
- 208 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
À propos de ce livre
Il est en colère parce qu'on a embouti sa voiture. C'est normal, c'est la faute au contexte. Elle est en colère dans la même situation ? C'est une enquiquineuse, c'est dans sa personnalité. Quand cessera-t-on de diviser et de différencier les émotions des hommes et des femmes ? Quand cesserons-nous de penser que les émotions sont uniquement affaire de femmes (les femmes ne seraient pas rationnelles !) alors que les hommes aussi ont des émotions? Quand cesserons-nous de véhiculer des idées fausses qui compliquent le bien-être des hommes et des femmes, et qui nuisent gravement à leurs relations ? C'est en comprenant mieux les émotions des uns et des autres, en apprenant à fonctionner différemment, en étant plus responsable et plus attentif, sans honte face à ses émotions et à celles de l'autre sexe, que l'on pourra améliorer notre bonheur de vivre ensemble. Stéphanie Hahusseau est médecin psychiatre, psychothérapeute intégrative, spécialiste des émotions. À Toulouse, elle partage son activité entre les consultations et l'écriture. Ses précédents livres Tristesse, peur, colère. Agir sur ses émotions, Comment ne pas se gâcher la vie et Petit Guide de l'amour heureux ont été de grands succès.
Foire aux questions
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Informations
Éditeur
Odile JacobAnnée
2015Imprimer l'ISBN
9782738132116ISBN de l'eBook
9782738167972CHAPITRE 1
Avant de se remettre en question
Nous ressentons des émotions parce que nous sommes vivants. Même si on n’y prête pas attention et que l’on ne s’en rend pas compte, on ne passe pas une journée sans de multiples émotions qui la traversent ; des positives que nous apprécions et des négatives auxquelles nous tentons d’échapper. Les émotions négatives, chez un homme comme chez une femme, sont d’abord déclenchées par des situations4, des circonstances.
Or on ne cesse d’entendre que les femmes sont plus sensibles, qu’elles ont, de par leur sexe, plus d’émotions négatives, que de ce fait elles se plaignent souvent et bla-bla-bla. Avant de leur scanner le cerveau pour voir s’il est à ce point émotionnellement déviant, regardons d’abord les différences dans les conditions de vie des hommes et des femmes. Observons leur contexte, les circonstances que l’on rencontre préférentiellement si on est homme ou femme. Assurons-nous, avant d’incriminer des facteurs internes, plus psychologiques, que ces conditions ne puissent pas expliquer un certain nombre d’émotions négatives.
Conditionnés dès l’enfance
PRÉPARÉES AU LANGAGE, PRÉPARÉS AU COMBAT
Alors qu’il n’y a pas de différences flagrantes, d’un point de vue neuroscientifique, entre les cerveaux des deux sexes5, dès l’enfance, petites filles et petits garçons ne sont pas sollicités de la même manière. Les parents, sans qu’il y ait d’autres raisons que des raisons culturelles ou de tradition, ont tendance à davantage stimuler physiquement les bébés garçons, alors qu’ils parleront plus souvent à un bébé fille6.
Or le cerveau d’un enfant contient une redondance neuronale et synaptique (c’est-à-dire un nombre de neurones et de synapses plus élevé que chez l’adulte). En gros, son cerveau est suréquipé et peut tout faire facilement avant de se spécialiser. Par exemple, quand les enfants sont exposés à deux langues précocement et qu’on leur demande plus tard une tâche dans l’une ou l’autre langue, une zone unique du cerveau sera activée7. Alors que s’ils acquièrent une deuxième langue tardivement, ils devront recruter un nombre plus important de régions cérébrales dans des endroits différents8. Moins évident, plus de travail mental, moins d’automatismes et de fluidité. Des nouveau-nés anglais qui auront entendu des personnes leur parler en mandarin seront ultérieurement capables de discriminer des phonèmes9 de cette langue, alors que ceux qui n’auront jamais entendu parler le mandarin n’en seront pas capables. Bref, dans l’enfance, on commence à creuser des sillons dans des cerveaux vierges potentiellement multifonctions.
« C’est structurel, les gars sont comme ça, ils ne savent pas parler de ce qu’ils ressentent. C’est dans leurs gênes. » Ça, c’est complètement bidon. Le développement du langage émotionnel est assimilable à l’apprentissage d’une langue étrangère. Il est évident que si un petit garçon n’a jamais été en contact avec ce langage, il aura plus de mal, ensuite, à être familier avec lui. On va faire sauter des petits garçons sur les genoux, les chatouiller pour qu’ils gigotent, les laisser d’un œil indulgent dézinguer des objets (« il faut qu’ils se défoulent ») et on ne va pas prêter attention à leurs émotions. On ne les nommera pas. Eh bien, on va voir une partie de leur population neuronale dévolue au développement du langage émotionnel disparaître. Et on s’étonnera, quand ils seront adultes, qu’il leur soit plus facile de taper dans un ballon ou de se défouler verbalement sur quelqu’un, plutôt que de dire qu’ils souffrent. Il n’y a rien de génétique, c’est seulement une histoire d’éducation et d’apprentissage.
Que dire, que faire ?
Nommons les émotions et intéressons-nous à celles des petits garçons ET des petites filles. Sans avoir de dons particuliers de voyance, je vous prédis des changements.
À l’inverse, à trop favoriser le langage et notamment celui concernant les émotions chez une petite fille, sans la pousser à faire des jeux physiques à l’extérieur, à se battre, à se défendre et à en coller une à son frère qui la tape, on va en faire une femme qui passera sa vie à se demander pourquoi elle, qui sent si bien les choses et les nomme avec tant de célérité, est à ce point incapable de se battre contre l’adversité, et se fait tant avoir10. Stimuler physiquement les petites filles, en leur apprenant par exemple à savoir se battre, à moins craindre la douleur physique et à potentiellement se sentir capable de réagir par la force serait peut-être un moyen d’augmenter leur confiance en elles et de leur donner plus de choix.
LES TRUCS DE FILLES, C’EST NUL
Un enfant, en pleine découverte du monde, va observer que ce sont essentiellement des femmes qui s’occupent de lui à la maison, à la crèche, à l’école. Il va commencer à créer des catégories binaires et va avoir tendance à exagérer les différences, bien aidé en cela par un certain nombre d’institutions. Il intègre l’idée que « les femmes sont là pour s’occuper des autres ». Ensuite, il va se modeler et prendre exemple. En parallèle, il va apprendre que tout ce qui est associé au féminin (« les trucs de filles ») est beaucoup moins valorisé que ce qui appartient au « masculin ». Ainsi, la réprobation sera beaucoup plus forte si le petit garçon est « efféminé », alors qu’il transgresse en adoptant des activités et des comportements féminins (pour cela, l’attitude du père et des frères dans le film Les garçons et Guillaume, à table ! est très représentative). Il apprend donc que ce qui est masculin, c’est bien. Les filles apprennent la même hiérarchie de valeurs. Devant la petite Séverine qui joue à des jeux de force avec les garçons, des observateurs émettront une remarque plutôt admirative du genre : « Oh, c’est un vrai garçon manqué ! », décrivant ainsi son comportement actuel. Devant le petit Quentin jouant avec sa sœur et ses copines à se déguiser en princesse, et ce ne sont plus des observateurs admiratifs que l’on entendra mais une horde sauvage gravant dans le marbre de catastrophiques orientations sexuelles à venir. Adopter des comportements « féminins » est forcément le signe d’une homosexualité, assimilée à une absence de « virilité ». La honte ! ! Si par la suite le petit Quentin persiste dans ses jeux, c’est qu’il ne perçoit pas l’hostilité et qu’il est atteint d’autisme grave, ou bien c’est qu’il a un sacré courage (mais s’il n’est pas « viril », ça voudrait dire que le courage est féminin ? Yeees !).
Comme, de manière générale, on a tendance, quels que soient les dispositions ou les goûts des enfants, à leur associer des préférences en fonction de leur sexe, on va associer aux filles plus rapidement des disciplines relatives aux arts et au langage, alors qu’on associera aux garçons des disciplines ayant à voir avec les maths et les sciences11 (quand ils s’estiment bons en maths, 8 garçons sur 10 vont en section scientifique pour 6 filles sur 10). Sans réelle conscience, on les mettra plus fréquemment en contact avec les domaines en question. Malgré une meilleure réussite scolaire, les filles vont atterrir dans des filières moins sélectives et moins valorisées.
On s’étonnera par la suite que 75 % des femmes travaillent dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale, professions incarnant les « particularités féminines », alors qu’elles seront à peine 9 % dans les professions incarnant force et technicité ou dans les professions hiérarchiquement élevées12.
Pourquoi ne pas…
- Encourager et valoriser les petits garçons chaque fois qu’ils se conduisent de manière gentille, respectueuse d’eux-mêmes et de l’autre, qu’ils s’appliquent à respecter les lois régissant la vie en société, valables pour tous (les garçons pensent asseoir leur virilité en les défiant13), qu’ils s’occupent d’autrui, en gros chaque fois qu’ils se conduisent indépendamment des représentations associées aux rôles, et qu’ils œuvrent pour le bien de tous ?
- Penser à valoriser les petites filles quand elles adoptent ces mêmes comportements (ils ne sont pas plus « naturels » chez elles et peuvent s’éteindre à force d’être méconnus) ?
- Offrir des stimulations intellectuelles sans a priori de sexe ?
- Éveiller aussi les petits garçons à l’art, aux relations sociales, aux sports gracieux de manière à ce qu’ils puissent faire des choix éclairés et libres ?
- Regarder les informations et parler politique également devant les petites filles ?
- Proposer des carrières dans les domaines du soin pour les garçons et des carrières scientifiques, politiques pour les petites filles ? Dans l’ingénierie, des décisions politiques ont été prises et les résultats ne se sont pas fait attendre. 3 % de femmes ingénieurs en 1982 pour 34 % aujourd’hui en France14. À quand l’extension à d’autres filières ?
POURQUOI SOUVENT LES FEMMES NE SE SENTENT PAS LÉGITIMES ?
L’éducation scolaire n’est pas la même selon que l’on est une fille ou un garçon. En effet, les appréciations aux filles concerneront plus souvent la forme (on pardonnera plus facilement à un garçon qu’à une fille une copie qui ressemble à un torchon et truffée de fautes d’orthographe si son contenu est pertinent). Sans forcément le percevoir, les enseignants s’adresseront moins aux filles qu’aux garçons. De manière générale, les filles seront valorisées sur leur travail et leur obéissance, les garçons sur leurs capacités. C’est notamment le cas en mathématiques.
Il en découle que la tendance à attribuer ses échecs au hasard et ses réussites à soi-même, tendance constitutive de l’optimisme et protégeant l’adulte de la dépression, sera plus majoritairement masculine. En effet, on dit plus volontiers aux garçons en échec qu’ils n’ont pas exploité toutes leurs capacités15, ou qu’ils n’ont pas assez travaillé (raison instable) ou qu’ils n’ont pas eu de chance (raison externe), alors que l’on invoque plutôt une raison interne et stable comme leur manque d’aptitude pour les filles en difficulté.
À l’inverse, on liera le succès des garçons à leurs aptitudes mais chez les filles, on va plus volontiers l’associer à des causes externes et instables, comme l’aide de l’entourage, les efforts qu’elles ont faits16.
De plus, on donne plus volontiers aux garçons l’injonction d’être les plus forts17. On stimule leur esprit de compétition dès l’école beaucoup plus que chez les filles18. Quand on valorise une fille, on la valorise sur sa gentillesse ou sa joliesse, rarement sur sa force. Qui valorise son petit garçon d’avoir été gentil ? On les stimule physiquement petits puis, ensuite, on continue d’inciter plus fortement les adolescents à faire du sport que les adolescentes. Plus le milieu est défavorisé, plus l’écart dans la pratique sportive des filles et des garçons est important. L’écart se creuse aussi pour la pratique d’un loisir culturel, mais là, ce sont les filles qui l’emportent ; les filles ont des pratiques culturelles plus précoces et plus diverses. Elles peuvent aussi plus facilement faire des choix masculins alors que les garçons seront dévalorisés s’ils ont envie de faire des activités « féminines ». C’est le syndrome Billy Elliot.
Les parents et les institutions vont avoir tendance à freiner leurs filles dans leurs explorations et les pousser à apprendre la docilité, la grâce, la souplesse, le maintien et l’expression des émotions alors qu’ils vont pousser leurs fils à tenter des expériences pour développer endurance, résistance, combativité19.
Ainsi, par ces incitations différentes selon le sexe, on contribue subtilement à fabriquer des femmes ayant tendance à manquer de confiance en elles-mêmes, d’autant plus qu’on leur a enjoint toute leur vie d’être modestes, de ne pas manifester de colère et d’éviter les conflits. Je ne fais pas exception. Moi qui me suis toujours donné beaucoup de mal pour documenter scientifiquement mes livres, je n’ose jamais intervenir en conférence quand j’entends des inepties, parce que je me remets en question et me mets à douter de la légitimité de mes connaissanc...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Introduction
- CHAPITRE 1 - Avant de se remettre en question
- CHAPITRE 2 - L’amour : une base pour être heureux
- CHAPITRE 3 - Dis-moi de quel sexe tu es, je te dirai ce que tu dois ressentir
- CHAPITRE 4 - Hommes-femmes : comment ça va mal ?
- CHAPITRE 5 - Quelles astuces faut-il piquer à l’autre sexe ?
- CHAPITRE 6 - Parler et communiquer
- CHAPITRE 7 - Du changement
- CHAPITRE 8 - Sœur Emmanuelle et Carrie Bradshaw
- Notes
- Remerciements
- Table
- Du même auteur