
- 304 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Ă propos de ce livre
Les mythes sont des rĂ©cits d'origine, rĂ©cits du temps oĂč les hommes Ă©taient proches des animaux ; oĂč ils parlaient le mĂȘme langage qu'eux, s'accouplaient avec eux, un temps oĂč il n'y avait pas de solution de continuitĂ© entre l'animalitĂ© et l'humanitĂ©. Ils racontent comment l'homme est sorti de la bestialitĂ© en inventant toute une sĂ©rie de diffĂ©rences, entre les gĂ©nĂ©rations comme entre les dieux et les hommes, Ă partir de celle, princeps, du sexe de la femme. Dans cet essai, Patrice Bidou montre, sur un mythe amazonien de l'origine de la civilisation, comment les mythes mettent en scĂšne les conflits inconscients et comment leur narration revient au mĂȘme qu'une cure psychanalytique. Patrice Bidou, ethnologue, est chargĂ© de recherche au Laboratoire d'anthropologie sociale du CollĂšge de France.
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Informations
Chapitre 1
UNE MYTHOLOGIE AMAZONIENNE
ENTRE LĂVI-STRAUSS ET FREUD
Pour moi, le mythe est dâabord une histoire, avec un commencement, un milieu et une fin, disait C. LĂ©vi-Strauss dans un sĂ©minaire du CollĂšge de France au dĂ©but des annĂ©es 1970. Je le cite de mĂ©moire, avec le temps, je ne saurais affirmer lâexactitude des mots, mais le sens, restĂ© gravĂ© dans ma mĂ©moire, est bien celui-lĂ . Le mythe est dâabord une histoire. Comment expliquer alors cette longue pĂ©riode de dormance avant que ne se trouve rĂ©activĂ©e une idĂ©e dont je sentais obscurĂ©ment que, sous sa trivialitĂ© de surface, elle dĂ©signait lâobjet radicalement. Parce que, en mĂȘme temps que LĂ©vi-Strauss Ă©nonçait cette dĂ©finition du mythe, qui rĂ©sonnait comme un programme, non seulement il nâen donnait pas le mode dâemploi, mais, au contraire, la pensĂ©e structuraliste, qui sertissait alors si fortement lâĂ©tude des mythes, sâemployait Ă en dĂ©truire la dimension narrative, pour se garantir lâeffet de systĂšme. Ce faisant, elle Ă©liminait le sens que ces rĂ©cits pouvaient avoir pour les hommes, les femmes et les enfants qui vivent dans les sociĂ©tĂ©s oĂč ils sont produits.
Deux assertions, comme deux lemmes de la pensĂ©e structuraliste, entament la grande Ćuvre lĂ©vi-straussienne sur la mythologie. La premiĂšre touche Ă lâautonomie de lâobjet : « Les mythes se pensent entre eux » ; la seconde, Ă celle des esprits qui les conçoivent et les pensent. « Car, si le but dernier de lâanthropologie est de contribuer Ă une meilleure connaissance de la pensĂ©e objectivĂ©e et de ses mĂ©canismes, Ă©crit LĂ©vi-Strauss en ouverture des Mythologiques, cela revient finalement au mĂȘme que, dans ce livre, la pensĂ©e des indigĂšnes sud-amĂ©ricains prenne forme sous lâopĂ©ration de la mienne, ou la mienne sous lâopĂ©ration de la leur1. » Soit, dâun cĂŽtĂ©, un objet qui se passe de lâhumain pour signifier et, de lâautre, une pensĂ©e qui se passe dâun corps sensible pour sâexercer ; lâun et lâautre trouvant leur point dâappui commun dans la structure de lâesprit humain, entendu dans le sens prĂ©curseur du mentalisme des cognitivistes : soit un esprit sans trouble, comme on parle dâune personne ou dâun pays « sans histoire ».
Le mythe est une histoire, ou raconte une histoire, avec un commencement, un milieu et une fin. Dans une histoire est prĂ©sente lâidĂ©e dâune tension entre le commencement et la fin de la narration. On pourrait Ă ce propos parler dâune « diffĂ©rence de potentiel », y compris avec la notion de perte que ce vocable a en mĂ©canique2. Entamer la narration du mythe, câest, selon une image tatuyo (cf. infra), dĂ©couper Ă la hache des copeaux dans le tronc de lâarbre primordial qui, au commencement du monde, barrait lâhorizon de lâhumanitĂ©. Mais, pendant la nuit et le sommeil, les copeaux revenaient former le tronc de lâarbre, anĂ©antissant du mĂȘme coup le travail du jour. Comme un mythe inachevĂ© dont il faudrait reprendre la narration Ă chaque aurore. Les Travailleurs CĂ©lestes prirent alors les copeaux et les jetĂšrent au loin. Quand lâarbre tomba, son tronc forma le cours de la riviĂšre, et ses branches se transformĂšrent en anacondas.
Selon une vision alternative du temps primordial, celui-ci est imaginĂ© non plus sous la forme dâun tronc dressĂ©, mais au contraire de fragments Ă©pars, mobiles, insaisissables, comme ces volatiles des sous-bois qui courent dans tous les sens, jaillissent et disparaissent dans les taillis de mĂȘme couleur que leur plumage. Ă moins encore quâil ne soit fait dâassemblages fantaisistes comme les corps des monstres et autres chimĂšres qui apparaissent dans les rĂȘves. Dans tous les cas, parler est une perte : soit la perte dâune plĂ©nitude lisse, compacte, dure, soit la perte dâune plĂ©nitude friable, volatile : câest une question de point de vue, dâune lĂ©gĂšre variation de lâimaginaire, comme un quart de tour dans un kalĂ©idoscope. Parler est une perte. Câest lĂ le fondement du structuralisme et sans doute de tout systĂšme de pensĂ©e. Dâun cĂŽtĂ© la perte du sein de la mĂšre, de lâautre la perte du babil de lâenfant. Dans ce cas, le mythe est non seulement lâhistoire de cette perte, mais, en tant que suite articulĂ©e de mots, qui prennent dans la bouche la place du sein maternel, il est le corps mĂȘme du dĂ©lit. Autrement formulĂ©, Ă la fois comme une question et un programme : de quelle grande rupture, de quel grand abandon, de quelle grande dĂ©couverte, le langage qui sâinstalle avec le mythe est-il la narration ?
Une histoire prend les choses Ă un endroit donnĂ© et dans un Ă©tat donnĂ©, et les laisse dans un autre endroit, dans un autre Ă©tat. Ăventuellement, le mythe se termine Ă lâendroit de son dĂ©part ; dans ce cas, câest la diffĂ©rence dâĂ©tat qui transforme lâendroit. Comme un homme qui revient sur les lieux de sa naissance. Il trouve les choses changĂ©es, rapetissĂ©es, Ă la fois familiĂšres et Ă©tranges, en partie identiques et en partie mĂ©connaissables. Cette diffĂ©rence de potentialitĂ© est constitutive du mythe. Si un homme (une femme) retrouvait complĂštement inchangĂ© le théùtre de sa naissance, il nây aurait radicalement pas dâhistoire, mais, dans ce cas, il nây aurait sans doute pas dâhomme (de femme) non plus. Câest un cas extrĂȘme. Lâautre cas extrĂȘme, qui conduirait aux mĂȘmes aboutissements, serait celui dâun homme (dâune femme) qui ne reconnaĂźtrait rien de son lieu de naissance.
Lâhomme (lâhomme ou la femme) apparaĂźt donc situĂ© quelque part entre ces deux pĂŽles extrĂȘmes, hypothĂ©tiques et monstrueux, de la mĂ©moire intĂ©grale des origines, comme un abĂźme, et de la perte complĂšte de lâorigine, comme un autre gouffre. Lâhomme se situe lĂ oĂč il y a Ă la fois de lâeffacement et de la liaison avec lâorigine. LĂ oĂč il y a du langage articulĂ© et du babil, des mots et des borborygmes, de la raison et de la dĂ©raison. Bref, lĂ oĂč existe une histoire, nĂ©cessairement mythique, puisquâil manque Ă jamais des Ă©lĂ©ments quâil faut imaginer au plus prĂšs, des scĂ©narios quâil faut reconstruire au mieux.
Le chef de la grande maison tatuyo terminait la narration du mythe par cette locution : ti wame3, « voici les noms », « voici les choses », « voici notre histoire », selon les trois sĂ©mantĂšmes contenus dans le vocable wame. Le mythe donc, comme une histoire des noms et des objets correspondant aux noms. Lâhistoire de la premiĂšre rencontre des ancĂȘtres avec les noms, les objets, lâhistoire de leurs premiers usages, premiers enseignements, premiĂšres maladies et premiĂšres guĂ©risons.
Le vocable wame rĂ©fĂšre dâabord aux noms des personnes, Ă commencer par ceux des grandes figures de la mythologie : EmĂ«reko PinĂ”, Pohe PinĂ”, Wamari PinĂ”, DyebĂĄ Dyai, Meni Kumu, WekĂ«a Kumu, Kafe Sawari, Warimi, Adyawaroa, et, de lâautre cĂŽtĂ© de la coupure des sexes : Rahe BoomĂ”, Dyawira, MenĂȘ Riyo, Romi Kumu, Ape RomiĂ”. La plupart, remarquons-le, sont des noms composĂ©s, qui dĂ©signent des entitĂ©s sans existence dans le monde, ni chez les animaux ni chez les humains, des artefacts particuliers aux temps mythiques, de pures constructions de lâimaginaire, dont le mythe raconte interminablement le dĂ©part et par lĂ mĂȘme fixe la permanence.
Le vocable sâapplique ensuite aux noms de lieu. Les noms du site dâĂ©mergence dâabord et, ensuite, tous les sites « dressĂ©s » sur le bord de la riviĂšre, dont la vision en perspective donne Ă lâespace sa profondeur. Le nom dâun grand personnage suffit Ă identifier complĂštement un mythe ; un nom de lieu situe un Ă©vĂ©nement sur le chemin de la naissance, dans le cadre dâun avant (aval) et dâun aprĂšs (amont), la linĂ©aritĂ©-temporalitĂ© Ă©tant radicalement constitutive du mythe.
Le vocable wame sâapplique enfin Ă tous les objets, plantes, animaux, armes, outils, parures rituelles, qui forment la substance propre, la matiĂšre concrĂšte du mythe. Ce qui permet de dire que la langue du mythe est une langue de noms (propres), câest-Ă -dire dâunitĂ©s primordiales qui nâont pas de rĂ©fĂ©rents au-dehors, et certainement pas dans la rĂ©alitĂ©, laquelle commence prĂ©cisĂ©ment lĂ oĂč se termine le mythe. On pourrait dire du mythe quâil est le dĂ©ploiement sĂ©quentiel de la somme des noms contenus dans le nom de lâancĂȘtre : tous synonymes de son dĂ©part, tous emblĂ©matiques de sa disparition.
Ainsi, de mĂȘme que lâon parle de « nom propre » pour une personne, de mĂȘme pourrait-on parler dâ« histoire propre » pour le mythe. Soit, lĂ , un nom commun, moins le sens ; et ici, une histoire qui existe par elle-mĂȘme, sans commentaire.
La vie des gens sur terre commence avec le dĂ©part de lâancĂȘtre, qui, au dĂ©but, dĂ©tient captif le sens dans son corps massif. Dans ce cas, pas plus que les noms ne se traduisent, pas plus ne se traduit ni ne sâinterprĂšte le mythe, sans risquer de lui faire perdre sa fonction en tant que telle, sa fonction iconique. Dans ce sens, lâinterprĂ©tation des mythes est une iconoclastie.
De fait, chaque fois que je me suis essayĂ© sur le terrain Ă restituer Ă mes interlocuteurs tatuyo quelques interprĂ©tations qui me semblaient Ă©videntes, jâai Ă©tĂ© incompris, voire mal reçu. AprĂšs coup, leurs rĂ©actions me paraissent somme toute comparables Ă celles quâon pourrait attendre de la part dâun monsieur Dupont Ă qui lâon voudrait faire dire constamment quâil est « du pont » ; Ă la longue, il y perdrait son identitĂ©. La pensĂ©e iconique fonctionne en court-circuit de la pensĂ©e discursive.
Que le mythe parle essentiellement de la naissance de lâhomme et du statut de lâhumain est ce qui Ă©tait dâemblĂ©e visĂ© par LĂ©vi-Strauss quand il rappelait Ă son auditoire quâil ne fallait pas perdre de vue que le mythe Ă©tait dâabord une histoire, avec un commencement, un milieu et une fin. Pour le mythe aussi, lâanatomie, câest le destin. Cela dit, on chercherait en vain dans son Ćuvre une mise en application dâun tel programme. On pouvait mĂȘme penser la chose complĂštement enterrĂ©e sous les quatre tomes des Mythologiques si lâauteur ne revenait, en tardivetĂ©, Ă dĂ©finir le mythe comme une histoire. Dans De prĂšs et de loin, il Ă©voque son passĂ©, le terrain, son Ćuvre, les lois de lâesprit, lâexercice de la pensĂ©e. Il est questionnĂ© par Didier Ăribon, qui ouvre ainsi le dĂ©bat :
â Je voudrais vous poser une question simple : quâest-ce quâun mythe ?
â Câest tout le contraire dâune question simple, rĂ©torque LĂ©vi-Strauss, car on peut y rĂ©pondre de plusieurs façons. Si vous interrogiez un Indien amĂ©ricain, il y aurait de fortes chances quâil rĂ©ponde : une histoire du temps oĂč les hommes et les animaux nâĂ©taient pas encore distincts (mon soulignement).
Cette dĂ©finition me semble trĂšs profonde. Car, malgrĂ© les nuages dâencre projetĂ©s par la tradition judĂ©o-chrĂ©tienne pour la masquer, aucune situation ne paraĂźt plus tragique, plus offensante pour le cĆur et lâesprit, que celle dâune humanitĂ© qui coexiste avec dâautres espĂšces vivantes sur une terre dont elles partagent la jouissance, et avec lesquelles elle ne peut communiquer. On comprend que les mythes refusent de tenir cette tare de la crĂ©ation pour originelle ; quâils voient dans son apparition lâĂ©vĂ©nement inaugural de la condition humaine et de lâinfirmitĂ© de celle-ci4.
Avant dâaborder le contenu mĂȘme de la dĂ©finition, arrĂȘtons-nous un moment sur ce quâon pourrait appeler ses « attendus », car ils touchent Ă un problĂšme quâaucune Ă©tude sĂ©rieuse des mythes ne saurait Ă©luder, Ă savoir la position royale occupĂ©e par les animaux dans ce genre de rĂ©cit. Que LĂ©vi-Strauss y voie la marque nostalgique dâune familiaritĂ© perdue avec le monde animal, on est prĂȘt Ă le suivre. Ă condition toutefois que soit clairement indiquĂ© ce qui dans lâanatomie et les mĆurs des animaux nous attire, ou nous repousse, nous fascine et nous dĂ©goĂ»te tout Ă la fois, bref, nous remue si fortement que la civilisation, Ă lâheure de son bilan, se sente obligĂ©e de se faire lâĂ©cho de cette intimitĂ© perdue. Mais, Ă cette question, le structuralisme nâapporte pas de rĂ©ponse, et pour cause. AprĂšs avoir pris acte de lâĂ©cot payĂ© par LĂ©vi-Strauss Ă une sorte dâĂ©cologie de lâesprit, il est donc nĂ©cessaire de redire clairement ce qui fait son vĂ©ritable intĂ©rĂȘt pour les animaux dans les mythes. Les animaux figurent dans les mythes, Ă©crit LĂ©vi-Strauss, pour autant que chacun, par son anatomie, sa physiologie, ou ses mĆurs, sert de support Ă une opposition binaire5. LĂ©vi-Strauss exprimait la mĂȘme idĂ©e plusieurs annĂ©es auparavant, quand il affirmait, en opposition au fonctionnalisme anglo-saxon, que les espĂšces naturelles (les animaux du totĂ©misme) ne sont pas choisies en tant que « bonnes Ă manger », mais parce que « bonnes Ă penser6 ». Comme si les deux activitĂ©s, manger (ou Ă lâinverse cracher) et penser, Ă©taient exclusives lâune de lâautre, relevaient de sphĂšres autonomes.
On reviendra plus avant sur la place des animaux dans les mythes. Je me tourne maintenant sur la dĂ©finition du mythe proposĂ©e par LĂ©vi-Strauss : « ⊠une histoire du temps oĂč les hommes et les animaux nâĂ©taient pas encore distincts ». Les mots « pas encore distincts » situent aussitĂŽt les utilisateurs des mythes dans un temps, postmythique, oĂč la distinction entre les hommes et les animaux est achevĂ©e. Le mythe apparaĂźt ainsi tendu entre les deux pĂŽles de lâindistinction et de la distinction, avec, au milieu, un moment, un acte, oĂč sâeffectue le passage de lâun Ă lâautre bout du mythe. Le passage apparaĂźt comme lâendroit clĂ© autour duquel le mythe pivote et bascule en tant quâhistoire de lâinstallation de lâhomme sur terre. Il Ă©tablit selon quelle modalitĂ© lâhumanitĂ© pense Ă la fois sa distance et sa proximitĂ©, sa coupure et son lien Ă lâorigine.
La conception lĂ©vi-straussienne du passage est exposĂ©e avec une nettetĂ© particuliĂšre dans « Lâinterlude du discret », au commencement des Mythologiques. Dans ces quelques pages trĂšs denses, qui sont une sorte dâabrĂ©gĂ© de la pensĂ©e structuraliste, LĂ©vi-Strauss se saisit de trois mythes, ojibwa, tikopia, bororo, dont il montre quâils o...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Page de titre
- Copyright
- Dédicace
- Table
- INTRODUCTION
- Chapitre 1 - UNEÂ MYTHOLOGIE AMAZONIENNE ENTRE LĂVI-STRAUSS ETÂ FREUD
- Chapitre 2 - UNE CIVILISATION DU MANIOC AMER (Les Tatuyo du Pira-parana)
- Chapitre 3 - PORTRAIT DU MAĂTRE DEÂ LAÂ NOURRITURE
- Chapitre 4 - TAPIR CHAMANE, LâANCĂTRE QUI NE VOULAIT PAS PARTIR (La mythologie)
- Chapitre 5 - LEÂ RĂVE DUÂ LAC
- Chapitre 6 - LAÂ MAISON DEÂ TAPIR CHAMANE
- Chapitre 7 - DESÂ PLUMES, DEÂ LâOR ETÂ DESÂ FĂCES
- Chapitre 8 - LEÂ FILS, LAÂ MĂRE ETÂ LAÂ BRU
- Chapitre 9 - UNEÂ MYTHOLOGIE PRĂGĂNITALE
- Chapitre 10 - LEÂ DĂPART DEÂ LâANCĂTRE ET LâAVĂNEMENT DUÂ HĂROS
- Chapitre 11 - ĂPILOGUE
- CARTE
- INDEX DESÂ MYTHES
- GLOSSAIRE DESÂ TERMES INDIGĂNES
- BIBLIOGRAPHIE
- QuatriĂšme de couverture