
- 288 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Ă propos de ce livre
Qu'y a-t-il de commun entre une sociologue fĂ©ministe, un agriculteur passĂ© Ă la fonction publique, un militant ouvrier du 9-3, un promoteur de l'entrepreneuriat ou un gĂ©nĂ©ral qui n'a pas la langue dans sa poche ? Tous ont fait le choix, Ă l'Ăąge de la retraite, de rester actifs et ils s'en portent plutĂŽt bien ! Anonymes ou mĂ©diatiques, dix-sept personnalitĂ©s tĂ©moignent ici de l'importance que le travail occupe toujours dans leur vie. Chacun a trouvĂ© sa voie : les plus intellectuels continuent de rĂ©flĂ©chir et d'Ă©crire Ă un rythme soutenu ; d'autres se sont reconvertis dans le conseil en entreprise, les travaux ruraux ou l'animation culturelle. Aucun ne compte ses heures. Ils sont heureux de faire profiter les autres â leur village, la France, voire une communautĂ© plus large â de leur expĂ©rience. 17 histoires qui sont autant de leçons de vie. Un livre qui est un hymne au travail. Michel Godet, Ă©conomiste, est vice-prĂ©sident de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et membre de l'AcadĂ©mie des technologies. Il a publiĂ© notamment Bonnes Nouvelles des Conspirateurs du futur, La France des bonnes nouvelles et LibĂ©rez l'emploi Marc Mousli, Ă©conomiste, collabore rĂ©guliĂšrement au magazine Alternatives Ă©conomiques et anime le CafĂ© de la prospective dont il est cofondateur. Administrateur d'une Scop et de diverses associations, il a dirigĂ© une PME et des services commerciaux et RH dans une grande entreprise.
Approuvé par les 375,005 étudiants
AccĂšs Ă plus d'un million de titres pour un prix mensuel raisonnable.
Ătudiez plus efficacement en utilisant nos outils d'Ă©tude.
Informations
Sujet
CommerceSujet
Commerce GénéralDes militants
Une vie de combats
au service de ses valeurs1
Cofondatrice du planning familial en France, Ăvelyne Sullerot est lâune des militantes les plus remarquables de la cause des femmes, et une pionniĂšre des Ă©tudes fĂ©minines. Organisatrice efficace et chercheuse respectĂ©e du monde acadĂ©mique, elle est moins cĂ©lĂšbre que Simone de Beauvoir et moins mĂ©diatique que GisĂšle Halimi ou Antoinette Fouque, ces fĂ©ministes marquĂ©es politiquement contrairement Ă elle, mais elle a beaucoup plus agi que ces derniĂšres, sur plusieurs terrains. Outre ses travaux universitaires prĂ©curseurs, elle a su mettre son talent au service de publications pour le grand public et mener des actions concrĂštes dâune ampleur nationale. Son Ă©lĂ©gance, la clartĂ© de son expression et de ses idĂ©es, une Ă©thique personnelle jamais prise en dĂ©faut, font dâelle une personnalitĂ© attachante, dotĂ©e dâun charisme que les annĂ©es nâont pas affaibli. Et mĂȘme si elles peuvent surprendre, les causes pour lesquelles elle se mobilise aujourdâhui montrent la rigueur et la cohĂ©rence de sa rĂ©flexion personnelle, et sa fidĂ©litĂ© Ă ses valeurs.
Lâimmeuble est au fond dâune petite cour, en haut du boulevard Saint-Michel, en face de lâĂcole des mines et du jardin du Luxembourg. Ăvelyne Sullerot, qui vit seule, vient elle-mĂȘme nous ouvrir. On est frappĂ© par lâallure de cette grande dame : la masse de cheveux blancs, les yeux bleus, le port de tĂȘte royal. Son Ă©locution est un peu ralentie par lâĂąge, mais sa pensĂ©e est claire, remarquablement structurĂ©e, les mots sont prĂ©cis, voire techniques ou savants chaque fois que câest utile.
Dans lâhistoire de notre pays, le nom dâĂvelyne Sullerot reste liĂ© Ă une conquĂȘte qui a changĂ© la vie des femmes, et donc des couples : le droit Ă la contraception. Un droit aujourdâhui totalement entrĂ© dans les mĆurs, devenu banal, mais que, jusque dans les annĂ©es 1950, la loi interdisait dâĂ©voquer.
Ce fut son combat le plus spectaculaire, le plus mĂ©diatisĂ©. Elle en a menĂ© dâautres, en faveur des femmes puis de la famille, et aujourdâhui encore elle parraine une association de dĂ©fense des pĂšres divorcĂ©s. Une cause qui dĂ©chaĂźne les passions, ce qui nâa jamais gĂȘnĂ© Ăvelyne Sullerot. Bien sĂ»r, son grand Ăąge ne lui permet plus dâĂȘtre en premiĂšre ligne, mais elle est toujours active, ne serait-ce que par sa plume et sa prĂ©sence.
« Nous avions 15 ans en 19402 »
Ăvelyne Sullerot est nĂ©e en 1924 dans une famille trĂšs engagĂ©e religieusement, socialement et politiquement. Son pĂšre, AndrĂ© Hammel, pasteur de lâĂglise rĂ©formĂ©e, a suivi, pendant son ministĂšre, des Ă©tudes de mĂ©decine, et a ouvert une clinique psychiatrique Ă Saint-Jean-aux-Bois, prĂšs de CompiĂšgne.
Les Hammel ont cinq enfants. Ăvelyne est la troisiĂšme. Malade pendant sa petite enfance, elle nâira en classe quâĂ lâĂąge de 7 ans. Ses parents sâaperçoivent alors quâelle sait lire. Personne ne peut expliquer comment elle a appris.
Pendant sa scolaritĂ©, elle est une trĂšs bonne Ă©lĂšve. Curieusement, sa mĂšre, si tendre, ne la fĂ©licite jamais. Elles seront pourtant trĂšs proches, et, interrogĂ©e sur les personnalitĂ©s qui lâont le plus influencĂ©e dans sa vie, Ăvelyne Sullerot nâen cite quâune : sa mĂšre, Ă qui elle doit sa rigueur intellectuelle et son sens moral. Son pĂšre, lui, est fier de la rĂ©ussite de sa fille et la met volontiers en valeur. Comme tout le monde â et surtout comme toutes les femmes â, Ăvelyne admire lâhomme pour sa prestance, son allant, son charisme. Est-il trop charmant, trop sĂ©ducteur ? Elle Ă©prouvera toujours une gĂȘne Ă son Ă©gard, et quand elle aura elle-mĂȘme acquis une culture scientifique suffisante, ses rĂ©ticences sâĂ©tendront aux choix quâil fait en tant que mĂ©decin, par exemple en faveur des thĂ©rapies non conventionnelles ou de lâhomĂ©opathie.
AndrĂ© Hammel est un pasteur progressiste, un mĂ©decin innovant et un militant socialiste, maire de son village. Pendant la guerre, il cache onze Juifs dans sa clinique deux annĂ©es durant, ce qui lui vaudra dâĂȘtre reconnu « Juste parmi les nations ». Ăvelyne Sullerot montre fiĂšrement la « mĂ©daille des Justes » de son pĂšre, dont le nom est gravĂ© sur le mur dâhonneur de Yad-Vashem Ă JĂ©rusalem. Il a aussi hĂ©bergĂ©, pendant quelques semaines, des parachutistes alliĂ©s.
Du cĂŽtĂ© maternel, sa grand-mĂšre Ă©tait une dreyfusarde militante, qui a donnĂ© Ă sa fille â la mĂšre dâĂvelyne â deux prĂ©noms : Georgette et Ămilie, en lâhonneur du gĂ©nĂ©ral Georges Picquart et dâĂmile Zola, les deux hommes qui ont le plus contribuĂ© Ă la dĂ©fense et Ă la rĂ©habilitation dâAlfred Dreyfus. Elle Ă©tait permanente Ă la « Miss pop », la Mission populaire Ă©vangĂ©lique de France, organisation protestante dâaction sociale en milieu ouvrier créée en 1871 pour venir en aide aux vaincus de la Commune de Paris et qui, depuis, a poursuivi ses activitĂ©s caritatives dans les milieux les plus dĂ©shĂ©ritĂ©s sans jamais varier de ligne politique.
Lorsque la clinique de son mari est occupée par les Allemands, Georgette Hammel part vers le Sud avec ses plus jeunes enfants et ses parents. Ils finissent par échouer à UzÚs, en zone « non occupée ». Ils ont un statut de réfugiés, mais la population locale est fermée, voire hostile, et leur vie est difficile sous la « Révolution nationale ».
Ăvelyne fait preuve trĂšs jeune dâun caractĂšre rebelle. Au lycĂ©e, alors quâelle est en terminale, elle manifeste son opposition Ă lâĂtat français en retournant les portraits de PĂ©tain accrochĂ©s dans chaque classe. AccusĂ©e de surcroĂźt dâĂ©couter la BBC, de tenir des propos « antinationaux » et dâavoir refusĂ© de hisser le drapeau en lâhonneur du MarĂ©chal, elle est arrĂȘtĂ©e par la police et emprisonnĂ©e Ă NĂźmes. Pour tenter de la faire sortir, son professeur de philosophie la prĂ©sente au Concours gĂ©nĂ©ral.
En fin de compte, le juge de Geouffre de la Pradelle, dont le fils Ă©tait parti en Angleterre huit jours plus tĂŽt, lui accorde un non-lieu. Elle devra nĂ©anmoins se prĂ©senter chaque jour Ă la gendarmerie. Mais lâĂ©pisode avait Ă©tĂ© violent : les gendarmes ont perquisitionnĂ© le logement des Hammel sans mĂ©nagement, sorti du lit sa mĂšre malade et Ă©ventrĂ© le matelas pour voir si rien nây Ă©tait cachĂ©. Ils ont lu son courrier, dont les lettres du fils du maire dâUzĂšs, qui lui faisait la cour.
Ăvelyne revient en zone occupĂ©e en 1942 pour entrer Ă lâĂcole libre des sciences politiques. Elle est boursiĂšre et la plus jeune de lâĂ©cole. ParallĂšlement, elle participe Ă la RĂ©sistance avec lâOCMJ (Organisation civile et militaire des jeunes).
DĂ©but 1943, sa mĂšre meurt de maladie. Ăvelyne a 18 ans. Pendant plusieurs annĂ©es elle aura la charge de son frĂšre et de sa sĆur plus jeunes.
Des jeunes femmes Ă lâhonneur,
mais surtout Ă la peine
MariĂ©e en 1946, Ă 22 ans, Ă François Sullerot â un philosophe de trois ans son aĂźnĂ©, qui fera carriĂšre dans la publicitĂ© â, elle se trouve Ă 23 ans Ă la tĂȘte dâune famille nombreuse, Ă©levant trois enfants et sâoccupant encore de son plus jeune frĂšre. Quelques annĂ©es plus tard, Ă 29 ans, elle aura un quatriĂšme enfant.
Les Sullerot prennent donc leur part du formidable baby-boom qui va profondĂ©ment marquer la France jusquâau dĂ©but du XXIe siĂšcle. La LibĂ©ration avait fait revenir dans les villes et les villages 300 000 jeunes hommes libĂ©rĂ©s des camps de prisonniers et 750 000 autres rĂ©apparus aprĂšs le STO3 ou la clandestinitĂ© dans les maquis. Il s'est ensuivi une vague de mariages sans prĂ©cĂ©dent. Ăvelyne Sullerot se souvient du sien : les couples faisaient la queue dans le couloir menant Ă la salle des mariages, et la cĂ©rĂ©monie Ă©tait expĂ©diĂ©e en cinq minutes.
Ces jeunes couples enfin réunis ont été prolifiques : en moyenne, trois enfants par femme.
« Il y avait une admirable politique familiale votĂ©e par le Conseil national de la RĂ©sistance sous lâimpulsion dâAlfred Sauvy. Nous bĂ©nĂ©ficiions des prĂȘts aux jeunes mĂ©nages, dâune prime pour les enfants nĂ©s avant les 25 ans de la mĂšre. Nous, les jeunes mĂšres, Ă©tions fiĂšres de prĂ©senter notre carte de prioritĂ© barrĂ©e de tricolore qui permettait dâentrer partout sans faire la queue » â un privilĂšge apprĂ©ciable en ces temps de restrictions : la « carte de pain » nâest supprimĂ©e quâen fĂ©vrier 1949 et les tickets de rationnement pour le sucre, le cafĂ© et lâessence en dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e.
Les femmes enceintes et les mĂšres de famille Ă©taient certes reconnues et glorifiĂ©es, mais on imagine mal ce quâĂ©tait leur vie quotidienne dans cet immĂ©diat aprĂšs-guerre. Tous les travaux domestiques reposaient sur elles. Leurs maris, qui travaillaient huit heures par jour, six jours par semaine, les laissaient chaque matin seules face Ă un programme chargĂ© et physiquement Ă©prouvant.
Il fallait sâoccuper des enfants, dans un appartement qui, dans 90 % des cas, nâavait pas de salle de bains ni mĂȘme dâeau courante. Nourrir la famille prenait des heures. Pour remplir son panier de viande, de lĂ©gumes, de pain, de lait, de beurre (ou plutĂŽt de margarine), dâĆufs ou de fromage, la mĂ©nagĂšre devait sâarrĂȘter chez le boucher, le marchand de fruits et lĂ©gumes, lâĂ©picier, le boulanger, le crĂ©mier⊠et ce quotidiennement, puisquâelle achetait la plupart des denrĂ©es au jour le jour, moins dâun mĂ©nage sur quinze disposant dâun rĂ©frigĂ©rateur ; les autres se contentaient dâun « garde-manger » installĂ© dans un endroit frais du logement.
Il fallait prĂ©parer les repas sur une cuisiniĂšre Ă charbon, Ă bois ou, dans le meilleur des cas, dans les grandes villes, Ă gaz. Les appareils mĂ©nagers Ă©taient Ă peu prĂšs inexistants. Se chauffer Ă©tait aussi une tĂąche astreignante. Dans les piĂšces chauffĂ©es (toutes ne lâĂ©taient pas), on trouvait un poĂȘle quâil fallait nettoyer, vider de ses cendres, remplir, allumer et entretenir plusieurs fois par jour. Au magasin de « bois et charbons » le plus proche, on trouvait des « ligots » de bois et des sacs de charbon que le « Bougnat » livrait Ă la cave. On en montait ensuite un ou deux seaux par jour Ă lâappartement.
Habiller la famille faisait aussi partie des tĂąches de la mĂ©nagĂšre. Ăvelyne Sullerot rĂ©alisait elle-mĂȘme tous les vĂȘtements de ses enfants et les siens. Elle se souvient dâavoir dĂ©tricotĂ© de vieux pulls de sa grand-mĂšre pour tricoter des brassiĂšres. La multiplicitĂ© des tĂąches et des compĂ©tences faisait dâelle ce quâelle appelle une « artisane polyvalente ».
Pour complĂ©ter le tableau, la majoritĂ© des femmes doivent effectuer ces travaux mĂ©nagers dans un espace rĂ©duit, voire indigne : la situation du logement est dĂ©sastreuse. Les destructions ont Ă©tĂ© considĂ©rables et lâon nâa rien construit pendant les cinq annĂ©es de guerre. 40 % des mĂ©nages mariĂ©s en 1946 nâont pas de logement. Ils vivent dans des hĂŽtels meublĂ©s sans confort, ou chez leurs parents. Les plus pauvres trouvent refuge dans des abris de fortune : une cabane en bois dans une « zone », un vieux wagon sommairement amĂ©nagĂ©.
Dans ces conditions inconfortables, lâarrivĂ©e du premier enfant peut ĂȘtre une grande joie, mais le deuxiĂšme rend la vie quotidienne difficile, et avec le troisiĂšme, câest lâenfer. Comment faire pour limiter, ou simplement espacer les naissances ? La mĂ©thode la plus utilisĂ©e â le coitus interruptus â repose entiĂšrement sur lâhomme et se rĂ©vĂšle assez inefficace. La mĂ©thode Ogino-Knaus, autorisĂ©e par lâĂglise Ă partir de 1951, nâest pas plus fiable. EffrayĂ©es par la perspective dâune nouvelle grossesse, les femmes finissent donc par repousser leur mari, avec les consĂ©quences que lâon peut imaginer sur la vie du couple. Mais elles sont totalement dĂ©sarmĂ©es par la loi de 1920, votĂ©e par la chambre « bleu horizon » dont lâobsession Ă©tait de repeupler la France et qui interdit toute propagande anticonceptionnelle. Quant Ă lâavortement, il est passible de la correctionnelle (la loi de 1920 prĂ©voyait la cour dâassises, mais les jurys populaires se montraient trop favorables aux inculpĂ©es. On a donc confiĂ© ces procĂšs Ă des juges professionnels).
MalgrĂ© la rĂ©pression, on compte 700 000 avortements clandestins par an. Dans les hĂŽpitaux, le lundi est le jour des curetages, et de nombreuses femmes meurent ou gardent de lourdes sĂ©quelles aprĂšs une tentative maladroite dâavorter.
La dure campagne du planning familial
Ăvelyne Sullerot est rĂ©voltĂ©e par la duretĂ© de la vie des jeunes femmes, et surtout indignĂ©e par les terribles dĂ©gĂąts provoquĂ©s par les avortements clandestins.
Un soir, son mari lui signale un article du journal Le Monde relatant lâintervention dâun mĂ©decin sur le thĂšme de la contraception devant lâAcadĂ©mie des sciences morales et politiques4. Cette gynĂ©cologue, Marie-AndrĂ©e Lagroua Weill-HallĂ©, se demande, devant la docte assemblĂ©e exclusivement masculine, « si lâheure nâest pas venue de rĂ©viser la lĂ©gislation », avec lâargument que « la loi de 1920 a eu pour principal effet dâaugmenter le nombre des avortements criminels, causes de stĂ©rilitĂ©s secondaires et irrĂ©mĂ©diables, dĂ©sastreuses pour la population ». Elle sâappuie sur lâexemple des Ătats-Unis, de lâAngleterre, des Pays-Bas et de la SuĂšde, qui « ont officiellement admis le birth control » et « lâont orientĂ© non plus vers une âstĂ©rilitĂ© volontaireâ, mais vers une âmaternitĂ© volontaireâ, organisant des consultations et des instituts qui, par leurs conseils et leur enseignement, ont encouragĂ© une natalitĂ© joyeusement acceptĂ©e et rĂ©alisĂ©e dans les meilleures conditions de sĂ©curitĂ© matĂ©rielle et morale ».
On remarquera la prudence et lâhabiletĂ© de Marie-AndrĂ©e Lagroua Weill-HallĂ© : elle se place sur le terrain de la dĂ©fense de la fĂ©conditĂ©, accusant la loi de provoquer « des stĂ©rilitĂ©s secondaires et irrĂ©mĂ©diables, dĂ©sastreuses pour la population », et elle ne prĂŽne pas la limitation des naissances, mais lâinverse : une planification favorisant une « natalitĂ© joyeusement acceptĂ©e ».
Lâintervention est accueillie favorablement par trois personnalitĂ©s de premier plan : le philosophe catholique Gabriel Marcel, lâĂ©crivain Georges Duhamel, de lâAcadĂ©mie française, lui-mĂȘme mĂ©decin de formation, et le pasteur BĆgner, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration protestante de France.
EnthousiasmĂ©e par cet article, Ăvelyne Sullerot Ă©crit aussitĂŽt Ă Marie-AndrĂ©e Lagroua Weill-HallĂ©, lui proposant de crĂ©er une association de femmes pour promouvoir ce projet interdit par la loi. La rĂ©ponse ne se fait pas attendre, et Ăvelyne dĂ©couvre une femme dâĂ peine 40 ans pour qui elle ressent un « coup de foudre dâamitiĂ© ». Benjamin Weill-HallĂ©, Ă©poux de Marie-AndrĂ©e qui fut son Ă©tudiante, est un pĂ©diatre renommĂ©, pionnier de la vaccination des nouveau-nĂ©s contre la tuberculose et prĂ©sident de lâUnion nationale des mĂ©decins pour la paix, association membre du Mouvement de la paix, une puissante organisation internationale pacifiste. Il a un beau carnet dâadresses et suggĂšre de recruter pour cette association fĂ©minine une demi-douzaine dâĂ©pouses de trĂšs hauts fonctionnaires, entre autres la femme de Raymond Lindon, procureur de la RĂ©publique de Paris, celle de Gabriel Ardant, commissaire gĂ©nĂ©ral Ă la ProductivitĂ©, ou celle de Gustave Monod, directeur de lâenseignement secondaire. Si les choses tournent mal, le gouvernement hĂ©sitera Ă sâattaquer Ă ces sommitĂ©s.
En octobre et novembre 1955, le journaliste Jacques Derogy popularise la cause en publiant dans LibĂ©ration (le journal dâEmmanuel dâAstier de La Vigerie) une sĂ©rie dâarticles sur lâavortement, « Les femmes sont-elles coupables ? », qui seront ensuite rĂ©unis en liv...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Page de titre
- Copyright
- Le bonheur des retraités se trouve dans le travail
- Des militants
- Des résistants
- Des professionnels chevronnés
- Des intellectuels
- Ouvrages de Michel Godet chez Odile Jacob
- Table
- QuatriĂšme de couverture
Foire aux questions
Oui, vous pouvez résilier à tout moment à partir de l'onglet Abonnement dans les paramÚtres de votre compte sur le site Web de Perlego. Votre abonnement restera actif jusqu'à la fin de votre période de facturation actuelle. Découvrir comment résilier votre abonnement
Non, les livres ne peuvent pas ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©s sous forme de fichiers externes, tels que des PDF, pour ĂȘtre utilisĂ©s en dehors de Perlego. Cependant, vous pouvez tĂ©lĂ©charger des livres dans l'application Perlego pour les lire hors ligne sur votre tĂ©lĂ©phone portable ou votre tablette. Apprendre Ă tĂ©lĂ©charger des livres hors ligne
Perlego propose deux abonnements : Essentiel et Complet
- Essentiel est idĂ©al pour les Ă©tudiants et les professionnels qui aiment explorer un large Ă©ventail de sujets. AccĂ©dez Ă la bibliothĂšque Essentiel comprenant plus de 800 000 titres de rĂ©fĂ©rence et best-sellers dans les domaines du commerce, du dĂ©veloppement personnel et des sciences humaines. Il comprend un temps de lecture illimitĂ© et la voix standard de la fonction Ăcouter.
- Complet est parfait pour les Ă©tudiants avancĂ©s et les chercheurs qui ont besoin d'un accĂšs complet et illimitĂ©. AccĂ©dez Ă plus de 1,4 million de livres sur des centaines de sujets, y compris des titres acadĂ©miques et spĂ©cialisĂ©s. L'abonnement Complet comprend Ă©galement des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es telles que la fonction Ăcouter Premium et l'Assistant de recherche.
Nous sommes un service d'abonnement Ă des ouvrages universitaires en ligne, oĂč vous pouvez accĂ©der Ă toute une bibliothĂšque pour un prix infĂ©rieur Ă celui d'un seul livre par mois. Avec plus d'un million de livres sur plus de 990 sujets, nous avons ce qu'il vous faut ! En savoir plus sur notre mission
Recherchez le symbole Ăcouter sur votre prochain livre pour voir si vous pouvez l'Ă©couter. L'outil Ăcouter lit le texte Ă haute voix pour vous, en surlignant le passage qui est en cours de lecture. Vous pouvez le mettre sur pause, l'accĂ©lĂ©rer ou le ralentir. En savoir plus sur la fonctionnalitĂ© Ăcouter
Oui ! Vous pouvez utiliser l'application Perlego sur les appareils iOS et Android pour lire Ă tout moment, n'importe oĂč, mĂȘme hors ligne. Parfait pour les trajets quotidiens ou lorsque vous ĂȘtes en dĂ©placement.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application
Oui, vous pouvez accéder à Le Bonheur par le travail par Michel Godet,Marc Mousli en format PDF et/ou ePUB ainsi qu'à d'autres livres populaires dans Commerce et Commerce Général. Nous disposons de plus d'un million d'ouvrages à découvrir dans notre catalogue.