
- 256 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
À propos de ce livre
« J'ai décidé d'écrire ce livre parce que j'aime mon pays et que je suis préoccupé par son avenir. J'essaierai ici d'expliciter au mieux comment faire pour revigorer l'économie et sortir notre pays de l'endettement à long terme. Si nous ne sommes pas capables de retrouver une croissance forte, nous resterons prisonniers de la situation économique actuelle pendant des années et rien de ce que nous ferons ne parviendra à résoudre le problème de l'augmentation de la dette, quels que soient les moyens que nous utiliserons. L'Amérique, c'est avant tout une idée ; c'est l'idée selon laquelle peu importe qui vous êtes ou d'où vous venez, si vous travaillez dur et que vous respectez les règles, vous aurez la liberté et la possi-bilité de tenter de réaliser vos rêves et de laisser à vos enfants un pays où il leur sera possible de poursuivre les leurs. Nous pouvons être le premier pays en matière d'assimilation des immigrés de toutes nations, de toutes races, de toutes religions et de toutes cultures. Nous pouvons encore représenter un exemple d'égalité des chances et de responsabilités partagées et illustrer le génie de l'économie libérale tout en soulignant combien un État actif est nécessaire. Je sais que, depuis plus de deux cents ans, tous ceux qui ont parié contre les États-Unis ont perdu. Quant à moi, il me semble qu'une fois de plus, dans un monde résolument nouveau, nous saurons trouver la voie. » B. C. Des idées nouvelles et originales pour sortir l'Amérique de la crise. Des idées qui pourraient également enrichir et inspirer le débat en France. Bill Clinton a été le 42e Président des États-Unis d'Amérique de 1993 à 2001.
Foire aux questions
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Informations
Première partie
Où en sommes-nous ?
Chapitre 1
Trente ans
d’ obsession anti-étatiste
d’ obsession anti-étatiste
J’ai décidé d’écrire ce livre en 2010, après les élections de mi-mandat, non pas parce que mon parti avait subi un revers, mais en raison des enjeux de la campagne. La mauvaise situation de l’économie, les efforts considérables déployés pour empêcher que la récession se transforme en véritable dépression, les effets encore limités de la reprise, voilà qui place l’élection présidentielle sous la menace de la colère et de l’inquiétude, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour le parti au pouvoir.
Ce qui me troublait, c’était de constater que, alors que tant de gens souffraient et que tant de défis devaient être relevés, la campagne électorale n’offrait que bien peu d’occasions de débattre au fond de ce qui n’allait pas, de ce que le Président et le Congrès avaient en réalité accompli ou manqué de faire au cours des deux années précédentes, de ce que les deux partis proposaient pour 2011 et 2012, et des conséquences que cela pouvait avoir à court et à long terme. Il ne se disait pas grand-chose d’important non plus sur les problèmes plus généraux sur lesquels ces questions auraient un impact : qu’est-ce que nous proposons pour rallumer et raviver le rêve américain dans notre pays ? Comment garantir la place de leader économique, politique et dans le domaine de la sécurité qu’occupent les États-Unis dans le monde plus compétitif, plus complexe, plus fragmenté du XXIe siècle, à l’évolution de plus en plus rapide ?
Au lieu de cela, l’élection a semblé se dérouler dans un univers parallèle traversé de discours ronflants et d’attaques féroces mais souvent injustifiées, qui ont envenimé les choses sans jamais vraiment les expliquer. Pour les Républicains, le krach financier et la crise qui l’a suivi, tout comme l’incapacité des États-Unis à en sortir complètement moins de dix-huit mois après l’effondrement de l’économie ont été la conséquence de trop d’impôts, de dépenses et de réglementations publiques ; tout serait rentré dans l’ordre une fois que l’on aurait définitivement éliminé ce cancer étatiste de nos vies et de nos portefeuilles. Ils ont dépeint les membres du Congrès en exercice et le Président comme des interventionnistes ayant conduit les États-Unis au bord du gouffre et qui, si on leur laissait encore deux ans de plus, allaient les précipiter dans le vide.
Ces attaques se sont avérées électoralement très efficaces, mais elles ne sont absolument pas justifiées. Pour commencer, la crise est arrivée parce que les banques étaient bien trop engagées dans des investissements à risque, notamment dans les prêts hypothécaires à haut risque et les titres et produits dérivés issus de ces derniers, alors qu’elles disposaient de trop peu de liquidités pour couvrir leurs risques. Bear Stearns, par exemple, était engagée à hauteur de trente-cinq fois ses fonds propres lorsqu’elle a fait faillite ; traditionnellement, les banques commerciales sont engagées à hauteur de dix à douze fois leurs fonds propres, et les banques d’investissement un peu plus. En d’autres termes, la surveillance ou les limitations publiques sur cet effet de levier excessif n’étaient pas suffisantes.
Deuxièmement, la crise ne s’est pas transformée en véritable dépression parce que le gouvernement est intervenu pour sauver le système financier de l’effondrement. La Réserve fédérale a effectué des investissements massifs d’environ 1 200 milliards de dollars pour empêcher l’effondrement financier, y compris en achetant des titres et en garantissant des prêts. Le Troubled Asset Relief Program (TARP), souvent tourné en dérision, était au départ autorisé à dépenser jusqu’à 700 milliards de dollars et n’en a dépensé en fin de compte qu’un peu plus de 400 milliards. La majeure partie du financement du TARP a été remboursée ; seuls 104 milliards de dollars doivent encore être acquittés. Dans un article paru dans le Washington Post en date du 8 juillet 2011, Allan Sloan et Doris Burke estimaient que le coût final du programme TARP ne sera que de 19 milliards de dollars. Ils citaient une analyse du magazine Fortune concluant que le bénéfice de la Réserve fédérale sur ses investissements allait produire un profit net pour les contribuables de 40 à 100 milliards de dollars.
Troisièmement, selon la plupart des études économiques, ce plan de soutien ainsi que le sauvetage et la restructuration de l’industrie automobile sont parvenus à maintenir le taux de chômage de 1,5 à 2 % en dessous du niveau qu’il aurait atteint sans ces mesures. Bien entendu, ce plan d’aide n’a pas ramené l’économie à son niveau normal. Ce n’était pas son but. On ne peut pas combler un trou de plusieurs milliers de milliards de dollars dans l’économie avec 700 milliards. Ce plan était destiné à mettre un terme à la chute et à amorcer la reprise. Plus d’un tiers de cet argent a financé un gain d’environ 800 dollars par famille en diminuant l’imposition de 95 % des familles américaines dont les revenus avaient augmenté modestement ou pas du tout au cours des quelque huit années ayant précédé le krach. Nombreux étaient ceux qui avaient besoin de cet argent pour survivre. Environ 30 % de cet argent a été remis aux autorités des États et des municipalités afin d’éviter de plus importants licenciements d’enseignants, de personnels de santé, d’officiers de police et autres employés des États et des municipalités. Ce volet du plan de soutien a été efficace : lorsque le financement a cessé, la masse salariale des États et des municipalités a diminué de plus d’un demi-million de personnes.
Un tiers seulement des fonds du programme de soutien a été consacré à des projets créateurs d’emplois immédiats, comme la construction de routes, de ponts et autres infrastructures, et à d’autres incitations financières, prêts et subventions destinés à développer la fabrication de nouveaux produits respectueux de l’environnement et l’élaboration de nouvelles technologies économisant l’énergie. Par exemple, entre janvier 2009, date de l’investiture du président Obama, et les élections de mi-mandat de 2010 sont apparues sur le sol des États-Unis trente nouvelles usines de batteries déjà construites ou en voie de réalisation. Elles ont fait passer la part des États-Unis sur le marché mondial des batteries qui alimentent les véhicules hybrides ou tout électriques de 2 à 20 % en moins de deux ans. D’ici à 2014, nous aurons la capacité d’occuper 40 % du marché, si les incitations financières sont maintenues.
En d’autres termes, s’il y a eu un krach, c’est parce que l’État n’exerçait pas suffisamment de surveillance et n’imposait quasiment aucun contrôle sur les prêts à risque dépourvus de capitaux capables de les garantir ; la crise ne s’est pas transformée en dépression parce que le gouvernement a débloqué des fonds pour soutenir le système bancaire ; enfin, moins de gens ont été touchés par elle grâce au plan d’aide qui a renfloué les salaires grâce à des réductions d’impôts, sauvé des emplois publics et créé de nouveaux emplois grâce à des projets de construction d’infrastructures et des encouragements à la création d’emplois dans le secteur privé, notamment manufacturier.
Le succès des attaques des Républicains contre le gouvernement m’a doublement surpris, en raison de leur propre passif au cours des huit années précédentes. Ils ont réduit les impôts et augmenté les dépenses environ deux fois plus que je ne l’ai fait durant mes huit années au pouvoir, créant peu de nouveaux emplois, mais mettant fin à quatre ans de budgets équilibrés ou bénéficiaires et doublant la dette nationale avant même la crise financière. Bien entendu, ils votaient aussi régulièrement en faveur de l’augmentation du plafond de la dette afin de pouvoir continuer à emprunter et à dépenser, pratique à laquelle j’avais mis fin à grand-peine.
Lorsque les Démocrates ont retrouvé la majorité au Congrès en 2007, ils ont hérité d’une crise hypothécaire déjà sérieuse et d’une croissance très faible du marché de l’emploi. Au moment de l’investiture du président Obama, nous étions en récession depuis plus d’un an et le krach financier de septembre 2008 avait fait plonger le pays dans la pire crise financière jamais vue depuis la Grande Dépression, augmentant encore considérablement le déficit annuel et le total de la dette nationale. Il fallait agir à tout prix pour mettre un terme à ce déclin. Immédiatement, le mouvement anti-étatiste a fait machine arrière. Après huit années durant lesquelles ils avaient augmenté les dépenses à un rythme soutenu, les Républicains se sont opposés aux dépenses destinées à endiguer la crise proposées par le nouveau Président et par le Congrès, imputant désormais aux Démocrates l’explosion de la dette due à leur propre politique et au krach financier.
Une des choses qui me paraît les plus intéressantes, c’est la facilité avec laquelle il a été possible de convaincre tant d’Américains, y compris ceux qui comptent sur les aides publiques, de se joindre à ce concert de reproches anti-étatistes. À la télévision, on a pu voir la surprise s’afficher sur le visage d’un membre du Congrès lors d’une réunion municipale portant sur la réforme du système de santé lorsque l’un de ses administrés en colère lui a lancé qu’il ne voulait pas voir l’État « se mêler de son assurance-maladie ». En Arkansas, où l’économie agricole occupe une place importante, les agriculteurs qui avaient toujours fait pression pour obtenir des aides ont voté contre la première femme à avoir jamais présidé la Commission sénatoriale sur l’agriculture, la sénatrice Blanche Lincoln, parce qu’elle était favorable à « trop d’État ». Pour ce que j’en sais, ses principales actions en faveur d’un « État fort » ont consisté à soutenir une importante augmentation de l’aide alimentaire aux enfants défavorisés, qui concernait également les agriculteurs, à faire voter un amendement au projet de loi de réforme financière prévoyant que les produits dérivés vendus par les traders à Wall Street soient aussi transparents et financièrement sains que ceux que les agriculteurs achètent pour se prémunir contre les pertes dues à des rendements trop faibles ou à des prix trop bas et à sauver plus d’un millier d’emplois dans le secteur manufacturier en insistant pour que le gouvernement fédéral fasse appliquer les lois contre les pratiques commerciales déloyales. Elle a également voté pour le projet de loi de réforme du système de santé, dont l’analyse postélections a montré qu’il avait coûté aux Démocrates environ 6 % des voix dans les régions prorépublicaines. Elle a voté dans le bon sens, surtout pour un État comme l’Arkansas, comptant beaucoup de petites entreprises et de familles salariées qui désormais ne pourront plus se payer une assurance-maladie. Or, au moment des élections, cela semblait vouloir dire une trop forte influence de l’État.
Aujourd’hui, en 2011, les Républicains et les Démocrates au Congrès et à la Maison Blanche sont enferrés dans une bataille rangée dont l’enjeu est de savoir comment et à quelle hauteur diminuer notre déficit annuel alors que la reprise de notre économie demeure incertaine. Les Républicains prétendent qu’ils accepteront de nouveaux impôts, y compris pour les plus hauts revenus qui ont bénéficié de la quasi-totalité des augmentations de revenus de la dernière décennie (90 % sont allés aux 10 % les plus riches ; plus de 60 % aux 1 % les plus riches et plus de 20 % aux individus percevant des revenus supérieurs à 9 millions de dollars), assorties également de toute une série de réductions fiscales. Ils se sont opposés au plan de soutien notamment parce que les réductions fiscales n’allaient qu’aux 95 % les moins riches. Pendant des mois, ils ont menacé de refuser d’augmenter le plafond de la dette, ce qui permet au gouvernement d’emprunter pour payer des engagements qu’il a déjà contractés, décision qui allait encore limiter la reprise. Si nous refusions d’honorer nos obligations, la note de crédit du gouvernement allait être revue à la baisse. Les Américains devraient payer des taux d’intérêt plus élevés dans tous les domaines, sur les achats par carte de crédit et sur les emprunts destinés à financer les petites entreprises, l’achat d’un logement ou d’une voiture, ou les études universitaires. Le montant des remboursements annuels de la dette nationale américaine par le gouvernement allait également être augmenté, creusant encore un peu plus le déficit.
Pour d’obscures raisons, le Président et le Congrès démocrate n’ont pas augmenté le plafond de la dette après les élections, en novembre ou en décembre 2010, alors qu’ils avaient encore la majorité. Cela étant et sachant que le Président se devait de tout faire pour éviter un défaut de paiement, on peut dire que l’accord de dernière minute qui a été conclu au début du mois d’août 2011 entre le président de la Chambre des représentants, les deux chefs de file du Sénat et la Maison Blanche pour augmenter le plafond de la dette en échange de 2 500 milliards de dollars de coupes budgétaires sur dix ans sans nouvelles recettes aurait pu être bien pire. Il prévoit 1 000 milliards de dollars de réductions des dépenses sur la prochaine décennie, suivies par l’acceptation au début 2012 de 1 500 milliards de dollars de réductions supplémentaires, après que le Congrès aura reçu des recommandations de la part d’une commission de douze membres choisis en son sein, composée de six sénateurs et six représentants à égalité entre les partis. Les Démocrates ont obtenu que Medicare, Medicaid, la Sécurité sociale et une augmentation planifiée des prêts étudiants Pell Grants1 soient exemptés des premières séries de réductions, décision qui présente des avantages et des inconvénients. Par ailleurs, au cours de la première année, 2012, seuls 21 sur les 1 000 milliards de dollars seront supprimés, concession à la faiblesse de l’économie.
Tout le débat sur le plafond de la dette et la réduction du déficit a été une parfaite illustration du jugement de Mark Twain selon lequel il n’y aurait que deux choses à la fabrication desquelles il ne faudrait jamais assister : les saucisses et les lois. Aux yeux du reste du monde, les États-Unis ont paru faibles et désorientés, entièrement livrés aux mains des fanatiques anti-étatistes appartenant à la coalition républicaine de la Chambre des représentants, les Démocrates se montrant totalement incapables d’utiliser leur majorité au Sénat pour faire voter un programme plus vaste et plus équilibré de réductions des dépenses et de réformes fiscales parce qu’ils n’avaient pas augmenté le plafond de la dette au moment où ils en avaient eu l’opportunité et où les idéologues anti-étatistes étaient prêts à accepter un défaut de paiement de notre dette pour pouvoir avancer leurs pions. La représentante Michele Bachmann, candidate du Tea Party, avait même approuvé un défaut de paiement en le qualifiant de preuve nécessaire d’un « amour rude » (tough love).
Peu de temps après l’annonce de l’accord, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a malgré tout dégradé la note de crédit des États-Unis à long terme. Cette décision a été critiquée par de nombreuses voix, car nul ne doutait de la capacité des États-Unis à rembourser leur dette. Le pays disposait d’un actif estimé à un peu moins de 600 000 milliards de dollars. Les chroniqueurs progressistes ont condamné cette décision en la qualifiant d’hypocrite car S&P, ainsi que d’autres agences de notation, attribuait invariablement des notes élevées aux titres subprimes qui étaient bien plus risqués que les bons du Trésor américain. Certains se sont demandé si cette pratique de deux poids, deux mesures mise en œuvre par S&P tenait au fait que les agences de notation sont financées par l’industrie des titres. D’autres ont avancé que S&P s’était trompée en concluant que l’accord sur la dette était trop étroit pour pouvoir « stabiliser la dynamique de la dette publique à moyen terme », car l’agence avait surestimé le montant de la dette de 2 000 milliards de dollars.
S&P a clairement critiqué la politique de Washington, la lenteur de la reprise économique après la crise et le fait que, au cours des prochaines années, la dette de plusieurs pays riches allait représenter une part moins importante du PIB, alors que cette évolution était bien peu probable aux États-Unis, notamment parce que, cas unique parmi les pays riches, ils se sont montrés incapables de contenir efficacement les dépenses de santé. Surtout, S&P pense que la politique américaine ne fonctionne plus. Ses estimations rappellent la comparaison faite par Mark Twain entre le processus législatif et la fabrication de saucisses : dopées aux stéroïdes, mais sans l’humour.
Au cours des derniers mois, plusieurs fois avant de mener à terme cet ouvrage, j’ai commencé, puis je me suis arrêté parce que la politique n’est plus au centre de ma vie active et que je ne veux pas simplement ajouter une pierre supplémentaire dans le plateau démocrate de la balance des partis.
Si j’ai finalement décidé d’aller jusqu’au bout, c’est parce que je pense qu’il est important que tous les Américains aient une compréhension claire des faits économiques essentiels et des idées qui sous-tendent les propositions politiques actuellement débattues. Par exemple, même si je soutiens fermement un plan pluriannuel de rééquilibrage de notre budget, je pense que, si nous réduisons les dépenses publiques ou que nous augmentons considérablement l’imposition alors que l’économie est encore fragile, cela ralentira la reprise économique. Contrairement à la situation que j’ai connue en 1993, lorsque mon programme de réduction du déficit a entraîné une chute importante des taux d’intérêt et une forte augmentation des investissements privés, les taux d’intérêt d’aujourd’hui sont déjà proches de zéro. Si bien qu’une réduction significative des dépenses publiques pourrait même rapidement faire augmenter le déficit annuel, parce que les recettes fiscales pourraient diminuer au-delà même des réductions des dépenses publiques. Le problème aujourd’hui réside dans une faible demande pour de nouveaux produits, services et main-d’œuvre, faiblesse renforcée par l’énorme poids de la crise des subprimes non résolue.
Les défis que nous devons relever, qui sont déjà en soi suffis...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Dédicace
- Introduction
- Première partie - Où en sommes-nous ?
- Seconde partie - Que faire ?
- Épilogue - Le moment est venu de choisir
- Remerciements
- Crédits
- Du même auteur chez Odile Jacob