Soulager la douleur
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Soulager la douleur

Écouter, croire, prendre soin

  1. 320 pages
  2. French
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  4. Disponible sur iOS et Android
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Soulager la douleur

Écouter, croire, prendre soin

À propos de ce livre

Mal de dos, migraine, douleur post-opĂ©ratoire : que faire ? La morphine est-elle indiquĂ©e dans les cas graves ? Quelle place accorder Ă  des techniques comme la relaxation ou l'hypnose ? Qu'elle soit aiguĂ« ou chronique, la douleur peut ĂȘtre calmĂ©e. Encore faut-il choisir le bon remĂšde, utiliser celui-ci de maniĂšre adĂ©quate... et ne pas oublier que guĂ©rir un patient de sa douleur implique aussi de l'Ă©couter et de le croire quand il dit qu'il a mal. C'est toute l'ambition de ce livre que de nous y aider. Le professeur Patrice Queneau est prĂ©sident de l'Association pĂ©dagogique nationale pour l'enseignement de la thĂ©rapeutique (APNET) et doyen honoraire de la facultĂ© de mĂ©decine de Saint-Étienne. SpĂ©cialiste de mĂ©decine interne et membre de l'APNET, GĂ©rard Ostermann est professeur de thĂ©rapeutique. Il exerce la psychothĂ©rapie Ă  Bordeaux.

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
1998
Imprimer l'ISBN
9782738106032
ISBN de l'eBook
9782738165664

DEUXIÈME PARTIE

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CHAPITRE IV

Pourquoi a-t-on mal ?


Vouloir comprendre le cheminement du message douloureux peut paraĂźtre aussi vertigineux que d’imaginer faire un voyage interplanĂ©taire. Les neurophysiologistes ont relevĂ© ce dĂ©fi et, de fibre nerveuse en fibre nerveuse, de relais en relais, de mĂ©diateur chimique en mĂ©diateur chimique, d’expĂ©rience en expĂ©rience, ils dĂ©chirent le voile de ce qui, il y a seulement quelques dĂ©cennies, apparaissait impĂ©nĂ©trable : expliquer et mieux comprendre la sensation douloureuse et les types de douleur, afin d’optimiser leur traitement. Toutefois cette aventure est encore loin de son but sidĂ©ral.
Vous venez de poser votre main sur une plaque chauffante. SimultanĂ©ment, la douleur vous arrache un cri et provoque le retrait de votre main. Ce « simple » phĂ©nomĂšne est la rĂ©sultante d’une myriade d’informations donnant naissance Ă  la douleur, que des fibres nerveuses Ă  haute dĂ©finition conduisent dans la moelle Ă©piniĂšre, qui traite et module le message douloureux, puis au tronc cĂ©rĂ©bral et au cerveau oĂč agissent des systĂšmes de contrĂŽle et d’intĂ©gration d’une prodigieuse complexitĂ©. Bien qu’il existe des cas de vĂ©ritable « indiffĂ©rence Ă  la douleur » aprĂšs lĂ©sion trĂšs focalisĂ©e d’une partie du cerveau (lobe frontal), les donnĂ©es actuelles de la neurophysiologie s’inscrivent contre l’existence d’un centre cĂ©rĂ©bral unique de la douleur.

Le réseau cùblé de la douleur

Le « message » douloureux, dit « nociceptif », rĂ©sulte de la stimulation des terminaisons des fibres nerveuses amyĂ©liniques, arborisĂ©es dans la peau, les muscles et les parois des viscĂšres. De diamĂštres diffĂ©rents, ces fibres conduisent l’influx nerveux Ă  des vitesses diffĂ©rentes. Par exemple, Ă  partir de la peau, un nerf peut comporter trois types de fibres se dirigeant vers la moelle (des fibres A alpha, A bĂȘta, A delta et C). Plus la fibre s’entoure d’une gaine de myĂ©line, sorte de gaine lipidique isolante, et plus la conduction de l’influx nerveux est rapide. Ainsi, les fibres A alpha et A bĂȘta, de gros diamĂštre, sensibles aux stimulations tactiles lĂ©gĂšres, conduisent l’influx nerveux Ă  des vitesses rapides (comprises entre 40 et 60 m/s) alors que les fibres C, dĂ©pourvues de myĂ©line, activĂ©es par des stimulations intenses (mĂ©caniques, thermiques, chimiques), conduisent l’influx Ă  des vitesses beaucoup plus lentes (comprises entre 0,5 et 2 m/s).
La chaleur, la piqĂ»re, la pression sont des stimuli qui, lorsqu’ils sont de brĂšve durĂ©e, peuvent activer directement les fibres nerveuses. Mais, bien souvent, les fibres « rĂ©ceptrices » (ou « nocicepteurs ») ne sont excitĂ©es qu’indirectement, par l’intermĂ©diaire d’une « soupe pĂ©riphĂ©rique » composĂ©e de substances chimiques, dites algogĂšnes (histamine, bradykinines, potassium
), tandis que d’autres substances (prostaglandines, sĂ©rotonine
) agissent comme sensibilisateurs.
Les petites fibres (C) stimulent au niveau de la moelle Ă©piniĂšre la sĂ©crĂ©tion de la substance P (P comme pain : douleur), qui joue un rĂŽle majeur dans la transmission du message nociceptif. La substance P gĂ©nĂšre aussi un Ă©tat inflammatoire qui explique qu’une piqĂ»re, par exemple, induise localement une rougeur, une chaleur et un ƓdĂšme. La recherche de mĂ©dicaments capables de bloquer la libĂ©ration de cette substance P serait prometteuse, au mĂȘme titre que la morphine et les opiacĂ©s, qui diminuent la sĂ©crĂ©tion de la substance P, ce qui explique une partie de leur puissant effet antalgique.

Le « contrÎle de la porte »

Les fibres nerveuses vĂ©hiculent le message nociceptif jusqu’à la corne postĂ©rieure de la moelle. Fait essentiel, c’est Ă  ce niveau qu’existe un premier filtre inhibiteur de la douleur, mis en Ă©vidence par Patrick Wall et Ron Melzack en 1965 sous le nom de gate control ou « contrĂŽle de la porte » : des interneurones situĂ©s entre les fibres nerveuses et la moelle Ă©piniĂšre jouent le rĂŽle de vĂ©ritables « portillons » (ou de « sas ») modulant la quantitĂ© de neuromĂ©diateurs libĂ©rĂ©s par le message douloureux. Cette dĂ©couverte majeure permet de mieux comprendre la douleur et explique, entre autres, les effets antalgiques des neurostimulations transcutanĂ©es.
ReprĂ©sentation imagĂ©e de la   (G. Ostermann) La moelle n’a pas seulement une fonction de relais, elle joue Ă©galement un rĂŽle de modulation. Les fibres de petit calibre vĂ©hiculant l’influx douloureux (figurĂ© par les diablotins) arrivent au niveau de la  de la corne postĂ©rieure de la moelle, mais les fibres sensitives de gros calibre (figurĂ©es par la « gardienne ») empĂȘchent l’influx nerveux de franchir la  . Cet effet inhibiteur est rĂ©guliĂšrement observĂ© par chacun d’entre nous quand il se sent soulagĂ© en se frottant avec la main (stimulation de la « gardienne ») l’endroit du corps qu’il venait de se brĂ»ler ou de se piquer. Si les « diablotins » arrivent en force, ils franchissent alors la  , laissant passer le message douloureux vers les centres supĂ©rieurs.
Représentation imagée de la « théorie de la porte » (gate control) (G. Ostermann)
La moelle n’a pas seulement une fonction de relais, elle joue Ă©galement un rĂŽle de modulation. Les fibres de petit calibre vĂ©hiculant l’influx douloureux (figurĂ© par les diablotins) arrivent au niveau de la porte de la corne postĂ©rieure de la moelle, mais les fibres sensitives de gros calibre (figurĂ©es par la « gardienne ») empĂȘchent l’influx nerveux de franchir la porte. Cet effet inhibiteur est rĂ©guliĂšrement observĂ© par chacun d’entre nous quand il se sent soulagĂ© en se frottant avec la main (stimulation de la « gardienne ») l’endroit du corps qu’il venait de se brĂ»ler ou de se piquer. Si les « diablotins » arrivent en force, ils franchissent alors la porte, laissant passer le message douloureux vers les centres supĂ©rieurs.
Puis, les voies de la douleur cheminent dans la moelle Ă©piniĂšre jusqu’au thalamus d’oĂč partent deux groupes de neurones :
– Un premier groupe se projette sur le cerveau (cortex) pariĂ©tal, qui dĂ©crypte, dĂ©code, analyse le message douloureux en termes de localisation, d’intensitĂ©, de durĂ©e et de type de douleur : brĂ»lure, crampe, piqĂ»re

Représentation schématique des voies de la douleur. (M.L. Navez).
Représentation schématique des voies de la douleur. (M.L. Navez).
– Un deuxiĂšme groupe de neurones se dirige vers le cortex frontal, spĂ©cialisĂ© dans les processus de mĂ©morisation et d’apprentissage, mais Ă©galement dans l’élaboration de l’angoisse et de la souffrance. C’est ainsi qu’à une Ă©poque aujourd’hui rĂ©volue on a pu parfois pratiquer, pour des douleurs insupportables et faute d’autres moyens thĂ©rapeutiques, l’ablation chirurgicale de telles zones du cerveau (lobotomie frontale).
Ces voies de la douleur sont soumises en outre à divers contrîles inhibiteurs qui expliquent probablement en partie l’effet antalgique de l’acupuncture.

Trois types de douleurs

Grñce aux progrùs de la neurophysiologie, il est possible, aujourd’hui, de distinguer trois types de douleurs.

LES DOULEURS PAR EXCÈS DE NOCICEPTION

Ce sont, de loin, les plus frĂ©quentes. Elles sont induites, sur un systĂšme nerveux normal, par un excĂšs d’influx nociceptifs Ă  partir de lĂ©sions tissulaires. Ce sont les douleurs usuelles des brĂ»lures, des traumatismes et de la plupart des maladies, qu’elles engendrent des douleurs aiguĂ«s (douleur dentaire, infarctus du myocarde, embolie pulmonaire, pĂ©ritonite
) ou chroniques (arthrose, cancer
).

LES DOULEURS NEUROLOGIQUES

ConsĂ©cutives Ă  des lĂ©sions du systĂšme nerveux lui-mĂȘme, elles ne doivent rien Ă  la stimulation des rĂ©cepteurs nociceptifs. Elles empruntent la topographie de la structure nerveuse malade. Elles sont de deux types :
– les douleurs de dĂ©saffĂ©rentation, consĂ©cutives Ă  des lĂ©sions des voies sensitives intervenant dans la rĂ©gulation de la douleur. Le prototype en est le zona, qui endommage le nerf sensitif. On peut citer aussi certaines nĂ©vralgies comme les sciatiques avec souffrance sĂ©vĂšre du nerf ;
– les douleurs neurologiques centrales, plus rares, induites par des lĂ©sions du systĂšme nerveux central (moelle Ă©piniĂšre, tronc cĂ©rĂ©bral, cerveau).
Un paradoxe, au moins apparent, de ces douleurs neurologiques en est l’anesthĂ©sie douloureuse : ces douleurs s’accompagnent souvent d’une perte objective de la sensibilitĂ© (globale ou limitĂ©e Ă  la piqĂ»re, au chaud et froid
). Or, non seulement la perte de cette sensibilitĂ© n’attĂ©nue pas la douleur, mais elle peut l’exacerber.
Ces douleurs neurologiques associent souvent trois composantes :
– des douleurs spontanĂ©es (survenant sans stimulus) permanentes (simples fourmillements ou parfois brĂ»lure, piqĂ»re, broiement, arrachement, striction
) et/ou paroxystiques (douleurs fulgurantes en dĂ©charge Ă©lectrique, Ă©lancement, Ă©clair, coup de poignard
) ;
– des douleurs provoquĂ©es par un stimulus normalement non douloureux. C’est l’allodynie : par exemple, dans le zona, un simple courant d’air, l’effleurement, le froid peuvent dĂ©clencher d’authentiques douleurs dans le territoire concernĂ©. Cette constatation est utile au traitement, car elle laisse augurer de l’efficacitĂ© de certains antiĂ©pileptiques ;
– des douleurs provoquĂ©es par un stimulus nociceptif (piqĂ»re, chaleur
) mais perçues de façon exagĂ©rĂ©e, disproportionnĂ©e par rapport Ă  l’intensitĂ© du stimulus : c’est l’hyperpathie.
Fait essentiel, ces douleurs neurologiques rĂ©sistent habituellement aux antalgiques des trois niveaux de l’OMS, efficaces sur les douleurs par excĂšs de nociception, y compris la morphine, le plus souvent. La composante fulgurante de ces douleurs neurologiques est habituellement sensible aux antiĂ©pileptiques, alors que, sur leur fond douloureux permanent, les mĂ©dicaments les plus actifs sont les antidĂ©presseurs. Mais l’on peut Ă©galement recourir Ă  des techniques telles que la neurostimulation ou les blocs anesthĂ©siques.
La plupart de ces douleurs neurologiques, sourtout chroniques, s’accompagnent d’une grande anxiĂ©tĂ© rĂ©actionnelle, d’un fond dĂ©pressif et d’une modofication de l’image corporelle. Les patients qui en souffrent bĂ©nĂ©ficient d’une prise en charge psychologique passant par le corps souffrant. L’approche comportementale, la relaxation, la sophrologie, Ă  dĂ©faut d’abolir totalement la douleur, aident souvent les patients Ă  mieux la contrĂŽler, en leur faisant prendre conscience qu’il existe en eux une sorte de « rhĂ©ostat de la douleur » variable selon l’état psychologique, les comportements, l’activitĂ©. Ceci conduit Ă  une attitude interactive oĂč le patient apprend Ă  co-gĂ©rer sa douleur avec son mĂ©decin.
On peut rapprocher de ces douleurs neurologiques les causalgies (dues Ă  des lĂ©sions des fibres sympathiques) et les douleurs des algodystrophies : celles-ci s’accompagnent souvent d’une chaleur locale, d’un ƓdĂšme et de modifications vasomotrices et sudorales en regard de l’articulation touchĂ©e ; ce curieux phĂ©nomĂšne, frĂ©quent, se rencontre entre autres dans les suites de traumatismes et d’interventions chirurgicales, mais aussi comme complication de maladies trĂšs diverses (infarctus du myocarde, cancer du poumon, diabĂšte
). Les algodystrophies seraient la consĂ©quence d’anomalies de la microcirculation induites par une hyperactivitĂ© du systĂšme nerveux sympathique, selon l’ancienne thĂ©orie de RenĂ© Leriche, le cĂ©lĂšbre chirurgien de la douleur. Un exemple caractĂ©ristique est fourni par la « maladie du plĂątre » : une « simple » fracture du pĂ©ronĂ© peut venir se compliquer, aprĂšs ablation du plĂątre, d’une telle algodystrophie, dont le traitement fait appel Ă  bien d’autres stratĂ©gies que les antalgiques usuels.

LES DOULEURS PSYCHOGÈNES

Leur rĂ©alitĂ© mĂȘme est discutĂ©e. SchĂ©matiquement, il s’agit de douleurs sans lĂ©sions apparentes malgrĂ© un bilan Ă©tiologique attentif. Le plus souvent elles rĂ©sultent en fait d’une sommation entre une petite lĂ©sion qui fait office d’épine irritative et surtout des phĂ©nomĂšnes psychologiques d’amplification de la douleur. La douleur psychogĂšne est une douleur vĂ©cue dans le corps mais dont la cause essentielle est dans le psychisme.
Ce type de douleurs est un peu le reflet de notre non-savoir. Le « je ne vois rien » du mĂ©decin – ou, pire, le pĂ©remptoire et imprudent « vous n’avez rien » –, plutĂŽt que d’ĂȘtre vĂ©cu comme une nouvelle rassurante par le patient, a gĂ©nĂ©ralement tendance Ă  l’inquiĂ©ter : parce que si « c’est dans la tĂȘte », le malade est vite enclin Ă  penser en termes de culpabilitĂ©, de honte, se sentant peu ou prou du cĂŽtĂ© des nĂ©vropathes, des fous, voire des simulateurs. Cette interprĂ©tation est non seulement trĂšs discutable mais elle constitue en outre une mĂ©prise. Pourquoi ? Nous avons vu combien est complexe la sensation douloureuse, combien peuvent ĂȘtre riches les Ă©motions qu’elle suscite et les comportements qu’elle entraĂźne. Aussi, affirmer de maniĂšre pĂ©remptoire qu’une douleur est psychogĂšne uniquement parce qu’elle ne s’inscrit pas dans la logique du savoir actuel sur le corps, c’est risquer une dĂ©-liaison dangereuse entre corps et psychisme.
Toute douleur retentit sur le psychique. La dimension psychologique peut interagir avec le corps en allant jusqu’à crĂ©er des lĂ©sions authentiques (tel l’ulcĂšre d’estomac engendrĂ© par le stress). L’on voit combien sont complexes les rapports entre le psychique et l’organique. Ayons donc toujours Ă  l’esprit que « si c’est nerveux, ce n’est pas rien » : lĂ  oĂč il y a du corps parlĂ© (psychologique), il y a du corps Ă©crit (biologique), mĂȘme si nous ne sommes pas en mesure d’en identifier aujourd’hui toutes les signatures biologiques.
Quelque chose peut dysfonctionner sans qu’il y ait de panne Ă  proprement parler. En matiĂšre de sensation douloureuse, c’est du cĂŽtĂ© de l’émotionnel qu’il faudra regarder attentivement. En effet, les douleurs sans lĂ©sions apparentes peuvent ĂȘtre engendrĂ©es par les tensions créées dans le corps par une rĂ©action Ă©motionnelle profonde. Lequel d’entre nous n’a Ă©prouvĂ© des douleurs musculaires Ă  la suite d’une tension psychologique, ...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Préface
  5. Avant-propos
  6. PREMIÈRE PARTIE - Écouter, croire, Ă©valuer
  7. DEUXIÈME PARTIE - Soulager
  8. TROISIÈME PARTIE - Changer les mentalités
  9. Conclusion
  10. Postface
  11. Annexes
  12. Bibliographie
  13. Table
  14. Des mĂȘmes auteurs

Foire aux questions

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