PARTIE I
Les écoles
de pensées et pratiques managériales
La pensée en management est relativement récente, elle n’est apparue qu’au début du vingtième siècle. Les premiers travaux étaient centrés sur l’optimisation des organisations et leur fonctionnement. Ainsi les théories traditionnelles du management s’étaient penchées sur l’amélioration de la performance des entreprises.
On distingue au sein de ces théories d’une part l’École Classique qui a développé une approche centrée sur la rationalisation du système de production (= c’est le courant scientifique avec Taylor et Ford). L’école classique s’est également penchée sur la rationalisation des processus d’administration (= Courant administratif avec Fayol). Et enfin elle s’est penchée sur le système bureaucratique (= le courant bureaucratique de Max Weber). D’autre part il y a l’École des Relations Humaines qui mise sur la qualité des rapports humains et la mise en œuvre d’un style de management bienveillant pour améliorer les résultats des organisations. Les principaux auteurs de cette école sont : Elton Mayo, Abraham Maslow, Herzberg, Lewin, Lickert.
Pour ce qui est des courants contemporains, on peut distinguer l’École Néoclassique qui a comme fondateur Peter Drucker et d’autres auteurs comme Alfred Sloan et Octave Gélinier. D’autres écoles managériales ont également vu le jour comme :
• L’école systémique, avec Henry Mintzberg et Bertalanffy ;
• La théorie de décision, avec Cyert, March et Simon ;
• L’école contingente, avec Lawrence et Lorsch ;
• L’école stratégique, avec Michel Crozier ;
• L’école Japonaise, avec Ishikawa.
CHAPITRE 1
L’école classique
Dite aussi école formelle des organisations, l’école classique est marquée par une approche de l’organisation caractérisée par la recherche de la rationalité. Cette école cherche à donner une solution universelle aux problèmes rencontrés par les entreprises.
On distingue dans ce courant, trois principales contributions :
La rationalité productive (Frederick Winslow Taylor), la rationalité administrative (Henri Fayol) et la rationalité structurelle (Max Weber).
1. Frederick Winslow TAYLOR et les principes du management scientifique
Frederick Winslow Taylor a essayé de formaliser et conceptualiser le fonctionnement des entreprises et il a proposé d’appliquer les règles d’organisation scientifique au niveau des ateliers de production.
Pour lui, il est possible d’appliquer les mêmes principes d’un management à n’importe quelle organisation, quelle que soit sa taille ou son type d’activité ; c’est ce que l’on appelle « The One Best Way ». : Il s’agit de l’application des règles d’organisation scientifique du travail (l’OST). Les quatre grands principes du management scientifique de Taylor sont les suivants :
• L’étude scientifique du travail qui doit être faite par une équipe de spécialistes ;
• La sélection scientifique et l’entraînement de l’ouvrier ;
• Le couplage de l’étude scientifique du travail et de la sélection scientifique des travailleurs : il s’agit de faire appliquer la science par les ouvriers ;
• La coopération étroite entre le management et les ouvriers : car il y a rarement un acte de l’ouvrier qui ne soit pas précédé et suivi d’un acte de manager « Le travail et la responsabilité du travail se divise d’une façon presque égale entre les managers et les ouvriers ».
Plusieurs critiques se sont imposées face à la pensée Taylorienne. Nous retrouvons principalement la déshumanisation du travail puisqu’il est fractionné en de très petites tâches à répéter et donc devient sans intérêt pour l’exécution qui devient une sorte d’automate remplaçable par une machine ou un robot.
Cette critique a donné naissance depuis les années 60 à certaines formes d’organisation basées sur l’enrichissement des tâches et la rotation des postes impliquant une responsabilisation de l’ouvrier et une valorisation de son travail en réduisant presque à néant l’ennui au travail.
2. Le courant administratif avec Henri FAYOL
Henri Fayol (1841-1925), titulaire d’un doctorat de l’École des Mines de Saint-Étienne, débuta à 19 ans comme ingénieur à la société Commentry Fourchambault à Decazeville. Il y travailla jusqu’à sa retraite en 1918 et en fut directeur général de 1888 à 1918.
Il publia en 1916 son livre « Administration Industrielle et générale. Prévoyance, Organisation, Commandement, Coordination, Contrôle » sur lequel repose toute sa réputation.
Fayol concentre sa réflexion sur la direction de l’entreprise et sur la fonction administrative (Management).
Son apport est basé sur son expérience personnelle de directeur général d’une grande entreprise minière et sidérurgique pour élaborer des principes et des règles de management qui sont avant tout des conseils pratiques donnés aux directeurs d’entreprise.
Pour Fayol, quelle que soit la taille de l’entreprise, elle comporte six activités ou fonctions.
• Les activités techniques : Production, fabrication, Consommation ;
• Les activités commerciales : Achat, Vente, échange ;
• Les activités de sécurité : Opération de protection des biens et des pe...