Tocqueville
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À propos de ce livre

NĂ© en 1805, mort en 1859, Alexis de Tocqueville est un tĂ©moin privilĂ©giĂ© des soubresauts politiques et sociaux qui marquent la premiĂšre moitiĂ© du XIXe siĂšcle français. En un peu plus de 50 ans, il assiste Ă  la chute d'un empire, Ă  l'avĂšnement et Ă  la disparition de deux monarchies et d'une rĂ©publique, au rĂ©tablissement d'un autre empire. Auteur reconnu, devenu cĂ©lĂšbre principalement pour deux ouvrages, la DĂ©mocratie en AmĂ©rique, dont les deux tomes paraissent en 1835 et 1840, et l'Ancien rĂ©gime et la rĂ©volution, publiĂ© en 1856, il est aussi un acteur, dĂ©putĂ© sous la monarchie de juillet et la deuxiĂšme rĂ©publique et mĂȘme briĂšvement ministre. Une abondante correspondance permet de mieux comprendre cet aristocrate passionnĂ© par la politique et conscient de l'Ă©volution dĂ©mocratique de la sociĂ©tĂ© française. Ses lettres nous font entrer dans le quotidien d'un penseur politique engagĂ©, en ajoutant un caractĂšre intimiste qui n'en rend que plus attachant le portrait final.

Arnaud Coutant est professeur de droit public à l'Université de Reims Champagne-Ardenne. Auteur d'une thÚse sur la constitution de 1848 et la pensée de Tocqueville, il mÚne des recherches en droit constitutionnel américain et en histoire des idées politiques.

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Informations

Année
2019
Imprimer l'ISBN
9782340034433

CHAPITRE 1

UNE FAMILLE D’ARISTOCRATES

« Enfin me voilĂ  arrivĂ© au terme et au but de mon voyage. Figurez-vous une vieille maison flanquĂ©e de deux lourdes tours, oĂč rien ne semble fait pour la commoditĂ© et encore moins pour l’agrĂ©ment de l’Ɠil. Des chambres obscures, de vastes cheminĂ©es qui donnent plus de froid que de chaud, des fauteuils oĂč l’on tiendrait trois Ă  l’aise, des murs humides et des corridors oĂč le vent siffle aussi gaiement qu’il peut le faire dans une soirĂ©e d’automne. Voici le tableau fidĂšle de mon habitation. Ajoutez Ă  cela un bouquet de bois que mon grand-pĂšre n’a pas vu naĂźtre, et que je ne verrai pas mourir, et une longue prairie que la mer termine Ă  l’horizon et vous aurez tout : je me trompe, vous n’imaginez pas encore la tranquillitĂ© profonde qu’on goĂ»te en ces lieux. Point de bruit de vie n’arrive jusqu’aux oreilles ; jamais, depuis des siĂšcles, une voiture n’est entrĂ©e dans la cour du chĂąteau. La raison en est simple. Aucun chemin praticable ne saurait y mener. On ne connaĂźt Ă  six lieues Ă  la ronde que des sentiers boueux dont un homme Ă  cheval ou Ă  pied peut seul se tirer [
]. Maintenant, dites-moi, qu’est-ce qui fait que je ne me dĂ©plais point dans un lieu si peu agrĂ©able ? En vĂ©ritĂ©, je l’ignore. Je crois que c’est tout simplement l’esprit de propriĂ©tĂ©. Ce lieu est pour moi plein de souvenirs. J’y vis dans un monde de chimĂšres. Savez-vous que du haut de la tour j’aperçois le port oĂč Guillaume s’est embarquĂ© pour aller conquĂ©rir l’Angleterre ? Savez-vous que tous ces lieux portent des noms fameux dans notre histoire ou dans la vĂŽtre ? Enfin pensez-vous qu’à l’horizon est le pays oĂč vous ĂȘtes nĂ©e, Marie, et vous Ă©tonnerez-vous aprĂšs cela que ma solitude soit peuplĂ©e ? »
Alexis de Tocqueville Ă©crit cette lettre, Ă  la fin du mois de juillet 1833, Ă  celle qui va devenir son Ă©pouse, Marie Mottley. À cette Ă©poque, il rĂ©side dans le vieux chĂąteau familial, inhabitĂ© depuis la RĂ©volution, situĂ© dans le village de Tocqueville. Il en deviendra propriĂ©taire trois ans plus tard, Ă  la mort de sa mĂšre.
Il est frĂ©quent de dĂ©signer Tocqueville par une expression, « l’aristocrate normand ». De fait, Alexis est d’abord et avant tout un hĂ©ritier. Issu d’une famille aristocratique, qui remonte Ă  Guillaume le conquĂ©rant (comme cette lettre l’indique par une allusion), il gardera toute sa vie de profondes traces de ce passĂ©, consacrant d’ailleurs ses derniĂšres annĂ©es Ă  l’histoire de l’Ancien RĂ©gime et de la RĂ©volution.
Pour comprendre certains choix ultĂ©rieurs, il est indispensable de replacer le futur auteur de La DĂ©mocratie en AmĂ©rique dans une histoire, celle d’une famille aristocratique, qui mĂȘle noblesse de robe et noblesse d’épĂ©e. C’est cette famille qui va ĂȘtre brutalement confrontĂ©e Ă  la violence rĂ©volutionnaire, radicalisant sans doute des positions jusque-lĂ  plutĂŽt progressistes. C’est surtout dans cette famille, qu’Alexis voit le jour en 1805. Le passĂ©, immĂ©diat comme plus lointain, ne peut ĂȘtre anodin pour le jeune homme qui, jusqu’à l’ñge de seize ans, s’intĂšgre pleinement dans l’univers de ses parents.

AUX ORIGINES

Alexis Charles Henri Clerel de Tocqueville, tel est le nom complet de l’auteur que nous Ă©tudions. On trouve parfois dans certains ouvrages une mention supplĂ©mentaire, indiquant un titre nobiliaire, celui de comte. Tout cela renvoie inĂ©vitablement Ă  la noblesse française et Ă  l’Ancien RĂ©gime. Il faut immĂ©diatement prĂ©ciser qu’il s’agit d’une vieille noblesse, qui plonge ses racines dans une histoire millĂ©naire.
Par son patronyme, Tocqueville, hĂ©ritĂ© de son pĂšre, Alexis est le descendant d’un compagnon de Guillaume le conquĂ©rant, un dĂ©nommĂ© Guillaume Clarel (nom dĂ©formĂ© par la suite en Clerel).
Celui-ci a combattu Ă  Hastings, en 1066, l’arbre gĂ©nĂ©alogique des Tocqueville permettant de remonter jusqu’à ce glorieux ancĂȘtre. La rĂ©fĂ©rence est importante car elle inscrit Alexis dans une lignĂ©e de noblesse d’épĂ©e. C’est en 1320 qu’un descendant de Guillaume Clarel, Thomas, se fixe dans le Cotentin, en Ă©pousant l’hĂ©ritiĂšre des seigneurs de Rampan, une commune du dĂ©partement de la Manche. Il faut attendre le XVIIe siĂšcle pour qu’un dĂ©nommĂ© ClĂ©rel cette fois, prĂ©nommĂ© Charles, devienne chĂątelain de Tocqueville. NĂ© en 1623, celui-ci hĂ©rite du chĂąteau, en 1661, suite Ă  une succession. Il sera habitĂ© de maniĂšre continue, jusqu’à la veille de la RĂ©volution française. C’est la grand-mĂšre paternelle de Tocqueville, Catherine-Antoinette de Damas-Crux, qui, restĂ©e veuve, est la derniĂšre Ă  y rĂ©sider, jusqu’à son dĂ©cĂšs, en 1785.
Pour Alexis de Tocqueville, cette premiĂšre origine aura des consĂ©quences importantes. D’une part, ayant hĂ©ritĂ© du chĂąteau, en 1836, il en fera sa rĂ©sidence, devenant de fait le nouveau comte de Tocqueville. D’autre part, par sa prĂ©sence en Normandie, Alexis renoue avec le passĂ© familial tout en utilisant son implantation locale pour faciliter sa carriĂšre politique, en tant que dĂ©putĂ© de Valognes, d’abord, en tant que conseiller gĂ©nĂ©ral de la Manche, ensuite.
Les lignes qui prĂ©cĂšdent conduisent Ă  ajouter une autre origine prestigieuse : en effet, Catherine-Antoinette de Damas-Crux n’est pas seulement l’épouse du grand-pĂšre d’Alexis. Elle est aussi une descendante de Saint-Louis.
Voici donc un jeune homme qui par son pÚre descend tout à la fois de Guillaume le conquérant et de Saint-Louis

Mais l’ascendance aristocratique d’Alexis ne se limite pas Ă  la branche paternelle. Par sa mĂšre, Louise-Madeleine le Peletier de Rosanbo, il est aussi l’arriĂšre-petit-fils de Guillaume-ChrĂ©tien de Lamoignon de Malesherbes. Nous ne sommes plus cette fois face Ă  une origine historique, sans doute prestigieuse, mais lointaine. Malesherbes est un symbole tout Ă  la fois de la noblesse de robe, de l’aristocratie progressiste de l’Ancien RĂ©gime et d’un certain rapport Ă  la monarchie.
Avec Malesherbes, nous quittons la noblesse d’épĂ©e pour gagner la magistrature. Malesherbes est issu d’une longue lignĂ©e de magistrats parisiens. NĂ© en 1721, il est nommĂ© substitut du procureur gĂ©nĂ©ral du parlement de Paris en 1741, Ă  l’ñge de vingt ans. Il gravit rapidement les Ă©chelons, devenant conseiller en 1744, premier prĂ©sident de la cour des aides de Paris et directeur de la librairie, en 1750. C’est dans cette derniĂšre fonction qu’il s’illustre une premiĂšre fois, en faisant montre d’une vĂ©ritable ouverture d’esprit aux idĂ©es nouvelles : de fait, ses attributions comprennent le suivi de la censure royale sur les Ă©crits. Or, en 1759, le parlement de Paris condamne officiellement les travaux de l’EncyclopĂ©die et ordonne la saisie des principaux documents. ContactĂ© par Diderot, Malesherbes prend sa dĂ©fense, et accepte mĂȘme de conserver chez lui une grande partie des papiers du philosophe. Cet acte est dĂ©jĂ  symbolique car il permet de replacer cet aristocrate dans un mouvement gĂ©nĂ©ral en faveur des LumiĂšres. Par la suite, Malesherbes n’hĂ©sitera pas Ă  s’opposer aux taxes nouvelles et aux mesures rĂ©pressives qui les accompagnent. Dans plusieurs affaires, comme celle d’un marchand de Limoges, MonnĂ©rat, en 1770, il met en cause des fermiers gĂ©nĂ©raux, et va jusqu’à dĂ©noncer le caractĂšre arbitraire des lettres de cachet. La mĂȘme annĂ©e, il se retrouve au cƓur de la contestation qui Ă©clate entre les parlements, celui de Bretagne et celui de Paris, et le roi. En 1771, les parlementaires parisiens sont arrĂȘtĂ©s tandis que le pouvoir central choisit de rĂ©former le systĂšme judiciaire en nommant les juges. Les protestations de Malesherbes – y compris d’ailleurs son appel Ă  la rĂ©union des États gĂ©nĂ©raux – lui valent une lettre de cachet qui le condamne Ă  un exil intĂ©rieur, dans son propre chĂąteau, Ă  Malesherbes, Ă  70 km de Paris. Il faut attendre la mort de Louis XV, en 1774, pour qu’il retrouve une place, pour un temps, aux cĂŽtĂ©s de Turgot, ministre rĂ©formateur, jusqu’à la disgrĂące de ce dernier en 1776. Dans les annĂ©es suivantes, il conserve un rĂŽle beaucoup plus consultatif, travaillant principalement sur les questions religieuses et proposant de multiples rĂ©formes, sans ĂȘtre vĂ©ritablement suivi. Il participe briĂšvement au cabinet du roi, entre 1787 et 1788. SecrĂ©taire d’État de la maison du roi, il rĂ©dige plusieurs documents dont un mĂ©moire sur la libertĂ© de la presse et un autre sur la situation prĂ©sente des affaires. Il y dresse un portrait relativement lucide de la situation. En juillet 1788, Louis XVI envisage de rĂ©unir les États gĂ©nĂ©raux en faisant dĂ©signer les reprĂ©sentants des trois ordres par des assemblĂ©es spĂ©cifiques. Pour Malesherbes, c’est un symbole : le roi demande le consentement du peuple avant de mettre en place de nouveaux impĂŽts. C’est le premier pas vers une constitution Ă  l’anglaise, selon celui qui appelait de ses vƓux la rĂ©union de ces mĂȘmes États gĂ©nĂ©raux presque vingt ans plus tĂŽt. NĂ©anmoins, il s’inquiĂšte des consĂ©quences en soulignant surtout l’écart entre la volontĂ© affichĂ©e – faire participer le peuple – et les institutions en place – la concentration du judiciaire entre les mains de l’exĂ©cutif, aprĂšs la querelle des parlements
 Le lendemain de la nomination de Necker en tant que ministre des finances, Malesherbes dĂ©missionne et se retire dans son chĂąteau, inquiet pour l’avenir et impuissant Ă  le changer.
On comprend l’importance d’un tel ancĂȘtre, relativement proche d’ailleurs, pour celui qui va s’efforcer de comprendre la modernitĂ©, les transformations sociales et Ă©conomiques qu’elle implique et l’évolution de la France.
NĂ©anmoins, l’hĂ©ritage d’Alexis ne se rĂ©sume pas Ă  ces deux ascendances. Il est aussi profondĂ©ment marquĂ© par un Ă©vĂ©nement, essentiel dans l’histoire de France : la RĂ©volution.

RÉVOLUTION

Dans l’histoire de France, la RĂ©volution constitue apparemment une rupture essentielle. Il y a un avant et un aprĂšs, un Ancien RĂ©gime et une France moderne ; c’est une profonde transformation qui marque les esprits et a des consĂ©quences primordiales sur les gĂ©nĂ©rations suivantes. Cependant, la RĂ©volution est aussi pĂ©trie de contradictions. Elle symbolise la fin des privilĂšges, la consĂ©cration des libertĂ©s et des droits de l’homme, entre 1789 et 1792, la mise en place de la rĂ©publique en France, avec la fin de la monarchie, Ă  l’automne 1792, tout en renvoyant Ă©galement Ă  la terreur et au rĂ©gime de l’arbitraire, entre 1793 et 1794. Ces deux phases sont importantes si on veut comprendre le positionnement politique ultĂ©rieur de la famille de Tocqueville.
Un premier point est important : c’est une famille issue de la noblesse qui traverse la tempĂȘte rĂ©volutionnaire.
D’un cĂŽtĂ©, nous trouvons l’hĂ©ritier des Tocqueville. Le pĂšre d’Alexis, HervĂ© ClĂ©rel de Tocqueville, est nĂ© en 1772. Il a perdu son propre pĂšre en 1776 et sa mĂšre en 1785. Orphelin Ă  l’ñge de treize ans, il suit une scolaritĂ© au collĂšge d’Harcourt, avec un prĂ©cepteur attitrĂ©, l’abbĂ© Lesueur. En 1789, Ă  dix-sept ans, il refuse de rejoindre les rĂ©giments d’émigrĂ©s pour intĂ©grer la garde constitutionnelle de Louis XVI. Ce ralliement est de courte durĂ©e puisque le 10 aoĂ»t 1792, il dĂ©couvre avec stupeur la radicalisation de la situation. Les Tuileries sont envahies. Le roi, qui a trouvĂ© un temps refuge Ă  l’assemblĂ©e lĂ©gislative, est arrĂȘtĂ© ainsi que sa famille. HervĂ© s’enfuit et se rĂ©fugie en Picardie oĂč il demeure jusqu’en janvier 1793.
De l’autre, la famille Malesherbes, installĂ©e dans le village du mĂȘme nom, dans son chĂąteau, s’est agrandie. La fille aĂźnĂ©e de Guillaume-ChrĂ©tien de Lamoignon de Malesherbes, Annette ThĂ©rĂšse Marguerite, a Ă©pousĂ© Louis Le Peletier de Rosanbo, en 1769. Ils ont eu trois enfants, Louise Madeleine Marguerite, nĂ©e en 1771, Alice ThĂ©rĂšse nĂ©e la mĂȘme annĂ©e, et Louis nĂ© en 1777. Lorsque la RĂ©volution Ă©clate, seule la deuxiĂšme fille est mariĂ©e, Ă  Jean-Baptiste de ChĂąteaubriand, frĂšre de l’écrivain François-RenĂ©. C’est depuis Malesherbes qu’ils suivent la situation parisienne. AprĂšs l’arrestation de la famille royale, en aoĂ»t 1792, la rĂ©publique remplace la monarchie, Ă  la fin du mois de septembre. Elle est proclamĂ©e par la nouvelle assemblĂ©e constituante, la convention, dont les membres s’interrogent pendant plusieurs semaines sur le sort qu’ils doivent rĂ©server Ă  l’ancien roi. Le 20 novembre, la dĂ©couverte de documents dans un coffre secret, aux Tuileries, fournit des preuves suffisantes pour juger Louis XVI. La convention dĂ©cide de s’ériger en tribunal, le 3 dĂ©cembre, et convoque le roi pour une premiĂšre sĂ©ance le 10 dĂ©cembre. Pour se dĂ©fendre, celui-ci demande l’assistance de deux avocats, François Denis Tronchet et Raymond de SĂšze. Malesherbes, ĂągĂ© de 72 ans, demande Ă  servir une derniĂšre fois le roi qu’il a assistĂ© jadis. Le procĂšs dure du 12 dĂ©cembre 1792 au 15 janvier 1793. La condamnation Ă  mort est prononcĂ©e par la convention le 20 ja...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Page de titre
  3. Page de copyright
  4. Introduction
  5. Chapitre 1. Une famille d’aristocrates
  6. Chapitre 2. Formation et débuts professionnels, un aristocrate sous la restauration
  7. Chapitre 3. De 1830 à 1835, le temps des ruptures
  8. Chapitre 4. De la démocratie en Amérique, tome premier
  9. Chapitre 5. Les dĂ©buts d’une carriĂšre politique
  10. Chapitre 6. De la démocratie en Amérique, tome second
  11. Chapitre 7. Tocqueville, opposant politique sous la monarchie de juillet
  12. Chapitre 8. Tocqueville constituant sous la IIe République
  13. Chapitre 9. Tocqueville ministre et dĂ©putĂ©, l’échec de la IIe RĂ©publique
  14. Chapitre 10. L’exil de l’intĂ©rieur
  15. Chapitre 11. L’Ancien rĂ©gime et la rĂ©volution, tome premier
  16. Chapitre 12. Fin d’une vie, inachùvement d’une Ɠuvre
  17. Chapitre 13. L’hĂ©ritage tocquevillien entre France et États-Unis
  18. Chapitre 14. L’actualitĂ© de Tocqueville
  19. Conclusion
  20. Bibliographie
  21. Table des matiĂšres