L' Hypnose ou les portes de la guérison
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L' Hypnose ou les portes de la guérison

  1. 208 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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L' Hypnose ou les portes de la guérison

À propos de ce livre

Ceux qui, ayant recouru à l'hypnose, vont mieux évoquent souvent une porte qu'ils ont franchie. Une porte vers la guérison. N'est-ce qu'une façon de parler ? Que s'est-il passé qui a modifié leur rapport à eux-mêmes et au monde ? Pourquoi l'hypnose a-t-elle ce pouvoir de nous changer ? Jean-Marc Benhaiem est l'un des pionniers de son enseignement dans le cadre médical universitaire. François Roustang, dans ses ouvrages désormais classiques, comme Qu'est-ce que l'hypnose ?, La Fin de la plainte, Le Secret de Socrate, ou encore dans sa longue pratique, a beaucoup contribué à la redécouverte en France de l'hypnose, si longtemps négligée ou dénigrée. Avec d'autres thérapeutes, ils présentent ce qu'on sait aujourd'hui de ses mécanismes, de son fonctionnement, de ses implications dans la clinique. Une description fine de ce qui nous fait changer avec l'hypnose. Le Dr Jean-Marc Benhaiem est praticien hospitalier aux centres de traitement de la douleur de l'hôpital Ambroise-Paré et de l'Hôtel-Dieu. Il a créé en 2001 le premier diplôme universitaire d'hypnose médicale au CHU de la Pitié-Salpêtrière. Avec la participation d'Éric Bonvin, Isabelle Célestin-Lhopiteau, Patrick Richard, François Roustang, Grégory Tosti, Corinne Van Loey, tous médecins, psychologues ou thérapeutes. 

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2012
Imprimer l'ISBN
9782738128478
ISBN de l'eBook
9782738178336
Chapitre 1
Les portes de la guérison
« Mon plaisir est d’avoir ramené l’hypnose au lieu hospitalier dont elle était sortie il y a plus d’un siècle.
Mon plaisir est de voir que l’hypnose intéresse de plus en plus de neurologues, de psychiatres, de généralistes, etc.
Mon souhait est que le travail commencé depuis des années continue à se développer avec le même esprit de recherche. Il y a beaucoup à espérer de la collaboration des diverses disciplines qui composent le spectre médical. On ne peut pas en rester à la constatation des effets multiples de l’hypnose.
Mon souhait est aussi que cette recherche continue à se développer avec la rigueur que vous avez manifestée au cours de ces quinze dernières années. Quelle que soit son originalité, l’hypnose, dans sa pratique et sa théorie, doit se soumettre aux exigences de la scientificité et de la rationalité. »
François ROUSTANG.
Nous nous voyons régulièrement avec François Roustang pour enrichir et accumuler des données de travail et de réflexion autour de notre pratique et de l’enseignement de l’hypnose. Nous avons établi une régularité dans ces rendez-vous, depuis 1995, date à laquelle j’ai demandé à François Roustang de venir m’aider pour organiser une formation à l’hypnose médicale. Nous parlons de nos patients, des définitions de l’hypnose, des stratégies thérapeutiques et de cette autre psychopathologie révélée par la pratique de l’hypnose.
Je propose à François de construire ensemble un livre autour de sa pensée et de sa pratique de l’hypnose. Il adhère aussitôt à ce projet. Il comprend bien que je ne cherche pas à faire son apologie, mais à avancer dans cette perspective ambitieuse qui nous tient à cœur : préciser tous les apports de l’hypnose dans la pratique thérapeutique. Nous cherchons un titre. Plusieurs nous viennent à l’esprit. La Psychosomatique et l’Hypnose nous semble ambitieux, et, de suite, je me sens mal à l’aise avec le terme « psychosomatique » que nous avons déjà voulu changer en 1998. Avec François, nous l’avions remplacé par Les Dysfonctions somatiques, pour mettre fin au clivage artificiel entre le corps et l’esprit.
Je cherche sur Internet les sites qui parlent de « psychosomatique ». Certains ont une mise à jour récente ; pourtant, leur discours reste inchangé depuis trente ans. Les affections telles que l’asthme ou l’ulcère à l’estomac sont suspectes de troubles provenant d’un stress. Les travaux mettent en avant des explications psychanalytiques pour décrire la naissance de la pathologie et son évolution. Entre-temps, la physiopathologie de l’ulcère à l’estomac a été expliquée et le traitement pharmacologique est devenu efficace, mais rien n’indique un changement de cap de la part des différentes écoles françaises de psychosomatique. Je sens que nous risquons de nous engluer et de déclencher une polémique qui serait préjudiciable à notre entreprise. Toutes les pathologies atteignent à la fois le corps et l’esprit, éléments indissociables entre lesquels il ne peut y avoir de lien de causalité puisqu’ils forment une seule et même chose.
François est de mon avis. Il est enthousiaste à l’idée de ce livre. Il me dit que cela aurait un grand retentissement si nous pouvions exposer les lignes de force de l’hypnose et de la manière originale d’y recourir. Il voit sept à huit portes d’entrée dans le soin. Il me pousse à écrire à leur propos en m’aidant de quelques cas cliniques puisés dans ma clientèle.
L’adhésion
Au cours d’une séance d’hypnose récente avec un patient expert-comptable souffrant de dépression, il m’apparaît que sa souffrance provient d’un conflit avec ses parents jamais heureux de ses choix professionnels. Il va mal depuis six mois. Comme il me dit qu’il se sent nul, je lui réponds que son malaise provient peut-être de la pression exigeante de ses parents et de la sienne. Il confirme la réalité de cette pression. Je lui dis que s’il accepte ce jugement d’être nul, il n’aura plus aucune pression. Il rit, ferme les yeux, ne dit rien pendant dix bonnes minutes. Puis, il les rouvre et m’explique que la pression est partie et le malaise avec.
La souffrance provenait de ce refus d’être nul. Le soin repose sur cette affirmation de ce qui est. Il est dépressif, il se sent nul.
Il se rebelle un peu, mais finalement accepte cette position avec beaucoup d’humour.
Je lui ai demandé d’être lui-même, tel qu’il est, comme il est. Et c’est à ce moment précis qu’il va mieux.
Cette façon d’agir pour le thérapeute n’est pas une stratégie. Il n’attend rien d’autre que l’acte d’être ce qu’on est.
François m’a rappelé un épisode de la Bible : Moïse, devant le buisson ardent, demande à Dieu qui il est, Il répond : « Je suis ce que je suis. » Finalement, cette définition de Dieu que recueille Moïse est une bonne suggestion de ce à quoi peut tendre l’être humain. La souffrance disparaît dès que la personne adhère à la réalité de ce qu’elle est, de ce qu’elle croit être ou a peur d’être. « Je suis mélancolique », « Je suis dépressive », « Je suis un mauvais père », etc. Ce n’est pas un acte de contrition, mais une affirmation de ce qui est, pris d’un certain point de vue.
Le simple fait de décrire et de revendiquer ce qui est annule tous les efforts qu’une personne peut accomplir pour lutter contre la réalité. L’hypnose nous fait prendre les choses comme elles sont et met un terme à nos tentatives de les vouloir autrement qu’elles sont ou de nous escrimer à les façonner selon nos désirs. Il fallait préserver les apparences, sauver la face, préserver une image. L’hypnose consiste à supprimer les représentations et à affirmer dans le détail tout ce qui était redouté et qui est simplement vrai : celle-ci.
La souffrance provient donc d’un évitement de la réalité. Les efforts déployés pour la refuser causent la souffrance. Se placer en face, regarder les choses en face, ne pas fuir. Le piège serait de considérer ces formules d’un point de vue moral comme des reproches que l’on s’adressait. Entrer dans la réalité se fait sans émotion. La situation hypnotique aide à supprimer la culpabilité, la honte, les regrets, et tout sentiment. Regardez une personne hypnotisée. Son visage est impassible. Il n’y a pas d’expression émotionnelle. La personne a rejoint une partie animale en elle qui s’accommode de ce qui est, sans émoi.
Une autre patiente a honte de son ventre. Il fait du bruit, des gargouillis. Elle n’ose plus sortir. Elle refuse cette réalité. Son ventre devient très douloureux et trop présent. Je lui demande de le réincorporer tel qu’il est. De l’apprécier comme il est. Après la ère séance, elle a trois jours de soulagement. Après la deuxième, dix sans douleurs.
Le psychiatre américain Milton Erickson utilisait le même procédé : ne pas exclure une difficulté. Il disait qu’il fallait plonger le problème dans le cerveau non conscient pour qu’il finisse par se dissoudre. François Roustang le confirme lorsqu’il dit à quelqu’un qui, par exemple, se sent abandonné et en souffre : « Mettez ce qui vous fait souffrir dans vous comme une pastille effervescente dans un verre jusqu’à dissolution complète. » C’est une porte d’entrée que d’injecter le symptôme pour qu’il soit absorbé dans la personne. Dans certains cas, il est conseillé d’enclencher un interrupteur qui empêche le problème de prendre forme. Dans le cas cité, c’est l’inverse : ne pas fuir et réincorporer le problème pour ne pas le laisser isolé et le voir se développer.
Chaque confrontation à un patient est une expérience permettant d’affiner notre savoir-faire pour entrer en relation avec ce patient qui est là devant nous. Elle suppose la passion du limier qui cherche la bonne porte.
Une patiente dit : « Je suis angoissée chaque fois que l’homme qui vit avec moi m’approche. Je ne supporte pas ça. » Je lui réponds en posant cela comme une vérité à accepter : « Donc, vous ne supportez pas lorsqu’un homme vous approche. – Oui, me dit-elle, alors qu’est-ce que je fais ? – Installez-vous déjà là-dedans, installez-vous dans la situation. »
La condition pour changer, c’est d’abord de ne pas changer, nous dit François Roustang. C’est la première condition. Si on n’est pas dans la réalité telle qu’elle est, rien ne peut se produire comme changement. Cela nécessite la suppression de tous les préjugés et la prise en compte des faits. À cette femme, qui ne supporte pas que les hommes l’approchent, on aurait pu proposer une autre démarche : « Imaginez votre mari à côté de vous et attendez que vous supportiez sa présence… » C’était déjà trop pour elle. Quinze jours auparavant, j’avais tenté cette approche et c’était la panique totale comme si je voulais la forcer à quelque chose. Alors, je lui ai dit de ne rien tenter et de rester simplement en contact avec la réalité ; après nous verrions.
Cette entrée dans le soin est décisive : il s’agit d’adhérer à ce que l’on est. François Roustang reçoit une femme qui était en deuil de son mari. Elle lui dit : « Voilà, il est allé se baigner dans la mer, et puis il a eu une crise cardiaque… – Pourriez-vous me donner plus de précisions sur les circonstances ?, lui a-t-il demandé. – Oui, il s’était mis en colère parce que je voulais acheter un truc au supermarché avant d’aller à la plage. Je l’ai mis en colère, puis il est allé se baigner et s’est noyé. Donc c’est moi qui l’ai tué ! – Alors c’est vous l’assassin ? – Oui, oui, je suis l’assassin ! (Puis elle se reprend et lui dit :) Non ! Je ne suis pas l’assassin ! – Madame, il faut choisir. Ou vous êtes l’assassin ou vous ne l’êtes pas. – Lui, il savait bien qu’il avait une phlébite. – Donc vous n’y êtes pour rien… – Ah mais si, j’y suis pour quelque chose ! – Madame, ou bien vous êtes l’assassin ou bien vous ne l’êtes pas. C’est blanc ou noir. Vous ne voulez pas être l’assassin ? – Non, je ne veux pas ! – Alors, vous n’êtes pas l’assassin ! C’est donc lui qui est responsable, vous êtes d’accord ? – Euh oui, je n’avais jamais vu les choses comme ça. – C’est très bien. C’est fini tout ça. »
La voilà qui reprend : « Oui, mais il faut avouer que lui ne m’a pas souvent laissé la possibilité de vivre… – Madame, est-ce que vous pouvez dire “je” ? « Je n’ai rien fait pour retrouver ma liberté par rapport à cet homme autoritaire. – Oui, mais lui… – Non madame, vous ! » Elle se définissait par rapport à lui et non par rapport à elle.
Alors François reprend : « Maintenant, dites : “Je ne suis pas l’assassin”, et installez-vous là-dedans ! » Il l’incitait à affirmer une position et à la revendiquer. Dans une autre situation, il aurait pu se passer le scénario suivant : « Vous vous sentez coupable, madame ? – Oui. – Vous vous sentez coupable de quoi ? – D’avoir contribué à la mort de mon mari… – Eh bien il faut assumer. »
L’hypothèse est que si on adhère complètement à la position qu’on a dans la vie, sans rien exclure, sans rien désirer d’autre, sans rien vouloir d’autre que tout ce qu’on a, cela transforme l’existence. L’objectif serait de proposer comme un jeu cette expérience aux patients pendant cinq à dix minutes, pas plus. Ensuite, de vérifier ensemble si cette hypothèse est bonne.
La bonne position
À travers les cas cliniques, il devient facile de dresser une liste des entrées qui, de plus, sont des définitions de l’hypnose.
Dire à quelqu’un de laisser son corps se positionner pour que la solution se crée est une porte d’entrée dans le soin et dans l’hypnose. Un mouvement spontané s’opère. On aurait pu dire : « Prenez la position qui convient dans votre situation. » Or ce serait un acte volontaire. Si l’on pratique l’hypnose, on dira : « Laissez votre corps adopter la position qui convient. » Car c’est le corps tout entier dans l’environnement qui connaît la solution et qui s’y adapte.
Voici un exemple : « Vous avez une difficulté, une difficulté de vie, une difficulté corporelle, une difficulté avec votre entourage. Rendez-vous présent à cette difficulté et maintenant attendez que votre corps vous fasse prendre une bonne position pour que votre difficulté se dissolve. » Voilà une manière d’entrer, une induction. Cette formulation paraît incongrue pour l’intellect. Il faut laisser la personne ressentir la confusion produite par cette proposition et entrer dans l’hypnose. Sous hypnose, l’absurdité disparaît. Pourquoi ?
Plusieurs réponses sont possibles. En voici une. L’hypnose intensifie la sensorialité. Le déséquilibre ressenti par le patient se corrige par une perception spatiale, émotionnelle, relationnelle et corporelle. Le corps comprend sans réfléchir. Il a recours à des apprentissages non conscients. Pour le corps, incluant le cerveau, trouver une position d’équilibre n’est pas absurde. L’intellect est dépassé par cette multitude de perceptions. Il ne peut en saisir qu’une ou deux à la fois. L’intellect ne peut imaginer que les problèmes puissent se résoudre autrement que par lui-même. Un changement de position donne un point de vue différent qui peut faire disparaître le problème.
« Laissez le corps trouver la bonne position pour que le problème soit résolu. »
François Roustang va plus loin lorsqu’il émet l’hypothèse que le problème est résolu par avance, car la solution du problème est déjà incluse dans les modifications de l’environnement. Le patient, pour sortir de sa souffrance, va rejoindre la solution : « Votre problème est résolu, à vous de vous mettre là où le problème est résolu. Mettez-vous dans la solution ! »
Douleurs chroniques
Les portes d’entrée sont imbriquées. La porte de la non-action ou celle du ne-rien-faire peuvent se mêler à la porte du présent.
Accepter ou adhérer à la réalité, comme se plaît à le rappeler François, fait disparaître la plainte, les regrets, la rumination. Pour atteindre cet objectif, la personne doit parfois traverser un sentiment d’injustice. Dans le DSM-IV1, nous ne trouvons rien sur le sentiment d’injustice, sur la manière de se situer dans la vie comme : « J’ai subi des injustices. » Nous devons nous intéresser à ces aspects de la souffrance et dire qu’il n’y a que de l’injustice !
Les patients disent que leur problème sera résolu lorsque, par exemple, ils auront retrouvé un travail ou obtenu réparation. Pour aller mieux, rien de tout cela n’est abordé : « Trouvez une position différente. »
En cas de douleurs chroniques, l’exercice décisif pourrait reposer dans un premier temps sur : « Vous reconnaissez que votre douleur chronique ne bouge pas, qu’elle ne changera pas, que les médicaments n’y font rien, que vous êtes allé voir toute une série de médecins sans résultat. Vous constatez tout cela ? » Second temps. Affirmation du patient : « Ma douleur est chronique, elle est définitive, je ne peux pas la modifier, je la garde pour toujours telle qu’elle est, je veux la garder. » Entrer dans cette impossibilité, ne rien vouloir d’autre que cette impossibilité, transforme la passivité en activité. Lorsque cette démarche est engagée, il n’y a pas beaucoup de blocages qui y résistent.
Passer de : « Je me dis que les médecins sont incapables de m’aider et de me soulager » à : « Je constate qu’il n’y aura jamais de médecins capables de me sortir de ça. » C’est complètement différent. Et je fais cette impossibilité, j’entre dans cette impossibilité. Je ne veux rien d’autre qu’elle.
François Roustang me rapporte l’histoire suivante. Une femme lui a été envoyée par une collègue psychanalyste. Elle était à la limite de la mélancolie. Dès qu’il a senti la situation, il l’a provoquée. « Vous demandez à être débarrassée de vos symptômes ? Eh bien ce n’est pas vrai, vous voulez les garder, vous voulez garder votre état mélancolique et vous venez le prouver une fois de plus avec un thérapeute en démontrant qu’il est nul ! C’est ça votre but. » Elle lui répond : « Mais monsieur, pas du tout ! – Si, c’est ça. – Non, je veux m’en sortir ! – Ce n’est pas vrai. Dites-moi de quoi est fait votre entourage. – Mon mari… – Votre mari… il est patient avec vous, n’est-ce pas ? – Oui. Et ma fille est malade. – Cela ne la trouble pas que vous soyez déprimée, elle s’en tire bien toute seule ? – Oui, elle est contente parce que je ne peux plus l’aider, elle s’en tire bien toute seule. – Alors madame, s’il vous plaît, on revient au problème. Dites : “Je veux ma dépression, je ne veux que ça et je veux que ça dure éternellement, et je viens faire une démarche pour montrer que ce thérapeute, un de plus, est nul.” – Je ne peux pas dire ça… – Madame, vous ne sortirez pas d’ici avant de l’avoir dit ! » À la troisième séance, elle dit : « Je dois dire qu’il y a quelque chose qui se passe. » Quatrième séance (cette patiente est médecin) : « J’ai repris ma clientèle ! – Ah bon, c’est quand même embêtant, lui dit François, parce que maintenant on va voir que vous allez bien ! » Et elle commence à rire. Et puis cinquième séance : « C’est intéressant votre truc, je m’en sers pour mes patients. ...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Introduction
  5. Chapitre 1 - Les portes de la guérison
  6. Chapitre 2 - Pourquoi l’hypnose est-elle efficace ?
  7. Chapitre 3 - La porte du symptôme
  8. Chapitre 4 - La porte du corps
  9. Chapitre 5 - La porte de l’espace
  10. Chapitre 6 - La porte du temps
  11. Chapitre 7 - La porte de la pensée
  12. Chapitre 8 - Du virtuel au réel
  13. Chapitre 9 - La psychopathologie est-elle soluble dans l’hypnose ?
  14. Chapitre 10 - L’apprentissage de la liberté par le thérapeute
  15. Conclusion - De la peur de guérir
  16. Les auteurs