| En 1717, sous le nom de Théophraste, Marivaux écrit des articles pour un important périodique, Le Mercure de France. Les mœurs de Paris par le Théophraste moderne (publications réunies sous le titre Lettres sur les habitants de Paris) manifestent déjà son talent d’observateur critique. À partir de 1721, Marivaux lance ses propres journaux : – 1721-1724 : Le Spectateur français – 1727 : L’Indigent philosophe – 1734 : Le Cabinet du philosophe L’objectif de Marivaux, en créant ces périodiques moraux, est d’étudier les mœurs, inventant dès lors une nouvelle forme d’écriture morale. Il crée une nouvelle relation entre le rédacteur et son lecteur, exploitant la discontinuité de l’écriture et faisant alterner le récit des histoires quotidiennes – dont il a été le témoin – et des morceaux d’analyse. Sa réflexion porte essentiellement sur le rôle de l’écrivain, la condition des femmes et l’omniprésence de la dissimulation et du masque dans la société. | Marivaux est d’abord tenté par la veine burlesque et parodique : – 1712 : Pharsamon ou les folies amoureuses (publié en 1737), parodie des romans précieux du XVIIe ; – 1714 : Le Télémaque travesti (publié en 1736), parodie du roman de Fénelon, Les Aventures de Télémaque (1699). Il s’adonne ensuite à l’écriture de deux romans qui resteront inachevés, constituant une sorte de diptyque : – 1731-1742 : La Vie de Marianne, roman-mémoire inachevé, mettant en scène une jeune provinciale découvrant l’hypocrisie de la société p... |