Margaret Thatcher : une dame de fer
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Margaret Thatcher : une dame de fer

  1. 204 pages
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  4. Disponible sur iOS et Android
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Margaret Thatcher : une dame de fer

À propos de ce livre

Comment la fille d'un petit épicier anglais se retrouve-t-elle Premier ministre ? Comment devient-elle la figure la plus marquante de la vie politique anglaise depuis Churchill ? Portrait d'une femme exceptionnelle qui vécut onze années de pouvoir sans partage. Catherine Cullen est écrivain et journaliste.

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CHAPITRE 1
Alf

« Nous étions méthodistes, et méthodisme veut dire méthode. »
MARGARET THATCHER
Margaret Hilda Roberts est née le 13 octobre 1925 à Grantham, banale petite ville du Lincolnshire, au nord de Londres, dont les seuls titres de gloire sont d’abriter St-Wilfram, l’une des plus belles églises du moyen-âge anglais, et d’être le lieu de naissance d’Isaac Newton. Dans les années vingt, Grantham était une ville sans histoire, dominée par une petite-bourgeoisie commerçante de confession protestante.
Ce père à qui Margaret doit tout, ce héros qui a marqué son enfance et sa vie, c’est Alfred Roberts, incarnation victorienne du self-made man. Aîné d’une famille de sept enfants, il aurait dû devenir cordonnier comme ses parents et grands-parents, mais il avait trop mauvaise vue. À 12 ans, il quitta l’école pour aider sa famille et partit travailler à Grantham comme commis d’épicerie. Ses valeurs de bon victorien étaient le travail et l’épargne ; rien n’était plus immoral pour lui que la dépense superflue. Homme sans humour, aux convictions religieuses et morales profondes, c’était un méritocrate, un puritain de la vieille école.
Le méthodisme est un culte dissident de l’Église anglicane répandu dans le nord de l’Angleterre et en Écosse. Fondé par les frères John et Charles Wesley en 1739, il encourage les « prêcheurs laïques », dont les sermons reprennent les thèmes du péché et du Salut par le devoir et la pratique quotidienne de la vie chrétienne. C’est une religion protestante et puritaine : les temples sont sobres, les rituels rares et le culte se réduit à des hymnes et des sermons. Alfred Roberts était un des prêcheurs les plus appréciés de la région, un orateur inspiré, capable de parler très longtemps sans notes – comme sa fille plus tard.
Margaret Thatcher citait son père à tout bout de champ, donnant souvent l’impression de phrases tout droit sorties du manuel du parfait moraliste victorien. Un jour où on lui demandait ce qu’elle devait à son père, elle répondit : « L’intégrité. Il m’a appris qu’il faut commencer par être certain de ce que l’on croit. Ensuite, il faut agir. Il ne faut jamais transiger sur ce qui compte. » Lorsqu’en 1927, Alf devint conseiller municipal de Grantham, il insista pour que les parcs, les piscines et les courts de tennis soient fermés le dimanche. Toute sa vie, il joua un rôle important dans la politique locale, d’abord conseiller municipal, puis juge de paix, et enfin maire. Margaret fut plongée dans la politique dès son enfance. Elle accompagnait souvent son père et l’aidait dans ses tâches municipales ou électorales, si bien que le démarchage politique fut très tôt pour elle une activité parfaitement naturelle. Alf était un autodidacte forcené. Il passait le plus clair de son temps libre à dévorer des livres empruntés à la bibliothèque municipale de Grantham (les bibliothèques anglaises, même dans les petites villes, sont souvent excellentes). Il lisait tout ce qui lui tombait sous la main : histoire, politique, économie, biographies… tout sauf des romans, qu’il rapportait cependant à la maison, pour sa femme.
En 1917, Alf avait épousé Beatrice Stephenson, une couturière et, ensemble, ils avaient acheté l’épicerie-poste (établissement traditionnel dans les villages anglais) d’une des rues principales de la partie la moins aisée de Grantham. Ils logeaient au-dessus de l’épicerie. C’est dans cet appartement dépourvu de tout confort que sont nées leurs deux filles : Muriel d’abord et, quatre ans plus tard, Margaret. Mobilier massif, victorien. Non pas qu’Alfred ne pouvait s’offrir quelque confort, mais il jugeait futile ce type de dépense. Plus tard, Margaret, saura faire valoir ces débuts spartiates, dont elle ne cessera d’ailleurs jamais de vanter les vertus. « La vie n’était pas faite de plaisirs, mais de travail et de progrès. La maison était toute petite. Nous n’avions pas d’eau chaude et les toilettes étaient au-dehors. Alors, quand les gens me parlent de cela, je sais de quoi il s’agit. »
Alf et Beatrice travaillaient douze heures par jour, six jours par semaine. La vie à Grantham n’était pas gaie, et encore moins chez des puritains comme les Roberts. On se consacrait tout entier au commerce, à l’église et à l’éducation. Pas une activité qui ne fût prise au sérieux. « On nous inculqua un très fort sens du devoir. On insistait sur nos devoirs envers l’Église, envers nos voisins et sur l’importance du jugement moral. » Alf ne supportait pas d’entendre dire chez lui : « Je ne peux pas » ou « C’est trop difficile ». Le jeudi, l’épicerie fermait plus tôt et Alf suivait avec ses filles des cours du soir sur les questions d’actualité : politique, économie, affaires internationales, etc. Lorsqu’il ne pouvait s’y rendre, Margaret prenait des notes, et lui faisait en rentrant un compte rendu détaillé. « Mon père considérait la vie comme une chose très sérieuse. Son leitmotiv était qu’on ne devait jamais rester à ne rien faire. » Le dimanche était consacré à la religion. Les filles assistaient à l’enseignement méthodiste à dix heures, au service avec leurs parents à onze, suivaient de nouveau les cours en début d’après-midi et enfin allaient aux vêpres à dix-huit heures. Seules activités permises ce jour-là : la cuisine et les comptes du magasin, parce que c’était le seul moment de la semaine où on avait le temps. Aucun jeu, aucun loisir, pas même la lecture des journaux, activité dominicale pourtant si importante en Angleterre. Margaret conserve un vif souvenir d’une excursion en famille à la ville voisine de Nottingham, pour voir un film de Fred Astaire, événement en apparence si rare qu’elle le narrait comme une épopée. Interrogée sur ses loisirs d’adolescente, elle répondit un jour : « Je pense n’être jamais allée danser avant mon entrée à l’université. Mes parents désapprouvaient la danse. J’avais seulement le droit de faire de la danse classique et rythmique parce que c’était une activité culturelle, car tout devait obligatoirement avoir un contenu culturel. »
Parfois le père et la fille cadette assistaient ensemble à des conférences d’histoire contemporaine. Il y avait aussi un club de musique, qui se réunissait une fois par mois autour de musiciens de passage : toute la famille s’y rendait. « Nous allions à tout ce qui avait le moindre contenu éducatif ou culturel. C’était notre vie. »
La vie sociale des Roberts tournait surtout autour de l’Église méthodiste. On organisait des soupers, des thés, des soirées chantantes ou de jeux d’orthographe (jeu traditionnel en Angleterre, bien avant l’invention du « Scrabble »), des distributions aux pauvres du quartier. Et Margaret accompagnait les hymnes à l’harmonium. Elle ne connaissait pas d’autre mode de vie et le régime imposé par son père lui semblait aller de soi : travail, église et culture. Elle semble ne pas en avoir particulièrement souffert et s’y être même, au contraire, elle s’y est même conformée dans le but d’exceller. Plus son père se montrait exigeant, plus Margaret remportait des succès. Car en l’absence d’un fils, Alfred avait tout misé sur cette seconde fille qui lui ressemblait tant et il lui inculqua avec un zèle inlassable ses convictions, sa soif de connaissance et sa passion pour la chose politique. Il lui enseigna aussi les valeurs agressivement mesquines du petit commerce, qu’elle devait revendiquer tout au long de sa carrière. « Ma politique est fondée sur ce que des millions de personnes ont appris chez eux : une journée de paie honnête pour une journée de travail honnête ; vivez selon vos moyens ; mettez de côté pour les jours difficiles ; payez vos factures à temps ; aidez la police. » Alf lisait tout, et Margaret avait l’impression qu’il savait tout. « Une fois, je lui ai demandé ce que voulait dire ’problème fiduciaire’. Il le savait. ’Etalon-or’ ? Il le savait aussi. » Les dîners chez les Roberts étaient de véritables petits séminaires. Le père et la fille y discutaient intensément, gravement, des causes de la grande dépression, de la politique du gouvernement de l’époque, dirigé par Stanley Baldwin, de la montée d’Hitler et de Mussolini, le tout avec une totale conviction et un sérieux absolu.
À l’égard de Beatrice, sa mère, Margaret semble avoir oscillé entre estime et indifférence. Les commentaires fusèrent lorsqu’on découvrit que sa première entrée dans le Who’s Who, en 1976, la décrivait simplement comme « fille d’Alfred Roberts ». « J’aimais beaucoup ma mère, mais après 15 ans, je n’ai plus rien eu à lui dire », conclut Margaret avec cette dureté qu’on lui connaît. Il lui arrivait pourtant de dire du bien de sa mère, surtout lorsqu’elle voulait vanter ses mérites de mère de famille et de maîtresse de maison. Car Margaret n’a jamais cessé de valoriser son propre rôle de « femme à la maison » ; elle a même bâti une partie de son image sur ses qualités de femme d’intérieur, maternelle, bonne cuisinière, etc. Avant son mariage, sa mère possédait une petite entreprise de couture. Après, elle s’occupa du magasin, faisant le ménage, la cuisine, lavant, repassant et confectionnant elle-même les habits des filles. Elle vivait dans l’ombre de son mari et travaillait tout le temps. Margaret a voulu se démarquer de ce modèle (des deux sœurs, seule Muriel était proche de leur mère) mais on sentait qu’elle en admirait certaines qualités, qualités étrangères à sa propre personnalité : « Les enfants n’apprécient vraiment leur mère que le jour où ils grandissent et deviennent eux-mêmes des parents. Ma mère était une femme particulièrement généreuse. Quand elle avait fini de faire la cuisine pour plusieurs jours, elle faisait porter des gâteaux, ou ce qu’elle avait cuisiné, aux malades et aux pauvres du quartier. Plusieurs de nos amis étaient au chômage et nous partagions avec eux ce que nous avions. » D’autres témoignages confirment peu ou prou cette version un peu idéalisée de la parfaite famille chrétienne, à ceci près qu’on a aussi décrit les Roberts comme des gens plutôt prétentieux, vivant repliés à l’intérieur du cercle de leurs coreligionnaires méthodistes.
En 1936, Alf devint le plus jeune conseiller municipal de Grantham puis, en 1943, son maire. Ce fut le couronnement de sa carrière et de ses espérances, ce qui n’est peut-être pas sans importance lorsqu’on connaît le goût pour l’émulation de sa fille préférée. Ainsi, Margaret Thatcher deviendra plus tard la plus jeune dirigeante de l’Association des étudiants conservateurs d’Oxford, puis le plus jeune député conservateur aux élections municipales de 1950.
Il y avait toujours eu une grande activité civique à Grantham. Lorsqu’il devint conseiller municipal, Alf fit participer sa famille aux devoirs de sa charge, et lorsqu’il fut élu juge de paix, il emmena sa fille au Palais de Justice où elle assistait, fascinée, aux séances. Plus tard, elle raconterait que c’était là qu’elle avait pris goût au droit, qu’elle étudierait ensuite pour devenir spécialiste en droit fiscal. Bizarrement, Alf ne fut jamais membre ni du parti conservateur ni du parti travailliste, mais resta indépendant. Si l’on en juge par sa politique municipale, il aurait même plutôt été un travailliste de droite s’il n’avait eu à se battre, en tant que petit commerçant, contre la coopérative locale contrôlée par les travaillistes de Grantham. Bigot comme tant de petits-bourgeois anglais, protestant « anti-papiste » (« papiste » est le terme péjoratif qu’utilisent les protestants anglais pour désigner les catholiques), Alf était aussi farouchement patriote. Pour lui, la France était « totalement corrompue » et l’Allemagne franchement diabolique, ce qu’il ne manquait pas d’expliquer dans ses discours.
Après la guerre, Alfred mit en œuvre un vaste programme d’investissements pour améliorer les routes, les transports publics, les services de santé et de puériculture de sa ville. Comme nombre de ses contemporains, il était convaincu que l’argent public devait avant tout servir à améliorer les biens communs. Bien des années plus tard, sa fille s’efforcerait précisément de rogner, voire de supprimer, ce type de politique locale. On est d’ailleurs surpris par le nombre de choses que Margaret Thatcher a reniées dans son éducation lorsqu’elle est arrivée au pouvoir, alors même qu’elle proclamait son adhésion absolue à l’enseignement de son père. Le plus frappant, c’est que les principales cibles de ses attaques furent précisément ces institutions qui avaient permis son ascension sociale : l’éducation, le système légal, les dépenses publiques. Comme si elle avait voulu que les flots qui s’étaient fendus pour lui livrer passage se referment derrière elle.
Muriel, de quatre ans son aînée, ressemblait plus à leur mère. Comme elle, elle s’était montrait effacée et sans grande ambition. Margaret avait 13 ans quand Muriel quitta la maison pour entreprendre des études de kinésithérapie. Elle épousa plus tard un fermier que l’on disait avoir été repoussé par Margaret, et disparut de la vie sa sœur. Journalistes et biographes n’ont jamais pu tirer grand-chose d’elle sur leur histoire commune. La rumeur voulait que Margaret lui ait expressément interdit d’évoquer leur passé devant des journalistes.
La chose la plus importante que ses parents, surtout son père, inculquèrent à Margaret, fut une confiance inébranlable en elle-même. Plus tard, nombre de ses collègues et de ses critiques interpréteraient son « agressivité » comme révélatrice d’un manque d’assurance. Mais peut-être cette agressivité tenait-elle davantage au fait qu’elle était une femme dans un monde d’hommes empreint d’une certaine agressivité. La virulence d’une femme dans un monde masculin est toujours plus frappante, plus choquante, et le mépris de tant d’hommes politiques anglais pour la « stridente » Madame Thatcher est on ne peut plus banal : pour se faire entendre ou s’imposer, les femmes n’ont souvent d’autre choix que de se fâcher, voire de crier, au risque de faire grimper une octave trop haut leurs voix naturellement aiguës. On tolérait bien mieux le comportement méprisant et tyrannique d’Edward Heath, comme s’il allait de soi.
Dès l’âge de 5 ans, Margaret fut remarquée à l’école : enfant modèle, studieuse, sérieuse, première dans toutes les matières, jamais un faux pas, toujours sur son quant-à-soi, au grand agacement de ses camarades de classe qui ne l’aimaient guère, se moquaient d’elle et la trouvaient ridicule. Margaret se tenait à l’écart : le bavardage était une frivolité que la fille d’Alfred ne pouvait se permettre. Scrupuleuse en tout, elle était presque toujours première de sa classe, sauf l’avant-dernière année, où elle fut vexée de finir deuxième. À l’âge de 10 ans, elle remporta un prix de poésie. Une des enseignantes la félicita. « Vous avez eu de la chance » lui dit-elle. Margaret répondit froidement : « Ce n’est pas de la chance. Je l’ai mérité. »
Elle étudiait à fond toutes les matières. Elle était même très bonne en éducation physique et joua dans l’équipe de hockey sur gazon de son école. Mais selon ses professeurs, ce ne fut jamais une élève brillante, simplement une « bûcheuse ». Elle prit des cours de piano dès l’âge de cinq ans, instrument dont, selon ses camarades de classe, elle jouait d’une manière exagérément spectaculaire. Tout le monde en ricanait, sauf les Roberts.
Margaret fut donc une écolière solitaire. On ne lui connaît pas de « meilleure amie », par exemple. Son père la sermonnait sans cesse : « Prends tes propres décisions. Ne fais jamais quelque chose pour la simple raison que tes amies le font. Ne te dis jamais, ’puisqu’elles le font, j’ai envie de le faire.’ À 11 ans, elle entra à l’école publique pour filles Kesteven and Grantham. Les frais de scolarité s’élevaient à 65 livres par an, somme qu’Alfred aurait parfaitement pu payer. Mais Margaret passa un examen et obtint une bourse, « pour le principe », devait dire Alf, et au cas où il disparaîtrait subitement.
Elle se passionna pour deux autres activités traditionnelles du système éducatif britannique : d’abord, la debating society, club de débats où l’on apprend à adopter n’importe quel point de vue et à le défendre envers et contre tout, en respectant certaines règles. Elle se fit offrir par son père des leçons d’élocution (plus tard, bien sûr, elle en prendrait d’autres : tout personnage politique conservateur devait impérativement se débarrasser de son accent plébéien). L’autre passion de Margaret fut l’art dramatique. Elle joua de nombreux rôles dans les productions de l’école. Elle adorait l’animation des coulisses, les feux de la rampe et le sentiment d’être au centre de l’attention. Cela devait lui rester. Finalement, tout ce que Margaret Roberts apprit au cours de son enfance lui servit plus tard : le précepte préféré d’Alf, ne jamais rien gaspiller, n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd.
Margaret avait dix ans quand les Roberts achetèrent une radio. Ce fut un événement : le poste devint un élément majeur de la vie quotidienne de la famille. Lorsque la guerre éclata, les informations entendues à la radio alimentèrent les incessantes discussions entre Alf et sa fille sur la politique, l’histoire et l’économie : père et fille se penchaient sur une carte de l’Europe pour y suivre les mouvements des troupes, discutaient de « la politique d’apaisement » de Neville Chamberlain, du rôle de Staline, etc.. Margaret était nettement plus au fait des événements que la plupart de ses contemporains. Toujours à la radio, elle écoutait chaque jour « Winston », comme elle a aimé appeler Churchill (qu’elle n’a rencontré que très brièvement, et une seule fois), ce qui devait irriter certains anciens du parti conservateur qui, eux, l’avaient fort bien connu.
En 1940, Margaret avait 15 ans. Grantham, important carrefour routier et ferrovière, fut sévèrement bombardée par les Allemands ; toutes ses usines s’étant reconverties dans la production de munitions, la ville devint la cible régulière de raids aériens. Pendant quelques mois, il tomba plus de bombes par habitant sur Grantham que sur n’importe quelle autre ville anglaise. Comme les Roberts n’avaient pas de cave, lorsque les sirènes retentissaient, la famille se réfugiait sous la table de la salle à manger où Margaret continuait à faire ses devoirs.
Dès le début du blitz, l’école de Margaret accueillit les élèves d’une école publique de Londres, Camden High School, qui avait été évacuée. Désormais, la journée scolaire fut divisée en deux : le matin, les élèves de Kesteven avaient cours, et l’après-midi, ceux de Camden, pendant que Margaret et ses camarades de classe partaient aux champs pour ramasser des pommes de terre et contribuer ainsi à l’effort de guerre.
Muriel avait une correspondante en Autriche, une juive allemande nommée Edith. Ses parents écrivirent à Alf pour lui demander de prendre Edith sous sa protection s’ils arrivaient à la faire sortir de Vienne. Alf accepta sur-le-champ, Edith parvint à quitter l’Autriche et vécut avec eux pendant la durée de la guerre. Margaret écoutait pendant des heures, terrifiée et fascinée, les récits d’Edith sur les Nazis.
Parvenue en dernière année, Margaret commença à préparer son entrée à l’université. Elle avait toujours voulu y aller. Si possible à Oxford. C’était la porte de sortie de Grantham et ce pour quoi Alf avait œuvré depuis tant d’années. Elle choisit la chimie comme matière principale, pour deux raisons : elle était sûre que cela lui permettrait de trouver ensuite du travail – il lui semblait évident qu’elle devrait subvenir à ses propres besoins – et en dernière année, à Kesteven, elle avait eu une enseignante de chimie exceptionnelle qui l’avait fortement motivée. Mais elle avait oublié un détail : l’examen d’entrée à Oxford comportait une épreuve de latin, et Margaret n’en avait jamais fait. Contre l’avis de la directrice de l’école (qu’elle défia), elle décida de comprimer cinq ans d’enseignement de latin en un seul. Elle se fit payer des cours supplémentaires par Alf et obtint une des meilleures notes de sa promotion.
Oxford et Cambridge ont fourni plus de la moitié des Premiers ministres anglais. Pour les gens d’origine ...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Sommaire
  6. Prologue
  7. CHAPITRE 1 - Alf
  8. CHAPITRE 2 - Mariage et maternité
  9. CHAPITRE 3 - Du consensus à la rupture 1945-1979
  10. CHAPITRE 4 - L’apprentissage politique
  11. CHAPITRE 5 - L’ombre du pouvoir
  12. CHAPITRE 6 - Chef rebelle
  13. CHAPITRE 7 - Grantham au pouvoir
  14. CHAPITRE 8 - « Quel drôle de monde »
  15. Épilogue
  16. SOURCES ET RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Foire aux questions

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