
- 192 pages
- French
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eBook - ePub
À propos de ce livre
Pour apprendre à jouer au golf et améliorer son jeu, il faut que le golfeur sache ce que jouer au golf signifie vraiment pour lui. Quand on maîtrise la technique, la différence relève du mental. Ce livre aborde les fondamentaux de la psychologie du sport en général, du joueur de golf et du gagneur en particulier. D'où vient le plaisir qu'on peut prendre à ce jeu ? Comment les motivations du joueur agissent-elles sur sa façon de s'entraîner ? Qu'est-ce qui influe sur ses gestes dans les moments difficiles d'un parcours ? Comment surmonte-t-il la peur de gagner ? Dans cet ouvrage riche en conseils aussi indispensables au débutant qu'utiles pour le joueur de golf chevronné, Willy Pasini explore tous les aspects psychologiques qui expliquent la passion de ce sport et influencent les performances. Il montre aussi tout ce qu'il peut apporter à l'équilibre personnel global. Willy Pasini est psychiatre, sexologue, psycho-thérapeute et golfeur émérite. Il est l'auteur de nombreux ouvrages qui sont de très grands succès, parmi lesquels À quoi sert le couple ?, La Force du désir et, plus récemment, Les Armes de la séduction.
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Informations
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9782738128058
CHAPITRE 1
Le jeu intérieur
Comme dans toute activité humaine, un ensemble de facteurs entrent en jeu pour déterminer le résultat optimal. Dans la pratique sportive, on prend en considération des aptitudes physiques de base, différentes d’un individu à l’autre. En athlétisme, le choix de la course rapide, du demi-fond ou du lancé dépendra de la taille et du poids du sujet, mais aussi de certaines caractéristiques plus fines telles que la rapidité des réflexes et de son métabolisme, à recharge lente ou rapide. Au-delà des facteurs constitutionnels, il faut considérer les éléments sociologiques, car certaines cultures renforcent la pratique sportive, chez les jeunes, au collège et à l’université (culture anglo-saxonne). Dans des pays à orientation politique différente, le sport devient aussi un moyen de montrer la valeur d’un régime. Les succès des boxeurs de Cuba dépassent la dimension purement sportive.
Interviennent ensuite les compétences techniques qui permettent de réaliser les prestations optimales avec le moindre effort. Certains sports font plus appel à des dons naturels qu’à des capacités techniques (par exemple, la course de demi-fond). D’autres disciplines, parmi lesquelles certainement le golf, exigent, en revanche, une technique sophistiquée. Si l’on veut faire une comparaison avec les jeux de cartes, le golf correspond au bridge, tant le mouvement le plus efficace, qui n’a rien de naturel, nécessite une représentation mentale particulière pour son exécution. Si vous faites taper une balle de golf à quelqu’un qui ne connaît pas ce sport, il trouvera tout à fait naturel d’utiliser le côté droit dominant, de « faucher » la balle d’en haut avec l’épaule droite, de faire un effort musculaire comme s’il s’agissait de frapper une balle de tennis ou de plage. Pour cette raison, la plupart des livres de golf mettent l’accent sur la technique nécessaire à la réalisation des coups du golf.
Reste enfin le côté psychologique qui est souvent mentionné, mais rarement exploité dans la pratique du sport. Pourtant, il existe une Société française de psychologie du sport. Elle met l’accent sur :
- 1. les motivations psychologiques à jouer ;
- 2. l’influence du psychisme sur les résultats sportifs et en particulier sur la compétition ;
- 3. les conséquences psychologiques de la pratique sportive ;
- 4. les avantages psychologiques complémentaires induits par les sports : apprentissage de la socialisation, de la maîtrise de soi, concentration dans les moments difficiles, contrôle du stress, ténacité, programmation et anticipation, etc.
Application de ces principes au golf
Nous nous limiterons aux aspects psychologiques, tout en rappelant brièvement que, dans le choix de la pratique golfique, d’autres facteurs entrent certainement en jeu. Les variables sociologiques ont contribué à la naissance du golf comme un sport d’élite, même si, ensuite (et après le tennis), il s’est progressivement popularisé, d’abord dans les milieux anglo-saxons, ensuite en Asie et actuellement en Europe.
Les facteurs constitutionnels, de même que l’âge et les caractéristiques physiques du sujet, déterminent sinon le choix du sport, du moins celui d’une technique d’exécution. Mais il serait faux d’imaginer que les limites d’un joueur sont avant tout techniques. Il suffit que le lecteur observe le comportement des membres de son club, à moins qu’il ait suffisamment d’introspection pour jeter en regard sur lui-même, et il pourra rapidement en déduire que les limites psychologiques l’emportent souvent sur les limites techniques. La personne qui réussit à faire un bois de 200 mètres au milieu du fairway, et qui ne peut le répéter que rarement, devra réfléchir sur son attitude mentale plus que sur sa technique ou sa puissance musculaire. Celui qui, à un moment donné, arrive à rentrer des longs putts à l’entraînement, mais qui les rate régulièrement pendant une compétition aura intérêt à faire attention à ses sensations musculaires et à l’interférence de la tension psychique sur certaines de ses postures dont il ne prend pas nécessairement conscience.
Le côté insaisissable du golf explique, d’une part, les réactions mentales négatives qu’il peut induire et justifie en même temps son attrait, car la contrepartie de l’effort accompli n’est jamais acquise d’avance.
Une comparaison peut être faite avec la pêche et la chasse dont les récits mirobolants provoquent le même engouement émotionnel qu’au 19e trou. Dans ces trois activités, l’objectif n’est jamais connu d’avance, on ne sait pas si le poisson va mordre, s’il sera grand ou petit, comme on ne pourra jamais anticiper à 100 % les conséquences de son comportement golfique. Cela à la différence du tennis qui présente plusieurs analogies avec le golf, mais dont il se distingue nettement, dans la mesure où un joueur de deuxième série ne perdra que rarement contre un joueur de troisième série. Les classements mondiaux du tennis restent relativement stables au cours de l’année, tandis que quelques champions de golf seulement arrivent à gagner plusieurs tournois de suite, en affichant une supériorité globale sur les autres joueurs.
Jouer avec la partie droite du cerveau
Gary Wiren a appliqué au golf un principe intéressant de la neurophysiologie moderne, celui d’une relative localisation des fonctions mentales dans le cerveau gauche et droit. Étant donné le croisement des fibres neurologiques, les fonctions analysantes et, somme toute, intellectuelles du droitier se situent surtout dans le cerveau gauche, tandis que les fonctions plus sensorielles se situent dans le cerveau droit.
Il est important que les deux parties du cerveau soient activées et acquièrent le rôle de leader au bon moment. Par exemple, lors d’une réunion professionnelle, il est utile que le cerveau gauche intervienne au moment de l’anticipation et de la programmation, alors qu’au moment crucial de la négociation, celui qui laisse parler l’intuition l’emporte souvent sur la personne qui a tout programmé tel un robot.
Prenons l’exemple de la sexualité. Les problèmes sexuels viennent souvent du fait que le cerveau gauche travaille trop, même quand il devrait oublier d’être le protagoniste et se mettre en veilleuse, en laissant au cerveau droit la capacité de vivre images et sensations du moment. Au golf, il s’agit probablement de la même chose. À l’entraînement, en préparant un parcours, il faut faire fonctionner son cerveau gauche. Celui-ci sera en mesure d’évaluer l’ensemble des compétences du sujet et les caractéristiques du parcours, afin d’optimiser les risques ; au golf, celui qui rate le moins va le plus souvent gagner. À la différence du tennis, le jeu d’attaque est rarement gagnant. En revanche, au cours de la partie, une check-list consciencieuse des mouvements à exécuter va probablement inhiber leur réalisation. En voici quelques exemples :
- – Un effort volontaire, déclenché par le cerveau gauche et visant à frapper la balle, va faire contracter en même temps les muscles agonistes et antagonistes : le résultat sera une neutralisation des deux groupes musculaires avec un mouvement plus court que si le swing était « dirigé » par le cerveau droit.
- – Les débutants qui jouent en gardant dans la poche la liste des dix choses auxquelles ils doivent penser ne feront pas beaucoup de progrès avant d’avoir décidé de mettre cette liste à la poubelle. Le fait de penser à deux choses en même temps pendant l’exécution du swing est déjà nocif, surtout si ces deux pensées s’opposent. Réfléchir à bien monter et ensuite à bien descendre le club devient dans le cerveau un message contradictoire (aller en arrière, aller en avant), aboutissant le plus souvent à un échec.
Pendant le mouvement golfique, il est souhaitable de se concentrer sur une seule priorité. On verra dans les chapitres sur l’apprentissage comment cette pensée peut être centrée sur des sensations ou des images plutôt que sur une technique d’exécution. Si nous acceptons que le mental peut conditionner l’efficacité du mouvement de golf, les résultats d’une partie et, somme toute, le plaisir inhérent à ce jeu, nous devons maintenant prendre en considération les caractéristiques psychologiques les plus importantes et leurs impacts dans la pratique du golf.
Mais avant d’entraîner le lecteur dans une réflexion autocentrée, il peut être utile de regarder autour de soi. Il faut autant que possible profiter de l’expérience des autres, autrement on devrait à chaque fois reprendre la technique golfique à ses débuts. Les jeux de balle existent depuis des siècles, nos ancêtres en ont perfectionné le mouvement et la technique et nous devons en tenir compte, en espérant pouvoir, à notre tour, y apporter de petites améliorations. Il est, de ce fait, important de faire périodiquement des lectures sur les fondements du golf, de discuter de golf avec des amis, d’assister à des compétitions, d’étudier des DVD, de regarder les bons joueurs et surtout de prendre des leçons avec un bon professeur. Non seulement cela sera enregistré par le cerveau gauche dans un ensemble et donné à analyser et éventuellement à utiliser sélectivement, mais les nouvelles acquisitions pourront aussi servir au cerveau droit.

Le cerveau golfique, d’après Gary Wiren, The New Golf Mind, New York, Simon and Schuster, 1978.
Dans la culture chrétienne, on connaît la légende de saint Christophe portant un petit enfant sur ses épaules. On peut utiliser la même image pour l’expérience golfique et nous considérer sur les épaules d’un saint Christophe allégorique, représentant nos ancêtres golfiques. Nous pouvons profiter de leurs acquisitions comme dans la vie en général nous profitons des découvertes accumulées par la civilisation depuis l’homme des cavernes. Mais, au-delà de ces caractéristiques psychopédagogiques centrées sur l’extérieur, la disponibilité à un regard intérieur sur ses propres aptitudes psychologiques pourra aider le golfeur à dépasser ses limites.

Trop de concepts alourdissent le swing. Il faut éliminer les pensées négatives.
Jouer pour gagner ou pour perdre
Nous venons de voir que l’état émotionnel peut influencer l’apprentissage et la pratique du golf. Nous devons maintenant étudier le phénomène inverse et vérifier si le golf a un impact bénéfique sur le psychisme, s’il est une forme de loisir et un moyen d’épanouissement ou si, au contraire, il se transforme en un lieu de torture et de tension.
À côté du golf de Divonne se situe un fameux casino où j’ai étudié, il y a une vingtaine d’années, la psychologie des joueurs invétérés. J’étais arrivé à la conclusion que le vrai joueur joue pour tout gagner et ne peut que tout perdre. Bien sûr, il y a les petits joueurs qui jouent épisodiquement et ceux qui misent gros, dilapidant le patrimoine hérité. Mais il y a aussi une catégorie de joueurs qui, dans leur comportement quotidien, connaissent la réalité de l’argent et sont des « gagnants » dans la gestion des affaires. Comment expliquer que ces mêmes personnes, au moment où elles accèdent au casino, puissent perdre cet esprit critique jusqu’à nier l’évidence que le casino continue à survivre aux joueurs et à financer les autres activités sportives de la région ? Elles doivent bien se dire, qu’à la longue, au casino, on finit par perdre. La conclusion de ma recherche fut que cette perception était présente et qu’elle était inconsciemment utilisée par ces joueurs dont l’envie de gagner le « gros lot » représentait une transgression excitante, et en même temps angoissante à la loi. En d’autres termes, la loi de la roulette venait apaiser et soulager un désir impossible et interdit.
On connaît bien la vie de Dostoïevski qui traversait des périodes de déchéance et de pertes au jeu, aboutissant à un sentiment d’expiation qui lui permettait de retrouver sa créativité.
En voyant certaines personnes jouer au golf, avec l’ensemble de rituels de superstitions, de raideurs musculaires paradoxales et de conduites d’échec répétitives, on se demande si le golf ne satisfait pas des tendances autopunitives de l’individu. De toute manière, la personne qui choisirait le golf pour s’affirmer de façon sûre et répétitive aurait mal choisi son sport. Elle aurait intérêt à pratiquer d’autres disciplines où elle peut au moins mesurer de manière plus précise sa force par rapport à celle de l’adversaire. Au golf, la difficulté technique et l’importante des facteurs psychiques rendent peu prévisibles des événements souvent chargés d’imprévus, même chez les très bons joueurs.
Liaison fatale
Je me souviens d’un film, sorti à la fin des années 1980, intitulé Liaison fatale (Fatal Attraction), qui raconte l’histoire d’un banal adultère transformé en drame par le comportement passionnel et pathologique de la nouvelle maîtresse du personnage principal. L’histoire pourrait se reproduire, à la différence près que la nouvelle maîtresse s’appelle golf, passion exclusive.
En psychologie, on distingue le désir du besoin. Le premier est le moteur du comportement le plus adulte, car le sujet peut activer, maîtriser ou différer son désir. Il peut le vivre dans la réalité ou l’entretenir dans l’imaginaire.
En revanche, le besoin fait partie de la vie instinctive et s’impose progressivement à l’individu comme une passion dévorante. Il est souhaitable de garder le golf dans le champ des désirs sans le transformer en besoin obsédant. Comme dit le publicitaire Daniel Robert : « Le golf est le sport d’extérieur le plus intérieur. » Il trouve ses racines dans l’inconscient, où se côtoient motivations honorables et inavouables. Nous allon...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Sommaire
- Introduction
- CHAPITRE 1 - Le jeu intérieur
- CHAPITRE 2 - Les motivations
- CHAPITRE 3 - Le symbolisme au golf
- CHAPITRE 4 - Influences du golf sur le psychisme
- CHAPITRE 5 - Aspects psychiatriques
- CHAPITRE 6 - Techniques d’aide pour le golfeur en détresse
- CHAPITRE 7 - L’enseignement psychopédagogique du golf du côté du professeur
- CHAPITRE 8 - Psychologie de l’apprentissage du côté de l’élève
- CHAPITRE 9 - Le swing et ses vicissitudes
- CHAPITRE 10 - Le petit jeu et le mental
- CHAPITRE 11 - Le putting
- CHAPITRE 12 - Principes psychologiques de l’entraînement
- CHAPITRE 13 - Aspects psychologiques sur le parcours
- CHAPITRE 14 - Le couple, le sexe et le golf
- Bibliographie
- Du même auteur chez Odile Jacob