PARCOURS THÉMATIQUE 1
Santé et santé publique
en France et dans le monde
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La santé
L’essentiel
¡Définition
Il existe de nombreuses définitions de la santé, qu’on peut schématiquement classer en quatre grandes catégories :
¡L’approche adaptative : la santé est la capacité pour un individu de s’adapter à son environnement et à ses déficiences. C’est l’approche que retient par exemple Canguilhem qui définit la santé comme la normativité, c’est-à-dire la capacité à imposer ses normes à l’environnement naturel ou social, donc pas simplement s’adapter à son environnement mais aussi adapter son environnement à soi en le transformant, être créateur de normes vitales ;
¡L’approche fonctionnelle de la santé ou approche biomédicale : la santé est définie comme la capacité de l’individu à fonctionner. Elle se définit négativement comme l’absence de maladie ou de déficience ;
¡L’approche perceptuelle de la santé : elle renvoie à la notion de bien-être. L’angle ici adopté est celui de la subjectivité du patient, qu’on va chercher à mesurer à travers des indicateurs de qualité de vie ;
¡L’approche fonctionnelle-perceptuelle : elle allie les notions biomédicales et psychologiques de bien-être. C’est notamment la définition de la santé donnée par l’OMS qui la définit en 1947 comme « un état de complet de bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».
¡Repères
Le droit à la santé
Parce qu’elle est de nature à la fois individuelle et sociale, la santé renvoie aussi à des droits spécifiques. Le droit à la santé est ainsi un droit particulier qui se rapporte à la fois à l’individu, en ce qu’il a de plus personnel, et à l’organisation sociale en ce qu’elle a de plus essentiel.
La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, ratifiée par l’Assemblée générale des Nations unies stipule ainsi dès son article 2 que « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la santé de sa personne », mais aussi, à l’article 25 que « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. »
De même, l’institution internationale qui agit pour favoriser la santé de tous les hommes s’appelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et a été créée le 22 juillet 1946. Le but de l’OMS est d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. Dès sa création, l’Organisation mondiale de la santé énonce ainsi dans l’article 1 de sa Constitution : « La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelle que soit sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale. »
En France, c’est dans le préambule de la Constitution de 1946 (qui crée la IVe République) qu’est affirmé un droit à la protection de la santé : « la nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère ou aux vieux travailleurs la protection de la santé ». Le droit à la santé a donc une valeur constitutionnelle en France.
Ce droit a été réaffirmé par la loi du 4 mars 2002 « relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé ». Cette loi affirme en particulier que « le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous les moyens disponibles au bénéfice de toute personne. Les professionnels, les établissements et réseaux de santé, les organismes d’assurance maladie ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins, et les autorités sanitaires contribuent, avec les usagers, à développer la prévention, garantir l’égal accès de chaque personne aux soins nécessités par son état de santé et assurer la continuité des soins et la meilleure sécurité sanitaire possible. » (Article L. 1110-1 du Code de santé publique). Elle affirme aussi que toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé, d’accéder à son dossier médical, et de prendre les décisions concernant sa santé.
¡Fondamentaux
Les déterminants de la santé
L’état de santé d’une personne se caractérise par des interactions complexes entre plusieurs facteurs individuels, socio-environnementaux et économiques. Il existe divers modèles explicatifs de ces déterminants de la santé : certains privilégient le rôle des conditions de naissance et de vie dans la petite enfance qui, lorsqu’elles sont défavorables, poseraient les fondements créateurs des inégalités. D’autres se fondent sur l’effet cumulatif de déterminants sociaux et économiques défavorables se combinant et interagissant au cours de la vie.
Un exemple souvent utilisé pour schématiser les déterminants de la santé est le modèle de Dahlgren et Whitehead (1991), qui se présente sous la forme d’un arc-en-ciel et distingue cinq niveaux interdépendants des déterminants de la santé.
1. Le premier niveau « Facteurs liés au sexe, à l’âge et à l’héritage » concerne les particularités physiques de la personne qui sont en fait des déterminants non modifiables mais qui constituent souvent des facteurs de risque pour certaines maladies.
2. Le deuxième niveau « Réseaux sociaux et communautaires » comprend les influences sociales et collectives : la présence ou l’absence d’un soutien mutuel dans le cas de situations défavorables, notamment le contact des enfants avec les adultes, a des effets positifs ou négatifs.
3. Le troisième niveau « Habitudes de vie » concerne les comportements et styles de vie personnels. Ces conduites peuvent être favorables ou défavorables à la santé. Les personnes désavantagées ont tendance à montrer une prévalence plus élevée des facteurs comportementaux comme le tabagisme ou la consommation de drogues en général, une alimentation médiocre, mais peuvent avoir aussi une vie sexuelle plus à risque.
4. Le quatrième niveau « Conditi...