COMMENT PRÉPARER L’ORAL DE MOTIVATION
Jusqu’à récemment, au cours de la scolarité en collège et lycée, les élèves étaient peu préparés à s’exprimer oralement. Le plus souvent, les étudiants passaient leurs premiers oraux, dits « techniques » car portant sur des matières enseignées, lors des options du baccalauréat, sans avoir été spécifiquement formés à cet exercice.
L’oral était présenté comme une simple alternative à l’écrit : « je passe telle matière à l’oral ou à l’écrit » entendait-on. Parler d’écrit renvoyait à une épreuve longue dans une grande salle, parler d’oral renvoyait à une épreuve courte, dans une salle de classe en tête-à-tête avec un enseignant. Rien d’autre.
Les différences fondamentales de réussite entre les deux types d’épreuves n’étaient pas ou trop rarement signalées et développées. La connaissance de l’exercice était faible et aucune méthodologie de préparation n’était proposée. « Passer un oral » s’apprenait (ou pas) sur le tas, charge à chacun de capitaliser sur une expérience, un talent personnel, pour faire la différence à l’oral.
Ce constat est d’autant plus surprenant que le monde professionnel, quel que soit le métier exercé, exige une élocution, une capacité rhétorique, une éloquence (soit la capacité à bien parler) suffisantes. Bien parler a longtemps souffert d’une connotation superficielle, d’autant que « les paroles s’envolent et les écrits restent. » Cependant, depuis quelques années, le poids des oraux au sein des cursus universitaires s’est renforcé. L’évaluation et la valorisation de l’éloquence se sont progressivement affichées comme une priorité. Les concours d’éloquence se sont multipliés, le « grand oral » a même fait son apparition au baccalauréat.
Et la plupart des Grandes Écoles, dont Sciences Po Paris, ont modifié leurs épreuves au concours d’entrée en privilégiant l’oral sur l’écrit. L’importance de comprendre les clés de réussite à l’oral et comment s’y préparer en conséquence a toujours existé, même si elle n’a que récemment été reconnue et mise en valeur, notamment dans les media. Des émissions de radio et de télévision fleurissent sur le thème du « Grand oral », qui mettent en scène la capacité à formuler pour frapper les esprits de manière efficace.
À l’oral, quelle que soit l’école ou le concours visé, les jurés cherchent la même chose : ne pas avoir à hésiter. Faire en sorte que les jurés n’hésitent pas suppose d’être éloquent le jour de l’oral. Le terme d’éloquence renvoie à l’art de bien parler, l’aptitude à s’exprimer avec aisance, la capacité d’émouvoir, de persuader, d’être expressif, impactant. L’éloquence s’appuie sur la rhétorique, qui consiste à « prouver la vérité de ce que l’on affirme, se concilier la bienveillance des auditeurs, éveiller en eux toutes les émotions qui sont utiles à la cause » (Cicéron).
Travailler son éloquence consi...