Marguerite de Navarre
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Marguerite de Navarre

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Marguerite de Navarre

À propos de ce livre

Marguerite d'AngoulĂȘme (1492-1549) est devenue duchesse d'Alençon par son premier mariage, puis reine de Navarre par le second. SƓur de François 1er, elle est aussi la grand-mĂšre d'Henri IV. Elle reste connue dans l'histoire des lettres sous le nom de Marguerite de Navarre, auteure longtemps oubliĂ©e, et d'autant plus que certaines de ses Ɠuvres n'ont Ă©tĂ© redĂ©couvertes qu'au dĂ©but du XXe siĂšcle. Aujourd'hui, l'ensemble de ses Ă©crits rĂ©vĂšle qu'elle a largement contribuĂ© Ă  l'Ă©panouissement de la langue française, tant en ce qui concerne la poĂ©sie que la chanson, le théùtre ou le recueil de nouvelles. Sa lecture exige sans doute quelques efforts, mais elle rĂ©vĂšle aussi l'un des plus grands Ă©crivains du XVIe siĂšcle, Ă  l'Ă©gal de ceux qu'elle a su aider et protĂ©ger: Marot, des PĂ©riers, Rabelais.

La vie de Marguerite ne se rĂ©sume toutefois pas Ă  son Ɠuvre. Pendant longtemps l'aspect le plus connu de son existence a Ă©tĂ© son engagement religieux, non pas aux cĂŽtĂ©s de la RĂ©forme mais au service de l'humanisme chrĂ©tien, illustrĂ© par ce «groupe de Meaux» qui n'a pu survivre au dĂ©chirement de l'Église. ObstinĂ©ment convaincue par l'ƓcumĂ©nisme, Marguerite s'attire des antipathies d'autant plus profondes qu'elle joue un rĂŽle diplomatique et politique rĂ©el, et longtemps sous-estimĂ©. Elle cherche, au beau milieu du XVIe siĂšcle, Ă  transmettre des notions telles que l'importance de l'Ă©ducation ou l'Ă©galitĂ© des sexes. Au soir de sa vie, elle dĂ©crit dans l' HeptamĂ©ron, chef-d'Ɠuvre d'humour et de perspicacitĂ©, la sociĂ©tĂ© de son temps.

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Informations

Année
2021
Imprimer l'ISBN
9782340048027
CHAPITRE 1
MARGUERITE, L’ÉCRITURE
ET LA RELIGION
LA NAISSANCE D’UNE PRINCESSE ET SON ÉDUCATION
C’est le 11 avril 1492, dans la tour dite « Marguerite » du chĂąteau d’AngoulĂȘme, que naĂźt l’un des grands Ă©crivains de la Renaissance française. Le baptĂȘme sera cĂ©lĂ©brĂ© dans la chapelle du chĂąteau, oĂč l’enfant, une fille, est appelĂ©e par sa mĂšre Marguerite, du grec MargaritĂšs, « perle », car durant sa grossesse la mĂšre aurait avalĂ© une perle alors qu’elle mangeait des huĂźtres ; c’est du moins ce que nous dit BrantĂŽme, qui lui consacre quelques pages de ses Dames illustres. Le mĂȘme BrantĂŽme ajoute ces lignes pour les lecteurs d’aujourd’hui assez surprenantes : « Elle naquit sous le dixiĂšme degrĂ© d’Aquarius, alors que Saturne se sĂ©parait de VĂ©nus par quaterne aspect, le 10 d’avril 1492, Ă  dix heures du soir, au chĂąteau d’AngoulĂȘme ; et fut conçue l’an 1491, Ă  dix heures avant midi et dix-sept minutes, le 11 de juillet. Les bons astrosites pourront lĂ -dessus en faire quelque composition ». BrantĂŽme a entendu raconter tout cela par sa mĂšre ou sa grand-mĂšre, et de mĂ©moire le transmet au lecteur. Mais que savons-nous exactement des dĂ©buts de la vie de Marguerite d’AngoulĂȘme ?
Les origines
Louise de Savoie, mĂšre de Marguerite, est une femme cultivĂ©e et attentive au dĂ©veloppement et Ă  l’éducation de ses enfants. C’est mĂȘme pour elle un vĂ©ritable idĂ©al, rĂ©sumĂ© dans sa devise latine Libris et liberis, que l’on pourrait traduire « Pour mes livres et mes enfants ». NĂ©e en 1476 Louise est la fille du duc de Savoie Philippe et de Marguerite de Bourbon. Elle a Ă©tĂ© confiĂ©e aprĂšs la mort de sa mĂšre Ă  la fille de Louis XI, Anne de Beaujeu, devenue rĂ©gente du royaume de France aprĂšs 1483. DĂšs l’ñge de douze ans Louise s’était vue obligĂ©e d’épouser le comte d’AngoulĂȘme Charles d’OrlĂ©ans, le pĂšre de Marguerite. Le mariage a lieu en 1488 ; quatre ans plus tard naĂźt Marguerite, au chĂąteau d’AngoulĂȘme comme nous le dit BrantĂŽme.
Il est lui-mĂȘme le neveu de Charles Ier d’OrlĂ©ans (1394-1465), duc d’OrlĂ©ans et de Valois, surtout connu aujourd’hui pour son Ɠuvre poĂ©tique dont une grande partie a Ă©tĂ© Ă©crite lors de sa longue captivitĂ© en Angleterre. Ce prince-poĂšte Ă©tait le frĂšre du roi Charles VI et le fils de Valentine Visconti qui descend elle-mĂȘme des ducs de Milan. Charles d’OrlĂ©ans, appartenant Ă  la branche royale des Valois, a Ă©tĂ© aussi le pĂšre de Louis XII, qui rĂšgne de 1498 Ă  1515. Son neveu, le pĂšre de Marguerite, est lui aussi un prince cultivĂ© et ami des livres, sans avoir les qualitĂ©s littĂ©raires de son oncle. Il est rattachĂ© par son pĂšre Jean aux Valois d’AngoulĂȘme ; le comtĂ© d’AngoulĂȘme, dĂ©tenu depuis le Xe siĂšcle par les Taillefer, puis les Lusignan, est revenu Ă  la Couronne de France au cours du XIVe siĂšcle. Il a Ă©tĂ© donnĂ© Ă  Louis d’OrlĂ©ans en 1394, puis transmis au grand-pĂšre de Marguerite, Jean d’OrlĂ©ans (1404-1467). Jean d’OrlĂ©ans devenu Comte d’AngoulĂȘme avait Ă©tĂ© livrĂ© aux Anglais par son propre frĂšre Charles. Il Ă©tait restĂ© en Angleterre durant trente-deux ans, aux termes desquels sa rançon a Ă©tĂ© payĂ©e, mais durant toutes ces annĂ©es il s’était tournĂ© vers la thĂ©ologie, lisant entre autres les Consolations de BoĂšce. C’est le « bon comte » Jean d’AngoulĂȘme qui a agrandi le chĂąteau comtal lors de son retour de captivitĂ©, au milieu du XVe siĂšcle, chĂąteau dont ne subsistent aujourd’hui que le donjon des Lusignan (XIIe siĂšcle) et la tour des Valois, ou tour Marguerite, du XVe. Au tout dĂ©but de la Renaissance les prĂ©occupations militaires restent bien prĂ©sentes : on construit alors des fortifications en Ă©toile qui doivent assurer la sĂ©curitĂ© du chĂąteau comtal. Le biographe du bon comte Jean, qui Ă©crit il est vrai longtemps aprĂšs, le prĂ©sente comme un saint Ă  qui on aurait proposĂ© de devenir pape. En tout cas deux traditions voisinent ainsi chez les Valois : les lettres, reprĂ©sentĂ©es par Charles d’OrlĂ©ans, et la religion, par Jean d’AngoulĂȘme. Double hĂ©ritage spirituel qui aura son influence sur Marguerite.
Tout cela semble laisser peu de place aux ambitions politiques ; elles sont pourtant prĂ©sentes chez Charles, le pĂšre de Marguerite, qui a conspirĂ© aprĂšs la mort de Louis XI (1483) sous la rĂ©gence d’Anne de Beaujeu. Celle-ci a gagnĂ© la « guerre Folle » que lui a dĂ©clarĂ©e la Ligue des Princes ; Charles est tombĂ© en disgrĂące, et Anne de Beaujeu l’a mariĂ© Ă  une hĂ©ritiĂšre pauvre, la fille du duc de Savoie Philippe dit « sans Terre » car les Suisses lui ont pris son comtĂ© de Bresse. Charles ne reçoit par la suite que la mĂ©diocre seigneurie de Melle, qui vient s’ajouter Ă  celles d’AngoulĂȘme, Cognac et Romorantin. Ce qui explique qu’il ait eu le train de vie relativement modeste d’un noble de province, alors que Charles est de sang royal. Il termine sa vie Ă  AngoulĂȘme, menant la vie d’un aimable dilettante entourĂ© de maĂźtresses, d’ailleurs bien acceptĂ©es par Louise de Savoie, qui les connaĂźt parfaitement : Jeanne Le Comte est une suivante de Louise, et Antoinette de Polignac sa dame d’honneur. Charles d’AngoulĂȘme a eu plusieurs filles de ces liaisons, ce qui fait qu’outre son frĂšre, Marguerite a trois demi-sƓurs qui ont Ă©tĂ© lĂ©gitimĂ©es. En fin de compte il est adepte de ce que son oncle Charles d’OrlĂ©ans appelait le « nonchaloir », une forme de mise en retrait par rapport Ă  la vie politique. Il ne semble pas qu’il ait eu beaucoup d’influence sur Marguerite, qui n’a que quatre ans lorsqu’il meurt en 1496, et qui n’en parle jamais. Il est inhumĂ© dans la cathĂ©drale Saint-Pierre, lieu de sĂ©pulture des comtes d’AngoulĂȘme, oĂč ses restes ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s en 2011. Louise de Savoie, veuve Ă  dix-neuf ans seulement, dĂ©cide de se consacrer Ă  l’éducation de ses deux enfants avec l’aide de son confesseur Cristoforo Numai de Forli.
Les parents de Marguerite appartiennent tous deux Ă  la grande aristocratie de leur Ă©poque, mais vivent dans une relative gĂȘne : le pĂšre de Louise de Savoie, comte de Bresse, est un cadet de noblesse qui n’a pas d’argent ni d’influence, et Charles d’AngoulĂȘme n’a pas pu « redorer son blason » en Ă©pousant une hĂ©ritiĂšre fortunĂ©e. Louis XI, puis Anne de Beaujeu, l’avaient voulu ainsi pour qu’il reste peu menaçant pour le trĂŽne. La branche des Valois-AngoulĂȘme se trouve, Ă  la naissance de Marguerite, trĂšs loin d’un destin royal.
L’influence essentielle, sur Marguerite, a d’abord Ă©tĂ© celle de Louise de Savoie. MariĂ©e comme on l’a vu Ă  douze ans, Louise Ă©tait au dĂ©sespoir de ne pouvoir un an plus tard donner un hĂ©ritier Ă  son mari. On commence Ă  parler de stĂ©rilitĂ©, et c’est pour cette raison qu’elle a une entrevue avec un saint homme, Francesco di Paola (François de Paule), un religieux originaire de Calabre Ă  qui l’on attribue alors de nombreux miracles. Fondateur de l’ordre des minimes, il guĂ©rissait les lĂ©preux et Louis XI se sentant malade l’avait fait venir en France ; il avait traversĂ© les eaux du dĂ©troit de Messine sur son manteau, d’aprĂšs la tradition du moins, et soignĂ© les pestifĂ©rĂ©s de Bormes et FrĂ©jus avant d’arriver au chĂąteau de Plessis-lez-Tours en 1483, quelques mois seulement avant la mort du roi. François de Paule prononçait aussi des bĂ©nĂ©dictions particuliĂšres contre la stĂ©rilitĂ©. Il prĂ©dit Ă  Louise la naissance d’un fils qui sera roi. Louise croit dur comme fer Ă  cette prĂ©diction et se trouve enceinte en 1491 ; inutile d’ajouter qu’elle est fort déçue par la venue d’une fille en avril 1492. La prĂ©diction se rĂ©alise vĂ©ritablement avec la naissance de François, deux ans plus tard. DĂšs les premiers jours, Louise appelle ce fils « mon CĂ©sar » dans son journal. En 1507, aprĂšs la mort de François de Paule, elle fait donner Ă  l’ancien ermite un superbe tombeau, puis fait campagne pour sa canonisation, qu’elle obtient de LĂ©on X en 1519.
Sans doute de maniĂšre inconsciente, Louise de Savoie fait passer sa fille au second plan, ce qui est aussi la norme de l’époque. Marguerite n’a jamais Ă©tĂ© dĂ©laissĂ©e, mais tous les efforts de sa mĂšre sont tournĂ©s vers François et sa rĂ©ussite, c’est-Ă -dire l’accĂšs aux plus grands honneurs et si possible au trĂŽne. Cette ambition trop visible lui vaut l’hostilitĂ© Ă  peine dissimulĂ©e d’Anne de Bretagne, Ă©pouse de Charles VIII puis de Louis XII. Le pĂšre de Marguerite, Charles d’AngoulĂȘme, meurt le 2 janvier 1496 ; Louise n’a pas vingt ans et la majoritĂ© pour conserver la tutelle de ses enfants est alors Ă  vingt-cinq ans. Louis d’OrlĂ©ans, le futur Louis XII, rĂ©clame cette tutelle. Louise fait alors preuve de beaucoup d’ingĂ©niositĂ© en retrouvant une coutume de l’Angoumois qui autorise la tutelle de la mĂšre Ă  quinze ans. Voyant cela Charles VIII accepte de laisser les deux enfants sous l’autoritĂ© de leur mĂšre. Le roi n’a nullement l’impression, Ă  cette date, que les AngoulĂȘme puissent menacer le trĂŽne ; il aura d’ailleurs quatre enfants avec Anne de Bretagne. Mais ils meurent tous en bas Ăąge, et Charles VIII lui-mĂȘme se tue accidentellement en heurtant de la tĂȘte le linteau d’une porte basse, Ă  Amboise (1498). Le trĂŽne revient alors Ă  son cousin Louis d’OrlĂ©ans, dĂ©sormais le roi Louis XII. Celui-ci demande de suite le divorce d’avec Jeanne, fille de Louis XI, pour se remarier avec Anne de Bretagne. Le changement de rĂšgne est Ă  l’origine d’un changement de vie pour les AngoulĂȘme, qui sont appelĂ©s Ă  la cour, Ă  Chinon, puis Ă  Blois. C’est lĂ  un changement important pour Marguerite, qui n’a guĂšre connu que les cieux et le climat ocĂ©anique de la Charente, Ă  AngoulĂȘme et Cognac. La famille est logĂ©e dans un bel hĂŽtel d’Amboise, proche du chĂąteau achevĂ© par Charles VIII. En contrepartie, de 1498 Ă  1506, Louis XII et Anne les font surveiller par un personnage de premier plan, Pierre de Rohan, seigneur de GiĂ© et marĂ©chal de France.
Il semble bien que GiĂ©, aussi maladroit qu’il est honnĂȘte, ait Ă©tĂ© Ă  l’origine de tensions qui finissent par indisposer Louise et la braquer contre lui. Il est conscient de la rivalitĂ© qui oppose Anne, qui n’a plus de fils, Ă  Louise chez qui François est devenu le premier hĂ©ritier mĂąle de la couronne. Le roi Louis XII, de son cĂŽtĂ©, passe beaucoup de temps en Italie oĂč se poursuivent les opĂ©rations militaires. Lorsqu’il est en France, il est victime d’une sĂ©rie d’alertes concernant sa santĂ©. En 1501, les mĂ©decins sont persuadĂ©s que le roi est proche de la fin : Ă  ce moment, le marĂ©chal de GiĂ© craint que l’on cherche Ă  attenter Ă  la vie de François et oblige les AngoulĂȘme Ă  quitter Amboise. Il demande Ă  Louise de s’installer sur les terres des Rohan, Ă  Angers. Louise n’a pas la mĂȘme perception du danger, croit que GiĂ© exagĂšre et s’installe Ă  Loches, au sud de la Loire. Les craintes du marĂ©chal n’étaient sans doute pas vaines, car Anne de Bretagne, elle-mĂȘme persuadĂ©e de la fin prochaine de Louis XII, quitte Blois sur un train de bateaux qui doit descendre la Loire jusqu’à Nantes, afin qu’elle puisse regagner son duchĂ©. Le marĂ©chal fait arrĂȘter les bateaux Ă  Amboise, et impose Ă  la reine de regagner Blois sans grands mĂ©nagements. Ce faisant, il provoque sa colĂšre : elle l’accuse de lĂšse-majestĂ©, se plaint de ce comportement au roi mais Louis XII rĂ©tabli prĂ©fĂšre apaiser les choses. C’est compter sans le caractĂšre rancunier d’Anne de Bretagne, qui engage un procĂšs contre GiĂ©. En 1505, le roi tombe malade de nouveau et dĂ©cide de se rapprocher des AngoulĂȘme car il doute dĂ©sormais d’avoir un fils pour lui succĂ©der. Louise figure dĂ©sormais au Grand Conseil. Elle ne fait rien pour Ă©viter le procĂšs au marĂ©chal de GiĂ©, aux termes duquel il est condamnĂ© en 1506 Ă  l’exil sur ses terres d’Anjou.
L’enfance
VoilĂ  donc disparu l’encombrant protecteur de Louise. Depuis plusieurs annĂ©es, Ă  Cognac puis Ă  Amboise, elle se consacre Ă  inculquer Ă  ses deux enfants les premiers rudiments d’une Ă©ducation qui se veut de haut niveau. Elle-mĂȘme parlait l’italien, langue aussi courante que le français dans le duchĂ© de Savoie, et l’espagnol. DĂšs la mort du comte d’AngoulĂȘme, elle avait commandĂ© de nombreux manuscrits destinĂ©s Ă  l’éducation des deux enfants, faisant Ɠuvre de mĂ©cĂšne et montrant par-lĂ  ses goĂ»ts humanistes.
Depuis 1492 Marguerite a grandi, est devenue une fillette prĂšs de qui a Ă©tĂ© nommĂ©e une « maĂźtresse de mƓurs », Blanche de Tournon devenue Madame de Chatillon, dont le mari avait Ă©tĂ© gouverneur sous Charles VIII. C’est une parente de François de Tournon, qui deviendra cardinal et conseiller de François Ier. En outre, pour les deux enfants de sang royal, trois prĂ©cepteurs inculquent les rudiments de la religion, du latin, de la philosophie. François Du Moulin leur prĂ©sente l...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Page de titre
  3. Page de copyright
  4. Introduction
  5. Chapitre 1. Marguerite, l’écriture et la religion
  6. Chapitre 2. Le rĂŽle politique de Marguerite
  7. Chapitre 3. Marguerite reine de Navarre
  8. Chapitre 4. Les derniÚres années
  9. Conclusion
  10. Sources
  11. Bibliographie
  12. Table des matiĂšres