à travers son parcours professionnel dans les hautes sphÚres de la finance et de l'industrie, ses expériences, ses rencontres, ses voyages depuis les terres arides du Hoggar jusqu'aux plateaux glacés des Andes et du Tibet, Gilles Cosson nous propose une philosophie de vie, une voie de dépassement destinée à l'homme pressé d'aujourd'hui comme celui de demain. Surtout il nous donne une nouvelle raison de vivre et d'espérer, à l'ombre de cet « Esprit qui veille » sur l'univers.

- 256 pages
- French
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eBook - ePub
L'Esprit qui veille
Ă propos de ce livre
SOUS LE SIGNE
DE LâINTUITION
JEUNESSE
Premiers souvenirs
Je suis nĂ© un 15 juillet, deux ans avant le dĂ©clenchement de la Seconde Guerre mondiale, Ă une Ă©poque oĂč le souvenir encore trĂšs prĂ©sent du terrible conflit de 14-18 aggravait le sentiment dâangoisse devant celui qui se prĂ©cisait chaque jour un peu plus. Et je nâenvie certes pas mes parents dâavoir dĂ» faire face avec leurs trois et bientĂŽt quatre enfants Ă la perspective dâune dĂ©flagration que tout annonçait sans pitiĂ©. La folie dâHitler, la soif de revanche du peuple allemand toujours pĂ©nĂ©trĂ© de la thĂšse du « coup de poignard dans le dos » exigeaient une issue sanglante et câest bien ce qui sâest passĂ©. Peut-ĂȘtre est-ce de cet environnement douloureux que jâai tirĂ© cette tentation du retrait du monde des hommes si prĂ©sente dans mes annĂ©es dâadolescence. Il est vrai aussi que, les combats Ă peine terminĂ©s, dâautres, plus terribles encore, allaient se profiler Ă lâhorizon. On a peine aujourdâhui Ă imaginer ce quâa reprĂ©sentĂ© pour ma gĂ©nĂ©ration le cauchemar du possible conflit nuclĂ©aire, illustrĂ© par la catastrophe dâHiroshima et rĂ©clamĂ© par le gĂ©nĂ©ral MacArthur Ă lâoccasion de la guerre de CorĂ©e, Ă©clatant moins de cinq ans aprĂšs la fin des hostilitĂ©s prĂ©cĂ©dentesâŠ
Le fait est que mon premier souvenir aura Ă©tĂ© celui de la bombe atterrissant dans le jardin de notre maison de campagne de Smarves, Ă quelques kilomĂštres de Poitiers, marquant ainsi dâune pierre noire lâesprit du bambin que jâĂ©tais alors. Cette maison Ă©tait Ă lâimage des campagnes françaises, peu touchĂ©es encore par le progrĂšs matĂ©riel : sans aucun confort, avec dans la cour un poulailler et un peu plus loin un potager qui allaient se rĂ©vĂ©ler bien utiles face Ă la disette qui devait suivre. Car les rĂ©quisitions permanentes de lâarmĂ©e allemande pour le besoin de sa guerre Ă lâEst allaient bel et bien rĂ©duire la population française sinon Ă la famine, du moins aux privations. Je me souviens encore de ce morceau de pain que je mangeais en pleurant, conscient du fait que chaque bouchĂ©e rĂ©duisait la taille de ce qui me restait Ă consommer.
Cela Ă©tant, il y avait bien sĂ»r beaucoup plus malheureux que nous et les tickets de rationnement auxquels sâajoutaient le produit du poulailler et les tournĂ©es Ă bicyclette de mon pĂšre dans les fermes du voisinage nous permettaient de manger Ă peu prĂšs Ă notre faim. De plus, lâenchantement de la vie aux champs lors des fins de semaine et des vacances compensait le manque relatif de nourriture. PrĂšs du village passait une petite riviĂšre, le Clain qui, au prix dâune descente facile, permettait un bain rafraĂźchissant. Je vois encore, dĂ©limitĂ© par quelques piquets, le dĂ©licieux plan dâeau de LigugĂ©, proche de lâabbaye bĂ©nĂ©dictine du mĂȘme nom, oĂč nous allions faire trempette sous la garde vigilante de ma mĂšre inquiĂšte de nos vellĂ©itĂ©s de nageurs en herbe. La tour de lâabbatiale, fondĂ©e par saint Martin et au sein de laquelle François Rabelais avait rĂ©digĂ© sa premiĂšre Ćuvre en français, Ă©tait comme un rappel de lâimportance du spirituel et je crois que, sans que jâen eusse conscience, sâest imprimĂ© lĂ , en moi, le sentiment profond du caractĂšre religieux de la vie humaine. Il nous arrivait dây aller en famille et le chĆur des moines rassemblĂ©s touchait cette corde musicale qui est en moi insĂ©parable du sentiment du sacrĂ©.
Câest ainsi quâentre la maison familiale de Poitiers dominant la gare et notre refuge campagnard se sont dĂ©roulĂ©es mes premiĂšres annĂ©es. La guerre avait prĂ©levĂ© sa dĂźme, tuant au passage un oncle et en blessant bientĂŽt cruellement un autre et les sĆurs de ma mĂšre sâĂ©taient rassemblĂ©es Ă proximitĂ© de notre logis, crĂ©ant entre les membres de plusieurs gĂ©nĂ©rations des liens qui durent encore.
Lâheure du jardin dâenfants, comme lâon disait, avait alors sonnĂ© et, ĂągĂ© de cinq ou six ans, je me rendais tous les jours Ă pied au lycĂ©e de filles qui lui donnait refuge. Je me rends compte Ă Ă©voquer cela que lâautonomie des petits Ă©tait, ĂŽ paradoxe, bien plus grande en pleine guerre quâelle ne lâest aujourdâhui, aprĂšs soixante-cinq ans de paix. Il ne serait venu Ă lâidĂ©e de personne dâaccompagner un enfant, mĂȘme trĂšs jeune, sur le chemin de lâĂ©cole et je fus ainsi retenu en route un matin par un officier allemand qui faisait sans doute partie de la garnison, Ă moins quâil nâappartĂźnt Ă un rĂ©giment de passage. Je me souviens encore aprĂšs tant dâannĂ©es de son beau visage attentif. Il me dit quelques mots dans un français hĂ©sitant auquel je rĂ©pondis de mon mieux et je compris que je lui rappelais son fils. Mon pĂšre Ă©tait lorrain de pure souche, ma mĂšre Ă©tait de Valenciennes, le fait est que jâĂ©tais mince et blond, et cet homme, que je nâai bien sĂ»r jamais revu, avait Ă©tĂ© traversĂ© par le regret des siens. Bien que ma famille fĂ»t proche de la RĂ©sistance, je ne notais aucune angoisse particuliĂšre lorsque je relatais lâĂ©vĂ©nement Ă mon retour. Je crois que lâĂ©motion quâavait exprimĂ©e cet homme Ă©tait intelligible Ă tous et il me semble que la rĂ©action de mon pĂšre fut de comprĂ©hension. Aujourdâhui encore, lorsque je me souviens de cet Ă©pisode, je ne peux mâempĂȘcher dâavoir une pensĂ©e pour ce soldat solitaire, probablement mobilisĂ© sans joie comme tant dâautres et qui regrettait les siens, restĂ©s Ă Worms, Ă Ratisbonne ou Ă Berlin. Puisse-t-il avoir survĂ©cu Ă cette terrible guerre !
Mais la LibĂ©ration approchait et, avec elle, la reprise des combats. Suspendue Ă Radio Londres, la famille Ă©coutait avec espoir les annonces qui se succĂ©daient et les « sanglots longs des violons de lâautomne » allaient bientĂŽt annoncer le DĂ©barquement tant attendu. Ce furent des mois difficiles et le reflux vers le nord des armĂ©es allemandes fut marquĂ© dâune horreur indĂ©lĂ©bile. Jâentends encore mes parents Ă©voquer Ă voix basse le massacre de Tulle effectuĂ© par la division « Das Reich », les femmes et les enfants enfermĂ©s et brĂ»lĂ©s dans lâĂ©glise dâOradour. Lâon chuchotait que certains membres de lâarmĂ©e Vlassov, Ukrainiens qui nâavaient plus rien Ă perdre, avaient Ă©tĂ© incorporĂ©s dans la Wehrmacht, ce qui redoublait la cruautĂ© des troupes en retraite.
En ces temps dâespoir et dâangoisse, les enfants vivaient dans la terreur, tirĂ©s de leurs classes maternelles pour ĂȘtre serrĂ©s dans les caves oĂč parvenait le bruit sourd des bombardements. Qui dira lâeffroi des bambins ainsi confrontĂ©s Ă lâidĂ©e de la mort aveugle ? Je sais que ces Ă©pisodes furent peu de chose comparĂ©s au martyre endurĂ© par les populations de Russie ou Pologne et rien du tout en comparaison de lâextermination des Juifs dâEurope, mais je peux tĂ©moigner de la trace durable quâimprime dans un esprit encore vierge la rencontre avec la folie des hommes.
Puis dâun coup, ce fut la LibĂ©ration et le dĂ©filĂ© du maquis auquel jâassistai, petit garçon de tout juste sept ans, avec ses uniformes fantaisistes et son enthousiasme communicatif. Ce furent aussi les sauf-conduits distribuĂ©s par la RĂ©sistance Ă ceux qui, tel mon pĂšre, recevaient le droit de circuler dans les dĂ©partements voisins, et le temps passant, le progressif retour Ă la normale. Je me souviens encore de lâarrivĂ©e Ă la maison de la premiĂšre orange, fruit mystĂ©rieux dont jâignorais lâexistence, longuement observĂ©, palpĂ©, puis goĂ»tĂ© avec lâĂ©tonnement du nĂ©ophyte. On racontait que tel dentiste voisin, suspectĂ© de collaboration, avait Ă©tĂ© emprisonnĂ©, que telle femme, vue en dâautres temps aux cĂŽtĂ©s dâun officier nazi, avait Ă©tĂ© tondue, mais ces rumeurs ne mâatteignaient guĂšre et la joie des vacances revenues me fit vite oublier les errements guerriers des adultes.
Lâheure vint pour moi, Ă la rentrĂ©e, de quitter le lycĂ©e de filles oĂč je mâĂ©tais tant plu, moi, seul garçon ou presque au milieu de tant dâaimables compagnes et, dois-je le dire, je le regrettai amĂšrement. Je revois le passage devant moi de la classe de sixiĂšme, avec ses gĂ©antes dont jâadmirais lâĂ©lĂ©gance et je crois que cette prĂ©sence fĂ©minine Ă mes cĂŽtĂ©s devait lĂ aussi me marquer durablement. La compagnie des femmes qui mâest si prĂ©cieuse a sans doute pris son essor dans ces petites classes oĂč jâĂ©tais adoptĂ© sans difficultĂ© par le sexe opposĂ© qui mâacceptait diffĂ©rent sans jamais me le faire sentir. Je gagnai alors lâĂ©cole Jules-Ferry â mon pĂšre de tradition laĂŻque y tenait beaucoup â et je me heurtai alors Ă un tout autre monde. En ces temps lointains, les classes nâĂ©taient obligatoires que jusquâĂ quatorze ans et mes camarades de huitiĂšme, puis de classe de fin dâĂ©tudes, comme on disait alors en lieu et place de CM1 ou CM2, avaient souvent quatre ou cinq ans de plus que moi et ne se privaient pas de me rosser dâimportance. Quant aux instituteurs, ils nâĂ©taient pas tendres : coups de rĂšgle, voire gifles et mĂȘme coups de poing Ă©taient au service de leur magistĂšre, mais nous ne leur en voulions nullement, car ils Ă©taient dĂ©vouĂ©s ac cadaver Ă leurs Ă©lĂšves et les rĂ©sultats Ă©taient indiscutables. Peu avant lâanniversaire de mes dix ans, je passai avec brio le certificat de fin dâĂ©tudes primaires et je peux assurer quâarrivant en sixiĂšme au lycĂ©e, je nâeus aucune peine Ă prendre immĂ©diatement la tĂȘte de la classe. Hommage soit rendu Ă ces maĂźtres Ă lâancienne qui, pour avoir le chĂątiment facile, nâen ont pas moins Ă©levĂ© dans le respect de la discipline et de lâĂ©tude des gĂ©nĂ©rations de petits Français !
Câest Ă cette Ă©poque que jâai perdu ma petite sĆur de cinq mois, dâune bronchite capillaire. La pĂ©nicilline nâĂ©tait pas parvenue jusquâĂ notre mĂ©decin de famille⊠Un matin, je fus introduit dans la chambre de mes parents. Le bĂ©bĂ© gisait dans son berceau devant ma mĂšre en pleurs, et mon pĂšre me demanda de lui dire adieu. Je me penchais sur le cadavre, inerte, et mon cĆur se serra douloureusement. Jâavais neuf ans. De cette rencontre avec la mort, je me souviens surtout du mystĂšre qui lâentourait, de son caractĂšre auguste aussi : lâenfant mort trĂŽnait sur sa couche comme un roi. Il avait rejoint lâĂ©ternité⊠Et je compris que je nâĂ©tais pas le centre du monde, que lâunivers des vivants nâĂ©tait pas tout, quâil en existait peut-ĂȘtre un autre, indiciblement mystĂ©rieux, et que mes parents garderaient un lien dâamour irrĂ©ductible avec un ĂȘtre disparu. Il me semble que ce fut lĂ comme un premier signe, tel le bruit Ă peine perceptible dâun doigt frappant une porte secrĂšte, et ce signe je ne lâai jamais oubliĂ©.
*
Puis nous partĂźmes pour Annecy. Jâavais juste dix ans. La nationalisation des compagnies Ă©lectriques venait dâĂȘtre votĂ©e et mon pĂšre, qui dirigeait lâune dâentre elles, avait Ă©tĂ© nommĂ© en Savoie.
En ces Ă©poques dâaprĂšs-guerre, le logement Ă©tait trĂšs difficile et nous commençùmes donc par vivre Ă lâhĂŽtel avant de nous installer dans une vieille maison, au fond dâun parc, qui avait le mĂ©rite de nous obliger Ă passer le long du lac pour aller au lycĂ©e. De lâavenue aux platanes centenaires, la vue Ă©tait magnifique et mon frĂšre et moi admirions sans rĂ©serve les montagnes se reflĂ©tant Ă la surface de lâeau. Tout au fond, la chaĂźne du Grand Arc fermait lâhorizon et, lâautomne sâavançant, jâobservai pour la premiĂšre fois le spectacle Ă©mouvant de la neige descendant peu Ă peu les pentes. Lâonde prenait par contraste un ton outremer que les jours de bise teintaient dâĂ©cume et je crois pouvoir affirmer que le sens esthĂ©tique qui sâĂ©veillait Ă cette occasion constitua dĂšs lors un des socles de ma personnalitĂ© naissante.
Ces annĂ©es passĂ©es Ă Annecy furent un enchantement. Je faisais partie des privilĂ©giĂ©s admis alors aux Ă©tudes secondaires et le lycĂ©e, dotĂ© de professeurs adorant leur mĂ©tier, Ă©tait excellent. Mais surtout, la prĂ©sence de la nature se faisait de jour en jour plus formatrice. Car si le Poitou avait le charme de la campagne, la Savoie nous Ă©levait Ă une autre dimension. Tous les jeudis, nous avions droit Ă ce que lâon appelait Ă lâĂ©poque le « plein air », ce qui signifiait en hiver le sport dans la campagne proche et en Ă©tĂ© la voile, avec, dans les deux cas, un contact direct avec les Ă©lĂ©ments. Je me souviens de ce jour dâĂ©tĂ© oĂč, rĂ©partis imprudemment par nos maĂźtres sur les voiliers du centre nautique, nous fĂ»mes surpris par un de ces coups de temps que lâorage occasionne sur les rives du lac. Nous Ă©tions sortis du port par un aprĂšs-midi sans mystĂšre lorsquâun gros nuage noir se positionna sur les sommets et, Ă peine quelques minutes plus tard, un rideau de grĂȘle jaunĂątre dĂ©vala des crĂȘtes, accompagnĂ© dâun vent furieux qui renversa dâun coup dâaile la plupart de nos modestes esquifs. Il faut dire que, manquant de forces comme de technique, nous Ă©tions bien incapables de les maintenir Ă flot. Ces tempĂȘtes subites sont bien connues des riverains, mais lâinsouciance, qui rĂ©gnait en ces temps reculĂ©s oĂč le principe de prĂ©caution nâexistait pas encore, nous avait laissĂ© la libertĂ© de monter Ă bord.
La situation devint trĂšs vite dramatique : tout autour du voilier que je partageais avec un camarade de classe, le spectacle des enfants, heureusement pourvus de bouĂ©es de sauvetage, Ă©tait angoissant. La grĂȘle qui continuait Ă tomber balayait avec rage leurs tĂȘtes couvertes par lâĂ©cume des courtes vagues lacustres et leurs voix appelant au secours au milieu des Ă©lĂ©ments dĂ©chaĂźnĂ©s Ă©taient pathĂ©tiques. Le hasard voulut que le voilier que jâoccupais fĂ»t encore Ă flot et nous pĂ»mes tirer Ă bord plusieurs rescapĂ©s trempĂ©s. Heureusement la catastrophe avait Ă©tĂ© aperçue et bientĂŽt quelques embarcations se dĂ©tachĂšrent de la cĂŽte. Je me vois encore, terrĂ© avec cinq ou six camarades au fond dâun youyou manĆuvrĂ© Ă la godille par une jeune femme venue Ă notre secours. Plusieurs parents affolĂ©s Ă©taient accourus, sâinquiĂ©tant pour leur progĂ©niture et ma mĂšre me rĂ©cupĂ©ra en pleurant, tout Ă©tonnĂ©e de me retrouver sain et sauf. Aucun noyĂ© nâĂ©tait Ă dĂ©plorer, ce qui pour moi aujourdâhui encore, relĂšve du miracle. Le ciel avait Ă©tĂ© de notre cĂŽté⊠Mais je crois bien que ce genre de sortie sâarrĂȘta lĂ : le boulet Ă©tait passĂ© trop prĂšs.
La pĂ©riode hivernale nous ouvrait dâautres horizons. Mon pĂšre, en bon Lorrain, apprĂ©ciait la froidure et il aimait nous emmener Ă La Clusaz faire du skiâŠ
En cette Ă©poque oĂč lâon sortait tout juste de la guerre, la station redĂ©marrait Ă peine. Seuls quelques Anneciens venaient, avec lâhiver, se dĂ©gourdir les jambes sur des pistes damĂ©es par les skieurs eux-mĂȘmes. Quant aux « planches », comme on disait alors, elles Ă©taient en frĂȘne plein, sans carres, avec des fixations genre sabot !
Je me souviens avec une nettetĂ© particuliĂšre dâun sĂ©jour au village au tout dĂ©but du printemps. Le mois de mars finissant avait chassĂ© la neige sur les hauteurs du CrĂȘt-du-Loup, bien au-dessus de lâaltitude du modeste chalet que nous occupions.
Ce dernier Ă©tait un Ă©difice Ă lâancienne, sans aucun luxe, comme il Ă©tait de rĂšgle. Profitant de lâaubaine du tourisme dĂ©butant, le mĂ©nage de paysans qui lâhabitait lâavait louĂ© pour dix jours Ă condition que nous nourrissions ses poules. On nây trouvait, bien entendu, ni toilettes ni eau courante, Ă lâexception dâun robinet dans la cuisine, et les lieux...
Table des matiĂšres
- Couverture
- 4e de couverture
- Du mĂȘme auteur
- Titre
- Copyright
- Dédicace
- Citations
- Prologue
- Sous le signe de lâintuition
- Une recherche spirituelle - « LâEsprit qui veille »
- Approfondissements
- Conclusion
- Ăpilogue
- Remerciements
- Table des matiĂšres
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