
- 644 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Au-delà des convenances
À propos de ce livre
Angleterre, 1843 À la mort de ses parents, Abby s'est installée chez sa tante afin d'obtenir une éducation à la hauteur de la noblesse de son rang, mais voilà qu'elle revient enfin à Londres pour la saison des bals! Tout lui a manqué: la ville, son frère et surtout… sa meilleure amie. Imprimeur sans noblesse, William organise des salons littéraires dans son appartement une fois par mois. Quand Abby y assiste, il se doit d'admettre que la petite fille de son souvenir a bien changé. Elle est non seulement devenue une magnifique jeune femme, mais aussi une charmante interlocutrice. Lors de son premier bal, Abby attire l'attention. Vu sa beauté et sa noblesse, cela n'est guère [...]
Foire aux questions
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Informations
Éditeur
Éditions MonarqueAnnée
2022ISBN de l'eBook
9782898181023Chapitre 81
William retenait Abby contre lui, caressant son dos nu avec l’étrange sensation d’avoir rêvé ce qui venait de se produire. Sa femme, sa merveilleuse épouse, s’était offerte à lui sans la moindre hésitation. Il aurait tellement aimé la combler totalement, mais il avait encore cette fichue peur au fond du ventre. Malgré les événements, il ne parvenait pas à s’en défaire. Au contraire ! Maintenant qu’il avait partagé l’intimité d’Abby, il lui était inconcevable de la perdre.
Dans un soupir, il laissa ses doigts s’enfoncer dans ses cheveux défaits et faufila son nez contre sa tête pour récupérer l’odeur de sa femme. Sa femme. Hier encore, il croyait que la distance qu’il avait mise entre eux deux leur serait bénéfique, et voilà qu’il n’avait plus la moindre envie qu’Abby s’éloigne de lui.
Jamais.
— Je voudrais que vous dormiez ici toutes les nuits.
Dès qu’elle releva la tête pour croiser son regard, il s’empressa d’ajouter :
— Sauf si… vous préférez rester dans votre chambre, évidemment.
Elle posa ses doigts sur ses lèvres pour le faire taire.
— Je veux partager votre couche, William.
Il remarqua les rougeurs sur ses joues lorsqu’elle reprit :
— Et votre intimité aussi.
Dans sa poitrine, il perçut la force des battements de son cœur. Abby l’éblouissait, comme quand elle avait lu ce poème issu de ce petit carnet bleu. Elle ne cessait de l’impressionner. Et aujourd’hui, il avait enfin la sensation que tout était possible entre eux.
— Je vous aime tellement, Abigaïl. Jamais homme n’a autant aimé une femme en ce monde.
Dans un rire, elle revint se blottir contre lui.
— Je savais que vous étiez l’homme qu’il me fallait, mais jamais je n’aurais cru que c’était à ce point, lui confia-t-elle à son tour.
Il expira, soulagé par ces propos, même s’il ne put s’empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres :
— Vous n’êtes pas déçue que… je ne sois pas allé en vous ?
Abby se redressa aussitôt.
— Déçue ? Mais pourquoi donc ? Vous m’avez…
À nouveau, elle se remit à rougir adorablement, puis à bafouiller :
— Jamais je n’avais ressenti… quelque chose d’aussi fort. C’était… vraiment merveilleux, William !
Il afficha un sourire ému. Fier aussi. Certes, il avait un peu d’expérience avec les femmes, mais il devait admettre que seule Abby comptait. Il avait voulu la combler. Lui offrir assez de plaisir pour qu’elle en oublie les obligations qui lui incombaient et dont il refusait de s’acquitter. Combien de temps ces caresses lui suffiraient-elles ?
Alors qu’il était sur le point d’aborder le sujet, on frappa à la porte de sa chambre. Dans un sursaut, Abby récupéra le drap pour masquer sa nudité, mais William la ramena simplement contre lui.
— Je ne veux pas qu’on nous dérange, annonça-t-il en élevant la voix.
— Monsieur Bradford, il y a un inspecteur de police dans l’entrée. Il voudrait s’entretenir avec vous.
Le regard d’Abby se teinta d’inquiétude et William tenta de la rassurer, même s’il ne voyait pas la raison pour laquelle un policier voudrait le voir. N’avait-il pas été faire sa déposition, hier ?
Repoussant son épouse dans un soupir, il grogna :
— Faites-le attendre au séjour. J’en ai pour cinq minutes.
— Bien, Monsieur.
Dès qu’il quitta le lit, Abby demanda :
— Pourquoi la police est-elle là ?
— Je n’en ai pas la moindre idée. Peut-être a-t-elle enfin mis la main sur lord Sackville ?
À ces mots, Abby récupéra ses vêtements à son tour, ce qui le fit plisser les yeux.
— Que faites-vous ?
— Je viens avec vous.
Dès qu’elle eut masqué sa nudité, elle pivota pour lui jeter un regard de biais :
— Je ne vais jamais arriver à être présentable.
— Vous ne serez jamais plus belle que ce matin, dit-il avec un sourire ému.
Elle lui fit de gros yeux avant d’éclater de rire. Jamais il ne s’était senti aussi proche de son épouse qu’en ce moment précis. Malgré l’incendie qui avait ravagé une partie de son journal et même si l’homme qui était la source de tous ses problèmes était encore dans la nature, William se sentait profondément heureux. C’est pourquoi, une fois que son pantalon fut en place et que sa chemise fut enfilée, mais encore ouverte, il la prit dans ses bras.
— Vous ai-je dit à quel point je vous aimais, ma douce épouse ?
Dans un gloussement charmé, elle opina.
— Depuis hier soir… à quelques reprises, en effet.
Elle posa rapidement sa bouche sur la sienne avant d’ajouter :
— Et vous me l’avez montré, surtout.
Sans la quitter des yeux, il rétorqua :
— J’ai adoré vous le montrer.
— Moi aussi.
Il la ramena contre lui et dévora sa bouche, non sans ressentir le vif désir de lui montrer à quel point il l’aimait à nouveau, mais elle lui fit de gros yeux.
— Dois-je vous rappeler qu’il y a un policier qui nous attend, en bas ?
Il grogna avant de se détacher d’elle.
— Je vais voir ce qu’il veut. Avec de la chance, ce sera rapide.
Même s’il eut envie de lui proposer de revenir dans ce lit, il se doutait que ses obligations redeviendraient concrètes à la seconde où il sortirait de cette chambre, et il en était désolé d’avance. Peut-être avait-il réellement rêvé, tout compte fait ? Chassant sa mine sombre, il se dirigea vers la porte :
— Rejoignez-nous quand vous le pourrez.
— Je me dépêche.
Dès qu’il foula le sol du rez-de-chaussée, il croisa sa sœur, visiblement aussi inquiète que son épouse.
— Pourquoi y a-t-il un policier dans notre séjour ?
— J’allais justement voir ce qu’il veut.
Se doutant qu’Emma risquait de vouloir l’y accompagner, il ajouta :
— Vous seriez gentille de monter à l’étage afin d’aider Abby à se préparer.
Sa sœur parut contrariée, mais obtempéra. De son côté, il s’empressa d’aller vérifier ce que voulait son visiteur. Il espérait surtout qu’il ne s’agissait pas d’une autre mauvaise nouvelle. Dans un tel cas, autant l’entendre avant que son épouse ne descende.
Une fois au séjour, il reconnut l’inspecteur de la veille.
— Monsieur Lewis ?
— Ah, Monsieur Bradford. Pardon de vous déranger, mais je ne pensais pas que vous seriez encore au lit à cette heure.
— Comme vous le savez, la nuit a été longue, et j’étais épuisé en rentrant.
Le policier pinça les lèvres et opina tristement.
— Je m’en doute, oui, je suis passé devant votre journal avant d’arriver ici. Je dois dire que vous avez eu de la chance que l’incendie n’ait blessé personne.
William ne répondit pas. Il aurait préféré que son journal ne soit pas en si piteux état.
— Pourquoi vouliez-vous me voir, inspecteur ?
— Je suis venu vous poser une question, disons… plutôt délicate.
Intrigué, William plissa les yeux.
— Je vous écoute.
— D’après ce que j’ai cru comprendre, après l’incendie, vous êtes venu ici avant de repartir au journal, c’est bien cela ?
— C’est juste, oui. J’aurais préféré rester auprès de mes employés, mais je devais d’abord m’assurer que ma famille était en sécurité.
— Je comprends, mais pourriez-vous m’indiquer quel chemin vous avez pris pour retourner au journal ?
Surpris par la question, William lui détailla la route empruntée de façon assez précise puisque c’était pratiquement toujours la même. Le policier fronça les sourcils.
— N’êtes-vous pas passé près de la Tamise ?
— Eh bien… non. Ç’aurait été un sacré détour. Pourquoi cette question ?
— Parce que c’est là que nous avons retrouvé un corps dans un sale état. Tout porte à croire qu’il pourrait s’agir de lord Sackville.
William cligna des ...
Table des matières
- Couverture
- Page de titre
- Page de Copyright
- Chapitre premier
- Chapitre 2
- Chapitre 3
- Chapitre 4
- Chapitre 5
- Chapitre 6
- Chapitre 7
- Chapitre 8
- Chapitre 9
- Chapitre 10
- Chapitre 11
- Chapitre 12
- Chapitre 13
- Chapitre 14
- Chapitre 15
- Chapitre 16
- Chapitre 17
- Chapitre 18
- Chapitre 19
- Chapitre 20
- Chapitre 21
- Chapitre 22
- Chapitre 23
- Chapitre 24
- Chapitre 25
- Chapitre 26
- Chapitre 27
- Chapitre 28
- Chapitre 29
- Chapitre 30
- Chapitre 31
- Chapitre 32
- Chapitre 33
- Chapitre 34
- Chapitre 35
- Chapitre 36
- Chapitre 37
- Chapitre 38
- Chapitre 39
- Chapitre 40
- Chapitre 41
- Chapitre 42
- Chapitre 43
- Chapitre 44
- Chapitre 45
- Chapitre 46
- Chapitre 47
- Chapitre 48
- Chapitre 49
- Chapitre 50
- Chapitre 51
- Chapitre 52
- Chapitre 53
- Chapitre 54
- Chapitre 55
- Chapitre 56
- Chapitre 57
- Chapitre 58
- Chapitre 59
- Chapitre 60
- Chapitre 61
- Chapitre 62
- Chapitre 63
- Chapitre 64
- Chapitre 65
- Chapitre 66
- Chapitre 67
- Chapitre 68
- Chapitre 69
- Chapitre 70
- Chapitre 71
- Chapitre 72
- Chapitre 73
- Chapitre 74
- Chapitre 75
- Chapitre 76
- Chapitre 77
- Chapitre 78
- Chapitre 79
- Chapitre 80
- Chapitre 81
- Chapitre 82
- Chapitre 83
- Chapitre 84
- Chapitre 85
- Chapitre 86
- Chapitre 87
- Chapitre 88
- Chapitre 89
- Chapitre 90
- Chapitre 91
- Chapitre 92
- Chapitre 93
- Chapitre 94
- Épilogue