40 questions et réponses sur les rêves
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40 questions et réponses sur les rêves

  1. 208 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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40 questions et réponses sur les rêves

À propos de ce livre

Pourquoi rêve-t-on de ce dont on rêve ? Pourquoi prenons-nous nos rêves pour la réalité ? Comment expliquer les bizarreries ou les émotions qui les accompagnent ? Pourquoi nous donnent-ils l'impression d'être construits comme des histoires ? Faut-il faire quelque chose de ses rêves, ou juste les oublier ? Sur ces questions et sur bien d'autres encore, Jacques Montangero nous répond de façon claire et argumentée. Il fait le point sur l'état de la recherche, insistant sur la fécondité du point de vue cognitif qui a profondément modifié notre connaissance du rêve. Jacques Montangero est professeur honoraire en psychologie à l'Université de Genève. Avec son équipe, il a recueilli et analysé de nombreux récits de rêves dans son laboratoire d'étude du rêve. Il est notamment l'auteur de Comprendre ses rêves pour mieux se connaître. 

Foire aux questions

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2013
Imprimer l'ISBN
9782738129536
ISBN de l'eBook
9782738176035
Rêver :
de quoi s’agit-il ?

1. Qu’est-ce qu’un rêve ?
On a pu dire à juste titre que chacune des caractéristiques du rêve peut être parfois absente ou peut se retrouver dans des conduites éveillées (Bosinelli, 1991). Certains en ont pris prétexte pour affirmer qu’il est extrêmement difficile de distinguer un rêve d’une autre forme de représentation pendant le sommeil (image isolée et plutôt statique, contenu purement langagier, simple idée avec laquelle on se réveille). Il n’en est rien. L’ensemble des aspects qui vont être énumérés distinguent les rêves d’autres productions mentales éveillées ou pendant le sommeil. Pour chacun de ces aspects, un commentaire et, quand cela est possible, un contre-exemple seront donnés. Le contre-exemple sera une conduite qui peut ressembler à un rêve, mais qui n’en est pas un, parce qu’elle ne comporte pas l’aspect en question.
Le rêve est une activité mentale involontaire pendant le sommeil. Donnons d’emblée un contre-exemple : une pathologie du sommeil nommée « trouble de comportement onirique » consiste à se mouvoir pendant le sommeil paradoxal et à produire des gestes de défense ou d’attaque ou des conduites non violentes. Observer ces conduites ne permet pas de voir le rêve puisque ce dernier est un contenu mental. D’ailleurs, on connaît des cas où la personne souffrant du trouble de comportement onirique, une fois réveillée, rapporte qu’elle faisait un rêve au contenu sans rapport avec les gestes effectués. Autre contre-exemple : dans des caissons d’isolation sensorielle (dans une totale obscurité et absence de sons), des scènes imagées involontaires surgissent souvent dans l’esprit des personnes qui s’y trouvent. Là encore, il ne s’agit pas à proprement parler de rêves, puisque ce phénomène n’a pas lieu pendant le sommeil. Quant au caractère involontaire du rêve, il le distingue des fantasmes éveillés et a pour conséquence que les sources et le but éventuel de nos représentations oniriques nous échappent.
Le rêve produit une simulation du monde à l’aide de représentations dans le sens où Piaget (1946) employait ce terme. Il s’agit des produits d’une compétence – en l’occurrence, la fonction symbolique ou fonction sémiotique – qui nous permet d’évoquer quelque chose au moyen de substituts tels que des mots, des images mentales, etc. Notons que cette fonction doit être bien développée pour permettre l’élaboration de rêves. En effet, il ne faut pas seulement être capable d’évoquer quelque chose par un substitut, il est nécessaire d’organiser un grand nombre de ces représentations. La plus simple des scènes de rêves est construite à l’aide de multiples représentations visuelles, auditives ou de sensations de mouvements qui simulent la présence de personnes, d’un lieu et d’objets ainsi que d’actions et de déplacements, tous ces éléments changeant sans cesse. Chez les bébés et les animaux, qui sont incapables à l’éveil de manipuler de nombreux symboles, les expériences mentales pendant le sommeil ne peuvent pas être de même nature que les rêves que nous produisons.
La modalité visuelle prédomine dans les représentations du rêve, complétée par d’autres modalités en proportion diverse. Après la vision vient l’audition, à laquelle il faut ajouter les sensations de mouvement (Okada et al., 2005) ; les autres modalités (toucher, odorat et goût) peuvent être présentes, mais dans une faible proportion. On peut donner ici le contre-exemple suivant : lorsqu’on se réveille avec le souvenir d’une phrase ou d’un thème de discussion (« on parlait de la dépendance au cannabis »), mais sans aucun contexte visualisé (présence de personnes ou d’objets), il ne s’agit pas d’un rêve dans toute l’acception du terme.
Durant le rêve, les produits de l’imagination sont pris pour des perceptions ; ce que l’on nomme la perte du « test de réalité ». Cette perte disparaît dans les rêves lucides, c’est-à-dire les moments de rêve pendant lesquels on prend conscience de rêver. Ceux-ci sont rares – présents de temps à autre chez environ un quart de la population ; pour autant, en dépit de la prise de conscience que l’on est en train de rêver, les contenus d’un rêve lucide paraissent toujours perçus et non imaginés. Par exemple, un jeune homme fait le rêve suivant. Il est prisonnier dans une chambre, sort sur le balcon situé à une hauteur élevée et prend conscience qu’il rêve : « Je suis en train de rêver, je peux donc m’enfuir en volant. » Et il se met à voler. Mais, pendant ce temps, il a réellement l’impression de faire l’expérience de voler, et il regarde les personnes qui marchent plus bas en étant persuadé qu’elles sont bien présentes.
Du point de vue de leur contenu, les représentations oniriques consistent a) dans le déroulement – et non pas dans des images fixes ; b) d’événements concrets – et non d’idées purement abstraites ou de paroles qui ne seraient pas accompagnées d’éléments concrets. L’aspect « cinématique » – ou de déroulement – contribue au caractère en partie narratif des rêves. Cet aspect est une caractéristique essentielle. La seule fois où j’ai eu l’impression qu’un rêve décrit au réveil était une affabulation, c’était à cause de l’absence de tout déroulement d’activités. Le volontaire, un jeune homme d’une vingtaine d’années, décrivait un rêve où il se trouvait dans l’antichambre d’une discothèque, lieu dont il donnait une description longue et très précise. J’ai compté le nombre d’informations données sur les lieux : il y en avait plus d’une cinquantaine. En revanche, il ne se passait rien, le rêveur et son camarade attendaient de pouvoir entrer. En ce qui concerne les idées abstraites, insistons sur le fait qu’elles peuvent être présentes dans les rêves – de même que l’expression de simples pensées comme « je pense qu’ils vont être contents de me voir », « je sais que la police ne va pas tarder ». Toutefois, elles sont toujours accompagnées d’activité (au minimum une discussion entre deux personnes), se passent dans un cadre visualisé et sont souvent illustrées concrètement, comme le montre le rêve suivant :
Un intellectuel expose dans un rêve trois idées très abstraites concernant les relations entre tout et parties. Tout en énonçant verbalement ces idées, il montre, pour chacune d’elles, une petite roue qui illustre spatialement cette idée. Première forme : les éléments d’un tout peuvent être reliés à une même origine, mais ne pas avoir de relations entre eux : la petite roue qu’il montre alors est formée de pics reliés à un moyeu, mais sans liaison entre eux. Deuxièmement, les éléments peuvent être reliés entre eux, mais sans relation avec un point d’origine : il montre une petite roue formée d’un cercle (tous les points reliés) sans contact avec un moyeu central. Enfin, la synthèse dialectique de ces deux premiers états, les éléments sont à la fois reliés entre eux et à un point d’origine : il montre alors une roue à rayons qui illustre cette idée.
Les représentations oniriques sont caractérisées par leur économie en signifiants : le nombre d’éléments simultanément présents est limité et des étapes dans les séquences d’actions sont manquantes. Si vous faites l’effort de décrire vos rêves au réveil avec un maximum de précision, il vous apparaîtra que quelques personnes, une partie du lieu, éventuellement un objet, sont visualisés avec netteté. Le reste est flou, même si l’on est conscient de sa présence. De même, si l’action se passe dans votre voiture, votre lieu de travail ou votre cuisine et que ces lieux vous paraissent identiques à ce qu’ils sont dans la réalité, certains éléments manquent la plupart du temps. Quant au déroulement des événements dans un rêve, il fait souvent l’économie d’une ou plusieurs étapes. On se trouve dans la rue, puis à l’intérieur d’un immeuble sans passer par un couloir ou un ascenseur. Des personnages apparaissent ou disparaissent brusquement, etc. La nature économique des rêves est rarement mentionnée, mais j’estime qu’il s’agit d’un trait important de l’activité onirique. Freud est, à ma connaissance, le premier à l’avoir signalé, en se fondant sur le fait qu’un contenu de rêve pouvait avoir plusieurs sources et renvoyer à plusieurs significations.
Dernier aspect frappant : une scène de rêve comporte toujours des éléments originaux, c’est-à-dire que ce n’est jamais la reproduction exacte d’un souvenir ou d’une anticipation réaliste. Fondamentalement, rêver, c’est imaginer du nouveau à partir du connu. La nouveauté va du détail peu spectaculaire (la couleur, la grandeur ou la position diffèrent de celles du modèle « réel ») à la construction de représentations entièrement originales, voire étranges. Voici un apparent contre-exemple :
« J’arrivais à mon lieu de travail. Je suis entré dans mon bureau et me suis aperçu qu’il y avait à ma place une pile de dossiers très haute. Je me suis tourné vers la collègue qui était là et je lui ai dit : “On me surcharge de travail. Je n’arriverai pas à traiter tout ça aujourd’hui.” C’est un rêve qui ressemble beaucoup à la réalité. C’était mon bureau et je suis souvent surchargé de travail.
Le chercheur : Est-ce que vous pouvez visualiser cette scène de rêve ?
– Oui. Je la vois.
– Est-ce que vous voyez tous les objets qui sont présents dans votre bureau, y compris les décorations aux murs ?
– Non, une partie seulement.
– Et tout était disposé comme dans votre bureau ?
– Ah non ! Mon bureau était près de la porte alors qu’il est placé près de la fenêtre.
– Il y a autre chose qui est différent ?
– Oui, la collègue à qui je parlais ne se trouve jamais dans mon bureau. »
En contraste avec ce rêve apparemment réaliste, voici un exemple de contenu en partie fantaisiste, choisi dans la banque de données du laboratoire de sommeil de l’Université de Bologne :
« J’habitais avec mon frère dans un petit appartement en attique (en réalité nous habitons encore tous les deux chez nos parents). J’étais persuadé que l’appartement était hanté et mon frère avait allumé un enregistreur pour enregistrer le bruit des fantômes. Je me suis réveillé (dans mon rêve) avec une grande peur, la chambre était dans l’obscurité et une lumière bleue venait de l’extérieur. Mon frère est entré et il a fait marcher l’enregistreur. On pouvait entendre trois voix, chacune parlant dans une langue étrangère différente, que je ne comprends pas. Immédiatement après, je me suis trouvé ici, dans votre labo. Tout était pareil, sauf qu’au lieu de cette faible lampe, il y avait la lumière éclatante du soleil et aussi il y avait un lit de plus, à gauche. Des professeurs étaient assis sur ce lit. Ils discutaient d’un rêve que je leur avais décrit, il semble que le contenu posait un problème. »
Outre que ces deux récits de rêves illustrent l’originalité des contenus et donc la créativité des processus de production onirique, ils comportent les divers autres aspects mentionnés dans notre définition du rêve : ce sont des représentations mentales involontaires pendant le sommeil qui simulent un monde non présent dans lequel le dormeur croit vivre ; des événements concrets accompagnés d’idées se déroulent, et la modalité visuelle domine dans leur représentation, l’audition venant ensuite ; il s’agit d’une simulation économique, ne comportant pas tous les détails d’une scène filmée. On s’étonnera peut-être que deux aspects frappants qu’on peut trouver dans les rêves, les émotions et les bizarreries, ne figurent pas dans la définition des propriétés du rêve. La raison en est qu’il s’agit d’aspects qui ne sont pas toujours présents. Ils n’en seront pas moins abordés dans cet ouvrage.
2. Pourquoi rêvons-nous ?
Plutôt que de comprendre la question « Pourquoi rêve-t-on ? » de manière finale, en cherchant une conséquence adaptative au fait de rêver, on peut lui accorder un sens causal : quelle cause y a-t-il à l’origine de l’activité onirique ? Une première réponse consiste à dire que, puisque le cerveau reste actif pendant le sommeil, il n’est pas surprenant que notre esprit produise des contenus. Mais pourquoi des rêves, et non des mots isolés, des bribes d’idées ou des images fixes ? Il est possible de donner une réponse à notre question en nous tournant vers des observations de psychologie cognitive – ce domaine psychologique qui porte sur les fonctions traitant de l’information.
Mon fils a prononcé ses premiers mots à l’âge de 14 mois. Il le faisait d’abord uniquement en présence de la chose nommée. Il disait « biki » devant l’armoire où se trouvaient les biscuits ou « papa » au moment où j’entrais dans la pièce. La capacité d’évoquer quelque chose d’absent, qui dénote la présence complète de la fonction sémiotique, n’est apparue que plus tard. La première fois, c’était lors d’une promenade en pleine campagne au milieu de l’après-midi, à l’heure du goûter. Il a prononcé le mot « tatine » (tartine). En ce qui concerne ses jeux symboliques, ils ont consisté d’abord à imiter une action, par exemple pousser une tondeuse imaginaire. La mise en scène d’un petit scénario imaginaire – « Je suis le conducteur de bus, tu feras celui qui contrôle les billets » – est venue plus tardivement. On peut penser que pendant ce type de jeu, des images mentales évoquant le bus et les passagers, ainsi que des impressions de mouvements, étaient aussi produites. Ce sont les premières simulations d’un monde non présent.
Je ne sais pas au juste quand apparaît dans l’enfance le surgissement involontaire de telles simulations. Nous en éprouvons tous en tant qu’adultes. Pouvez-vous réellement rester dans une salle d’attente, alors qu’il n’y a rien à lire ni d’intéressant à regarder, sans que des souvenirs ou des anticipations surgissent spontanément dans votre esprit ? L’existence de ce fait a été démontrée empiriquement (Buckner et al., 2008 ; Klinger, 1999). Ces contenus mentaux ont déjà plusieurs caractéristiques des rêves : ce sont des représentations d’événements concrets où la visualisation domine, de nature involontaire et de forme économique – par exemple, lors d’une remémoration, les éléments qui étaient présents dans la situation et les étapes dans la succession des événements ne sont que partiellement évoqués. Les fantasmes et rêveries diurnes ajoutent de l’inattendu, voire des bizarreries – et peuvent être par moments pris pour la réalité (Foulkes et Fleisher, 1975). Le rêve existe pour les mêmes raisons que ces diverses formes de contenus mentaux. Quand nous dormons, nous sommes condamnés à l’inaction et à l’absence quasi totale de perceptions. Notre fonction sémiotique produit alors des simulations d’épisodes vécus, comme elle le fait en pareilles circonstances à l’état d’éveil. Elle crée un monde fictif où se passent des événements qui occupent l’esprit.
3. À quelle fréquence rêvons-nous ?
Un des résultats les plus surprenants obtenus par les chercheurs sur le rêve concerne la fréquence à laquelle nous rêvons. Certes, quelques chercheurs ont par le passé fait l’hypothèse que l’on rêvait pendant toute la nuit. Sur la base de notre expérience, nous n’imaginons pas que les rêves occupent l’esprit de chacun pendant de nombreuses heures chaque nuit. Pourtant, lorsqu’on réveille des volontaires pendant diverses phases de leur sommeil, on obtient des récits de rêves, et parfois déjà cinq minutes après l’endormissement. La fréquence des descriptions de rêves ainsi obtenues varie selon le stade de sommeil (+ question 37). Par ailleurs, et c’est un fait moins connu, la fréquence de rappel de rêves, quand on réveille les volontaires, augmente au fur et à mesure que la nuit de sommeil avance.
Dans les études, il arrive parfois que, lors d’un réveil provoqué, le volontaire n’ait pas de souvenir de rêve. La question qui se pose à propos de cette absence de rappel de rêve est la suivante : cela découle-t-il de l’absence de production onirique au moment où l’on a réveillé le dormeur, ou serait-ce dû à une lacune de mémoire ? Nous verrons que cette seconde idée ne peut être écartée.
En conséquence, dans l’état actuel des connaissances, on ne peut éliminer l’hypothèse selon laquelle notre esprit produit des rêves tout au long de la nuit, certains d’entre eux étant plus « riches » – plus denses en événements et en impressions perceptives – que d’autres. Ce qui est certain, c’est que les récits de rêves recueillis à différents moments de la nuit et à différents stades de sommeil correspondent tous à la définition du rêve donnée plus haut.
Un véritable foss...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Sommaire
  5. Introduction - L’étude des rêves : une démarche nécessaire et passionnante
  6. Rêver : de quoi s’agit-il ?
  7. Peut-on étudier les rêves dans un esprit scientifique ?
  8. Les contenus de rêves
  9. Rêve et narration
  10. Pourquoi adopter une conception du rêve plutôt qu’une autre ?
  11. Rêve et cerveau
  12. Le sens des rêves
  13. Conclusions
  14. Testez-vous - Que vous apprennent vos rêves ?
  15. Références bibliographiques
  16. Remerciements
  17. Du même auteur chez Odile Jacob