsche donne plusieurs versions de cette loi ou de cet interdit fondateur, condition du passage de l’animal humain Ă  son humanitĂ© jamais achevĂ©e, et donc jamais assumĂ©e comme une essence parfaitement honorĂ©e. On en trouverait une lecture relativement sobre dans Aurore (§ 9), oĂč il est question d’une « moralitĂ© des mƓurs » qui s’impose en toute sociĂ©tĂ© ancienne, et qui se dĂ©finit par « l’obĂ©issance aux mƓurs, quel que soit le genre de celles-ci ; or les mƓurs, c’est la façon traditionnelle d’agir et d’évaluer ». LĂ  oĂč les coutumes ne commandent pas, ou ne tiennent pas lieu de loi, il n’y a pas de moralitĂ©, car l’accĂšs Ă  la moralitĂ© passe par l’acceptation et l’intĂ©riorisation des mƓurs traditionnelles. « Qu’est-ce que la tradition ? Une autoritĂ© supĂ©rieure Ă  laquelle on obĂ©it, non parce qu’elle commande l’utile, mais parce qu’elle commande », et – pourrait-on ajouter – quoi que ce soit qu’elle commande. Dans un tel contexte, « quel est l’homme le plus moral ? Tout d’abord, celui qui accomplit la loi le plus souvent : qui donc comme le brahmane porte la conscience de la loi partout et dans la plus petite division du temps, de sorte que son esprit s’ingĂ©nie sans cesse Ă  trouver des occasions pour accomplir la loi. Ensuite, celui qui accomplit aussi la loi dans les cas les plus difficiles. Le plus moral est celui qui sacrifie le plus souvent aux mƓurs ». La communautĂ© commande absolument par son passĂ© et ses traditions sur l’individu, et les peines infligĂ©es, qui peuvent aller jusqu’à l’élimination du contrevenant, supposent qu’on a violĂ© « avant tout la communautĂ© elle-mĂȘme ». Ce type d’obĂ©issance rigoureuse aux rĂšgles traditionnelles est le « premier principe de la civilisation » (Aurore, § 16), celui par lequel « la civilisation commence », et il s’énonce ainsi : « N’importe quelle coutume vaut mieux que pas de coutume. »
Mais ces principes valables en toute sociĂ©tĂ© traditionnelle, et qu’une sociĂ©tĂ© moderne (qui se croit) Ă©mancipĂ©e des traditions a tant de peine Ă  comprendre, en reste Ă  un niveau historique ou ethnographique. Les analyses de la GĂ©nĂ©alogie de la morale, qui prolongent explicitement les propos d’Aurore, Ă©voquĂ©es au dĂ©but du § 2, veulent pĂ©nĂ©trer dans ce « laboratoire secret et tĂ©nĂ©breux oĂč se fabrique l’idĂ©al ascĂ©tique de la souffrance humaine » ; elles prĂ©tendent donc remonter Ă  une prĂ©histoire qui est d’avant le temps historique proprement dit et comme sa condition, mais qui par lĂ  mĂȘme se trouve contemporaine de tous les temps de l’histoire, comme la condition permanente du dressage de l’animal humain. Car la « moralitĂ© des mƓurs » ne laisse pas l’individu qui s’y soumet indemne ou neutre, par rapport Ă  la tyrannie de la loi, elle le soumet Ă  un dressage violent par lequel elle lui inculque le respect de la loi, et par lĂ  brime les affects opposĂ©s, perturbe l’économie psychique de l’animal humain, l’enferme dans un corset d’obligations autoritairement imposĂ©es. Elle doit en effet lui apprendre essentiellement Ă  tenir ses promesses, selon une tĂąche et une exigence qui ne sont pas seulement « primitives », mais conditionnent toute Ă©ducation correcte façonnant un individu.

3. Créancier-débiteur : la promesse

Car « l’animal humain » Ă  socialiser se trouve par rapport Ă  la moralitĂ© des mƓurs, donc par rapport Ă  la sociĂ©tĂ© qui l’accueille, dans une relation de crĂ©ancier Ă  dĂ©biteur, et c’est cette relation qui fournit le chiffre de toute formation Ă  l’humanitĂ©. Relation inĂ©galitaire, on le voit, oĂč l’un reçoit sans pouvoir poser de condition, oĂč l’autre donne selon ses propres exigences, et notamment selon celles qui requiĂšrent que le dĂ©biteur rĂ©ponde aux attentes, donc tienne ses promesses. Comment inculquer Ă  un ĂȘtre encore animal et livrĂ© Ă  l’instantanĂ©itĂ© l’obĂ©issance Ă  la loi et Ă  la promesse, sinon en lui faisant sentir physiquement et psychologiquement la rigueur, voire l’arbitraire de la loi ? Et comment la rigueur de la loi serait-elle imposĂ©e sans une volontĂ©, celle du crĂ©ancier, qui fasse sentir sa force supĂ©rieure et toute-puissante au dĂ©biteur ? Cette loi se rencontre nĂ©cessairement dans une relation humaine inĂ©galitaire, marquĂ©e par un rapport de forces, puisqu’elle doit construire l’individu en lui imposant une maĂźtrise de soi et de l’instant dont il est d’abord incapable. Cette relation n’est pas seulement un rapport d’homme Ă  homme, mais une relation de dette, lourde d’une temporalitĂ© Ă  venir ; « l’animal humain » (se) reçoit d’une sociĂ©tĂ© par rapport Ă  laquelle il est en situation de dette ; tel est le contexte concret de toute rencontre humanisante de la loi.
Faute d’une telle relation inĂ©galitaire et autoritaire, comment l’individu parviendrait-il Ă  entrer dans la durĂ©e sans laquelle il n’y a pas de relations sociales assurĂ©es, durĂ©e dont Machiavel, nous dit un aphorisme de Humain, trop humain (I, § 224), avait bien vu qu’elle est plus essentielle au politique que la forme du gouvernement ? Impossible de crĂ©er une mĂ©moire sans faire mal, car « seul ce qui ne cesse de faire mal est conservĂ© dans la mĂ©moire » : « On grave quelque chose au fer rouge pour le fixer dans la mĂ©moire. – VoilĂ  la loi fondamentale de la plus ancienne psychologie sur terre » dont nous gardons encore trace (malheureusement, ajoute Nietzsche). TrĂšs concrĂštement, et pour illustrer ce propos (GĂ©nĂ©alogie de la morale, II, § 3 et suivants), Nietzsche ne recule pas devant la peinture des pratiques de tortures, de chĂątiments, de lacĂ©rations qui sont censĂ©es avoir Ă©tĂ© les façons d’agir habituelles pour inculquer une mĂ©moire Ă  l’animal humain, et le contraindre ainsi Ă  tenir ses promesses, Ă  obĂ©ir Ă  la loi ou Ă  la moralitĂ© des mƓurs, Ă  devenir moral et Ă  se construire libre ; car « l’individu souverain », dont nous sommes si fiers, ne serait jamais advenu Ă  lui-mĂȘme sans cet apprentissage brutal et sanglant. Il en est l’hĂ©ritier inconscient, et en un sens toujours le dĂ©biteur. L’accĂšs Ă  la libertĂ© se paie du prix de la cruautĂ© subie et formatrice d’une volontĂ© capable de promettre.
La cruautĂ©, et donc l’injustice des traitements de moralisation par un nĂ©cessaire dressage, formeraient le fondement des vertus les plus hautes. Notre justice elle-mĂȘme est nĂ©e (et ne cesse de naĂźtre) dans ce berceau ensanglantĂ©, mais le sens de la responsabilitĂ©, le jugement concernant la discrimination du bien et du mal, la libertĂ© elle-mĂȘme prĂ©supposent aussi cette prĂ©histoire tragique, qui est moins derriĂšre nous en des temps obscurs qu’elle n’est encore prĂ©sente en toute tĂąche Ă©ducatrice authentique. « Vous vous imaginez que tout cela est devenu autre et que, par le fait, l’humanitĂ© a ch...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. Titre
  4. Copyright
  5. Introduction
  6. I. Préjugés démocratiques et plébéisme
  7. II. Justice et loi
  8. III. Faute, responsabilité, innocence
  9. Bibliographie
  10. Table des matiĂšres

Foire aux questions

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