Reflet de cuivre
eBook - ePub

Reflet de cuivre

  1. 532 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Reflet de cuivre

À propos de ce livre

Tiffany ne parvient pas à se remettre de sa torture aux mains du sadique Fou noir.Une tentative de suicide la projette dans un univers parallèle, où les dirigeables sillonnent le ciel et l'époque victorienne a été mécanisée. Passionnée par l'ingénierie, Tiffany aurait pu commencer à guérir si ce n'était d'une guerre mondiale dont elle ignore l'enjeu, d'une épidémie qui rappelle la syphilis, et surtout de ce double du Fou noir qui dit vouloir la protéger...

Foire aux questions

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Informations

ISBN de l'eBook
9782898181054
Chapitre XXII
Le pouvoir
Pressée contre la poitrine de l’Isvarien, Tiffany pouvait voir le canon du pistolet du coin de l’œil. La main de l’homme était sûre, sans le moindre tremblement. Il ne manquerait pas son coup.
Lord Anthrax se pétrifia. L’air rageur, il baissa calmement son arme, tandis que dans son coin, Cathran paraissait presque trop calme.
— Par terre, ordonna l’Isvarien.
Les joues rouges d’indignation et d’impuissance, Lord Anthrax évita le regard de Tiffany et obéit. Le pistolet fit un bruit sourd en glissant aux pieds de l’homme.
— Toi aussi.
Toujours aussi stoïque, Cathran lança son pistolet doré devant l’Isvarien.
— Couteau aussi.
Tiffany aurait juré qu’un sourire jouait sur les lèvres de Cathran. Il échangea un regard avec Lord Anthrax. Sans un mot, le géant plia un genou et jeta son couteau haut dans les airs. Une distraction ! Occupé à éviter l’arme, l’Isvarien ne vit pas Cathran dégainer son second pistolet et tomba par terre, une balle au milieu du front.
Tiffany n’avait pas bougé.
— Milady ! Milady ! s’écria Lord Anthrax en se jetant sur elle.
Il la secoua par les épaules. Elle se concentra, mais elle était sous le choc, comme si son cerveau avait été plongé dans un caisson d’eau glacée. Elle survola du regard les tentures beiges sillonnées de marques noires qui l’entouraient. Ainsi décorée, la salle de contrôle ressemblait à une tente romaine. Cette version de la Terre avait-elle seulement connu l’Empire romain ? Son apparition ? Son déclin ? Sa chute ? Tiffany avait souvent songé aux différences historiques de grande amplitude entre les deux univers, mais chaque fois, elle avait eu l’impression de perdre pied, comme si son cerveau refusait d’appréhender tout ce qui séparait les deux mondes.
Les tentures claquant contre leurs montants de métal, puis le choc d’une gifle, ramenèrent Tiffany à la réalité et à la raison qui l’avait menée ici. Le moment n’était pas à des considérations historiques !
Obéissant aux suppliques pressantes de Lord Anthrax et de Cathran, elle étudia rapidement les divers panneaux de commande encastrés dans des cubes métalliques. Des écrans de formules se dressèrent dans sa tête alors qu’elle soupesait les leviers de cuir noir, effleurait les boutons argentés et le siège de métal gris recouvert de cuir devant l’immense vitre sale où tambourinait encore la pluie. Deux poignées noires ornées de pointes plus claires se trouvaient un peu en retrait, au-dessus d’une ligne de boutons gris à pistons.
Tiffany agrippa le demi-volant doré.
Sous l’assaut de la pluie, les flammes dans Furi disparaissaient peu à peu ; dans le ventre des nuages gris, c’était tout le contraire. En détruisant son dixième dirigeable ennemi par surprise, Tiffany comprit pourquoi certaines personnes saines d’esprit perdaient la raison si elles avaient assez de pouvoir entre les mains pour tuer.
Tuer. Tuer sans façon, tuer sans pitié, tuer ses semblables par milliers. Et ceux qui flirtaient déjà avec la folie ? Tellement de pouvoir. Pouvoir, power, poder, Macht, moc, власть, تردق , 力… dans toutes les langues de la Terre, parce que toutes les cultures avaient voulu qualifier cette ivresse.
Tiffany sentit un courant électrique lui remonter le long de la colonne vertébrale. Un seul mouvement du poignet, et un autre dirigeable partit en fumée. C’était tellement facile.
L’orage s’éloigna, emportant avec lui la menace des éclairs. La pluie, toutefois, redoubla d’ardeur. Tiffany commençait à voir trouble. Elle se mit à trembler, de froid, de fatigue, du miracle inhumain d’être encore en vie.
On la prit doucement par les épaules.
— Milady, laissez-moi faire.
Lord Anthrax la souleva de terre. Tiffany ne protesta pas quand sa tête toucha sa poitrine. Il essuya ses joues humides de larmes.
— Tout va bien aller… n’est-ce pas ?
— Vous nous avez déjà sauvés, Milady.
Il déposa un baiser chaste sur son front.
— Vous et votre fabuleuse, fabuleuse folie…
La mort était tout près.
Tiffany prit la main qu’elle lui tendait, une gigantesque patte dotée de griffes énormes et glacées. La mort s’inclina gracieusement. Tiffany se laissa étreindre, plaquant sa poitrine chaude de sang contre une poitrine froide de vide. Un soupir de soulagement éclosit à ses lèvres. La mort avait un effet curieusement apaisant, elle et ses longues robes noires qui préservaient l’esprit fragile des vivants et des nouveaux morts.
« Laisse-toi guider. » Elle n’avait jamais été douée pour la danse, et pourtant, elle enchaînait les pas avec une aisance dictée par la pratique, dirigée par la main dans la sienne et l’autre, rigide, au creux de ses reins. Il n’y avait aucune musique. « Pourquoi en aurions-nous besoin ? » songea Tiffany alors que la mort l’entraînait dans une série de figures de plus en plus complexes, à un rythme si sensuel qu’elle se sentait pousser des ailes.
Les yeux rivés dans l’obscurité qu’était le visage de la mort, elle sut que cette sensualité n’avait rien de sexuel ; c’était la sensualité de la vie, cette extase de respirer le monde et d’être conscient d’en faire partie. Elle comprit dans le même souffle qu’il s’agissait de l’arme ultime de la mort pour gorger les ténèbres.
Ces révélations lui vinrent lentement, sans déranger l’état de sérénité qui était le sien. La mort savait danser, et c’était si calme, elle était si calme, tout était calme et reposant. Tiffany entendit un rire cristallin résonner dans les limbes, tel un trait de pinceau particulièrement appuyé sur une toile à moitié esquissée. La mort pencha la tête, et même si elle n’avait aucun visage, Tiffany discerna un sourire.
— Que veux-tu ?
Ce n’était qu’un souffle, plus une pensée déversée dans l’âme de la jeune femme qu’un véritable murmure. Tiffany tournoya et termina la boucle dans ses bras solides. Pourquoi n’avait-elle pas encore le cœur palpitant, le souffle court ?
L’expression de Néo quand Morpheus lui avait expliqué le fonctionnement de la Matrice dans le dojo lui revint. Elle ne respirait pas, bien sûr. Quelque part entre le temps et l’espace, ou plutôt entre un temps et un espace précis, elle avait été réduite à une pensée sans corps.
L’obscurité inscrite sous la cape noire de la mort commença à se dissiper. Les mains griffues rapetissèrent. Les ongles devinrent ronds, et des bras et des jambes se soudèrent à un torse sous l’ample robe noire. Un ovale blanc prit forme sous le capuchon, et une rivière de cheveux noirs et bouclés se déversèrent sur des épaules finement construites. Tiffany fit un pas en arrière en découvrant des améthystes violettes serties dans le visage né des ombres.
— Qui suis-je ?
La voix n’avait aucune inflexion. Tiffany ramena les bras le long de ses flancs, les poings serrés.
— Le Fou noir.
— Essaie encore.
— Linux !
— Essaie encore.
Tiffany fronça les sourcils. La perplexité avait remplacé la peur. À bien y réfléchir, cette voix qui s’adressait à elle n’avait aucune des inflexions qu’elle aurait attendues des doubles, Linux et le Fou noir.
— La mort, souffla-t-elle, secouée. Vous êtes la mort.
Les traits du Fou noir / de Linux fondirent et disparurent, remplacés par une nouvelle excroissance : la tête d’Oxana. C’était le visage qu’elle avait lors de leur première rencontre, illuminé d’espièglerie. Oxana passa une main devenue féminine dans ses cheveux coupés au carré.
— La vie, murmura Tiffany. Vous êtes la vie.
Soudain, l’être arbora les traits de Ludovic. Le cœur de Tiffany se serra à la vue du visage barbelé de chagrin et des mains implorantes, tendues vers elle comme pour la presser contre la large poitrine. Il était vêtu du pantalon gris qu’il portait quand elle l’avait laissé dans la locomotive, ce qui lui restait de chemise flottant en haillons autour d’épaules souillées de terre, privées de cape. Il entrouvrit les lèvres.
— Tiffany…
— La vie.
Elle eut envie de pleurer et n’en eut pas honte. Mais les larmes refusèrent de couler sur ses joues, roulant plutôt sur celles de Ludovic.
— Tiffany…
Elle avait du mal à respirer. Ou plutôt, elle ne respirait pas. Était-ce cette absence, la douleur au creux de sa poitrine ? Ses genoux ployèrent sous elle.
Sans transition, Ludovic se retrouva à genoux devant elle, les mains pressées entre ses seins. Il ne faisait rien, sauf que Tiffany avait l’impression que ses doigts la touchaient de l’intérieur en formant un étau autour de son cœur. Elle sentit ses yeux rouler dans leurs orbites.
Quand son regard redevint fixe, c’était Anna qui la dévisageait.
Anna, dont les yeux semblaient contenir l’entièreté du ciel et les cheveux briller davantage que le soleil. Elle portait la robe qu’elle avait forcé Tiffany à essayer une fois pour mettre sa beauté en valeur. Le vêtement était trop petit pour elle, mais elle souriait sans paraître le remarquer.
— Hé, Tif.
Cette fois, les larmes coulèrent bel et bien sur ses joues. Anna lui prit une main et la posa sur sa poitrine ferme. Aucun cœur n’y battait.
— Je ne peux pas, dit-elle doucement, gentiment.
Tiffany hocha la tête, la gorge serrée et la vision trouble.
— Mais toi tu peux, poursuivit Anna. Et je t’aime. Vis. Vis pour moi, vis pour nous !
— Je…
Tiffany hésita. « Je ne veux pas ? Je ne veux plus ? Je voudrais tant, enfin, vivre dans un rêve après ces années de cauchemars ? »
Anna déposa un baiser au creux de son poignet, l’abandonnant à ses pensées. Quand elle releva la tête, c’était le Fou noir / Linux qui regardait Tiffany.
Puis, ce fut seulement Linux.
— Vis ! cria-t-il.
Une douleur sourde traversa la poitrine de Tiffany. Le visage masculin disparut, remplacé par celui d’Anna.
— Vis ! cria-t-elle.
Puis celui de Linux revint.
— Vis !
Tiffany arqua le dos, battant des bras, cherchant quelque chose à quoi s’accrocher. Le visage de Linux partit en l...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Page de titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Prologue: La disparition
  6. Chapitre I: Le fou noir
  7. Chapitre II: Lord Linux
  8. Chapitre III: Paradoxes
  9. Chapitre IV: Deux vérités
  10. Chapitre V: Un autre monde
  11. Chapitre VI: Luskraft et Misnor
  12. Chapitre VII: Les secrets d’Oxana
  13. Chapitre VIII: Mécanique
  14. Chapitre IX: Anticipation
  15. Chapitre X: Leçons
  16. Chapitre XI: À chacun sa guerre
  17. Chapitre XII: Coup après coup
  18. Chapitre XIII: L’eau sans fond
  19. Chapitre XIV: Petit miracle
  20. Chapitre XV: Tout feu tout flamme
  21. Chapitre XVI: Préparatifs
  22. Chapitre XVII: Anna
  23. Chapitre XVIII: De la foudre aux yeux
  24. Chapitre XIX: À toute vitesse
  25. Chapitre XX: Face à face
  26. Chapitre XXI: Le dernier voyage
  27. Chapitre XXII: Le pouvoir
  28. Épilogue: Lady Tiffany
  29. Remerciements