
- 368 pages
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Le Lait : vrais et faux dangers
Ă propos de ce livre
Lait, yaourts, fromages sont aujourd'hui sur la sellette. On va mĂȘme parfois jusqu'Ă prophĂ©tiser qu'ils favoriseraient l'ostĂ©oporose, qu'ils seraient source d'obĂ©sitĂ©, de diabĂšte, d'hypertension ou encore de cancer. OĂč est le vrai ? OĂč est le faux ? Quel est leur apport indispensable et quels en sont les bienfaits : l'un des meilleurs spĂ©cialistes français des graisses propose toutes les clĂ©s qui permettent d'y voir plus clair dans notre assiette et de ne pas ĂȘtre victimes de la dĂ©sinformation visant Ă promouvoir faux laits, substituts et autres supercheries. Pour vraiment « manger sain », une seule solution : mieux connaĂźtre les vĂ©ritables besoins de notre corps et ce que l'on trouve dans les aliments. Et, pour ce faire, s'inspirer des conseils comme ceux que formule ici le Dr Jean-Marie Bourre, partisan de longue date du « bien manger » !Avec La DiĂ©tĂ©tique du cerveau, Jean-Marie Bourre a profondĂ©ment renouvelĂ© le discours sur la nutrition. Membre de l'AcadĂ©mie nationale de mĂ©decine, il a dirigĂ© une unitĂ© de recherche de l'Inserm. Il a Ă©galement publiĂ© La VĂ©ritĂ© sur les omĂ©ga-3 et Bien manger : vrais et faux dangers.
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9782738124722
Chapitre 8
Pathologies :
vraies rumeurs, faux problĂšmes
et authentiques
désinformations
vraies rumeurs, faux problĂšmes
et authentiques
désinformations
Dans le monde de la nutrition, nâoubliez pas que les connaissances scientifiques et mĂ©dicales restent encore minuscules, fragmentaires ; les domaines inconnus sont infiniment plus nombreux que ceux qui sont explorĂ©s. De ce fait, nombre de gourous sâengouffrent dans ces vides de savoir, pour claironner quâils dĂ©tiennent la clef de toutes les pathologies. Omettant, le plus souvent, que lâabsence de preuve expĂ©rimentale de lâeffet dâune substance (y compris alimentaire) nâest pas la preuve de lâabsence dâeffet. Or câest systĂ©matiquement mis en avant, Ă dĂ©charge.
La posture des dĂ©tracteurs du lait, qui sâautoproclament scientifiques, sâappuie sur un grand nombre de citations bibliographiques, parfois mĂȘme prĂ©sentĂ©es sous forme de diarrhĂ©es de rĂ©fĂ©rences. Quand le spĂ©cialiste y regarde de prĂšs, il constate que la plupart ne concernent Ă©lectivement, au mieux, que des travaux dĂ©favorables au lait (souvent publiĂ©s dans des journaux Ă peine scientifiques et sans aucun contrĂŽle, voire de petites revues sectaires), occultant presque systĂ©matiquement, et dĂ©libĂ©rĂ©ment, les innombrables rĂ©sultats favorables (notamment ceux concernant le calcium), quâil sâagisse dâessais sur lâanimal, comme dâĂ©tudes sur lâhomme. Il reste permis de se poser de lĂ©gitimes questions sur ces prĂ©tendues analyses ; y compris celles menĂ©es, par exemple, par les membres de quelque association de mĂ©decins trĂšs engagĂ©s contre le lait ; Hippocrate doit se retourner dans sa tombe. Ils ont parfois dĂ©couvert que la terre est cubique, voire que la formule de lâeau nâest pas H2O, comme lâaffirme ce quâils taxent de « science officielle ». AssĂ©ner quâune chose « est prouvĂ©e », semble les exonĂ©rer de lâapport de toute preuve, rigoureuse sâentend.
Pour les besoins de la cause, des hypothĂšses sont muĂ©es en vĂ©ritĂ©s scientifiques inĂ©branlables, des corrĂ©lations sont transformĂ©es en causalitĂ©. Il est vrai que les Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques dâobservation (elles consistent Ă observer ce que les gens mangent, en regard de quelles maladies ils sont affectĂ©s, ou non) sont frĂ©quemment trop imprĂ©cises, et ne permettent en gĂ©nĂ©ral pas de dĂ©celer, de prime abord, un effet positif du lait, des produits laitiers ; et, le plus souvent du calcium lui-mĂȘme. Sachez que seules les Ă©tudes dâintervention (on donne le nutriment, et on en observe les effets) permettent de conclure, Ă condition quâelles incluent deux groupes comparables, lâun nâĂ©tant pas supplĂ©mentĂ© en calcium, lâautre devant lâĂȘtre, avec du lait en lâoccurrence. Les dĂ©tracteurs du lait oublient systĂ©matiquement de rappeler les effets bĂ©nĂ©fiques du lait et du calcium sur lâhypertension artĂ©rielle, sur le cancer colorectal, sur la lithiase oxalique. Prenons dâentrĂ©e de jeu une rĂ©fĂ©rence qui est parmi les plus sĂ©rieuses, mais quâils utilisent abusivement. Il sâagit dâune Ă©tude française, portant sur la cohorte SUVIMAX. Elle pourrait montrer, aprĂšs une interprĂ©tation indirecte de donnĂ©es obtenues dans un tout autre but, un effet dĂ©favorable du lait et (ou) du calcium, sur le nombre de cancer de la prostate ; rĂ©sultat qui ne fait dâailleurs pas lâunanimitĂ© des conclusions des mĂ©ta-analyses rĂ©centes. Malheureusement, il est opportunĂ©ment oubliĂ©, par mauvaise foi, que cette mĂȘme Ă©tude a montrĂ© un effet opposĂ© bĂ©nĂ©fique sur le cancer du sein, rĂ©sultat qui ne peut pas non plus, au moins pour le moment, ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© car dâautres Ă©tudes ne le confirment pas.
Quâen est-il exactement ? Commençons par un peu de quasi lubrique.
Fertilité masculine et fonction féminine
Quelques illuminĂ©s prĂ©tendent dĂ©tenir des trucs magiques pour vaincre la stĂ©rilitĂ© ; ou, pis dans une certaine mesure, pour choisir le sexe de lâenfant Ă venir. En oubliant souvent les basiques, en dâautres termes les effets des aliments et de leurs nutriments. Tels les omĂ©ga-3, prĂ©sents en quantitĂ© dans les gamĂštes, contribuant directement Ă la fluiditĂ© des membranes, bref Ă la souplesse des spermatozoĂŻdes, donc Ă leur vitesse de dĂ©placement, et aux mĂ©canismes de fĂ©condation. Les antioxydants sont puissamment actifs pour protĂ©ger tout ce petit monde. Mais câest le calcium qui focalise lâattention depuis quelque temps. Quoique, parmi les oligoĂ©lĂ©ments, se distinguent aussi le magnĂ©sium, le zinc, le cuivre et le sĂ©lĂ©nium.
Le calcium constitue donc un nutriment essentiel, sâil en est, notamment parce quâil rĂ©gule de nombreux processus physiologiques cellulaires (il en a dĂ©jĂ Ă©tĂ© question dans un chapitre prĂ©cĂ©dent de ce livre) ; y compris pour ce qui concerne les spermatozoĂŻdes, en particulier leur mobilitĂ© et leur « agressivitĂ© » pour sâimplanter dans lâĆuf. Plus spĂ©cifiquement, dans ceux des mammifĂšres, lâion calcium dĂ©clenche ce que lâon appelle la capacitation, qui est la rĂ©action acrosomique (ce qui se passe dans la partie antĂ©rieure de la « bĂ©bĂȘte », coiffant son noyau, câest-Ă -dire les processus initiant la suite des Ă©vĂ©nements). Bref, il contribue Ă sa virilitĂ© ! Les divers tissus qui concourent Ă la qualitĂ© du sperme sont riches en calcium â sont donc concernĂ©s la prostate, les vĂ©sicules sĂ©minales et lâĂ©pididyme. Il faut rappeler que plusieurs Ă©tudes ont recherchĂ© â et trouvĂ© â une association entre le manque de calcium et lâinfertilitĂ© masculine. Ainsi, sa rĂ©duction notable sous forme ionisĂ©e dans le liquide sĂ©minal a Ă©tĂ© mesurĂ©e chez des hommes prĂ©sentant une asthĂ©no-zoospermie (ce qui veut dire que leurs spermatozoĂŻdes sont asthĂ©niques, pĂąlichons, geignards et fainĂ©ants), sans dâailleurs que la concentration totale sĂ©minale en calcium ne soit diffĂ©rente de celle des hommes « normaux ». Pour faire simple, la diminution de la mobilitĂ© des spermatozoĂŻdes dans lâĂ©pididyme y est corrĂ©lĂ©e avec une rĂ©duction de la concentration en ions calcium. De plus, exposer in vitro le sperme Ă de faibles concentrations en calcium augmente leur capacitĂ© fĂ©condante. La relation avec la qualitĂ© de calcium alimentaire absorbĂ© nâest certes pas encore rĂ©alisĂ©e, mais il sâagit dâune piste Ă suivreâŠ

Il y a dĂ©jĂ quelques annĂ©es, une observation attentive a permis de constater que la consommation de yaourts contenant du Lactobacillus acidophilus diminuait la frĂ©quence de la candidose vaginale. Cette affection est dĂ©terminĂ©e par un champignon microscopique du groupe candida, comme son nom lâindique, entraĂźnant des pertes blanches (Ă©coulements dâodeur nausĂ©abonde), des dĂ©mangeaisons dĂ©sagrĂ©ables et bien Ă©videmment une invaliditĂ© sexuelle plus ou moins poussĂ©e. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© sĂ©rieusement mis en avant par une Ă©tude menĂ©e sur quelques dizaines de femmes atteintes de candidoses vaginales Ă rĂ©pĂ©tition, alors quâelles ne prenaient Ă©videmment pas de traitement immuno-suppresseur, ni dâantibiotique de longue durĂ©e, mĂ©dicaments qui ont pour effet adverse de dĂ©truire la flore naturelle et de gĂ©nĂ©rer par contrecoup des candidoses, entre autres. Pendant six mois, les patientes nâont pas mangĂ© de yaourts et durant les six mois suivants elles en ont absorbĂ© 240 g par jour.
Le saviez-vous ?
La constatation fut quâil y a significativement moins dâĂ©pisodes de candidose vaginale, pendant les six mois de consommation de yaourts que pendant la pĂ©riode sans. ParallĂšlement, la colonisation par le candida, systĂ©matiquement recherchĂ©e, Ă©tait moins frĂ©quente : le nombre moyen de colonisations positives devenait quatre fois plus faible. AprĂšs vĂ©rification, bien entendu, quâaucun changement de partenaires ou dâhabitudes alimentaires ou sexuelles nâaccompagnait cette diminution.
Ăvidemment le yaourt nâest pas Ă prescrire en application locale, tout du moins pas encore (ce quâont cependant fait plusieurs personnes qui avaient mal interprĂ©tĂ© ce rĂ©sultat, aprĂšs quâil eĂ»t Ă©tĂ© mĂ©diatisĂ© !). Qui eĂ»t cru que le yaourt ait la performance dâĂ©viter la douleur pour permettre le plaisir ?
Dans le mĂȘme esprit, il est inutile de boire goulĂ»ment â par prĂ©caution â du « lait » de coco, bien que des chercheurs français aient rĂ©cemment trouvĂ© quâil contenait une substance capable de maintenir vivace le spermatozoĂŻde, car ce rĂ©sultat a Ă©tĂ© obtenu seulement dans le tube Ă essai du laboratoire, malheureusement pour le moment.
Quelques définitions indispensables
Les rĂ©sultats des recherches mĂ©dicales portant sur des observations Ă©pidĂ©miologiques reposent sur des mĂ©thodologies strictement dĂ©finies ; vous rencontrez leurs noms relativement souvent, dans la presse ou ailleurs. Il nâest donc peut-ĂȘtre pas inutile de prĂ©ciser leurs noms et leurs significations, avant de passer aux choses sĂ©rieuses, câest-Ă -dire aux relations entre les principales maladies et la consommation de produits laitiers. Car, avant tout, mĂȘme si câest un peu fastidieux, il nous faut ĂȘtre en accord sur les dĂ©finitions des diverses Ă©tudes : « Ă©cologiques », « cas-tĂ©moins », « cohortes », « dâintervention », et autres mĂ©ta-analyses. Dâautant que les mots utilisĂ©s pour les dĂ©finir nâont pas toujours leur signification habituelle.
Une « Ă©tude Ă©cologique » nâest pas ce que son appellation semble spontanĂ©ment exprimer. En effet, tout simplement, sur une population donnĂ©e, sont parallĂšlement observĂ©es son alimentation et les pathologies dont elle souffre ; la mĂȘme observation Ă©tant strictement faite sur une autre population, ailleurs. Il est donc possible dâĂ©tablir des comparaisons ou des corrĂ©lations. Mais la grande difficultĂ©, sinon le piĂšge, est de les transformer en causalitĂ©s ; dâautant que les lieux gĂ©ographiques ne sont pas les mĂȘmes, leurs traditions alimentaires peuvent diffĂ©rer, parfois considĂ©rablement. Il nâempĂȘche que certains nâhĂ©sitent pas Ă comparer les Esquimaux et les Bantous !
LâĂ©tude « cas-tĂ©moins », quant Ă elle, porte sur une seule population, dont les personnes indemnes dâune pathologie donnĂ©e sont comparĂ©es Ă celles qui en sont atteintes. Parfois les chercheurs sont optimistes, prĂ©fĂ©rant voir la bouteille Ă moitiĂ© pleine : ils examinent alors des bien-portants plutĂŽt que les malades, comparant alors les individus qui bĂ©nĂ©ficient dâun avantage Ă dâautres qui en sont privĂ©s. LĂ encore, on ne peut pas conclure Ă une relation causale, dâautant que nombre de malades changent leurs habitudes alimentaires aprĂšs le diagnostic (cancer, infarctus), et gardent souvent un souvenir plus ou moins altĂ©rĂ© de ce quâils ont mangĂ©, ce qui est source de biais.
Une « Ă©tude de cohortes » est prospective, donc plus fiable, mais elle exige beaucoup plus de temps ; car il faut suivre les personnes pendant plusieurs annĂ©es, le budget sâen trouve donc consĂ©quent. Il y est Ă©tudiĂ©, en deux sĂ©quences chronologiques successives, ce qui se passe chez chacun des sujets avant que se dĂ©clare la maladie ; puis sont prĂ©cisĂ©ment analysĂ©s les Ă©vĂ©nements qui suivent le diagnostic. Ce type dâĂ©tude permet dâĂ©voquer des effets « dose-rĂ©ponse », des activitĂ©s de protection. Toutefois, elle ne dĂ©montre pas non plus la relation causale, problĂšme qui reste donc en suspens.
Quant aux « Ă©tudes dâintervention », elles constituent la dĂ©marche ultime de lâĂ©tude Ă©pidĂ©miologique : la substance dâintĂ©rĂȘt (positif) est administrĂ©e, comparĂ©e Ă un placebo, ou bien lâaliment est prescrit, puis les chercheurs observent les Ă©vĂ©nements, permettant Ă©ventuellement de prouver ce qui avait Ă©tĂ© simplement proposĂ© dans les autres types dâĂ©tudes. La corrĂ©lation devient vĂ©ritablement une causalitĂ©, tout au moins quand les rĂ©sultats sont positifs. En dâautres termes, seule lâintroduction de la substance ou de lâaliment est manifestement responsable de la diminution de la pathologie, ou des effets positifs biologiques. Ce travail nĂ©cessite une bonne adhĂ©sion des participants, un excellent Ă©chantillonnage des personnes (qui doit ĂȘtre reprĂ©sentatif), afin dâĂ©viter le principal Ă©cueil, qui rĂ©side dans lâextrapolation des rĂ©sultats Ă la population gĂ©nĂ©rale. Toutes mises sur le marchĂ© de mĂ©dicaments exigent ces Ă©tudes. Elles sont toujours fort onĂ©reuses ; extrĂȘmement rares pour ce qui concerne les aliments, car personne ne veut les financer, dans la mesure ou aucun brevet ne peut en ĂȘtre dĂ©posĂ©, source susceptible de rentabiliser le travail, sinon de profit. La seule limite est que la mesure dâeffets dĂ©lĂ©tĂšres est strictement impossible sur le plan Ă©thique, car il est inimaginable de faire consommer une substance Ă©ventuellement toxique, bien Ă©videmment.
Les mĂ©ta-analyses ? En pratique, la mĂ©ta-analyse nâest pas tout Ă fait, pour la science, ce que le consensus est Ă la dĂ©mocratie : le plus petit dĂ©nominateur commun. Câest peut-ĂȘtre parfois suffisant. Mais pas toujours, loin sâen faut. Une telle mĂ©thodologie peut sâavĂ©rer inhibitrice. Car, en dâautres termes, dans le sacro-saint consensus, sâil y a un doute ou si lâun des experts nâest pas dâaccord, rien ne peut ĂȘtre fait. Câest la dictature de lâunanimitĂ©, absolument paralysante. Mais qui impressionne dans le landerneau. Quâen est-il de la mĂ©ta-analyse ? En mĂ©decine comme en nutrition, en rĂ©aliser une qui soit sĂ©rieuse est extrĂȘmement difficile, car le travail impose de rĂ©unir toutes les Ă©tudes pertinentes dans un domaine, pour obtenir une masse critique permettant de dĂ©gager des informations utiles, aprĂšs avoir Ă©tabli une sorte de « moyenne ». Mais cela suppose que tous les travaux aient Ă©tĂ© menĂ©s dans des conditions identiques, avec les mĂȘmes objectifs, des dosages similaires (aliments ou mĂ©dicaments), pris pendant des durĂ©es voisines par des personnes physiologiquement comparables, vivant dans des environnements proches. Ce qui nâest Ă©videmment que rarement le cas. Donc, quelques « synthĂšses », en particulier portant sur le lait, ou bien sur les omĂ©ga-3, par exemple, sâautoproclament mĂ©ta-analyses, alors quâelles ne sont que fantaisies. Au mieux. Pour en rajouter, elles sont frĂ©quemment exĂ©cutĂ©es par des statisticiens, qui ignorent parfois nombre de donnĂ©es biologiques, physiologiques et mĂ©dicales, ce qui est bien entendu tout Ă fait normal de leur part, mais limite considĂ©rablement la portĂ©e de leur travail. En effet, ils sont obligĂ©s de faire une notation des divers travaux sĂ©lectionnĂ©s dans le cadre de leur mĂ©ta-analyse, leurs mĂ©thodologies imposent de nâen sĂ©lectionner que certains, pour en Ă©liminer dâautres. Sur des critĂšres qui relĂšvent de leur seule spĂ©cialitĂ©, mais ni de la biologie ni de la mĂ©decine. DĂ©monstration pouvant parfois ĂȘtre ainsi faite que le fĂ©mur se situe dans lâavant-bras.
Le saviez-vous ?
Pour ce qui nous concerne plus particuliĂšrement, le lait (plus prĂ©cisĂ©ment son calcium) en relation avec lâossification, en partant dâun mĂȘme corpus de publications scientifiques et mĂ©dicales, des rĂ©sultats opposĂ©s concluent des mĂ©ta-analyses diffĂ©rentes. Pour les pro (qui affirment une corrĂ©lation entre le calcium laitier et la minĂ©ralisation osseuse, de lâenfant et de lâadulte), leur rĂ©sultat est le fruit de lâanalyse de 139 publications. Pour les anti, qui ne voient pas de relation, ils ne sĂ©lectionnent que 57 articles, dâautres 37 seulement. Nul besoin de chercher longuement lâerreur, ou le biais !
Alors, dans quel esprit prĂ©senter les rĂ©sultats ? Pour argumenter ou convaincre, sur une palette qui va de la preuve jusquâĂ lâopinion, il existe dâinnombrables intermĂ©diaires, incluant la conviction, bien Ă©videmment intime. Or chaque critĂšre dâĂ©valuation nâest pas dotĂ© de la mĂȘme valeur scientifique et mĂ©dicale ; par contre ils ont tous, gĂ©nĂ©ralement, la prĂ©tention dâapporter la preuve absolue, en coupant court Ă toute discussion, induisant lâexigence outranciĂšre de lâapplication du principe de prĂ©caution. « Cela est prouvĂ©. » Affirmation pĂ©remptoire qui permet de laisser croire que la chose est vraie, sans rien ajouter ; elle devient dâailleurs « câest avĂ©rĂ© », quand une teinte scientifique est revendiquĂ©e. Devant le dĂ©ferlement de fantaisistes qui abusent de ces imprĂ©cations, il a fallu revenir aux fondamentaux. Y compris en mĂ©decine. Pour combattre le charlatanisme, des preuves scientifiques sont maintenant exigĂ©es. « Evidence based medecine ». VoilĂ le nouveau mot dâordre. La traduction du mot anglais Ă©vidence, relativement complexe dans sa signification, voudrait ĂȘtre « preuve » en français, ce qui est trop restrictif et pourrait prĂȘter Ă confusion avec tout ce qui touche au monde juridique. Le mot « preuve » devrait ĂȘtre remplacĂ© par « meilleures donnĂ©es acquises de la science ». Mais câ...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Dédicace
- Avertissement
- Introduction - Que sont les produits laitiers ?
- Chapitre premier - Votre avenir dĂ©pend des laits, yaourts et fromages. Un peu dâhistoire et de gĂ©ographie
- Chapitre 2 - Mais si, les produits laitiers luttent contre votre ostéoporose !
- Chapitre 3 - Leurs protéines sont de la meilleure qualité !
- Chapitre 4 - Il y a bon et mauvais gras
- Chapitre 5 - Dégustez des vitamines
- Chapitre 6 - Reconnaßtre les avantages : minéraux et oligoéléments, outre le calcium
- Chapitre 7 - Lâeau et les produits laitiers
- Chapitre 8 - Pathologies : vraies rumeurs, faux problÚmes et authentiques désinformations
- Chapitre 9 - Nos vaches ne tuent pas la planÚte
- Conclusion - Le lait nâest pas une vacherie !
- Quelques conseils pratiques
- Tables de composition des produits laitiers
- Références bibliographiques
- Du mĂȘme auteur