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Le Couple homosexuel et le droit
Ă propos de ce livre
Faut-il reconnaĂźtre juridiquement les unions entre homosexuels ? Concubinage, Pacs ou mariage : quelle forme lĂ©gale donner Ă ces couples ? Les modĂšles Ă©trangers peuvent-ils servir de rĂ©fĂ©rence ? Quelles consĂ©quences l'Ă©volution du droit peut-elle avoir sur la famille et la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral ? Telles sont quelques-unes des questions qui sont abordĂ©es dans cet ouvrage ; il retrace l'histoire ancienne ou plus rĂ©cente de la reconnaissance sociale des unions entre personnes de mĂȘme sexe et prĂ©sente les diverses formes lĂ©gales qu'elles prennent aujourd'hui en France comme dans d'autres pays d'Europe ou d'AmĂ©rique. Flora Leroy-Forgeot est docteur en droit et chargĂ©e d'enseignement aux universitĂ©s Paris-XIII et de Reims. Caroline MĂ©cary est avocate au barreau de Paris et ancienne chargĂ©e d'enseignement aux universitĂ©s Paris-I et Paris-XII.
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Sujet
DroitSECONDE PARTIE
Les unions légales
Chapitre 1
LE MARIAGE
Le mariage est la plus ancienne institution consacrant une union conjugale. En France, câest une institution qui a connu une Ă©volution remarquable jusquâĂ nos jours : issue des usages paĂŻens, dĂ©pourvue initialement de tout rituel public, elle va devenir entre le IV e et le XV e siĂšcle, sous lâimpulsion de lâĂglise, une union publique, indissoluble, sanctifiĂ©e par un sacrement religieux1. Le monopole de lâĂglise, qui rĂ©ussit Ă imposer sa conception du mariage Ă la sociĂ©tĂ© laĂŻque, tant en ce qui concerne la lĂ©gislation que la compĂ©tence, sera Ă©branlĂ©, sous lâeffet des bouleversements politiques, Ă©conomiques, sociaux et culturels qui Ă©mergent sous la Renaissance et la RĂ©forme. Il faudra attendre la RĂ©volution française pour que le pouvoir laĂŻc impose une autre vision du mariage en instituant le mariage civil (1792), indĂ©pendamment du sacrement religieux, afin de mieux contrĂŽler les alliances matrimoniales2.
Toutes les cĂ©lĂ©brations dâunions entre personnes de mĂȘme sexe ne sont pas dâauthentiques mariages, bien que le vocable mariage soit utilisĂ© ou que le formalisme du mariage soit attestĂ©. Dans certains cas, il sâagit en effet de mariages parodiques ou rapportĂ©s comme tels, que ce soit dans la Rome impĂ©riale ou lâAngleterre du XVIII e siĂšcle. Par exemple, il est attestĂ© quâen Angleterre (aux alentours de 1720) sont cĂ©lĂ©brĂ©s Ă la fois des mariages entre hommes et entre femmes impliquant un authentique engagement, et dâautre part des mariages parodiques. La confusion rĂ©sulte notamment de ce que le vocable « ĂȘtre mariĂ©s » (« getting married ») Ă cette Ă©poque signifiait simplement avoir des relations sexuelles dans lâargot homosexuel masculin3.
Les mariages parodiques ou prĂ©sentĂ©s comme tels permettent aux commentateurs de marquer leur dĂ©sapprobation Ă lâĂ©gard des mariages entre personnes de mĂȘme sexe. Ce mĂ©canisme est particuliĂšrement net chez les auteurs romains qui utilisent ce procĂ©dĂ© rhĂ©torique afin de critiquer les institutions politiques, mais les unions nâen demeurent pas moins rĂ©elles.
Les unions lĂ©gales de personnes de mĂȘme sexe peuvent revĂȘtir lâapparence dâune union entre personnes de sexes diffĂ©rents ou apparaĂźtre vĂ©ritablement comme telle. Le dĂ©bat contemporain sur lâouverture du mariage aux unions homosexuelles prĂ©sente des enjeux particuliers que nous examinerons avant de faire le point sur lâĂ©tat du droit.
Les mariages de personnes de mĂȘme sexe et de statuts sexuĂ©s diffĂ©rents
Dans certaines sociĂ©tĂ©s, le mariage entre personnes de mĂȘme sexe consacre lâunion de personnes de mĂȘme sexe mais les conjoints ont un statut sexuĂ© opposĂ©. Il sâagit dâunions que lâon peut qualifier de transgenre, câest-Ă -dire dâunions dans lesquelles lâun des conjoints remplit un rĂŽle sexuĂ© Ă lâopposĂ© de son sexe biologique, maintenant ainsi la fiction dâune union entre deux personnes de sexes diffĂ©rents. Par exemple, lorsque deux femmes se marient, lâune dâelles est parĂ©e de tous les attributs rĂ©servĂ©s aux hommes et est considĂ©rĂ©e comme un homme. Il en est de mĂȘme lorsque deux hommes se marient : lâun des conjoints est parĂ© de tous les attributs rĂ©servĂ©s aux femmes et est considĂ©rĂ© comme telle. Il ne sâagit ni de transsexualisme ni de travestissement car la mĂ©tamorphose est uniquement sociale. Elle dĂ©passe le simple aspect vestimentaire sans que pour autant il y ait une transformation physiologique4.
Ces mariages transgenre, câest-Ă -dire qui transgressent le genre attribuĂ© aux femmes et aux hommes, sont attestĂ©s depuis les premiers conquistadores et ce jusquâau dĂ©but du XX e siĂšcle dans diffĂ©rentes tribus indiennes (Chukchi, Koriaks, Kamchadale et tribus des territoires du BrĂ©sil, du Mexique, du PĂ©rou et du Nouveau-Mexique) du continent amĂ©ricain. Dans ces tribus, les rĂŽles sexuĂ©s sont attribuĂ©s aux individus en fonction de leur personnalitĂ© et non de leur sexe biologique5. Lâenfant, au moment de lâinitiation, peut exprimer le dĂ©sir dâĂȘtre initiĂ© avec les jeunes du sexe opposĂ©, il est alors autorisĂ© Ă prendre les attributs opposĂ©s Ă son sexe biologique pour accĂ©der Ă son sexe social6.
Lorsquâune femme a les capacitĂ©s physiques et psychologiques qui lui permettent dâĂȘtre une chasseuse, elle peut remplir un rĂŽle social dâhomme, chasser, Ă©pouser une autre femme7 et devenir le chef de la famille, voire accĂ©der au statut de chef de tribu. LâĂ©pouse de cette femme enfantera aprĂšs avoir eu des relations sexuelles avec un homme, mais officiellement câest la femme/chef de famille qui est considĂ©rĂ©e comme le pĂšre.
La situation des hommes mariĂ©s Ă dâautres hommes dans ces mĂȘmes tribus est lĂ©gĂšrement diffĂ©rente8. Ils remplissent des tĂąches traditionnellement rĂ©servĂ©es aux femmes, nâont aucune fonction guerriĂšre, et peuvent ĂȘtre musiciens ou chanteurs. En revanche il ne semble pas que des enfants soient Ă©levĂ©s dans ce cadre alors quâils le sont dans les unions de femmes.
On sait que, parallĂšlement Ă ces unions transgenres, les guerriers de ces tribus connaissent Ă©galement les pratiques homosexuelles sans quâil y ait une inversion des statuts sexuĂ©s.
Ces coutumes, qui ont traversĂ© les siĂšcles, ont progressivement Ă©tĂ© dĂ©truites par lâoccidentalisation et la christianisation des Indiens.
Des unions transgenres ont aussi Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©es en Afrique. Au sud du Soudan, chez les AzandĂ©s, sociĂ©tĂ© guerriĂšre trĂšs hiĂ©rarchisĂ©e, les guerriers de Cour peuvent prendre pour femme un jeune garçon. Le guerrier verse une compensation matrimoniale Ă la famille du jeune garçon ; ce dernier assure, Ă lâĂ©gard de son mari, les devoirs dâune Ă©pouse (tĂąches domestiques, agricoles et sexuelles) en attendant que son mari Ă©pouse une femme et que lui-mĂȘme prenne un garçon « Ă©pouse ». Il semble que cette coutume rĂ©sulte du nombre dâhommes cĂ©libataires supĂ©rieur Ă celui des femmes cĂ©libataires, en raison de la polygamie, qui a pour consĂ©quence de permettre Ă un homme « dâaccaparer » plusieurs femmes. En revanche les mariages entre femmes nâexistent pas et les relations sexuelles entre femmes sont punies de la peine de mort9. Cette homosexualitĂ© des guerriers peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une maniĂšre de reproduire la domination masculine sur les femmes puisque lâunion entre hommes se fait Ă dĂ©faut de femmes « disponibles » et que pĂšse sur les femmes une interdiction dont la violation est punie de la peine capitale.
Des mariages entre femmes sont attestĂ©s dans au moins une trentaine de sociĂ©tĂ©s africaines. Ces mariages sont gĂ©nĂ©ralement conclus en vue de la procrĂ©ation : la sociĂ©tĂ© sâadapte pour assurer la continuitĂ© de la lignĂ©e en lâabsence dâhĂ©ritier mĂąle. Ainsi par exemple, chez les Nuers dâAfrique occidentale, une femme reconnue comme stĂ©rile retourne chez son pĂšre oĂč elle est considĂ©rĂ©e comme un homme. Elle peut se constituer un cheptel qui lui permettra de prendre une ou plusieurs femmes en acquittant le prix de la fiancĂ©e. Le service du lit (acte sexuel) sera assurĂ© par un servant quâelle aura recrutĂ© mais elle sera rĂ©putĂ©e ĂȘtre le pĂšre des enfants ainsi conçus10.
LâAustralie connaĂźt aussi ces unions : les AborigĂšnes de Kimberley District admettaient encore au dĂ©but du XX e siĂšcle le mariage transgenre. Un jeune homme en Ăąge de se marier et ne trouvant pas de femme peut Ă©pouser un jeune garçon qui remplit alors ce rĂŽle. Le mariage ainsi conclu obĂ©it aux mĂȘmes rĂšgles anthropologiques que le mariage entre une femme et un homme. En revanche, il nây a pas de rĂšgles spĂ©cifiques en matiĂšre de sexualitĂ©, les relations sexuelles Ă©tant exclues chez certains groupes et attestĂ©es dans dâautres. Ces mariages trans-genres sont moins valorisĂ©s que le mariage dâun homme et dâune femme, de telles unions Ă©tant cĂ©lĂ©brĂ©es par dĂ©faut, câest-Ă -dire lorsque le jeune homme nâest pas en mesure de trouver une femme11.
GĂ©nĂ©ralement la langue dĂ©signe lâhomme qui passe du statut sexuĂ© dâhomme Ă celui de femme sous un vocable particulier : les « Berdaches » chez les Indiens prĂ©colombiens ou « chookadoo » chez les AborigĂšnes australiens. En revanche il nâexiste Ă notre connaissance pas de terme particulier pour dĂ©signer les femmes qui accĂšdent au statut inverse. Ceci est assez paradoxal puisque trĂšs souvent les femmes qui ont un statut social dâhomme ont gĂ©nĂ©ralement un rĂŽle plus important que les hommes qui ont un statut social de femme.
Les anthropologues contemporains qui Ă©tudient ces unions donnent trĂšs frĂ©quemment des raisons dâordre Ă©conomique ou dĂ©mographique Ă ces unions matrimoniales. Les rapports Ă©conomiques et les impĂ©ratifs dĂ©mographiques ne sont pas Ă eux seuls dĂ©terminants, dans la mesure oĂč ils sâinscrivent dans un ensemble de possibles et de choix. Sur le plan collectif, ni la reproduction ni la transmission ou lâaugmentation du patrimoine ne sont des objectifs absolus, puisque de nombreuses rĂšgles en limitent le dĂ©veloppement. Sur le plan individuel, la formation dâune union avec une personne de mĂȘme sexe est toujours un choix, puisquâune telle union nâest pas le premier modĂšle vers lequel les conjoints de mĂȘme sexe sont poussĂ©s par leur environnement culturel.
Ces unions entre personnes de mĂȘme sexe ne sont pas regardĂ©es comme des unions homosexuelles au sens contemporain du terme dans la mesure oĂč il y a transgression par lâun des conjoints du statut sexuĂ© liĂ© Ă son sexe biologique. Ces unions maintiennent en quelque sorte la fiction dâune union entre un homme et une femme, ce qui nâest pas le cas de toutes les unions lĂ©gales entre personnes de mĂȘme sexe.
Il existe une situation que lâon pourrait qualifier dâintermĂ©diaire : comme le montrent les diffĂ©rents tĂ©moignages qui nous viennent de Grande-Bretagne sur ce que lâon a appelĂ© les female husbands. Initialement il sâagit de femmes dĂ©guisĂ©es en hommes, dont lâexistence est attestĂ©e depuis des siĂšcles12. Ces femmes qui se travestissent ont parfois Ă©pousĂ© en bonne et due forme une autre femme, comme le montre lâhistoire de James Allen dĂ©cĂ©dĂ© Ă Londres en 1829. James Allen fut mariĂ© durant vingt et un ans Ă Abigail Allen ; or, Ă son dĂ©cĂšs, il sâest avĂ©rĂ© quâil Ă©tait de sexe fĂ©minin. Elle avait toujours portĂ© lâhabit dâhomme et exercĂ© diffĂ©rentes professions (palefrenier, etc.) en consĂ©quence13. Dans ce cas comme dans dâautres14, la femme qui « fraude » par son travestissement et Ă©pouse une autre femme est obligĂ©e de tenir un rĂŽle social dâhomme opposĂ© Ă son sexe biologique. Une telle dĂ©marche ne sâinscrit pas dans une coutume sociale acceptĂ©e par tous, telle que celles que nous avons Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment, mais relĂšve dâun choix individuel privĂ©. Il est difficile de dire rĂ©trospectivement si de telles histoires traduisent un cas de transsexualisme ou une relation entre personnes de mĂȘme sexe qui ne peut pas se vivre Ă dĂ©couvert en raison de lâordre social environnant.
Le mariage de personnes de mĂȘme sexe et de mĂȘme statut sexuĂ©
Le mariage entre personnes de mĂȘme sexe implique une identitĂ© de sexe et une identitĂ© de statut sexuĂ© ou de rĂŽle sexuĂ©, que ce dernier soit masculin ou fĂ©minin. Les diffĂ©rents tĂ©moignages qui nous sont parvenus de la pĂ©riode paĂŻenne Ă©voquent ce qui pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme des unions lĂ©gales de personnes de mĂȘme sexe.
LA PĂRIODE PAĂENNE
En CrĂšte, lâunion dâhommes est strictement codifiĂ©e si lâon en croit Strabon qui raconte Ă propos des relations amoureuses entre CrĂ©tois que ces derniers « ont une coutume trĂšs particuliĂšre. Ce nâest pas, en effet, par la persuasion que les amants viennent Ă bout de ceux quâils poursuivent de leurs assiduitĂ©s, mais par le rapt (âŠ). Lâamant annonce trois jours au plus Ă lâavance Ă ses amis quâil a lâintention de procĂ©der Ă lâenlĂšvement. Cacher lâadolescent quâil convoite ou ne pas le laisser sâengager sur la route prĂ©vue pour le rapt serait de leur part le comble de lâinsulte car cela signifierait aux yeux de tous quâil nâest pas digne dâappartenir Ă un amant dâaussi haut rang. Ils se rassemblent donc et sâils constatent que le ravisseur est Ă©gal ou supĂ©rieur Ă lâadolescent sous tous les rapports et en particulier par le rang, ils le poursuivent et le lui reprennent, mais avec douceur et seulement pour se conformer Ă la coutume, puis ils se font un plaisir de le lui confier pour quâil puisse lâemmener dĂ©finitivement. Si lâamoureux, au contraire, ne leur paraĂźt pas avoir un rang suffisant, ils enlĂšvent lâenfant pour de bon. En tout Ă©tat de cause, la poursuite cesse dĂšs que celui-ci a Ă©tĂ© entraĂźnĂ© jusquâĂ lâandrie de son ravisseur. Ils jugent dâĂȘtre aimĂ©s non par le garçon le plus beau, mais celui qui se distingue par son courage et sa correction. (âŠ) AprĂšs avoir festoyĂ© chez lui et chassĂ© avec lui pendant deux mois â la loi ne permet pas de retenir lâadolescent plus longtemps â (amants et invitĂ©s) redescendent en ville. On laisse alors partir lâenfant, qui reçoit en prĂ©sent un Ă©quipement militaire, un bĆuf et un gobelet â ce sont les cadeaux prescrits par la loi â et de plus, naturellement, beaucoup dâautres cadeaux de prix. (âŠ) Puis, (lâenfant) fait une dĂ©claration publique sur le commerce quâil a eu avec son amant, dans laquelle il dit sâil a eu Ă sâen louer ou non, la loi stipulant que sâil a Ă©tĂ© victime de violences au cours de rapt, il a le droit de lui en demander rĂ©paration. (âŠ) Câest une marque dâinfamie pour un adolescent bien fait et dâillustre ascendance de ne pouvoir trouver dâamant car on attriburait cette disgrĂące Ă un vice dâĂ©ducation15. » Lâunion qui est formĂ©e a une dimension initiatique et crĂ©e un nouveau statut pour lâadolescent appelĂ© parastates (lâamant est appelĂ© philĂ©tor). Cette pratique que lâon rencontre en CrĂšte est aussi attestĂ©e antĂ©rieurement Ă ThĂšbes et Chalcis16. Nous nâavons pas dâindication sur les effets juridiques de telles unions entre hommes de sorte que la question demeure entiĂšrement ouverte sur la qualification de mariage ou dâunion de fait.
Ă Rome, diffĂ©rents auteurs dĂ©crivent des unions conjugales entre hommes. Nous savons que Rome a connu diffĂ©rents types dâunions matrimoniales. Lâunion maritale par excellence est le Iustrum matrimonium ou legitimum matrimonium. Elle ne peut ĂȘtre conclue quâentre citoyens. Elle a pour objet de crĂ©er une communautĂ© de vie entre les Ă©poux, de confĂ©rer Ă la femme la situation de mater familias et le rang social de son mari et en principe dâavoir des enfants. Il ne peut y avoir de legitimum matrimonium entre citoyens et no...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Page de titre
- Copyright
- INTRODUCTION
- PREMIĂRE PARTIE - Les unions sociales
- SECONDE PARTIE - Les unions légales
- ANNEXES
- NOTES
- REMERCIEMENTS
- BIBLIOGRAPHIE
- Table
- QuatriĂšme de couverture
Foire aux questions
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