
- 192 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
#SNCF mon amour !
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Informations
Éditeur
Michalon éditeurISBN de l'eBook
9782347016081
Année
2016#TERMINUS
Lundi soir. Les grèves se poursuivent. Le 18.25 ne partira pas. Il faut attendre le 18.50. La course ! Mon amie Clara, journaliste elle aussi, prend le même train. « Tu es où ? » « À Liège, j’arrive ! »
Je lui garde une place à côté de moi. Le train est rapidement bondé. Treize fois je devrai répéter : « Non, la place est réservée ! » Et les voyageurs de continuer leur chemin, dépités. Elle vaut de l’or cette place, parce que si on ne fournit pas de trains plus grands, le nombre de passagers est quant à lui réellement exponentiel.
Mon amie arrive. Elle avait pourtant jeté l’éponge. Ras-le-bol des retards, des incivilités, des idiots…
– Ça fait plaisir de te revoir ! Mais tu n’avais pas dit plus jamais ?
– Juste une semaine, pour dépanner le magazine !
Dans la joie des retrouvailles, on prend des nouvelles : les enfants, les hommes (vaste sujet) et, bien sûr, notre job.
Pour un problème mécanique non identifié, le train partira avec 30 minutes de retard. Ça commence bien !
Le papotage entre filles se poursuit.
Gare de Mantes-la-Jolie, le train s’arrête. La douce voix dans le micro : « Suite à un accident de personne entre Vernon et Gaillon, la circulation est interrompue en direction de Rouen pour une durée indéterminée ».
Qui dit accident de personne dit suicide.
Je ne dis rien.
Clara rouspète.
– Mais p…, ils peuvent pas se foutre en l’air autrement ?
Une cigarette sur le quai pour patienter et les gens commencent à s’énerver. Le pauvre contrôleur a les yeux explosés. Il est épuisé. La période est difficile. Il n’avait vraiment pas besoin de cela. Il essaie d’expliquer à des voyageurs exaspérés la difficile situation.
– Je suis désolé mais on ne peut pas repartir. Le temps que la police et les pompiers aillent sur place et s’occupent de la scène…
Il est 20 h.
– On va prendre un petit verre ?
Ma proposition séduit Clara. Parmi toutes nos aventures sur le rail, nous n’avions pas encore inauguré l’apéro au Terminus de Mantes-la-Jolie ! Nous quittons le quai, sachant que nous avons au moins une heure devant nous.
Un ballon de vin rouge pour elle, un de blanc pour moi. On trinque à la vie, à nos amours… avec la gare en ligne de mire. Le train ne bouge pas d’un iota. Une jeune femme blonde, qui était dans le wagon avec nous, prend un verre à la table d’à côté. Nous avons fait des émules !
Un second canon pour se donner du courage avant de rejoindre le quai de la gare. Le contrôleur revient vers le troupeau humain. La sanction tombe.
– Le train sera immobilisé encore deux heures minimum !
Il est 20 h 40.
Un regard vers Clara et l’on s’accorde sur un retour à la case Terminus. Je lance à la cantonade :
– Qui veut venir ?
On est dans la mouise mais on peut rester sympathiques ! La jeune femme blonde de tout à l’heure est ravie de nous suivre, tout comme une autre que je croise régulièrement le matin. Ou comment se faire deux « copines de voyage » un soir de galère !
Celle qui s’appelle Anne-Laure sort de son sac de Mary Poppins des olives et du fromage :
– C’était pour mon amoureux ! On devait regarder le foot ensemble.
Les ballons de vin arrivent. Le patron sourit :
– Avec le ramadan, les affaires ne sont pas bonnes, mais avec la SNCF, ce soir, c’est carton plein.
C’est surtout nous qui allons finir pleines à ce rythme-là…
Le patron a pitié et nous apporte des morceaux de pastèque. À 21 h 20, on commande une 4e tournée. « La SNCF va nous rendre alcooliques », répète Clara qui semble déjà un peu à l’ouest.
Vingt minutes plus tard, on retourne aux nouvelles. Des agents de la sûreté ferroviaire sont présents sur le quai et distribuent des petites bouteilles d’eau. C’est avec un grand sourire que je m’adresse à la femme qui fait partie de l’équipe :
– Vous n’auriez pas plutôt un kir et des cacahuètes ?
Je prends la petite bouteille. Cadeau de la SNCF, on ne va pas refuser.
Aucune nouvelle quant à un éventuel départ du train. Alors on se met à discuter avec la troupe en uniforme.
J’apprends que c’est une jeune fille de 15 ans qui s’est suicidée entre Vernon et Gaillon. J’ai la chair de poule. Je pense à ses parents. C’est l’horreur.
La seule femme du groupe ferroviaire évoque son émotion dans ce type de situation. On est toutes des mamans !
Intervient alors un homme d’une quarantaine d’années, habillé en civil :
– Et le conducteur du train ?
– Et le conducteur, oui, comment est-il pris en charge ? La SNCF a une cellule psychologique ?
Épuisée, un peu éméchée, mais toujours journaliste…
– Je suis le conducteur de ce train, me dit l’homme. Et je peux vous dire…
Oh oui, dis-moi, dis-nous… J’ai envie de savoir, de comprendre.
En effet, il y a une cellule psychologique, et après un « accident de personne », c’est le ...
Table des matières
- Couverture
- 4e de couverture
- Titre
- Copyright
- Sommaire
- Dédicace
- Citation
- #Amende d’un jour
- #Guide de survie
- #C’est la guerre
- #415
- #Train supprimé
- #Paris-Normandie !
- #Job Passion
- #WM
- #Le vendredi, tout est permis
- #En voiture, Simone
- #Mômes en folie
- #Tenue de camouflage
- #Yes I Can
- #Maso
- #Foire à tout
- #Poussière & co
- #Envie d’ailleurs
- #Cause toujours
- #Wagon-Maison
- #Savoir-voyager
- #Jamais assez
- #Tourisme de l’extrême
- #Réservation
- #Craquage
- #Overdose
- #La musique est bonne
- #Mère et fille
- #Tiens-toi bien
- #Défouloir
- #Happy Noël
- #Allô maman bobo
- #Au fil des pages
- #Blabla de filles
- #Éducation 4G
- #Morphée
- #Double Je
- #Super-Mamie
- #Train express
- #Passe ton bac d’abord
- #Amende abusive bis
- #Grèves en série
- #Départ volontaire
- #Au grand galop
- #Elle m’agace
- #Train-art
- #Humeur du jour
- #Non-assistance
- #Clash
- #AR Express
- #Saturation
- #La faille
- #Terminus
- #Consommateur
- #2020
- Remerciements