Le Nouveau Musée de l'Homme
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Le Nouveau Musée de l'Homme

  1. 272 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Le Nouveau Musée de l'Homme

À propos de ce livre

Comment réinventer le musée de l'Homme ? Comment lui permettre de véritablement donner à voir une histoire naturelle de l'Homme qui tienne compte des spectaculaires avancées récentes en anthropologie préhistorique, physique et culturelle ? Comment mieux sensibiliser le public à ce qui fait l'unité et la diversité de l'espèce humaine dans ses origines, dans ses caractères biologiques, dans ses cultures, à la fragilité de l'humanité dans son environnement et à la responsabilité collective qui l'unit dans son rapport à la nature ? Voici ce que propose ce rapport rédigé par la Commission chargée de sa rénovation. Avec la participation de Serge Bahuchet, Jean-Pierre Changeux, Michel Côté, Dominique Ferriot, Bertrand-Pierre Galey, Lionel Gauthier, Zeev Gourarier, Françoise Héritier, Camille Pisani, François Sémah, Michel Van Praët et Francis Zimmermann. Préface de Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, Roselyne Bachelot, ministre de l'Écologie et du Développement durable, et Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies. Postface de Claudie Haigneré.

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2004
Imprimer l'ISBN
9782738113948
Annexes
Ces notes et articles ont été spécialement rédigés pour la discussion de l’une de nos douze séances de la Commission de rénovation du musée de l’Homme. Le caractère oral de l’exercice auquel ils étaient destinés se ressent parfois. Mais ces textes ont l’avantage de préciser quelques-uns des thèmes considérés comme importants dans l’optique du nouveau concept du musée de l’Homme. Ils sont aussi significatifs de l’approche interdisciplinaire qui tente de faire la synthèse des aspects naturels et culturels de l’Homme aussi bien en tant qu’individu qu’en tant qu’être social.
Annexe 1
Quelques notes
sur les origines de notre espèce
Transcription de l’intervention orale du 14 avril 2003 auprès
de la Commission pour la rénovation du musée de l’Homme
par François Sémah
Orienter sa réflexion
Parler des « origines de l’homme » passionne tout le monde. En parler sans déboucher, consciemment ou inconsciemment, sur une vision finaliste de l’ensemble des phénomènes qui ont abouti à l’être humain n’est pas forcément aisé.
Seconde « facilité » à éviter (selon ce qui a été dit lors de la première réunion) : il n’est pas question ici de raconter une histoire « en linéaire », mais plutôt de choisir un ensemble de thèmes significatifs. Nous pourrions ajouter qu’il n’est pas non plus question de remonter aux origines dans leur ensemble (origine de l’univers…) ni d’oublier que nous faisons partie d’un Muséum national d’histoire naturelle qui offre déjà au public, sous leur forme actuelle ou future : une galerie de minéralogie (de la formation de la Planète aux origines de la vie ?), une galerie de paléontologie, une grande galerie de l’évolution. On peut enfin espérer qu’il n’est pas question, puisque le nom de « musée de l’Homme » est conservé, de faire table rase de l’image attachée à ce nom, même si cette dernière mériterait une discussion à elle seule.
Parler de l’origine, « d’où venons-nous ? », sans pour autant écrire un manuel de préhistoire, revient peut-être à choisir, au long de cette histoire de l’Homme, parfois des étapes, mais surtout des thèmes qui peuvent correspondre à des questionnements scientifiques, à des phénomènes, à des découvertes, ou même parfois à de simples objets ouvrant des perspectives autant d’illustration muséographique que de réflexion, perspectives ne devant pas se limiter au simple « voilà comment cela se passait à l’époque ».
Pour aborder un aspect un peu plus technique, derrière ces thèmes relatifs à l’origine, devraient apparaître en filigrane des notions et des outils utilisés pour l’étude de l’Homme dans tous ses états, passés, présents et pourquoi pas futurs : le temps long, l’évolution, comment on lit l’histoire de l’Homme dans les couches de la terre, quels sont les référentiels climatiques, isotopiques, de biologie moléculaire utilisés par les scientifiques, l’anatomie, etc.
Dans le même esprit, on aborderait indirectement la conquête des milieux par les groupes humains, la dépendance de l’homme vis-à-vis de l’environnement mais aussi l’indépendance des groupes humains face à cet environnement, et comment on gère ou devrait gérer cette indépendance puisque bien souvent l’environnement nous rattrape.
Il conviendrait d’aborder également en ces occasions l’approche historique de grandes questions relatives à l’origine de l’Homme, à l’Homme du passé et aux représentations que l’on s’en faisait.
Enfin, pourquoi pas, les thèmes relatifs à l’origine devraient, comme les autres d’ailleurs, faire une place un peu privilégiée aux travaux scientifiques menés depuis toujours et actuellement au sein du Muséum, qui sont loin d’être les moins intéressants.
Ci-dessous quelques thèmes parmi les possibles, classés selon les deux qualificatifs de l’Homme : animal (l’homme parmi les singes) et social (l’homme communicant).
L’animal
En première analyse, on pourrait placer dans ce premier groupe au moins trois thèmes : un événement, un phénomène, une étape évolutive.
Un événement : la limite géologique Crétacé/Tertiaire
Lorsque l’on parle d’origine de l’Homme, beaucoup de mots se bousculent : bipédie, main, conformation du crâne, de la mandibule et du cerveau, forêt et savane…, sans aller pour l’instant jusqu’à l’outil et encore moins jusqu’au symbolisme. Parmi tous les « big bang » qui ont marqué l’histoire de l’univers et de la Planète, celui qui aura le plus de conséquences directes sur nous, est certainement la crise du début du Cénozoïque, il y a 65 M.a. (un événement si ancien, mais si important) : une ou plutôt des catastrophes naturelles, avec en corollaire une conjonction extraordinaire de chances offertes aux animaux qui allaient donner le buissonnement des primates.
Très bref rappel des faits : la conjonction probable d’une crise climatique (refroidissement), de gigantesques et très rapides épanchements volcaniques (Inde) et de la chute d’une météorite d’environ 10 km de diamètre (sud du Mexique). Cette crise est quasi instantanée, repérée entre autres par le pic d’Iridium dans les sédiments (limite Maastrichtien/Danien, il y a un site important — mais pas le stratotype — en France dans la baie de Loya, à Bidart près d’Hendaye). Les conséquences sont bien connues (y compris du public, ce qui est un avantage) : disparition des dinosaures et des ammonites ; mais d’autres groupes ne sont que peu affectés : les nautiles chez les céphalopodes, les oiseaux qui descendent des dinosaures, et surtout les mammifères.
Ces derniers auront ainsi le champ libre pour profiter, au début du Tertiaire, du réchauffement et surtout de l’installation des forêts où dominent les angiospermes, plantes à fleurs et à fruits. Ces forêts sont un laboratoire naturel de la biodiversité dans lequel se développeront des processus de co-évolution impliquant les plantes à fleurs et fruits, les insectes pollinisateurs, les petits mammifères placentaires insectivores et frugivores qui monteront aux arbres et participeront entre autres à la dissémination des graines.
Les premiers primates (on peut en prendre comme exemple, même s’il est un peu tardif, l’Adapis décrit par Cuvier dans les gypses éocènes de Montmartre) vont ainsi développer une main avec un pouce opposable, sans griffes et avec des ongles, des globes oculaires développés situés en avant, préfigurant l’architecture crânienne du singe, courte avec la face en dessous, un régime alimentaire et donc une anatomie et une mécanique masticatoires élaborées (dentition hétéromorphe), etc.
À ce stade, plusieurs fondamentaux sont là, en particulier la face et la main, nombre d’expressions clés ont été mentionnées : la forêt et la biodiversité, le temps long, la crise, la paléontologie et la stratigraphie, l’évolution. Ce thème décrit le royaume qui va devenir celui des singes, et qui verra l’émergence de l’homme.
Un phénomène : l’évolution, que l’on pourrait appeler buissonnante des singes
Cet aspect buissonnant est important à envisager : lui seul permettra d’accepter l’évolution « en temps réel » du dessin du phylum des homininés avec par exemple l’exclusion, pas si ancienne, des Néandertaliens et des paranthropes de la lignée d’Homo sapiens ; la « réactivation » du genre Praeanthropus ; de poser des questions et de souligner l’intérêt des débats spécifiques à une paléontologie dite « de faible occurrence », ce qui sera, sauf exception, le cas de la paléontologie humaine (rares sont les études menées sur de véritables populations, mais on peut donner en exemple le site d’Atapuerca en Espagne qui rassemble plus d’une trentaine d’individus).
Quelques exemples, tirés d’une taxinomie complexe de ces fossiles : l’origine des singes anthropoïdes est recherchée de part et d’autre de la limite Éocène-Oligocène, vers 34 M.a., limite considérée également en géologie et en paléontologie comme une grande coupure (mais il ne semble pas pertinent de développer ici ce dernier point). Les auteurs parlent déjà de berceau à roulettes : certains fossiles très anciens ont été découverts en Extrême-Orient (Chine, Myanmar-Birmanie à plus de 40 M.a.), également en Égypte : gisement du Fayoum avec une longue stratigraphie où apparaît au sommet, vers 30 M.a., l’Aegyptopithèque (8 kg, 32 dents, yeux en façade, qui pourrait être un ancêtre des catarrhiniens, le groupe qui rassemble les cercopithèques et les hominoïdes). La situation est analogue à l’Oligocène supérieur et au Miocène (23 à environ 6 M.a.) pour les singes hominoïdes fossiles : Kamoyapithèque et Proconsul du Miocène inférieur d’Afrique. Puis, avec une lacune africaine, on saute à l’Asie avec les Siva- et Ramapithèques, la découverte récente réalisée par J.-J. Jaeger en Thaïlande, du Lufengpithèque (au moins 10 M.a.), à l’Eurasie (Oréopithèque, Ouranopithèque). L’une des grandes questions que les paléontologues se posent est de savoir si le premier hominidé descend d’une évolution sur place des hominoïdes africains ou bien d’un ancêtre eurasiatique qui aurait gagné un billet de retour vers l’Afrique au Miocène supérieur.
Les paléontologues du Muséum pourraient décrire ce buissonnement et les grandes questions qu’il nous pose. Mais quand le profane se penche sur l’histoire si complexe de ces singes, il peut en tirer quelques leçons simples mais fondamentales qui l’aideront à envisager l’histoire de l’Homme, par exemple : (1) rien d’étonnant à ce que chaque année les découvertes de terrain apportent des éléments nouveaux à une paléontologie qui s’appuie sur un registre fossile si restreint ; (2) mis à part peut-être les gibbons, on est frappé par le si faible nombre d’espèces d’hominoïdes qui ont survécu : une chez les ponginés, l’orang-outan, trois chez les paninés, chimpanzés et gorille, une seule chez les homininés ; (3) sans être versé dans l’éthologie, lorsque l’on regarde côte à côte des orangs-outans et des chimpanzés, on note entre eux des similitudes importantes dans le comportement et — si l’on ose l’expression — les capacités : il est fascinant de penser que des êtres analogues soient issus de lignées qui se sont séparées sans doute au Miocène ; on peut même faire le parallèle avec le regard que neandertalensis et sapiens se lançaient mutuellement ; (4) on constate que sur les quatre espèces actuelles de la famille des hominidés, l’une est en bonne voie de faire disparaître, directement ou indirectement, les trois autres : que dire du sort réservé autrefois aux membres de la sous-famille des homininés qui n’étaient pas de la bonne lignée ?
Une étape : la bipédie
L’histoire montre que, parmi ces êtres vivants, c’est la lignée bipède qui a pris le dessus. Pour Linné déjà, l’homme est le primate bipède. Il n’est jamais inutile de rappeler, quand on parle au public, qu’il ne s’agit pas tant d’un quadrupède qui se redresse, que d’un être bipède occasionnel, grimpeur et/ou brachiateur qui va devenir bipède exclusif.
Les spécialistes d’anatomie comparée peuvent ici décrire la bipédie humaine et (toujours sans finalisme) les relations avec l’architecture crânienne. Certains fossiles, à partir de l’Orrorin tugenensis de B. Senut et M. Pickford (Kenya, 6 M.a.) jusqu’au pied d’OH8 (Olduvai, Tanzanie, Homo habilis, 1,8 M.a.) en passant par les empreintes de Laetoli en Tanzanie (3,75 M.a., empreintes laissées par un bipède de type praeanthrope ou australopithèque), par Lucy (Hadar, Éthiopie, Australopithecus afarensis, 3,5 M.a.) et par les fossiles de Sterkfontein (Afrique du Sud, 2,5 M.a., Australopithecus africanus) permettent également d’illustrer le registre de la bipédie fossile. Cette illustration commence donc avec celui qui est probablement un ancêtre des homininés, se termine par les anciens représentants du genre Homo, et peut même trouver un prolongement au sein de fossiles plus récents (erectus, etc.).
La bipédie demeure une question fondamentale passionnante, mais peut aussi être avantageusement utilisée ici pour aborder (tout en restant à un niveau général) l’orientation des hypothèses phylogénétiques complexes traitant d...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Résumé
  5. Préface
  6. Introduction
  7. Analyse de la lettre de mission
  8. Chapitre premier - Le musée de l’homme en 2003 : crise ou renaissance ?
  9. Chapitre 2 - Quel contexte et quels choix pour le musée de l’homme ?
  10. Chapitre 3 - Un concept fédérateur pour le nouveau musée de l’homme : une histoire naturelle et culturelle de l’espèce humaine
  11. Chapitre 4 - Les propositions pour la rénovation du musée de l’Homme
  12. Bibliographie et documents
  13. Annexes
  14. Postface