La Maladie de Parkinson
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La Maladie de Parkinson

  1. 192 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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La Maladie de Parkinson

À propos de ce livre

- Les multiples facettes de la maladie : quels en sont les signes avant-coureurs ? Les mĂ©canismes et les causes ? Quand le tremblement survient-il ? Comment Ă©volue la maladie ? Quels sont les autres troubles ? - Comment peut-on la soigner ? Quels sont les moyens thĂ©rapeutiques les plus rĂ©cents ? Que faire quand les mĂ©dicaments ne sont plus efficaces ? Qu'en est-il de la neurochirurgie ? Pourra-t-on un jour rĂ©aliser des greffes cĂ©rĂ©brales ? - La vie quotidienne du parkinsonien : quel peut ĂȘtre l'apport de la gymnastique, des massages ? Peut-on conduire sa voiture ? Poursuivre son activitĂ© professionnelle ? Quelle doit ĂȘtre l'attitude de l'entourage ? Faut-il suivre un rĂ©gime alimentaire particulier ?« Un livre passionnant sur les arcanes du cerveau, qui Ă©voque avec optimisme la perspective de nouveaux traitements. » Top SantĂ©. « Un ouvrage clair, bien Ă©crit par l'un des neurologues les plus spĂ©cialisĂ©s dans la connaissance et le traitement de cette affection. » La Revue du praticien. Pierre Pollak est professeur de neurologie au CHU de Grenoble.

Foire aux questions

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2004
Imprimer l'ISBN
9782738112545
ISBN de l'eBook
9782738187178
DeuxiĂšme partie
La place
du médecin
5
Le diagnostic
et l’évolution
de la maladie
Établir le diagnostic
S’il est relativement aisĂ© de reconnaĂźtre un syndrome parkinsonien Ă  partir des symptĂŽmes du patient et d’un examen mĂ©dical soigneux, en revanche, diagnostiquer une maladie de Parkinson peut se rĂ©vĂ©ler difficile. La maladie se prĂ©sente sous des aspects trĂšs variĂ©s, et surtout, le diagnostic ne peut ĂȘtre assurĂ© que moyennant des critĂšres stricts, Ă  savoir l’association d’une rarĂ©faction neuronale de la substance noire et de la prĂ©sence de corps de Lewy : or cette association ne peut ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e qu’en examinant le cerveau au microscope, donc aprĂšs le dĂ©cĂšs du patient
 C’est pourquoi, mĂȘme le meilleur des neurologues peut se tromper environ une fois sur dix quand il diagnostique une maladie de Parkinson du vivant du malade. Cette erreur est toutefois sans consĂ©quence pratique, puisque la maladie de Parkinson ne peut ĂȘtre confondue qu’avec d’autres syndromes parkinsoniens, liĂ©s Ă  des maladies neurologiques dĂ©gĂ©nĂ©ratives plus diffuses au sein du systĂšme nerveux central, que nous avons appelĂ©s « syndromes parkinsoniens plus ».
De quels moyens le mĂ©decin dispose-t-il pour porter le diagnostic de maladie de Parkinson ? Paradoxalement, Ă  l’ùre des tests biologiques et des investigations sophistiquĂ©es, le diagnostic reste fondĂ© sur l’expĂ©rience clinique et la qualitĂ© de jugement du mĂ©decin. InterprĂ©tation correcte des symptĂŽmes et examen mĂ©thodique et soigneux : voilĂ  les conditions d’un bon diagnostic.
Parmi la multitude des symptĂŽmes parkinsoniens que nous avons dĂ©crits, seule l’akinĂ©sie est indispensable au diagnostic de la maladie de Parkinson. Encore faut-il que cette akinĂ©sie rĂ©ponde favorablement Ă  un traitement dopaminergique. Deux autres critĂšres sont trĂšs en faveur de ce diagnostic : un tremblement typiquement parkinsonien — donc de repos —, et le caractĂšre unilatĂ©ral des symptĂŽmes, ou du moins une forte asymĂ©trie entre les deux cĂŽtĂ©s du corps. AprĂšs plusieurs annĂ©es de traitement, l’apparition des complications motrices de la L-dopa, fluctuations motrices et mouvements anormaux involontaires, confirme la maladie de Parkinson. Le mĂ©decin sera trĂšs attentif Ă  Ă©liminer toutes les autres causes de syndrome parkinsonien, notamment la prise de neuroleptiques. L’examen mĂ©dical essaiera de mettre en Ă©vidence d’autres signes qui appartiennent Ă  des maladies diffĂ©rentes : trouble des mouvements oculaires, troubles intellectuels prĂ©coces, dĂ©sĂ©quilibre marquĂ©, ou encore hypotension artĂ©rielle lors du passage en position debout, et cela dĂšs le dĂ©but de la maladie, avant tout traitement antiparkinsonien.
Si tous ces critĂšres sont rĂ©unis, on peut ĂȘtre catĂ©gorique ; sinon, ce n’est qu’aprĂšs de nombreux mois d’évolution et des essais mĂ©dicamenteux que le diagnostic de maladie de Parkinson sera confirmĂ©.
Les investigations possibles
Aucune investigation n’est indispensable. De fait, l’examen clinique du patient, l’expĂ©rience et parfois le recul du temps sont seuls nĂ©cessaires au mĂ©decin pour formuler le diagnostic. La richesse des moyens d’investigation complĂ©mentaires Ă  l’examen clinique dont on dispose actuellement permet cependant d’éliminer certaines causes du syndrome parkinsonien, et d’approcher Ă©ventuellement le diagnostic des « syndromes parkinsoniens plus ». En outre, certains examens peuvent ĂȘtre effectuĂ©s dans un but de recherche, pour mieux comprendre la maladie.
Les nouveaux moyens d’imagerie du corps humain permettent dĂ©sormais, du vivant du malade, de visualiser le cerveau, ce qui Ă©tait impossible avec les mĂ©thodes de radiographie traditionnelles. Malheureusement, les images obtenues grĂące au scanner X et Ă  l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique (IRM) n’ont actuellement qu’une prĂ©cision de l’ordre du millimĂštre, ce qui est insuffisant Ă  l’échelle du neurone. Rappelons que, pour les lĂ©sions responsables de la maladie de Parkinson, on Ă©value les neurones manquants Ă  quelques centaines de milliers. C’est pourquoi les rĂ©sultats obtenus grĂące au scanner X et Ă  l’IRM sont normaux chez un parkinsonien. Les nouveaux appareils d’IRM Ă  haut champ magnĂ©tique sont plus prĂ©cis, mais il reste illusoire de vouloir diagnostiquer la maladie de Parkinson Ă  partir des seules images.
NĂ©anmoins, on a trĂšs souvent recours au scanner X et mieux Ă  l’IRM cĂ©rĂ©braux car ces examens anodins et indolores, qui nĂ©cessitent simplement de rester immobile quelques minutes, permettent d’éliminer d’autres maladies, Ă©ventuellement responsables de certains syndromes parkinsoniens (l’hydrocĂ©phalie par dilatation des cavitĂ©s ventriculaires, certains accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux, les tumeurs, les cicatrices de traumatisme crĂąnien, etc.).
La tomographie par Ă©mission de positions est un autre moyen d’imagerie utilisĂ© uniquement en recherche. Il permet de visualiser la localisation et le trajet de certaines substances chimiques : le sucre et l’oxygĂšne — aliments naturels du cerveau consommĂ©s au prorata de son activitĂ© —, mais aussi les neurotransmetteurs, ou certains produits mĂ©dicamenteux qui se fixent sur des rĂ©cepteurs spĂ©cifiques. On peut ainsi connaĂźtre l’activitĂ© dopaminergique du cerveau. Du fait de sa grande sophistication technologique, cet examen est rĂ©servĂ© Ă  la recherche, mais on peut en attendre de grands progrĂšs dans la connaissance du dysfonctionnement cĂ©rĂ©bral des parkinsoniens. La scintigraphie par Ă©mission de photon unique est un autre moyen de visualiser le systĂšme dopaminergique. Cet examen est d’accĂšs plus aisĂ© que le prĂ©cĂ©dent car les isotopes peuvent ĂȘtre fabriquĂ©s Ă  l’avance. Son utilitĂ© pratique est exceptionnelle.
Les autres examens n’ont trait qu’aux signes annexes de la maladie de Parkinson. Ils visent les troubles de l’acuitĂ© visuelle, en particulier la vision des contrastes et des mouvements oculaires ; mais aussi les troubles urinaires Ă©ventuels, ou les troubles de la rĂ©gulation de la tension artĂ©rielle. L’influence de la respiration sur la frĂ©quence cardiaque et le pouls sont Ă©galement bien inventoriĂ©s par l’électrocardiogramme.
Une simple prise de sang peut rĂ©vĂ©ler des maladies rares, Ă©ventuellement Ă  l’origine d’un syndrome parkinsonien, telles que le manque de calcium par diminution de l’activitĂ© de la glande parathyroĂŻde, ou une concentration anormale des hormones thyroĂŻdiennes. Devant un syndrome parkinsonien qui dĂ©bute avant quarante ans, on dosera toujours la cĂ©ruloplasmine, protĂ©ine sanguine porteuse du cuivre, dont l’absence est Ă  l’origine d’une maladie rare : la maladie de Wilson.
En conclusion, aucun examen complĂ©mentaire ne sera gĂ©nĂ©ralement effectuĂ©, hormis une IRM en cas de symptĂŽmes atypiques. Par contre, aprĂšs l’instauration d’un traitement rĂ©gulier, une surveillance tous les ans ou tous les deux ans est habituelle : elle peut comporter Ă©lectrocardiogramme, radiographie pulmonaire et contrĂŽle des principaux paramĂštres sanguins. Cette surveillance systĂ©matique est recommandĂ©e lors de tout traitement prolongĂ©.
Faut-il révéler la maladie au patient ?
DĂšs que le mĂ©decin est lui-mĂȘme convaincu du diagnostic — ce qui peut ĂȘtre long et difficile —, je pense qu’il doit en faire part au patient pour plusieurs raisons. La maladie de Parkinson n’est ni une maladie mortelle ni une maladie honteuse : il vaut mieux que le patient l’apprenne de la bouche du mĂ©decin, compĂ©tent pour rĂ©pondre aux questions, et non par une tierce personne qui risque d’ĂȘtre maladroite ou mal informĂ©e. Surtout, un patient averti pourra gĂ©rer au mieux sa maladie, parce qu’il participera directement Ă  la mise en Ɠuvre du traitement et qu’il saura ce qui peut l’amĂ©liorer ou lui nuire. En effet, dans le cas d’une maladie qui dure vingt, trente ans, ou davantage, le malade doit apprendre Ă  vivre avec sa maladie. C’est une longue cohabitation qui doit s’instaurer, plus qu’un affrontement ou un combat contre une maladie qu’on ne sait pas encore guĂ©rir, mais seulement amĂ©liorer. Il est donc souhaitable que le malade parkinsonien puisse organiser sa vie future dans ses divers aspects sociaux, familiaux et professionnels.
Assez souvent, la famille du malade me demande de cacher le diagnostic de maladie de Parkinson. Cette dĂ©marche bien intentionnĂ©e est destinĂ©e Ă  mĂ©nager le patient. Mais il ne faut jamais oublier que les malades souffrent de leurs symptĂŽmes et que l’absence d’explication mĂ©dicale claire, sincĂšre et cohĂ©rente, aggrave souvent leur angoisse de ne pas connaĂźtre la cause de leurs troubles. On combat mieux un ennemi dĂ©masquĂ©, surtout si on est instruit des meilleures armes Ă  lui opposer. GĂ©nĂ©ralement, les malades souhaitent moins connaĂźtre le diagnostic que le pronostic de la maladie, afin d’adapter au mieux leur vie future.
Un pronostic est-il possible ?
Le pronostic est toujours dĂ©licat. Mais une bonne connaissance de l’évolutivitĂ© de la maladie, que nous allons dĂ©tailler, est une aide prĂ©cieuse. Elle permet de prĂ©voir l’évolution d’un patient, avec une marge d’erreur d’autant plus faible que l’on a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es de recul et que l’on connaĂźt les caractĂ©ristiques et subtilitĂ©s de la forme de la maladie dont il souffre.
Il faut clairement mettre en garde les patients contre certains traitements miracle : de nouvelles molĂ©cules, de nouvelles techniques chirurgicales fleurissent rĂ©guliĂšrement dans la presse. Mais, sans ĂȘtre trop rose, le discours ne doit pas non plus ĂȘtre noir. Parfois, les patients ont connu dans leur entourage un malade parkinsonien sĂ©vĂšrement handicapĂ© : gĂ©nĂ©ralement, ce souvenir date d’avant la dopathĂ©rapie, ou bien il s’agissait d’une maladie plus grave que la maladie de Parkinson. En fait, chaque patient est unique, et tout raisonnement fondĂ© sur une comparaison entre individus doit ĂȘtre bannie. Ce qui importe dans l’évolution de la maladie, c’est l’apparition d’une invaliditĂ© pour les actes moteurs Ă©lĂ©mentaires de la vie courante : les dĂ©placements, l’habillage, l’alimentation ou la toilette. L’atteinte intellectuelle doit ĂȘtre Ă©galement prise en considĂ©ration, mais nous avons vu qu’elle est rare ou discrĂšte. Encore faut-il apprĂ©cier au mieux les rĂ©percussions de ces handicaps selon les aspirations personnelles du patient et son activitĂ© professionnelle.
S’il est vrai que les lĂ©sions cĂ©rĂ©brales, c’est-Ă -dire la disparition progressive des neurones dopaminergiques, s’aggravent, cela ne reflĂšte pas l’évolution rĂ©elle de la maladie. On sait qu’avant mĂȘme l’apparition des premiers signes, la majeure partie des neurones a dĂ©jĂ  disparu. Ensuite, le malade reçoit un traitement au long cours, qui non seulement masque les symptĂŽmes, mais les transforme. La qualitĂ© et la persistance de la rĂ©ponse thĂ©rapeutique importent donc davantage que l’évolutivitĂ© des lĂ©sions neuronales.
Nous proposons ici un tableau Ă©volutif moyen de la maladie, sachant toutefois qu’il est nĂ©cessairement faux de rĂ©sumer schĂ©matiquement le devenir de tous les patients. Les premiers mois ou annĂ©es d’évolution ne s’accompagnant que rarement d’une gĂȘne importante, les mĂ©dicaments dopaminergiques puissants comme la L-dopa peuvent ne pas ĂȘtre prescrits. Quand le malade commence Ă  les prendre, il connaĂźt une pĂ©riode de grand bien-ĂȘtre thĂ©rapeutique sans effet indĂ©sirable notable. Cette sorte de lune de miel dure souvent quelques annĂ©es, entre deux et cinq ans. Puis surviennent les complications motrices habituelles de la dopathĂ©rapie dont l’intensitĂ© tend Ă  se stabiliser entre la cinquiĂšme et la douziĂšme annĂ©e. Ensuite, l’état du patient ne se modifie plus guĂšre et tout semble fonction de l’ñge et de la survenue Ă©ventuelle de maladies intercurrentes. Si le patient a la cinquantaine, cette phase relativement stationnaire peut durer de nombreuses annĂ©es. C’est en gĂ©nĂ©ral vers soixante-dix ou quatre-vingts ans que de nouveaux symptĂŽmes invalidants apparaissent, notamment des pertes d’équilibre et des difficultĂ©s intellectuelles. Tout se passe comme si les signes normaux du vieillissement Ă©taient nettement accentuĂ©s par l’existence d’une maladie de Parkinson.
Avant la L-dopa, les deux tiers des patients Ă©taient invalides aprĂšs moins de dix ans d’évolution. Au bout de dix Ă  quinze ans, la quasi-totalitĂ© d’entre eux avaient perdu leur autonomie ou Ă©taient dĂ©cĂ©dĂ©s. Depuis la mise au point de mĂ©dicaments efficaces, la moitiĂ© des patients restent tout Ă  fait autonomes aprĂšs plus de dix ans d’évolution de la maladie. L’espĂ©rance de vie s’est accrue de six ans, et prĂšs de 60 % des parkinsoniens dĂ©cĂšdent aprĂšs soixante-quinze ans. Le taux de mortalitĂ© est presque similaire Ă  celui de la population gĂ©nĂ©rale alors qu’il Ă©tait trois fois plus important avant la dopathĂ©rapie. De nos jours, le parkinsonien meurt d’autre chose que de sa maladie.
Les formes variées de la maladie
MalgrĂ© l’extrĂȘme diversitĂ© symptomatique de la maladie, plusieurs critĂšres permettent de proposer des regroupements.
Le plus pertinent me semble ĂȘtre la rĂ©ponse Ă  la dopathĂ©rapie. Trois groupes de patients se dessinent.
Dans le premier groupe, environ 15 % des patients, la dopathĂ©rapie n’entraĂźne aucun effet favorable ou au mieux une amĂ©lioration trĂšs discrĂšte, quelle que soit la dose administrĂ©e. Chez ces patients, souvent ĂągĂ©s, la maladie s’aggrave assez rapidement : le pronostic est alors fĂącheux. On pense que de tels patients sont atteints d’un « syndrome parkinsonien plus ». Ces patients ont en gĂ©nĂ©ral des signes bilatĂ©raux symĂ©triques, et le tremblement parkinsonien typique est absent.
Dans le deuxiĂšme groupe, composĂ© Ă©galement de 15 % des patients, la dopathĂ©rapie est au contraire spectaculairement efficace, et lors des premiĂšres annĂ©es de traitement, le malade a l’impression d’ĂȘtre totalement guĂ©ri. Chez ces patients, la maladie est plus prĂ©coce que chez les autres, en gĂ©nĂ©ral autour de la cinquantaine. Malheureusement, les complications motrices de la dopathĂ©rapie apparaissent aussi plus tĂŽt. Un contrĂŽle de la maladie est nĂ©anmoins obtenu pendant de nombreuses annĂ©es et les troubles neuropsychologiques sont quasiment absents.
Enfin, la troisiĂšme catĂ©gorie, qui regroupe la majoritĂ© des patients, est en fait un intermĂ©diaire entre les deux groupes prĂ©cĂ©dents. La dopathĂ©rapie est en gĂ©nĂ©ral assez efficace, mais certains malades dĂ©veloppent Ă  la longue d’autres signes qui n’appartiennent pas Ă  la triade parkinsonienne et qui ne rĂ©pondent pas aux mĂ©dicaments dopaminergiques. Les principaux de ces symptĂŽmes, appelĂ©s dopa-indĂ©pendants, sont le dĂ©sĂ©quilibre, les troubles intellectuels, les difficultĂ©s de parole, l’hypotension artĂ©rielle orthostatique, c’est-Ă -dire en position debout, et les problĂšmes urinaires. Selon l’importance relative de chaque symptĂŽme de la triade, on oppose une forme tremblante Ă  une forme akinĂ©to-rigide. Lorsque le tremblement prĂ©domine, l’évolutivitĂ© de la maladie est plus bĂ©nigne. Il est frĂ©quent que la L-dopa soit introduite aprĂšs plusieurs annĂ©es d’évolution en l’absence d’invaliditĂ© motrice rĂ©elle. MĂȘme aprĂšs l’introduction de la L-dopa, la courbe d’aggravation de ces malades tremblants est moins abrupte que chez le patient aki...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Collection « sante au quotidien » dirigĂ©e par Édouard Zarifian
  5. Remerciements
  6. Avant-propos
  7. PremiĂšre partie - Les multiples facettes de la maladie
  8. DeuxiÚme partie - La place du médecin
  9. TroisiĂšme partie - La vie quotidienne du parkinsonien
  10. Épilogue
  11. Lectures