Le Lait : vrais et faux dangers
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Le Lait : vrais et faux dangers

  1. 368 pages
  2. French
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Le Lait : vrais et faux dangers

À propos de ce livre

Lait, yaourts, fromages sont aujourd'hui sur la sellette. On va mĂȘme parfois jusqu'Ă  prophĂ©tiser qu'ils favoriseraient l'ostĂ©oporose, qu'ils seraient source d'obĂ©sitĂ©, de diabĂšte, d'hypertension ou encore de cancer. OĂč est le vrai ? OĂč est le faux ? Quel est leur apport indispensable et quels en sont les bienfaits : l'un des meilleurs spĂ©cialistes français des graisses propose toutes les clĂ©s qui permettent d'y voir plus clair dans notre assiette et de ne pas ĂȘtre victimes de la dĂ©sinformation visant Ă  promouvoir faux laits, substituts et autres supercheries. Pour vraiment « manger sain », une seule solution : mieux connaĂźtre les vĂ©ritables besoins de notre corps et ce que l'on trouve dans les aliments. Et, pour ce faire, s'inspirer des conseils comme ceux que formule ici le Dr Jean-Marie Bourre, partisan de longue date du « bien manger » !Avec La DiĂ©tĂ©tique du cerveau, Jean-Marie Bourre a profondĂ©ment renouvelĂ© le discours sur la nutrition. Membre de l'AcadĂ©mie nationale de mĂ©decine, il a dirigĂ© une unitĂ© de recherche de l'Inserm. Il a Ă©galement publiĂ© La VĂ©ritĂ© sur les omĂ©ga-3 et Bien manger : vrais et faux dangers.

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2010
ISBN de l'eBook
9782738197986
Imprimer l'ISBN
9782738124722
Chapitre 8
Pathologies :
vraies rumeurs, faux problĂšmes
et authentiques
désinformations
Dans le monde de la nutrition, n’oubliez pas que les connaissances scientifiques et mĂ©dicales restent encore minuscules, fragmentaires ; les domaines inconnus sont infiniment plus nombreux que ceux qui sont explorĂ©s. De ce fait, nombre de gourous s’engouffrent dans ces vides de savoir, pour claironner qu’ils dĂ©tiennent la clef de toutes les pathologies. Omettant, le plus souvent, que l’absence de preuve expĂ©rimentale de l’effet d’une substance (y compris alimentaire) n’est pas la preuve de l’absence d’effet. Or c’est systĂ©matiquement mis en avant, Ă  dĂ©charge.
La posture des dĂ©tracteurs du lait, qui s’autoproclament scientifiques, s’appuie sur un grand nombre de citations bibliographiques, parfois mĂȘme prĂ©sentĂ©es sous forme de diarrhĂ©es de rĂ©fĂ©rences. Quand le spĂ©cialiste y regarde de prĂšs, il constate que la plupart ne concernent Ă©lectivement, au mieux, que des travaux dĂ©favorables au lait (souvent publiĂ©s dans des journaux Ă  peine scientifiques et sans aucun contrĂŽle, voire de petites revues sectaires), occultant presque systĂ©matiquement, et dĂ©libĂ©rĂ©ment, les innombrables rĂ©sultats favorables (notamment ceux concernant le calcium), qu’il s’agisse d’essais sur l’animal, comme d’études sur l’homme. Il reste permis de se poser de lĂ©gitimes questions sur ces prĂ©tendues analyses ; y compris celles menĂ©es, par exemple, par les membres de quelque association de mĂ©decins trĂšs engagĂ©s contre le lait ; Hippocrate doit se retourner dans sa tombe. Ils ont parfois dĂ©couvert que la terre est cubique, voire que la formule de l’eau n’est pas H2O, comme l’affirme ce qu’ils taxent de « science officielle ». AssĂ©ner qu’une chose « est prouvĂ©e », semble les exonĂ©rer de l’apport de toute preuve, rigoureuse s’entend.
Pour les besoins de la cause, des hypothĂšses sont muĂ©es en vĂ©ritĂ©s scientifiques inĂ©branlables, des corrĂ©lations sont transformĂ©es en causalitĂ©. Il est vrai que les Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques d’observation (elles consistent Ă  observer ce que les gens mangent, en regard de quelles maladies ils sont affectĂ©s, ou non) sont frĂ©quemment trop imprĂ©cises, et ne permettent en gĂ©nĂ©ral pas de dĂ©celer, de prime abord, un effet positif du lait, des produits laitiers ; et, le plus souvent du calcium lui-mĂȘme. Sachez que seules les Ă©tudes d’intervention (on donne le nutriment, et on en observe les effets) permettent de conclure, Ă  condition qu’elles incluent deux groupes comparables, l’un n’étant pas supplĂ©mentĂ© en calcium, l’autre devant l’ĂȘtre, avec du lait en l’occurrence. Les dĂ©tracteurs du lait oublient systĂ©matiquement de rappeler les effets bĂ©nĂ©fiques du lait et du calcium sur l’hypertension artĂ©rielle, sur le cancer colorectal, sur la lithiase oxalique. Prenons d’entrĂ©e de jeu une rĂ©fĂ©rence qui est parmi les plus sĂ©rieuses, mais qu’ils utilisent abusivement. Il s’agit d’une Ă©tude française, portant sur la cohorte SUVIMAX. Elle pourrait montrer, aprĂšs une interprĂ©tation indirecte de donnĂ©es obtenues dans un tout autre but, un effet dĂ©favorable du lait et (ou) du calcium, sur le nombre de cancer de la prostate ; rĂ©sultat qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimitĂ© des conclusions des mĂ©ta-analyses rĂ©centes. Malheureusement, il est opportunĂ©ment oubliĂ©, par mauvaise foi, que cette mĂȘme Ă©tude a montrĂ© un effet opposĂ© bĂ©nĂ©fique sur le cancer du sein, rĂ©sultat qui ne peut pas non plus, au moins pour le moment, ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© car d’autres Ă©tudes ne le confirment pas.
Qu’en est-il exactement ? Commençons par un peu de quasi lubrique.
Fertilité masculine et fonction féminine
Quelques illuminĂ©s prĂ©tendent dĂ©tenir des trucs magiques pour vaincre la stĂ©rilitĂ© ; ou, pis dans une certaine mesure, pour choisir le sexe de l’enfant Ă  venir. En oubliant souvent les basiques, en d’autres termes les effets des aliments et de leurs nutriments. Tels les omĂ©ga-3, prĂ©sents en quantitĂ© dans les gamĂštes, contribuant directement Ă  la fluiditĂ© des membranes, bref Ă  la souplesse des spermatozoĂŻdes, donc Ă  leur vitesse de dĂ©placement, et aux mĂ©canismes de fĂ©condation. Les antioxydants sont puissamment actifs pour protĂ©ger tout ce petit monde. Mais c’est le calcium qui focalise l’attention depuis quelque temps. Quoique, parmi les oligoĂ©lĂ©ments, se distinguent aussi le magnĂ©sium, le zinc, le cuivre et le sĂ©lĂ©nium.
Le calcium constitue donc un nutriment essentiel, s’il en est, notamment parce qu’il rĂ©gule de nombreux processus physiologiques cellulaires (il en a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© question dans un chapitre prĂ©cĂ©dent de ce livre) ; y compris pour ce qui concerne les spermatozoĂŻdes, en particulier leur mobilitĂ© et leur « agressivitĂ© » pour s’implanter dans l’Ɠuf. Plus spĂ©cifiquement, dans ceux des mammifĂšres, l’ion calcium dĂ©clenche ce que l’on appelle la capacitation, qui est la rĂ©action acrosomique (ce qui se passe dans la partie antĂ©rieure de la « bĂ©bĂȘte », coiffant son noyau, c’est-Ă -dire les processus initiant la suite des Ă©vĂ©nements). Bref, il contribue Ă  sa virilitĂ© ! Les divers tissus qui concourent Ă  la qualitĂ© du sperme sont riches en calcium – sont donc concernĂ©s la prostate, les vĂ©sicules sĂ©minales et l’épididyme. Il faut rappeler que plusieurs Ă©tudes ont recherchĂ© – et trouvĂ© – une association entre le manque de calcium et l’infertilitĂ© masculine. Ainsi, sa rĂ©duction notable sous forme ionisĂ©e dans le liquide sĂ©minal a Ă©tĂ© mesurĂ©e chez des hommes prĂ©sentant une asthĂ©no-zoospermie (ce qui veut dire que leurs spermatozoĂŻdes sont asthĂ©niques, pĂąlichons, geignards et fainĂ©ants), sans d’ailleurs que la concentration totale sĂ©minale en calcium ne soit diffĂ©rente de celle des hommes « normaux ». Pour faire simple, la diminution de la mobilitĂ© des spermatozoĂŻdes dans l’épididyme y est corrĂ©lĂ©e avec une rĂ©duction de la concentration en ions calcium. De plus, exposer in vitro le sperme Ă  de faibles concentrations en calcium augmente leur capacitĂ© fĂ©condante. La relation avec la qualitĂ© de calcium alimentaire absorbĂ© n’est certes pas encore rĂ©alisĂ©e, mais il s’agit d’une piste Ă  suivre

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PrĂ©server la fonction : le yaourt Ă  l’assaut des candidoses vaginales !
Il y a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es, une observation attentive a permis de constater que la consommation de yaourts contenant du Lactobacillus acidophilus diminuait la frĂ©quence de la candidose vaginale. Cette affection est dĂ©terminĂ©e par un champignon microscopique du groupe candida, comme son nom l’indique, entraĂźnant des pertes blanches (Ă©coulements d’odeur nausĂ©abonde), des dĂ©mangeaisons dĂ©sagrĂ©ables et bien Ă©videmment une invaliditĂ© sexuelle plus ou moins poussĂ©e. Ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© sĂ©rieusement mis en avant par une Ă©tude menĂ©e sur quelques dizaines de femmes atteintes de candidoses vaginales Ă  rĂ©pĂ©tition, alors qu’elles ne prenaient Ă©videmment pas de traitement immuno-suppresseur, ni d’antibiotique de longue durĂ©e, mĂ©dicaments qui ont pour effet adverse de dĂ©truire la flore naturelle et de gĂ©nĂ©rer par contrecoup des candidoses, entre autres. Pendant six mois, les patientes n’ont pas mangĂ© de yaourts et durant les six mois suivants elles en ont absorbĂ© 240 g par jour.
Le saviez-vous ?
La constatation fut qu’il y a significativement moins d’épisodes de candidose vaginale, pendant les six mois de consommation de yaourts que pendant la pĂ©riode sans. ParallĂšlement, la colonisation par le candida, systĂ©matiquement recherchĂ©e, Ă©tait moins frĂ©quente : le nombre moyen de colonisations positives devenait quatre fois plus faible. AprĂšs vĂ©rification, bien entendu, qu’aucun changement de partenaires ou d’habitudes alimentaires ou sexuelles n’accompagnait cette diminution.
Évidemment le yaourt n’est pas Ă  prescrire en application locale, tout du moins pas encore (ce qu’ont cependant fait plusieurs personnes qui avaient mal interprĂ©tĂ© ce rĂ©sultat, aprĂšs qu’il eĂ»t Ă©tĂ© mĂ©diatisĂ© !). Qui eĂ»t cru que le yaourt ait la performance d’éviter la douleur pour permettre le plaisir ?
Dans le mĂȘme esprit, il est inutile de boire goulĂ»ment – par prĂ©caution – du « lait » de coco, bien que des chercheurs français aient rĂ©cemment trouvĂ© qu’il contenait une substance capable de maintenir vivace le spermatozoĂŻde, car ce rĂ©sultat a Ă©tĂ© obtenu seulement dans le tube Ă  essai du laboratoire, malheureusement pour le moment.
Quelques définitions indispensables
Les rĂ©sultats des recherches mĂ©dicales portant sur des observations Ă©pidĂ©miologiques reposent sur des mĂ©thodologies strictement dĂ©finies ; vous rencontrez leurs noms relativement souvent, dans la presse ou ailleurs. Il n’est donc peut-ĂȘtre pas inutile de prĂ©ciser leurs noms et leurs significations, avant de passer aux choses sĂ©rieuses, c’est-Ă -dire aux relations entre les principales maladies et la consommation de produits laitiers. Car, avant tout, mĂȘme si c’est un peu fastidieux, il nous faut ĂȘtre en accord sur les dĂ©finitions des diverses Ă©tudes : « Ă©cologiques », « cas-tĂ©moins », « cohortes », « d’intervention », et autres mĂ©ta-analyses. D’autant que les mots utilisĂ©s pour les dĂ©finir n’ont pas toujours leur signification habituelle.
Une « Ă©tude Ă©cologique » n’est pas ce que son appellation semble spontanĂ©ment exprimer. En effet, tout simplement, sur une population donnĂ©e, sont parallĂšlement observĂ©es son alimentation et les pathologies dont elle souffre ; la mĂȘme observation Ă©tant strictement faite sur une autre population, ailleurs. Il est donc possible d’établir des comparaisons ou des corrĂ©lations. Mais la grande difficultĂ©, sinon le piĂšge, est de les transformer en causalitĂ©s ; d’autant que les lieux gĂ©ographiques ne sont pas les mĂȘmes, leurs traditions alimentaires peuvent diffĂ©rer, parfois considĂ©rablement. Il n’empĂȘche que certains n’hĂ©sitent pas Ă  comparer les Esquimaux et les Bantous !
L’étude « cas-tĂ©moins », quant Ă  elle, porte sur une seule population, dont les personnes indemnes d’une pathologie donnĂ©e sont comparĂ©es Ă  celles qui en sont atteintes. Parfois les chercheurs sont optimistes, prĂ©fĂ©rant voir la bouteille Ă  moitiĂ© pleine : ils examinent alors des bien-portants plutĂŽt que les malades, comparant alors les individus qui bĂ©nĂ©ficient d’un avantage Ă  d’autres qui en sont privĂ©s. LĂ  encore, on ne peut pas conclure Ă  une relation causale, d’autant que nombre de malades changent leurs habitudes alimentaires aprĂšs le diagnostic (cancer, infarctus), et gardent souvent un souvenir plus ou moins altĂ©rĂ© de ce qu’ils ont mangĂ©, ce qui est source de biais.
Une « Ă©tude de cohortes » est prospective, donc plus fiable, mais elle exige beaucoup plus de temps ; car il faut suivre les personnes pendant plusieurs annĂ©es, le budget s’en trouve donc consĂ©quent. Il y est Ă©tudiĂ©, en deux sĂ©quences chronologiques successives, ce qui se passe chez chacun des sujets avant que se dĂ©clare la maladie ; puis sont prĂ©cisĂ©ment analysĂ©s les Ă©vĂ©nements qui suivent le diagnostic. Ce type d’étude permet d’évoquer des effets « dose-rĂ©ponse », des activitĂ©s de protection. Toutefois, elle ne dĂ©montre pas non plus la relation causale, problĂšme qui reste donc en suspens.
Quant aux « Ă©tudes d’intervention », elles constituent la dĂ©marche ultime de l’étude Ă©pidĂ©miologique : la substance d’intĂ©rĂȘt (positif) est administrĂ©e, comparĂ©e Ă  un placebo, ou bien l’aliment est prescrit, puis les chercheurs observent les Ă©vĂ©nements, permettant Ă©ventuellement de prouver ce qui avait Ă©tĂ© simplement proposĂ© dans les autres types d’études. La corrĂ©lation devient vĂ©ritablement une causalitĂ©, tout au moins quand les rĂ©sultats sont positifs. En d’autres termes, seule l’introduction de la substance ou de l’aliment est manifestement responsable de la diminution de la pathologie, ou des effets positifs biologiques. Ce travail nĂ©cessite une bonne adhĂ©sion des participants, un excellent Ă©chantillonnage des personnes (qui doit ĂȘtre reprĂ©sentatif), afin d’éviter le principal Ă©cueil, qui rĂ©side dans l’extrapolation des rĂ©sultats Ă  la population gĂ©nĂ©rale. Toutes mises sur le marchĂ© de mĂ©dicaments exigent ces Ă©tudes. Elles sont toujours fort onĂ©reuses ; extrĂȘmement rares pour ce qui concerne les aliments, car personne ne veut les financer, dans la mesure ou aucun brevet ne peut en ĂȘtre dĂ©posĂ©, source susceptible de rentabiliser le travail, sinon de profit. La seule limite est que la mesure d’effets dĂ©lĂ©tĂšres est strictement impossible sur le plan Ă©thique, car il est inimaginable de faire consommer une substance Ă©ventuellement toxique, bien Ă©videmment.
Les mĂ©ta-analyses ? En pratique, la mĂ©ta-analyse n’est pas tout Ă  fait, pour la science, ce que le consensus est Ă  la dĂ©mocratie : le plus petit dĂ©nominateur commun. C’est peut-ĂȘtre parfois suffisant. Mais pas toujours, loin s’en faut. Une telle mĂ©thodologie peut s’avĂ©rer inhibitrice. Car, en d’autres termes, dans le sacro-saint consensus, s’il y a un doute ou si l’un des experts n’est pas d’accord, rien ne peut ĂȘtre fait. C’est la dictature de l’unanimitĂ©, absolument paralysante. Mais qui impressionne dans le landerneau. Qu’en est-il de la mĂ©ta-analyse ? En mĂ©decine comme en nutrition, en rĂ©aliser une qui soit sĂ©rieuse est extrĂȘmement difficile, car le travail impose de rĂ©unir toutes les Ă©tudes pertinentes dans un domaine, pour obtenir une masse critique permettant de dĂ©gager des informations utiles, aprĂšs avoir Ă©tabli une sorte de « moyenne ». Mais cela suppose que tous les travaux aient Ă©tĂ© menĂ©s dans des conditions identiques, avec les mĂȘmes objectifs, des dosages similaires (aliments ou mĂ©dicaments), pris pendant des durĂ©es voisines par des personnes physiologiquement comparables, vivant dans des environnements proches. Ce qui n’est Ă©videmment que rarement le cas. Donc, quelques « synthĂšses », en particulier portant sur le lait, ou bien sur les omĂ©ga-3, par exemple, s’autoproclament mĂ©ta-analyses, alors qu’elles ne sont que fantaisies. Au mieux. Pour en rajouter, elles sont frĂ©quemment exĂ©cutĂ©es par des statisticiens, qui ignorent parfois nombre de donnĂ©es biologiques, physiologiques et mĂ©dicales, ce qui est bien entendu tout Ă  fait normal de leur part, mais limite considĂ©rablement la portĂ©e de leur travail. En effet, ils sont obligĂ©s de faire une notation des divers travaux sĂ©lectionnĂ©s dans le cadre de leur mĂ©ta-analyse, leurs mĂ©thodologies imposent de n’en sĂ©lectionner que certains, pour en Ă©liminer d’autres. Sur des critĂšres qui relĂšvent de leur seule spĂ©cialitĂ©, mais ni de la biologie ni de la mĂ©decine. DĂ©monstration pouvant parfois ĂȘtre ainsi faite que le fĂ©mur se situe dans l’avant-bras.
Le saviez-vous ?
Pour ce qui nous concerne plus particuliĂšrement, le lait (plus prĂ©cisĂ©ment son calcium) en relation avec l’ossification, en partant d’un mĂȘme corpus de publications scientifiques et mĂ©dicales, des rĂ©sultats opposĂ©s concluent des mĂ©ta-analyses diffĂ©rentes. Pour les pro (qui affirment une corrĂ©lation entre le calcium laitier et la minĂ©ralisation osseuse, de l’enfant et de l’adulte), leur rĂ©sultat est le fruit de l’analyse de 139 publications. Pour les anti, qui ne voient pas de relation, ils ne sĂ©lectionnent que 57 articles, d’autres 37 seulement. Nul besoin de chercher longuement l’erreur, ou le biais !
Alors, dans quel esprit prĂ©senter les rĂ©sultats ? Pour argumenter ou convaincre, sur une palette qui va de la preuve jusqu’à l’opinion, il existe d’innombrables intermĂ©diaires, incluant la conviction, bien Ă©videmment intime. Or chaque critĂšre d’évaluation n’est pas dotĂ© de la mĂȘme valeur scientifique et mĂ©dicale ; par contre ils ont tous, gĂ©nĂ©ralement, la prĂ©tention d’apporter la preuve absolue, en coupant court Ă  toute discussion, induisant l’exigence outranciĂšre de l’application du principe de prĂ©caution. « Cela est prouvĂ©. » Affirmation pĂ©remptoire qui permet de laisser croire que la chose est vraie, sans rien ajouter ; elle devient d’ailleurs « c’est avĂ©rĂ© », quand une teinte scientifique est revendiquĂ©e. Devant le dĂ©ferlement de fantaisistes qui abusent de ces imprĂ©cations, il a fallu revenir aux fondamentaux. Y compris en mĂ©decine. Pour combattre le charlatanisme, des preuves scientifiques sont maintenant exigĂ©es. « Evidence based medecine ». VoilĂ  le nouveau mot d’ordre. La traduction du mot anglais Ă©vidence, relativement complexe dans sa signification, voudrait ĂȘtre « preuve » en français, ce qui est trop restrictif et pourrait prĂȘter Ă  confusion avec tout ce qui touche au monde juridique. Le mot « preuve » devrait ĂȘtre remplacĂ© par « meilleures donnĂ©es acquises de la science ». Mais c’...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Avertissement
  6. Introduction - Que sont les produits laitiers ?
  7. Chapitre premier - Votre avenir dĂ©pend des laits, yaourts et fromages. Un peu d’histoire et de gĂ©ographie
  8. Chapitre 2 - Mais si, les produits laitiers luttent contre votre ostéoporose !
  9. Chapitre 3 - Leurs protéines sont de la meilleure qualité !
  10. Chapitre 4 - Il y a bon et mauvais gras
  11. Chapitre 5 - Dégustez des vitamines
  12. Chapitre 6 - Reconnaßtre les avantages : minéraux et oligoéléments, outre le calcium
  13. Chapitre 7 - L’eau et les produits laitiers
  14. Chapitre 8 - Pathologies : vraies rumeurs, faux problÚmes et authentiques désinformations
  15. Chapitre 9 - Nos vaches ne tuent pas la planÚte
  16. Conclusion - Le lait n’est pas une vacherie !
  17. Quelques conseils pratiques
  18. Tables de composition des produits laitiers
  19. Références bibliographiques
  20. Du mĂȘme auteur