Abi gezunt! Du moment que tu as la santé !
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Mémoires d'un enfant juif polonais

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Mémoires d'un enfant juif polonais

À propos de ce livre

""Petit tu es, petit tu resteras", a dit Mengele, le médecin d'Auschwitz en m'envoyant à la chambre à gaz. J'étais effectivement petit lorsque ces évènements se sont produits. J'avais 10 ans lorsque je suis entré dans le ghetto de Lodz. J'ai eu 15 ans au moment des marches de la mort, à la sortie du camp. J'étais vieux avant l'âge. Je me suis rattrapé depuis et j'ai l'éternité devant moi". Témoin et acteur d'une histoire sans précédent, Léon s'est promis d'être le meilleur.Arrivé en France en juin 1945 par l'intermédiaire de l'OEuvre de Secours aux Enfants (OSE), il devient cinq ans plus tard, champion de France de poids et haltères, "pour que plus personne ne lui marche sur les pieds". Apprenti en sertissage, il reçoit, en 1978, le diplôme de Meilleur Ouvrier de France des mains de Valéry Giscard d'Estaing, à la Sorbonne. Ce qui lui ouvre les portes de la grande joaillerie."Bénies soient les mains qui se font elles-mêmes", lui avait répété sa mère, Lola, morte dans les chambres à gaz de Birkenau, à qui il dédie ce texte.

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Informations

Année
2022
ISBN de l'eBook
9782304052701
Imprimer l'ISBN
9782304052695

L’OSE et les enfants de Buchenwald

L’histoire de l’OSE
L’histoire de l’OSE, Œuvre de Secours aux Enfants, commence selon les mots de Vivette Samuel31, par « il était une fois en Russie en 1912 » et n’est pas terminée aujourd’hui. C’était encore le temps des pogroms. Des étudiants et de jeunes médecins décident d’aider les populations juives défavorisées par le biais d’interventions sanitaires et sociales. Le titre en russe, Obshtshestvo Zdravookraney Evrei, peut se traduire par “Société pour la protection sanitaire des populations juives.” L’OZE essaime de Russie en Lituanie puis en Pologne. En 1923, après la dissolution des organisations juives de la Russie bolchevique, la direction centrale s’installe à Berlin, et fonde l’Union-OSE, sous la présidence d’Albert Einstein avec comme secrétaire général Lazare Gurvic, prolongeant l’action sanitaire et sociale en direction des immigrés d’Europe centrale. Ce réseau international prend tout son sens avec la montée du nazisme. En 1933, l’Union-OSE s’installe à Paris, avec un bureau à Genève.
Logo de l’OZE, 1912.
Le sauvetage des enfants : une action dictée par la nécessité
En France, l’OSE choisit de garder les initiales de son nom russe et devient l’Œuvre de Secours aux Enfants. L’organisation s’implante dans les quartiers juifs de la capitale où réside la grande masse des réfugiés. Avec la montée du nazisme, ses interventions concernent l’aide aux enfants juifs d’Allemagne puis d’Autriche, pour qui sont installées les premières maisons, à Montmorency et dans les environs, sous la direction d’Ernst Papanek. L’OSE est donc, avant la guerre, la seule œuvre qui ait déjà une expérience des maisons d’enfants et un personnel initié au travail social.
Avec l’armistice et l’occupation, l’urgence n’est pas la même d’une zone à l’autre. Après l’évacuation des enfants dont elle a la charge dans les châteaux de la Creuse et de la Haute-Vienne, une partie de la direction de l’OSE se replie en zone Sud, à Vichy, puis à Montpellier, tandis que quelques membres décident de rester à Paris.
Au sud, le sauvetage a pour pivot les maisons d’enfants, dont les effectifs ne cessent de grossir au fur et à mesure que l’objectif de sortir tous les enfants des camps d’internement de Gurs et de Rivesaltes se réalise. Grâce au travail de jeunes internées volontaires32, coordonné par Andrée Salomon, plus d’un millier d’enfants dont une centaine d’adolescents particulièrement menacés, sont sauvés de la déportation.
Les 14 maisons d’enfants dirigées directement par l’OSE sont des havres de paix, où malgré d’innombrables difficultés de ravitaillement et d’intendance, les enfants sont suivis avec un véritable projet pédagogique différent pour chacune d’elles. Mais, les rafles de zone Sud les transforment en souricières.
Dans le cadre des arrestations des Juifs étrangers33, négociées à Paris et plus connues sous le nom « d’accords Oberg-Bousquet », les gendarmes français viennent chercher les adolescents de plus de quinze ans dans les maisons du Masgelier, de Chabannes et par deux fois dans celle de Montintin. Certains sont ramenés menottes au poignet au camp de Rivesaltes d’où ils avaient été légalement sortis et ce au titre du regroupement familial décidé par Pierre Laval34.
Le circuit Garel
Après la nuit de Vénissieux35, Joseph Weill demande à Georges Garel, un ingénieur juif français lié au réseau Combat, d’organiser un circuit clandestin permettant la fermeture progressive des maisons. Cela prendra plus d’un an.
Son service, totalement cloisonné, n’a plus de lien avec la structure. Les enfants sont dispersés dans la France profonde sous une fausse identité. Un personnel non juif assure leurs déplacements, bientôt rejoint par des assistantes sociales juives dites « aryanisées »36. Pour lancer son réseau, il reçoit l’appui de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse et de Mgr Théas, évêque de Montauban qui lui ouvrent les portes des couvents de la région.
En 1943, le réseau est divisé en 4 régions complètement autonomes37. En amont, le travail de dispersion des enfants hors des maisons est assuré par tout un réseau d’assistantes sociales, dirigé par Andrée Salomon38.
Des assistantes sociales contactent les mairies et les différentes administrations pour avoir des tampons, transportent les enfants dans leurs nouvelles cachettes ; d’autres sont responsables de leur suivi, sillonnant la France à bicyclette, pour leur rendre visite et payer les nourrices. Elles sont à peine plus âgées qu’eux, et beaucoup ont bravé toutes les embûches, tous les contrôles d’identité pour les cacher et les sauver.
Il faut également penser à l’avenir. Des listes codées, comprenant tous les noms des enfants cachés, sont expédiées clandestinement au service central de l’OSE à Genève, pour pouvoir continuer le sauvetage, en cas de découverte du réseau, et retrouver les enfants à la Libération.
L’implantation des activités de l’OSE a suivi la géographie de la traque des Juifs. Une relative liberté en zone Sud jusqu’en novembre 1942, explique l’envergure de son action ; le centre de la France étant pour un temps plus accueillant et plus ...

Table des matières

  1. Avant-propos
  2. Introduction
  3. L’amour d’une mère
  4. Le chemin de la guerre
  5. La survie en famille
  6. L’enfer de Birkenau, jouer sa vie
  7. Buchenwald, un hôtel 4 étoiles
  8. L’OSE et les enfants de Buchenwald
  9. Ecouis et Teddy
  10. L’hôtel Lutetia, à la rencontre de la joaillerie
  11. Les maisons de l’OSE, seul parmi les autres
  12. Ma revanche sur la vie, être le plus fort
  13. Un diamant sur la neige, la réussite
  14. Le bonheur de vivre
  15. Conclusion