
- 160 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Votre beauté vous appartient !
À propos de ce livre
Chacun possède un immense potentiel de beauté inexploité. Comment le révéler ? « Par l'expression d'une personnalité authentique et libérée. Aujourd'hui on ne naît pas belle, on le devient », nous dit Jean-Claude Hagège. Dans ce témoignage engagé, il dénonce, à travers les excès de la chirurgie esthétique, une certaine beauté calibrée, muette et sans message. À une époque de profonde mutation, il défend « une beauté singulière par son aspect physique, mais aussi universelle et intemporelle par ses sourires et ses expressions ». La plus belle apparence à laquelle chacun de nous peut prétendre en respectant son propre physique et en gardant sa personnalité : voilà ce que devrait être pour lui notre « smig-beauté ». Cette vision originale, peu conforme aux canons, détonne. Jamais un livre n'a été aussi loin dans la défense de la vraie beauté, celle qui séduit et qui attire. Le docteur Jean-Claude Hagège est spécialiste en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Il est expert près la cour d'appel de Paris, membre de la Société internationale de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Il a écrit, entre autres, Le Pouvoir de séduire, traduit en anglais et en italien, et Vous êtes belle !
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Informations
III
Les investissements démesurés
dans la chirurgie esthétique
dans la chirurgie esthétique
« Est-ce que mon mari reviendra après mon lifting ? »
Il était assis devant moi, en consultation, et j’allais lui demander le motif de sa visite.
Mais souvent, avant de poser les questions rituelles, je me livre à un petit jeu. J’essaie, en une fraction de seconde, de deviner le motif de la consultation. Plus d’une fois, j’ai été surpris de constater l’écart entre les motivations annoncées et mes prévisions ! Pratiquant essentiellement la chirurgie du visage, j’ai pourtant un choix restreint : lifting, opération du nez ou des paupières.
Dans le cas de ce jeune patient de 30 ans, la raison de sa consultation me paraissait évidente : il avait les yeux, ou pour être plus précis, les paupières tirées exagérément vers l’arrière, ce qui ôtait toute expression à son regard. Celui-ci était devenu vide, neutre, presque difficile à soutenir. J’en avais conclu d’une manière évidente, que cet homme avait très probablement déjà subi, ailleurs, une opération des paupières, et que, devant ce résultat, il allait me demander de réparer ses yeux trop tirés.
Je l’interrogeai donc sur ce qui le gênait et sur la motivation de sa consultation.
« Regardez mes yeux, me dit-il, j’ai été opéré il y a un an, mais le chirurgien n’a pas assez tiré mes paupières en arrière, je voudrais savoir si vous pouvez les retendre beaucoup plus. Regardez, lorsqu’on les tire vers l’arrière, il reste encore de la peau en excès… »
Et joignant le geste à la parole, il me montra avec ses doigts que la peau était encore mobile. J’étais ahuri !
Qui sont les accros à la chirurgie esthétique ?
Oui, il existe des « accros » à la chirurgie esthétique. Il leur en faut toujours « un peu plus ». Ces personnes vont d’opération en opération, à la recherche de je ne sais quoi. D’une beauté anthropométrique ? D’un physique idéal ? Ou d’un physique idéalisé, imaginaire ?
Combien de fois ai-je refusé d’opérer de tels patients ? Combien de fois aussi ai-je pris le temps de leur expliquer qu’il valait mieux ne rien faire, et en rester là, en m’efforçant de leur redonner confiance en leur physique ? Combien de fois, hélas, ai-je lu et compris dans leur regard que mon discours ne les intéressait pas et que leur esprit était déjà ailleurs… dirigé vers un autre chirurgien, celui qui allait enfin accepter de les opérer ?
Un chirurgien expérimenté perçoit une patiente potentiellement accro, même si elle vient consulter pour la première fois.
Je me souviens d’une femme de 37 ans, assez jolie, au visage sans « défaut » particulier, qui, à peine assise devant moi, me demanda : « Que feriez-vous sur mon visage ?
— Rien, lui dis-je aussitôt. Mais qu’est-ce qui vous gêne ?
— Rien, répondit-elle à son tour, mais j’ai vu un chirurgien esthétique qui m’a dit que c’était mon nez qui n’allait pas, un autre m’a parlé de reprendre mon ovale…
— Mais vous-même, lui répétai-je, qu’est-ce qui vous gêne ?
— Rien, dit-elle encore, mais vous savez bien que la mode est aux visages carrés ! »
Cette femme, devant mon air stupéfait, s’est levée et s’en est allée. Je ne dois pas être assez bien renseigné sur la beauté « à la mode » !
Certes ces « accros à la chirurgie esthétique » ne représentent qu’une minorité, moins de 10 % de mes patients. Mais il est vrai aussi qu’elles ne passent pas inaperçues tant le résultat de leur démarche est visible et souvent difficile à supporter.
Par ailleurs, aussi surprenant que cela puisse paraître, même si leur nombre est proportionnellement moins important que celui des femmes, les « accros » masculins sont souvent plus « obsessionnels ».
Qu’est-ce qui pousse ou poussera ces patientes ou ces patients à formuler ces demandes itératives ?
Ces hommes et ces femmes « accros » expriment une demande assez stéréotypée. Ils portent dans leur imaginaire une image d’une beauté calibrée, formatée selon une mode en vigueur.
Il est indéniable que sur le plan psychologique leur investissement est énorme et disproportionné : « Regardez mon visage ! Je ne sors plus de chez moi… Tout le monde me regarde ! » Lorsqu’ils viennent en consultation quelques mois après un premier lifting, ils tirent avec force, ou pincent la peau de leur visage entre leurs doigts, la tête penchée en avant, en constatant : « Regardez, c’est horrible, il reste encore de la peau ! »
Il peut arriver à tout chirurgien esthétique d’effectuer une retouche qu’il juge, d’un commun accord avec son patient, nécessaire.
Mais, dans le cas des « accros », le problème est différent. Le résultat obtenu est toujours et forcément insuffisant par rapport aux attentes, ce n’est jamais assez.
Il appartient au chirurgien de refuser ce diktat. Céder aboutit à encourager le caractère itératif des demandes et donne naissance à ces visages stéréotypés qui, pour les femmes en particulier, se résument à des pommettes exagérément saillantes, des yeux nécessairement en amandes, des lèvres démesurément gonflées, sans oublier les petits nez obligatoirement retroussés… Ainsi, ces femmes deviennent ce que j’appelle « pires que belles » ! Le terme beauté ici ne signifie plus rien.
Comment en arrive-t-on à formuler ces demandes extrêmes, répétées, qui aboutiraient, si nous y accédions, à de véritables patchworks humains ? C’est-à-dire à des séries de visages dans lesquels en soi chaque élément – nez, bouche, forme des yeux… – pourrait être acceptable, mais où, « mis ensemble », assemblés sur un même visage, ils ne trouvent pas vie, ne correspondent pas entre eux. Bref, ne témoignent d’aucune harmonie.
Les patientes ou les patients sont-ils seuls responsables de ces résultats ? Je ne le pense pas. Certains médecins et chirurgiens, qui sont entièrement préoccupés par un résultat qu’ils veulent conforme à des normes physiques de la beauté, et dont le principal souci est de gommer toutes les rides, s’intéressent moins aux expressions d’un visage. Les femmes « accros » sont de parfaites candidates à cette vision purement physique de la beauté.
Envisageons le problème de l’âge, il est habituel de penser et d’affirmer qu’une femme jeune se fait d’abord traiter par des produits de comblement et puis, lorsque ces traitements ne marchent plus, l’âge venant, sonne l’heure du lifting ! La vérité est plus nuancée. Tous les types de peaux ne vieillissent pas de la même manière. Ce vieillissement ne dépend pas seulement de l’âge. Il dépend aussi de la texture de la peau, de sa teneur en fibres élastiques et collagène, et aussi du mode de vie : exposition au soleil, tabac…
D’autre part, et surtout, il existe des variations suivant les visages en fonction de la morphologie osseuse et musculaire. En effet, certains ont tendance à se creuser avec l’âge et des rides apparaissent très tôt – c’est souvent le cas des visages très expressifs –, alors que d’autres s’épaississent au niveau des joues et des bajoues.
Y a-t-il une stratégie à adopter en fonction de l’âge ? Non, bien sûr. Nous avons vu que les traitements médicaux et chirurgicaux ont des indications bien différentes. Au lieu de raisonner en fonction de l’âge, mieux vaut raisonner en fonction du mode de vieillissement et de la transformation du visage concerné. La vraie question est : suis-je gênée par mes rides ou par un léger relâchement de la peau ? On peut apporter une réponse en faisant ce geste classique qui consiste à retendre légèrement ses joues avec ses doigts devant un miroir. Le résultat donne une bonne idée de l’indication : s’il se traduit par un excès de peau, c’est l’indication d’un lifting, si des rides péribuccales persistent, c’est l’indication de produits de comblement.
Il ne doit pas y avoir d’hésitation à poser une indication, quel que soit l’âge d’une patiente : lorsqu’il existe des rides péribuccales, il faut les combler, lorsqu’il existe un relâchement de peau, il faut pratiquer un lifting cervico-facial ou partiel du visage, adapté à la région qui est détendue (ovale, cou…). Aucun autre traitement n’est efficace et durable face à une ptôse cutanée. Enfin, lorsqu’il existe un affaissement au niveau des pommettes par glissement de la graisse et de la peau vers le bas, on peut soit le combler par des produits « volumateurs » de manière isolée, soit, si un lifting doit être pratiqué dans le même temps opératoire, redonner du galbe à la pommette d’une manière naturelle par une simple plicature musculaire.
Cette attitude face au vieillissement de la peau est logique. Un chirurgien ne doit pas céder aux demandes presque irréalisables ou obsessionnelles des « patients ou patientes accrocs » car l’on sait que, dans ces cas, les résultats ne seront pas naturels. Il faut savoir « écouter », conseiller, et remettre l’opération à plus tard.
Depuis quelques années, d’importants progrès ont été réalisés dans le domaine des produits de comblement. Ils sont de plus en plus nombreux et variés, adaptés aux régions à traiter (des produits peu denses pour les ridules légères, plus denses pour les rides plus profondes) et d’autres produits véritablement volumateurs servent à redessiner les volumes du visage. Ils sont aussi de plus en plus durables, sans être définitifs. Les indications se sont considérablement élargies.
Cependant, je formulerai quelques précautions fondamentales sur les limites de leurs indications.
Oui, il faut garder la mesure. Nous avons tous vu ces visages véritablement « bouffis » par des injections répétées, ces lèvres très gonflées dont j’ai déjà parlé. Ces excès risquent de décrédibiliser la médecine esthétique, comme d’ailleurs les excès de la chirurgie peuvent lui faire du tort. Et, encore une fois, les « femmes accros » seront les premières à y recourir.
Ces excès sont essentiellement les injections au niveau de la perte de l’ovale du visage et celles au niveau de l’arête du nez.
On sait que, avec le temps, le relâchement des joues provoque un décrochage au niveau de l’ovale du visage. Une encoche se crée entre le bas des joues relâché et le menton. Ce décrochage est un des motifs de consultation. Il se traite chirurgicalement en retendant la partie de la joue qui s’est relâchée par un lifting, plus ou moins partiel, selon l’état du reste du visage. Il s’agit d’une opération légère où l’on est présentable après moins d’une semaine et le résultat est naturel et durable (six à huit ans). Cette indication est évidente.
Lorsqu’il existe un excès de peau au niveau du visage, rien ne remplace un lifting. Aucun produit de comblement ne peut redessiner un bel ovale.
Traiter une bosse au niveau du nez par des comblements constitue une autre indication « limite ». Le nez ne sera pas réduit, au contraire, il sera, en toute logique, plus volumineux !
Manque d’expérience ou attraction pour une technique nouvelle ? Je ne sais pas.
Ces indications excessives de la médecine esthétique risquent fort de nuire à son développement.
Oui, me direz-vous, mais une opération ce n’est pas rien, il y a des risques ! Effectivement, il y a des risques et l’on ne peut pas comparer les risques des injections de comblement à ceux d’une intervention chirurgicale.
Alors étudions de plus près ces risques.
Les interventions de chirurgie esthétique ont ceci de particulier qu’elles ne sont pas obligatoires. On opère des régions anatomiques saines. D’où les questions successives que l’on peut légitimement se poser afin de mettre en balance le risque opératoire par rapport au bénéfice attendu : « Est-ce bien raisonnable ? Quels sont les risques que je prends ? »
Le risque lié à l’anesthésie
Le risque le plus souvent évoqué au cours des consultations préopératoires est celui de l’anesthésie. La médiatisation des accidents d’anesthésie nourrit cette crainte.
Selon les statistiques nationales, le risque a considérablement diminué depuis une dizaine d’années. Cette baisse est due aux progrès des anesthésies tant sur le plan de la surveillance pendant l’intervention que par la nature des produits utilisés.
C’est pour éliminer au mieux tout risque de ce type qu’est toujours organisée une consultation préanesthésique obligatoire avec l’anesthésiste au cours de laquelle le patient répond à un questionnaire très complet. Puis, pendant l’opération, la surveillance est maximale grâce un appareil de haute précision. Toutes les constantes de l’organisme sont visualisées sur un écran (pouls, tension artérielle, électrocardiogramme, oxygène du sang…). Si une seule de ces constantes varie, l’anesthésiste est informé sur-le-champ et peut agir immédiatement.
Enfin, en ce qui concerne la crainte de subir plusieurs anesthésies, il n’existe pas d’« effet cumul » lors d’anesthésies répétées. Les grands brûlés qui sont anesthésiés plusieurs fois par an en sont les meilleurs témoins.
Ainsi, les exigences obligatoires de sécurité qu’imposent les pouvoirs publics et la fiabilité des appareils de sécurité ont énormément diminué le risque anesthésique.
Deuxième risque évoqué par les patients : le risque cicatriciel
Un défaut de cicatrisation ou une cicatrice visible au niveau du corps ne présume en rien de la qualité de la cicatrisation au niveau du visage. Il arrive en effet qu’une personne hésite à subir un lifting parce qu’elle a une cicatrice d’appendicectomie inesthétique. Or, la plupart du temps, les cicatrices du visage sont fines, peu apparentes et surtout bien dissimulées. En général, elles sont même pratiquement invisibles parce que le visage est très bien vascularisé.
Au niveau du nez, la cicatrice est en dedans, dans l’orifice narinaire, elle ne se voit donc pas. Certains chirurgiens font une cicatrice dans la partie inférieure du nez, entre les deux orifices narinaires ; cette dernière cicatrice est peu visible.
Quand il s’agit d’une opération des paupières ou d’un lifting, les cicatrices sont à la fois bien dissimulées et suivent les plis habituels de la peau, si bien qu’elles finissent par disparaître pre...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Avertissement
- Introduction
- I - Qu’est-ce qu’être belle aujourd’hui ?
- II - Choisir l’intervention ou s’assumer ? Un faux débat
- III - Les investissements démesurés dans la chirurgie esthétique
- IV - Pourquoi ces liftings aux visages figés ?
- V - Le poids de la publicité et de l’argent
- VI - Le mystère d’une femme sexy
- VII - Quand la beauté devient conquête
- Remerciements
- Du même auteur