Il faut que je vous que dise
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Il faut que je vous que dise

Mémoires

  1. 736 pages
  2. French
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Il faut que je vous que dise

Mémoires

À propos de ce livre

« En chacun de nous il y a plusieurs vies. Me raconter, c'est aussi retracer l'histoire d'une génération, témoigner de ce que j'ai vu, des événements, des hommes et des femmes. Je veux faire ici le récit de mes joies, de mes espoirs, des attentes, des bonheurs, des frustrations, des échecs et des douleurs immenses. Puis il y a eu mes premiers combats, ma rencontre avec François Mitterrand, les campagnes, le coup d'État du 13 mai 1958, la longue route que nous avons suivie jusqu'à la victoire du 10 mai 1981 et à la présidence de l'Assemblée nationale, mes fonctions gouvernementales. » L. M. De François Mitterrand à François Hollande, une histoire où le récit d'un engagement politique se conjugue au talent très personnel d'un écrivain. Louis Mermaz, agrégé d'histoire, enseignant, a été secrétaire général adjoint de l'UDSR (Union démocratique et socialiste de la Résistance) que présidait François Mitterrand. Il a fondé à ses côtés après 1958 la Convention des institutions républicaines et est devenu à partir de 1971 l'un des dirigeants du Parti socialiste. Député de l'Isère, maire de Vienne et président du conseil général, il a présidé l'Assemblée nationale de 1981 à 1986, puis son groupe de 1988 à 1990. Il a occupé diverses fonctions ministérielles, l'Équipement, les Transports, l'Agriculture (1990 à 1992) et, porte-parole du gouvernement, a été chargé des relations avec le Parlement. Il a été sénateur de 2001 à 2011, se consacrant à la défense des droits de l'homme et se battant pour une politique de l'immigration conforme à la tradition française. 

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2013
ISBN de l'eBook
9782738175557
Imprimer l'ISBN
9782738129949
Chapitre XL
En attendant Godot

Je suis reparti le lundi matin pour l’Isère, où j’allais participer à toutes les assemblées au cours desquelles on débattrait des trois motions qui seraient présentées au congrès du Bourget. Bernard Soulage, fidèle soutien de Michel Rocard, se montra très actif, alors que Didier Migaud, devenu son allié pour un temps, expliquait que si je n’avais pas rejoint la motion de la majorité, c’était parce qu’on ne m’avait rien proposé, alors qu’il savait que dès le début j’avais décidé de m’y opposer. L’argument, pour spécieux qu’il fût, risquait d’être ravageur, car il flattait cette propension à penser que l’homme politique veille d’abord à se servir.
Je me rendis aussi dans plusieurs fédérations dont le fichier des adhérents était aussi inaccessible que celui de la rue de Solférino. Elles étaient censées lancer elles-mêmes les invitations, ce qu’elles ne faisaient qu’au compte-gouttes, si bien que je dus me borner à des rencontres avec quelques militants et avec la presse régionale. Je commençai ma tournée par Lille. Je fus reçu le matin par le premier secrétaire Bernard Roman qui avait prévu du café et des croissants comme lors de ma première visite où j’étais venu défendre à la veille du congrès de Rennes la contribution Débattre pour rassembler. Les invitations étaient arrivées comme par hasard le lendemain, si bien que le gardien n’ayant pas été averti de ma présence faillit m’enfermer au siège de la fédération le soir à la fin de son service. C’est pourquoi cette fois-ci je me contentai de tenir une conférence de presse à laquelle les quotidiens régionaux consacrèrent quelques lignes. Le lendemain, Le Progrès, Le Dauphiné libéré, FR3 et les radios me réservèrent un meilleur sort au Club de la presse de Lyon, même si je n’étais entouré que de quelques responsables et de peu d’élus. Le 7 octobre, je récidivai à Montpellier en donnant une conférence de presse à l’Antigone. Je retrouvai à cette occasion l’ancien député socialiste de Sète Jean Lacombe et le conseiller général Guy Couderc, que j’avais connu à Alençon quand il était inspecteur du travail. Il me confirma les pratiques de la fédération entièrement sous la coupe de Georges Frêche qui s’apprêtait à « le tuer » à l’occasion de la désignation des candidats aux prochaines cantonales. J’évoluai dans le même désert en Gironde. Je fus reçu très aimablement par le président du conseil général Philippe Madrelle, qui soutenait Laurent Fabius, mais, là aussi, je passai quelques heures dans la seule compagnie d’un petit groupe de militants entraînés par un jeune agent de la SNCF, Philippe Dorthe, qui essayait de percer la chape de plomb de la fédération et qui parvint à force d’énergie à décrocher un siège de conseiller général. Pénétrer dans la fédération des Bouches-du-Rhône, officiellement la troisième de France, relevait des travaux d’Hercule. Je m’y aventurai le samedi 9 octobre. Arrivé tôt le matin sur le Vieux-Port, je pris un café avec un des rares représentants de ma motion, avant de gagner les Arcenaulx tout proches, où j’avais prévu de tenir une conférence de presse et où je rencontrai un ancien militant du CERES qui me dit que j’aurais les cinq voix de sa section. Je fus accueilli par Jeanne Laffitte, membre du conseil municipal de Robert Vigouroux. Elle était la propriétaire des lieux qui abritaient un restaurant, des salles de réunion et une librairie. Elle me confia qu’elle avait parfois reçu la visite de François Mitterrand en quête de livres rares, avant de m’offrir un ouvrage sur Vienne écrit en 1906 par François Charles-Roux, le père d’Edmonde. Le président des élus socialistes du conseil municipal venu à ma rencontre me parla du chômage – 30 % de la population active, 50 % dans les quartiers déshérités, avec une montée de la délinquance chez les jeunes. Mon point de presse se déroula en présence d’un seul journaliste, celui de La Marseillaise, le quotidien communiste. La fédération avait « oublié » d’inviter Le Provençal. Je déjeunai ensuite sur place avec quelques camarades. Nous vîmes arriver au moment du café Michel Pezet et René Olmeta, l’adjoint aux sports qui m’annonça que dans sa section, les résultats avaient donné 21 voix à la motion présentée par la quasi-totalité des courants et 5 à la mienne. Michel Pezet s’empressa de faire remarquer que les résultats seraient encore totalisés par mandats : « Tu sais bien qu’ici on ne fait jamais comme ailleurs. » J’avais croisé dans la matinée un permanent de la fédération qui m’avait dit que dans Marseille intra-muros, 850 adhérents seulement avaient repris leur carte en 1993, mais qu’on en faisait voter 4 000.
Un crochet par Orly, et j’arrivai le soir à Brest à 21 h 15, où Kofi Yamgnane et l’un de ses amis m’attendaient. Il était près de 22 h 30, quand Kofi me fit rencontrer à Saint-Coulitz ses conseillers municipaux. Je remarquai dans la nuit un très beau calvaire breton. Après avoir profité de son hospitalité, je fis un point de presse le lendemain à Quimper, puis j’allai au-devant des militants à Douarnenez, réunis au local de la section. Nous avons déjeuné à l’invitation de Bernard Poignant, maire de Quimper, dans un village voisin avec une quinzaine de militants, mais nous avons évité de parler du congrès. Bernard Poignant était depuis l’origine très engagé auprès de Michel Rocard tout en se déclarant « le plus mitterrandiste des rocardiens ». Cet agrégé d’histoire était bourré d’humour, fin psychologue et fin politique. Un repas pris en sa compagnie ne pouvait qu’être un moment de détente très agréable. Je terminai la journée au siège de la fédération à Brest où en dehors du premier secrétaire, un rocardien bon teint, je me trouvai en présence de militants fort âgés.
Le 13 octobre, alors que je m’apprêtais une fois de plus à aller déjeuner chez Roland Dumas, je fus prévenu au dernier moment que le Président m’invitait. Pendant que Jean Poperen et Anne Lauvergeon arrivaient à leur tour dans les appartements privés, il s’inquiétait du score de ma motion : « Un rapport des renseignements généraux m’indique qu’à la différence de Poperen, vous atteindriez difficilement les 5 %. Il est vrai que ce n’est qu’un rapport de police. » Je le rassurai, tout en lui rappelant la difficulté de l’entreprise. Je lui dis à ce propos ce que j’avais appris du fonctionnement de la fédération des Bouches-du-Rhône. « Il faut le dire », répliqua-t-il, comme s’il l’ignorait. Hélas ! Ce n’était pas le seul cas. Comme il se plaignait à nouveau de Rocard, je hasardai cette fois-ci :
– Je vois que vous n’êtes toujours pas rocardien.
– Non, ce n’est pas de l’animosité, mais…
Nous avons surtout parlé du projet de révision de la Constitution adopté le matin même en Conseil des ministres et dont le bureau du Parti socialiste aurait à débattre le soir : « J’ai obtenu du Premier ministre que le droit d’asile soit sauvegardé, nous dit le Président. Rien n’est changé au préambule de la Constitution. La France se réserve le droit de réexaminer les demandes rejetées par d’autres États ayant signé la Convention de Schengen. Cela sera explicitement inscrit dans la Constitution au chapitre des traités internationaux. » Après le déjeuner, il me fit remettre par Anne Lauvergeon le projet de révision initial, tel que proposé par Édouard Balladur et celui rectifié à sa demande. J’intervins au bureau exécutif pour que notre délibération tînt compte de ce que je venais d’apprendre sur le droit d’asile, mais je me prononçai comme mes camarades contre la révision de la Constitution que nous considérions dangereuse du fait des intentions de la majorité.
Nous étions maintenant à la veille du congrès. Les votes sur les motions se poursuivaient dans les fédérations. On vota à Vienne à la salle des fêtes à partir de 18 h 30 le vendredi 15 octobre. Les résultats donnèrent 199 voix à ma motion, 4 à celle de Poperen et 7 à celle de Michel Rocard. Chevènement avait vu juste il y a quelques années en rappelant la formule Cujus regio, ejus religio. Comme au temps des guerres de religion, Telle souveraineté, telle religion. Le congrès fédéral se tint le lendemain à Tullins. La commission de vérification des mandats commença par constater que la rentrée des cotisations s’était accélérée au cours du dernier mois. Mille sept cents camarades étaient à jour, contre 1 200 seulement au début d’octobre. Au final ma motion était devancée de 148 voix par celle de Michel Rocard, Refonder, sur laquelle la plupart des autres sensibilités s’étaient regroupées. Notre courant demeurait le plus fort, mais face à cette coalition, nous allions perdre la direction de la fédération. Le Dauphiné titra le lendemain en première page : « L’Isère échappe à Mermaz », même si le signataire de l’article Philippe Gonnet notait que seul je faisais un meilleur score qu’au précédent congrès.
Le 21 octobre j’assistai à l’Élysée à une remise de décorations. Parmi les récipiendaires, Charles Santoni, le directeur du Petit Bastiais, que le Président appela en lui remettant la Légion d’honneur « Santini », Marceau Long, le vice-président du Conseil d’État, qui fut président d’Air France (« C’est peut-être ce qu’il vaut mieux rappeler aujourd’hui », lui dit François Mitterrand), mon ancien professeur de philosophie Jean-Toussaint Desanti, Pierre Bergé. Le Président que Roland Dumas et moi-même étions allés saluer au moment où les invités s’approchaient du buffet, feignit de nous demander : « Dois-je envoyer un message au congrès ? » Comme j’avais répondu oui, il fit : « Le problème n’est pas là. C’est que dire ? » Ce soir-là, nous sommes convenus Dumas et moi que nous ne voterions pas la résolution finale et que nous nous abstiendrions lors de l’élection du premier secrétaire.
Le matin du vendredi 22 octobre, j’arrivai en retard au Bourget, car des agents d’Air France en grève bloquaient l’autoroute du Nord. Michel Rocard était en train de prononcer le discours introductif. L’après-midi fut consacré aux réunions des commissions. Roland Dumas avait tout de même été choisi pour présider celle sur l’Europe et l’international. Après le dîner, les signataires des trois motions et leurs amis se réunirent séparément pour établir les listes de leurs candidats au conseil national. La motion des grands courants avait recueilli un peu plus de 82 % des votes, celle de Poperen 11 % et la nôtre 6,6 %. La journée du samedi fut celle des discours. Je réclamais une véritable mise en perspective de notre action : ne nous contentons pas d’égrener les mesures à prendre, mais fixons aussi un horizon à notre pays. D’autre part, si nous avons beaucoup fait pour relancer l’activité lorsque nous gouvernions, il est temps maintenant de nous préoccuper également du pouvoir d’achat. J’annonçai enfin que nous ne ferions pas la synthèse avec les autres courants et que nous resterions extrêmement vigilants sur les orientations du parti tout en défendant son unité. Jean-Paul Huchon me succéda. Il s’en prit aux « phrases assassines de Roland Dumas, de Louis Mermaz, de Jean Poperen » : « Y a-t-il eu sous le gouvernement de Michel Rocard des ministres heureux et des ministres malheureux ? » Ce ton polémique passa mal et la salle le conspua. Michel Rocard fut élu avec 75 % des voix, tandis que les amis de Jean Poperen ne participaient pas au vote et que les miens s’abstenaient. Il annonça alors qu’il conduirait la liste socialiste aux prochaines élections européennes. Il y mettait une condition : qu’elle compte 50 % de femmes…
Rentré à Vienne dès le lundi, j’écoutai le soir François Mitterrand, invité de L’Heure de vérité. Il esquivait avec un art consommé les questions de personnes. Après avoir reconnu à Balladur la qualité d’honnête homme et à Chirac celle de travailleur avec en plus le sens du service public, il décochait cependant ce trait à Michel Rocard en faisant observer qu’« il était jadis sur une autre ligne politique que moi », comme si depuis le congrès du Bourget il s’était résigné à rentrer dans le rang. Les derniers jours d’octobre furent consacrés à d’ultimes négociations pour la mise en place de la nouvelle direction de la fédération de l’Isère. Didier Migaud et Bernard Soulage se mirent d’accord pour présenter la candidature de l’ancien député Yves Pillet, maire de Pont-en-Royans, au poste de premier secrétaire. Migaud lui trouvait un avantage : il n’était pas rocardien, Soulage pensait qu’il était très proche de lui. Je n’avais pas réussi à décider André Vallini à être candidat, bien que j’eusse rempli la condition qu’il m’avait fixée, être désigné au conseil national, nouvelle dénomination du comité directeur depuis le congrès de Bordeaux en juillet 1992.
Deux jours plus tard, j’assistai à la première réunion du conseil au troisième sous-sol de l’Assemblée. Je pris place avec mes amis à la gauche de la tribune. Les travées centrales étaient occupées par les membres de la motion Refonder. Un membre de la nouvelle direction donna lecture de la composition du bureau. Sur cinquante-quatre sièges, notre motion en obtenait trois. Michel Rocard fit une brève intervention. Il précisa ses positions sur le partage du temps de travail, qui ne devrait pas se traduire par une diminution de salaire pour ceux qui gagnaient moins de 120 000 francs par mois. Il fit connaître ensuite les noms des nouveaux secrétaires nationaux. Les jospinistes se taillaient la part du lion avec la gestion des fédérations, l’administration, la trésorerie et le poste de porte-parole. Lionel Jospin était « chargé de mission » auprès du premier secrétaire pour préparer des « Assises de la transformation sociale ». Les fabiusiens par contre étaient marginalisés, n’obtenant que le secrétariat aux élections.
Prenant la parole aussitôt après Michel Rocard, je rappelai une nouvelle fois que notre rôle n’était pas d’améliorer à la marge certains projets du gouvernement, mais d’y opposer les nôtres : « Ne nous laissons pas paralyser sous prétexte que nous n’avons pas fait telle ou telle réforme ou que nous craindrions de ne pas les réaliser toutes à l’avenir. Tranchons avec la politique de Balladur. Ayons conscience que le partage du temps de travail se traduira dans les circonstances actuelles par une extension du chômage partiel. Ne soyons pas complaisants sur le Gatt. Continuons de nous opposer à l’unilatéralisme des États-Unis. »
Le dîner du dimanche 21 novembre rue de Bièvre fut bien sûr l’occasion de revenir sur les dernières péripéties socialistes. Étaient présents Danielle, Jean-Christophe, Christine Gouze-Rénal, Roger Hanin, Louis Mexandeau et moi-même. Le Président s’enquit avant que nous passions à table de ma situation en Isère et me taquina : « Alors, Migaud, comme ça, est contre vous ? » Puis il déplora la mollesse des réactions du parti sur la plupart des sujets d’actualité, mais aussi sur la demande de levée de l’immunité parlementaire de Tapie, mis en cause pour abus de biens sociaux dans une affaire qui l’opposait à un associé, également député. Seuls mes amis et moi-même ainsi que les poperénistes nous étions prononcés contre au bureau du parti où les autres s’étaient bornés à recommander au groupe un simple refus de vote. Il me conseilla de garder de bonnes relations avec les fabiusiens et certains jospinistes. « Glavany s’est d’abord vu contester le poste de porte-parole que les rocardiens voulaient s’attribuer, remarqua Louis Mexandeau, Emmanuelli ne doit pas se sentir très bien lui non plus là où il est. Ils lui ont refusé le secrétariat aux entreprises. »
François Mitterrand aborda alors la question des présidentielles et nous dit pour la première fois : « Delors a laissé passer l’occasion. Rocard veut à tout prix être candidat. Il a 63 ans. C’est comme pour Chirac. C’est maintenant ou jamais. Quant au Parti socialiste, il va remonter par un effet mécanique. »
Comme je faisais observer que Balladur vivait dans l’attente du moment où Chirac déciderait de l’abattre, il reprit : « À la mi-1994 il va bien falloir qu’ils se déterminent. Si c’est Chirac, Monory pourrait se présenter. C’est un grand élu, président du Sénat. Barre peut y songer, Giscard n’ira pas, quand il aura le nez sur la défaite. Il y aura vingt et un ans qu’il a été élu. »
Roger Hanin dit imprudemment :
– Et puis Monory peut être président par intérim.
– Mais non, objecta avec vivacité Danielle Mitterrand. À moins qu’il arrive un accident à François.
– Oui, répliqua ce dernier. En cas d’accident, il serait dans la place, avec l’envie d’y rester.
La conversation bifurqua alors sur Jack Lang et ses comptes de campagne au lendemain des législatives : « Il téléphone tous les jours, dit Mitterrand. On n’y peut rien. Est-ce que le Conseil constitutionnel pardonnera s’il y a eu dépassement ? Vraiment on n’y peut rien ! » Le Conseil ne « pardonna » rien et le démit de son mandat au début de l’année suivante.
Puis comme souvent, lâchant la politique, il évoqua à la suite d’une lecture le procès des templiers à Vienne : « Ça a été atroce. Clément V, le premier pape d’Avignon, était aux ordres de Philippe le Bel. Ça a été affreux. Il y a eu des tortures. »
Ce soir-là, François Mitterrand dit quelques mots de sa santé : « J’ai eu ces jours-ci très mal au dos. » Et tourné vers Annie : « Avec la crainte d’être paralysé. Je fais face à mes obligation...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Citation
  6. Sommaire
  7. Chapitre premier - Le « père des enfants » 1931-1939
  8. Chapitre II - Juin 1940-août 1944
  9. Chapitre III - La France libérée
  10. Chapitre IV - Chroniqueur au Réveil normand
  11. Chapitre V - De nouveaux horizons
  12. Chapitre VI - Un été en Algérie (1952)
  13. Chapitre VII - La Sorbonne (1953-1954)
  14. Chapitre VIII - D’une guerre à l’autre (1954)
  15. Chapitre IX - Le nid de guêpes de L’Aigle (1955)
  16. Chapitre X - L’honneur des républicains
  17. Chapitre XI - L’indépendance de l’Algérie
  18. Chapitre XII - L’an I de la Convention des institutions républicaines (1963)
  19. Chapitre XIII - Annie
  20. Chapitre XIV - François Mitterrand candidat à la présidence de la République
  21. Chapitre XV - Député de l’Isère
  22. Chapitre XVI - La chute et le rebond (1968-1971)
  23. Chapitre XVII - L’unité des socialistes (1971-1974)
  24. Chapitre XVIII - Du haut de la tour Montparnasse
  25. Chapitre XIX - La présidence du conseil général de l’Isère
  26. Chapitre XX - Le 10 mai 1981
  27. Chapitre XXI - La présidence de l’Assemblée nationale (1981-1986)
  28. Chapitre XXII - D’un continent à l’autre
  29. Chapitre XXIII - Fabius Premier ministre (1984-1986)
  30. Chapitre XXIV - La statue du commandeur (1986-1988)
  31. Chapitre XXV - « Le tour de Michel Rocard » (1988)
  32. Chapitre XXVI - L’échouage des socialistes à Rennes (1990)
  33. Chapitre XXVII - « L’agriculture, vraiment ? »
  34. Chapitre XXVIII - Cabourg : la mort de Frédéric
  35. Chapitre XXIX - Avocat des agriculteurs (1991-1992)
  36. Chapitre XXX - L’agriculture à l’heure de Maastricht
  37. Chapitre XXXI - Fabius hissé à la tête du PS
  38. Chapitre XXXII - Pierre Bérégovoy à la peine
  39. Chapitre XXXIII - Défense et illustration de l’agriculture
  40. Chapitre XXXIV - Une victoire à l’arraché
  41. Chapitre XXXV - L’art de manier la langue de bois
  42. Chapitre XXXVI - À l’heure des soldes
  43. Chapitre XXXVII - Fin de partie
  44. Chapitre XXXVIII - Le testament de François Mitterrand
  45. Chapitre XXXIX - « Vous reviendrez ? – À Venise ? Sûrement ! »
  46. Chapitre XL - En attendant Godot
  47. Chapitre XLI - Delors ? Jospin ! (1995)
  48. Chapitre XLII - La rencontre de Plénée-Jugon
  49. Chapitre XLIII - La mort de François Mitterrand (8 janvier 1996)
  50. Chapitre XLIV - Les certitudes d’Alain Juppé (1995-1997)
  51. Chapitre XLV - Lionel Jospin Premier ministre (1997-2001)
  52. Chapitre XLVI - La chute de Vienne (2001)
  53. Chapitre XLVII - Candidat aux élections sénatoriales (septembre 2001)
  54. Chapitre XLVIII - Le dernier combat (avril-mai 2002)
  55. Chapitre XLIX - Quand Sarkozy perçait sous Sarkozy
  56. Chapitre L - C’était avant…
  57. Chapitre LI - La mort de Pierre (27 août 2003)
  58. Chapitre LII - Faire face
  59. Chapitre LIII - L’Europe en suspens
  60. Chapitre LIV - Ségolène (2007)
  61. Chapitre LV - Le bal des fantasmes
  62. Chapitre LVI - Reims sans le sourire de l’ange (novembre 2008)
  63. Chapitre LVII - François Hollande, président (2012)
  64. Épilogue
  65. Crédits photographiques
  66. Cahier photos
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