
- 96 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Les Lois du sarkozysme
Ă propos de ce livre
Le vrai visage du sarkozysme, dévoilé par un éminent juriste, conjuguant la finesse de l'analyste et la verve du polémiste. Thomas Clay est professeur agrégé de droit privé, doyen honoraire de la faculté de droit et de science politique de l'université de Versailles vice-président de l'université et associé-gérant de Corpus Consultants.
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Informations
I
Une destruction méthodique des valeurs du pacte républicain
Historiquement, deux pĂ©riodes fĂ©condes ont construit Ă coups de grandes lois notre pacte rĂ©publicain, qui nâest ni de gauche ni de droite puisque lâon peut rattacher les premiĂšres (1905-1907) Ă Clemenceau et les secondes (1944-1946) Ă de Gaulle. Ce sont les grands acquis de ces deux pĂ©riodes qui ont Ă©tĂ© en ligne de mire et que lâon a voulu remplacer par le primat de lâindividualisme, plagiant le modĂšle anglo-saxon le plus conservateur, dâailleurs souvent mal compris.
Pour prescrire de nouvelles valeurs, encore fallait-il dâabord faire place nette et dĂ©truire celles, prĂ©existantes, qui fondent notre pacte rĂ©publicain. LâidĂ©ologie sarkozyste est donc dâabord une destruction, celle des grandes lois de la IIIe RĂ©publique et de lâaprĂšs-guerre.
En finir avec les grandes lois de la IIIe République
Les acquis de la premiĂšre pĂ©riode appartiennent au patrimoine gĂ©nĂ©tique de notre pays et ne sauraient ĂȘtre remis en cause sans soutien dĂ©mocratique clair. Les assauts quâils ont subis sont pourtant frontaux : laĂŻcitĂ©, identitĂ© nationale, sĂ©curitĂ©, fonction publique, protection des consommateurs, droits des salariĂ©s, etc., tout a Ă©tĂ© revu, modifiĂ©, bouleversĂ©. Lâinventaire est Ă©difiant.
LAĂCITĂ
« Dans la transmission des valeurs et dans lâapprentissage de la diffĂ©rence entre le bien et le mal, lâinstituteur ne pourra jamais remplacer le curĂ© ou le pasteur, mĂȘme sâil est important quâil sâen approche, parce quâil lui manquera toujours la radicalitĂ© du sacrifice de sa vie et le charisme dâun engagement portĂ© par lâespĂ©rance », a dĂ©clarĂ© lâancien prĂ©sident de la RĂ©publique Ă la basilique Saint-Jean-de-Latran de Rome le 20 dĂ©cembre 2007, aprĂšs avoir rencontrĂ© le pape BenoĂźt XVI, ajoutant mĂȘme que « les racines de la France sont essentiellement chrĂ©tiennes ». Cette allĂ©geance au religieux doit se comprendre comme une prĂ©figuration de la capitulation de la laĂŻcitĂ©. Elle est devenue une orientation politique forte, voire un des marqueurs du sarkozysme.
Une premiĂšre traduction politique de cette inflexion a Ă©tĂ© opĂ©rĂ©e avec la tentative dâouvrir aux instituts catholiques la possibilitĂ© de dĂ©livrer des diplĂŽmes, non plus seulement canoniques, mais aussi profanes. En dâautres termes, il ne suffisait plus aux instituts catholiques de remettre des diplĂŽmes propres Ă ce quâils sont, pour des Ă©tudiants qui ont choisi volontairement de ne pas entrer dans le circuit classique, il fallait quâils viennent concurrencer lâenseignement supĂ©rieur public avec les mĂȘmes diplĂŽmes â sans les mĂȘmes garanties dâailleurs. CâĂ©tait bien un affaiblissement volontaire de lâuniversitĂ© publique et laĂŻque qui Ă©tait visĂ© par cette faveur faite aux instituts catholiques. Dâautant que, dans le mĂȘme temps, la dotation budgĂ©taire publique Ă ces instituts Ă©tait sensiblement augmentĂ©e.
Des mesures de ce type ne font pas les grands titres de la presse, mais nâen constituent pas moins des bouleversements importants non seulement parce quâelles dĂ©stabilisent lâenseignement supĂ©rieur public, pourtant prĂ©sentĂ© comme une prioritĂ© du quinquennat dans un plan de communication habile, mais surtout parce quâelles portent atteinte Ă la loi du 9 dĂ©cembre 1905 « concernant la sĂ©paration des Ăglises et de lâĂtat ».
Cette agression peu perceptible contre la cĂ©lĂšbre loi de 1905 Ă©tait doublĂ©e, dans le mĂȘme temps, dâannonces permanentes sur sa refondation prĂ©sentĂ©e comme aussi nĂ©cessaire quâurgente. Toute la mĂ©thode sarkozyste est lĂ : on clame quâil faut revoir une loi fondamentale, ce qui provoque des rĂ©sistances trĂšs fortes, et finalement on renonce alors que, dans le mĂȘme temps, on sâattaque aux fondements du texte, de maniĂšre insidieuse, presque occulte â et le mal est fait.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le prĂ©sident Sarkozy avait une curieuse tendance Ă trop sâoccuper de religion, dans un sens dâailleurs opposĂ© Ă ce quâil avait Ă©crit quelques annĂ©es plus tĂŽt1. La grande force de la loi de 1905 est dâĂȘtre Ă la fois une loi de libertĂ© et une loi de « police des cultes ». Câest en cela quâelle fait partie de notre identitĂ© nationale. Et câest pourquoi on peut lâinscrire dans notre Constitution.
On ne touche pas Ă la laĂŻcitĂ© Ă la française sans soulever des protestations aussi vĂ©hĂ©mentes que massives. Le pouvoir a donc procĂ©dĂ© par petites touches, peu apparentes, pour Ă©branler lâun des piliers de la RĂ©publique. Parfois la controverse suscitĂ©e nâa comme fin que dâĂ©prouver les rĂ©sistances tout en masquant dâautres transformations, plus techniques et donc souvent moins visibles, dont la liste rĂ©vĂšle la cohĂ©rence du projet en cours.
On trouve une autre illustration de cette mĂ©thode avec le tohu-bohu organisĂ© autour du prĂ©tendu dĂ©bat sur lâidentitĂ© nationale.
IDENTITĂ NATIONALE
Qui ne se souvient de ce dĂ©bat dĂ©lĂ©tĂšre, qui liait sciemment, mais sans lâavouer, les questions dâidentitĂ©, dâimmigration et de religion, et qui Ă©tait portĂ© par le controversĂ© Ăric Besson, dont lâattribution ministĂ©rielle Ă©tait justement « lâimmigration, lâintĂ©gration et lâidentitĂ© nationale » ? Nouveau ministĂšre dont lâappellation mĂȘlait savamment lâidentitĂ© et lâimmigration, dans ce qui se voulait un oxymore.
Ce dĂ©bat a accaparĂ© pendant des semaines Ă la fin de lâannĂ©e 2009 les leaders politiques, de droite comme de gauche, et occupĂ© surtout lâespace mĂ©diatique. Lâindignation quâil a suscitĂ©e nâĂ©tait pas feinte. Lâoffensive, elle, Ă©tait factice. Le but Ă©tait ailleurs. Pour preuve, le rĂ©sultat de ce dĂ©bat qui nâa abouti quâĂ lâannonce dâĂ©riger les drapeaux devant les Ă©coles â ils y Ă©taient dĂ©jĂ â et dâafficher largement le texte de la DĂ©claration des droits de lâhomme, accessible partout. Lâessentiel nâĂ©tait pas dans le rĂ©sultat tangible de ces prĂ©conisations inutiles, mais dans la confusion engendrĂ©e : lâidentitĂ© nationale nâĂ©tait plus assurĂ©e puisquâil fallait en dĂ©battre. Or un peuple dont lâidentitĂ© est mise en question est fragilisĂ©. Il est mĂ»r pour une autre identitĂ© nationale.
SĂCURITĂ
Pendant ce temps, dâautres principes ont Ă©tĂ© mis Ă mal. Ainsi en est-il de ceux qui fondent notre sĂ©curitĂ© civile, que ce soit pour la police nationale ou pour la gendarmerie. La premiĂšre doit son existence aux dĂ©crets Clemenceau du 30 dĂ©cembre 1907 et Ă la loi dâĂ©tatisation de la police du 8 mars 1908. Le mot mĂȘme de police « nationale », avec ce quâil signifie de cohĂ©sion sociale et dâĂ©galitĂ©, avait disparu des discours officiels, au profit du renforcement des polices municipales et mĂȘme dâun mouvement de privatisation de la sĂ©curitĂ© consacrĂ© dans la loi dite « Loppsi 2 » du 14 mars 20112.
Câest la mĂȘme manipulation sĂ©mantique que lâon retrouve avec le retour de la police de proximitĂ©. On en a occultĂ© le nom, pour le remplacer par lâappellation « patrouilleur », laquelle renvoyait dâailleurs plutĂŽt Ă lâarmĂ©e.
Quant Ă la gendarmerie, câest encore une circulaire Clemenceau de 1907 qui lâavait subordonnĂ©e au pouvoir civil, ce qui nâĂ©tait pas si simple Ă lâĂ©poque. Au cĆur de lâĂ©tĂ© 2009, une loi a abrogĂ© cette circulaire vieille de plus dâun siĂšcle pour permettre un appel beaucoup plus facile et sans formalitĂ© Ă cette force militaire3. Par quoi on a transgressĂ© lâune des rĂšgles absolues sur lesquelles sâest construit lâordre public Ă la française : lâĂ©loignement de lâarmĂ©e cantonnĂ©e dans ses casernes.
Câest encore cette rĂšgle qui avait permis la montĂ©e dâune force civile professionnelle avec la loi du 27 dĂ©cembre 1947 sur les CRS. Certes, la fermeture de certaines casernes a fini par faire rĂ©agir la gendarmerie qui sâest estimĂ©e bradĂ©e. Une fois de plus le vrai changement Ă©tait ailleurs : en supprimant la rĂ©quisition Ă©crite obligatoire lorsque le prĂ©fet fait appel Ă la force de la gendarmerie, la loi du 3 aoĂ»t 2009, confondant volontairement forces civiles et militaires, a bouleversĂ© des principes majeurs sans que personne sâen aperçoive et a rompu dâun seul coup avec les deux pĂ©riodes de rĂ©fĂ©rence de notre pacte rĂ©publicain (1905-1907 et 1944-1946).
LIBERTĂ
Câest encore une grande loi de 1907 sur la libertĂ© de rĂ©union publique, principe dĂ©mocratique essentiel, qui fut insidieusement remise en cause par une sĂ©rie de lois ayant successivement criminalisĂ© les regroupements au pied des imm...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Sommaire
- Introduction
- I - Une destruction méthodique des valeurs du pacte républicain
- II - Lâinstallation mĂ©thodique des valeurs du sarkozysme
- Conclusion
- Du mĂȘme auteur