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Pourquoi les choses ont-elles un sens ?
Ă propos de ce livre
Pierre Jacob est l'un de nos (rares) philosophes analytiques. Son livre, publiĂ© simultanĂ©ment en anglais par Cambridge University Press et en français, entreprend de rĂ©soudre deux questions:La premiĂšre est un dilemme : si d'une part les choses ont un sens et si d'autre part nos reprĂ©sentations sont des processus cĂ©rĂ©braux dotĂ©s de propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques. La seconde question relĂšve du problĂšme corps/esprit : nos reprĂ©sentations peuvent-elles expliquer nos comportements ? Pierre Jacob montre comment la solution du dilemme prĂ©cĂ©dent permet de donner une rĂ©ponse affirmative Ă cette question. En mĂȘme temps qu'il apporte une contribution originale, ce livre offre un exposĂ© magistral de l'Ă©tat des discussions sur ces questions en philosophie analytique. Pierre Jacob, philosophe, est directeur de recherche au C. N. R. S..
Informations
PREMIĂRE PARTIE
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CHAPITRE I
LE RĂALISME INTENTIONNEL
1. Introduction
Dans ce chapitre, je voudrais expliciter et dĂ©fendre une conception rĂ©aliste du mental que je nommerai le « rĂ©alisme intentionnel ». Lâune des thĂšses cardinales de cette doctrine est la thĂšse reprĂ©sentationnaliste selon laquelle lâesprit dâun individu est fondamentalement un systĂšme reprĂ©sentationnel : câest un dispositif qui a pour fonction de manufacturer des reprĂ©sentations pour le bĂ©nĂ©fice de lâindividu en question.
Lâintrospection donne cependant Ă penser quâun esprit humain est habitĂ© par au moins deux catĂ©gories dâĂ©tats mentaux : les attitudes propositionnelles et les sensations. Les attitudes propositionnelles â dont les croyances, les dĂ©sirs, les intentions â ont ce que Brentano appelait, dâun mot scolastique mĂ©diĂ©val, lâ« intentionnalitĂ© ». Les sensations ou expĂ©riences conscientes (appelĂ©es « qualia » par les philosophes) sont les Ă©tats par excellence au sujet desquels se pose la cĂ©lĂšbre question posĂ©e naguĂšre par Tom Nagel (1974) : « En quoi consiste le fait de les ressentir ou de les Ă©prouver ? » ConsidĂ©rez des Ă©tats comme lâexpĂ©rience olfactive dâun effluve de parfum opium, lâexpĂ©rience auditive du son dâun violoncelle, lâexpĂ©rience visuelle dâune rose rouge ou lâexpĂ©rience gustative dâune fraise19. Ces Ă©tats sont caractĂ©risĂ©s par une qualitĂ© subjective apparemment intrinsĂšque. Câest pourquoi les philosophes les ont baptisĂ©s qualia. Il est constitutif de ces Ă©tats dâĂȘtre des expĂ©riences conscientes quâon Ă©prouve. Ăprouver une telle expĂ©rience ne laisse pas celui ou celle qui lâĂ©prouve indiffĂ©rent : il ou elle ne peut pas, comme on dit, y rester insensible ; « cela fait quelque chose ». La thĂšse reprĂ©sentationnaliste semble sâappliquer aux attitudes propositionnelles beaucoup mieux quâaux sensations.
En rĂ©alitĂ©, il y a deux interprĂ©tations de la thĂšse reprĂ©sentationnaliste. Selon lâinterprĂ©tation la plus faible (quasi analytique), la thĂšse reprĂ©sentationnaliste affirme simplement que certains Ă©tats mentaux â les attitudes propositionnelles â peuvent ĂȘtre tenus pour des reprĂ©sentations mentales dâĂ©tats de choses non mentaux ou mentaux. Selon la plus forte, cette thĂšse affirme quâen Ă©lucidant les propriĂ©tĂ©s reprĂ©sentationnelles (ou sĂ©mantiques) des attitudes propositionnelles, on contribue aussi Ă Ă©clairer certains aspects des sensations conscientes. Lâun des dĂ©fis auxquels doit rĂ©pondre la thĂšse reprĂ©sentationnaliste est donc de montrer quâune thĂ©orie des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques des attitudes propositionnelles peut contribuer Ă la comprĂ©hension du problĂšme soulevĂ© par lâexistence des sensations conscientes.
Les attitudes propositionnelles sont des Ă©tats comme les croyances, les intentions, les dĂ©sirs, les suppositions, les craintes, les espoirs, etc. Les philosophes qualifient ces Ă©tats dâ« attitudes propositionnelles » en raison du fait que les ĂȘtres humains les attribuent aux membres de leur espĂšce au moyen de lâĂ©noncĂ© dâune phrase complexe contenant un verbe principal exprimant lâattitude de la personne Ă laquelle lâĂ©tat mental est attribuĂ© Ă lâĂ©gard du contenu propositionnel exprimĂ© (ou dĂ©signĂ©) par la phrase complĂ©tive qui suit le verbe principal comme en (1) :
(1) Raphaël croit que le chat est un mammifÚre.
Dans (1) le verbe « croit » exprime lâattitude de RaphaĂ«l Ă lâĂ©gard de la proposition exprimĂ©e par la phrase « le chat est un mammifĂšre ». Une attitude propositionnelle dâun individu est un Ă©tat interne de cet individu20. Qualifier dâĂ©tats internes les croyances dâune personne, câest dire quâun interprĂšte ne peut pas les observer directement. Vous pouvez dĂ©terminer certaines de mes croyances en Ă©coutant ce que je vous dis, en lisant ce que jâĂ©cris ou en observant mes gestes. Mais vous ne pouvez pas avoir lâexpĂ©rience directe de mes croyances : vous ne pouvez ni les voir de vos yeux, ni les toucher de vos mains, ni les humer avec vos narines, ni les entendre avec vos oreilles. Je ne peux pas non plus voir, toucher, humer ou entendre mes croyances, mâobjectera-t-on. Jâai cependant directement conscience de celles auxquelles je peux avoir accĂšs introspectivement. Dans certains cas â lorsque mes croyances sont des croyances conscientes â, contrairement Ă vous, je nâai pas besoin dâobserver ce que je fais ou dâĂ©couter ce que je dis pour dĂ©terminer ce que je pense21.
Sans me prononcer sur la question de savoir si cela a un sens dâ« Ă©prouver » des attitudes propositionnelles â si une personne peut ĂȘtre sensible Ă la qualitĂ© subjective de lâune de ses croyances ou de lâun de ses dĂ©sirs â, je dirai nĂ©anmoins que la propriĂ©tĂ© fondamentale des attitudes propositionnelles est dâavoir un contenu propositionnel. Comme je lâai dit, les attitudes propositionnelles ont ce faisceau de propriĂ©tĂ©s que Brentano nommait lâ« intentionnalitĂ© ». Dire quâelles ont lâintentionnalitĂ© ou quâelles ont un contenu, câest dire quâelles sont dirigĂ©es sur des choses et des Ă©tats de choses ou quâelles ont une directionnalitĂ©. Elles sont dirigĂ©es vers des choses et des Ă©tats de choses tantĂŽt rĂ©els, tantĂŽt possibles, tantĂŽt impossibles. Supposons que je veuille ĂȘtre quelquâun dâautre que celui que je suis ou que je veuille chevaucher une licorne. Ce sont des dĂ©sirs dirigĂ©s vers des Ă©tats de choses impossibles. Les croyances aussi peuvent ĂȘtre dirigĂ©es vers des Ă©tats de choses impossibles : je peux croire, par exemple, que le plus grand de tous les nombres entiers est un nombre premier. Certaines croyances dirigĂ©es vers des choses rĂ©elles sont vraies. Dâautres sont fausses : elles attribuent Ă une chose rĂ©elle une propriĂ©tĂ© quâelle nâa pas. Une croyance fausse attribuant Ă une chose rĂ©elle une propriĂ©tĂ© quâelle nâa pas mais quâelle aurait pu avoir porte sur un Ă©tat de choses possible. Ă la diffĂ©rence dâune croyance fausse sur un Ă©tat de choses possible, une croyance sur un Ă©tat de choses impossible pourrait nâĂȘtre ni vraie ni fausse : elle pourrait ĂȘtre dĂ©pourvue de valeur de vĂ©ritĂ©.
Pour justifier le contraste entre une croyance fausse sur un Ă©tat de choses possible et une croyance dĂ©pourvue de valeur de vĂ©ritĂ© sur un Ă©tat de choses impossible, on pourrait invoquer lâidĂ©e suivante. Pour que la croyance singuliĂšre que lâobjet a est F possĂšde une valeur de vĂ©ritĂ©, il est nĂ©cessaire que a existe. Si lâobjet a nâexiste pas, la croyance ne porte sur rien : elle ne correspond Ă aucun Ă©tat de choses rĂ©el ; elle est privĂ©e de condition de vĂ©ritĂ©. Lâexistence de lâobjet a est donc prĂ©supposĂ©e par le caractĂšre « vĂ©riconditionnel » de la croyance que a est F. Si la prĂ©supposition de lâexistence de a nâest pas satisfaite, alors la croyance que a est F est dĂ©pourvue de valeur de vĂ©ritĂ©. Tout cela suggĂšre quâune croyance peut ĂȘtre fallacieuse de deux façons : elle peut ĂȘtre fausse et elle peut nâĂȘtre ni vraie ni fausse22.
Ce qui rend la thĂšse reprĂ©sentationnaliste plausible â sinon mĂȘme triviale â dans le cas des croyances dâun individu, câest que les croyances reprĂ©sentent des Ă©tats de choses distincts dâelles-mĂȘmes : elles peuvent reprĂ©senter des Ă©tats de choses non mentaux comme le fait que le chat (que je suppose ĂȘtre une entitĂ© non mentale) a la propriĂ©tĂ© dâĂȘtre un mammifĂšre (que je suppose ĂȘtre une propriĂ©tĂ© non mentale). Et elles peuvent reprĂ©senter des Ă©tats de choses mentaux comme lorsquâil arrive Ă RaphaĂ«l de penser que toutes ses croyances sur les chats sont vraies. Je dirai dĂ©sormais que les attitudes propositionnelles ont des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques.
Dans ce chapitre, je vais dĂ©fendre la conception que je nomme le « rĂ©alisme intentionnel ». Dans la derniĂšre section cependant, je prĂ©senterai un problĂšme pour le rĂ©alisme intentionnel qui ne sera rĂ©solu que dans le huitiĂšme et avant-dernier chapitre. Ce problĂšme consiste Ă concilier ce que jâappelle « la thĂšse causale forte » avec deux autres doctrines plausibles : une conception externaliste des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques des attitudes propositionnelles dâun individu et la thĂšse selon laquelle une interaction causale est un processus local.
2. Le rĂ©alisme intentionnel et lâirrĂ©alisme intentionnel
Comme je lâai laissĂ© entendre, les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques ont des caractĂ©ristiques Ă©nigmatiques : certaines Ă©nigmes sont dâordre ontologique (ou mĂ©taphysique), dâautres sont dâordre Ă©pistĂ©mologique. Du moins, les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques devraient-elles ĂȘtre tenues pour Ă©nigmatiques ou mystĂ©rieuses par tout philosophe qui â comme moi â souscrit Ă une ontologie moniste physicaliste.
Le fait que les attitudes propositionnelles sont dirigĂ©es vers des choses et quâelles ont des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques est lâune des raisons pour lesquelles Descartes a adoptĂ© une ontologie dualiste. Descartes ne voyait pas comment des entitĂ©s purement physiques pourraient avoir de telles propriĂ©tĂ©s. Il supposait quâun esprit, contrairement Ă un corps, peut exister sans occuper dâespace (sans ĂȘtre Ă©tendu). Il ne supposait pas simplement quâon peut concevoir un esprit inĂ©tendu et quâon ne peut concevoir un corps inĂ©tendu. Il supposait plutĂŽt que lâextension est une propriĂ©tĂ© (ou un attribut) nĂ©cessaire (ou essentielle) des corps et que ce nâest pas une propriĂ©tĂ© nĂ©cessaire (ou essentielle) des esprits23. Il supposait rĂ©ciproquement que la pensĂ©e est une propriĂ©tĂ© (ou un attribut) nĂ©cessaire (ou essentielle) dâun esprit et non dâun corps. Il a donc postulĂ© lâexistence dâune substance non physique ou immatĂ©rielle â constituĂ©e dâesprits eux-mĂȘmes composĂ©s dâidĂ©es â susceptible dâavoir des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques. La propriĂ©tĂ© caractĂ©ristique (lâ« attribut principal ») de la substance matĂ©rielle Ă©tait, selon Descartes, dâĂȘtre Ă©tendue (dâavoir lâextension ou dâoccuper de lâespace tridimensionnel). La propriĂ©tĂ© caractĂ©ristique de la substance immatĂ©rielle Ă©tait la pensĂ©e. Seules, selon Descartes, des entitĂ©s non physiques â des entitĂ©s inĂ©tendues dĂ©pourvues de propriĂ©tĂ©s physiques â avaient le pouvoir dâĂȘtre dirigĂ©es vers â de porter sur ou de concerner â des entitĂ©s physiques. Seules des entitĂ©s non physiques pouvaient ĂȘtre vraies ou fausses.
Lorsque je dis â comme je lâai fait â que je souscris Ă une ontologie moniste physicaliste, ce que je veux dire, câest simplement que, Ă la diffĂ©rence dâun partisan du dualisme â ou du pluralisme â des substances (de lâimmatĂ©rialisme de type cartĂ©sien), je suppose que les entitĂ©s qui possĂšdent des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques doivent ĂȘtre des entitĂ©s physiques : elles doivent aussi possĂ©der des propriĂ©tĂ©s physiques. Comme les entitĂ©s ayant des propriĂ©tĂ©s chimiques et biologiques, elles doivent ĂȘtre dĂ©composables en particules physiques Ă©lĂ©mentaires du type de celles quâon trouve dans la nature inorganique et que rĂ©pertorie la physique fondamentale. La question de savoir comment cette contrainte Ă vrai dire assez faible peut ĂȘtre satisfaite sâĂ©clairera sous peu lorsque je traiterai dâune doctrine que je nommerai le « physicalisme des exemplaires ». Ă la fin de ce chapitre, je montrerai Ă quelles Ă©nigmes ontologiques donnent lieu les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques des attitudes propositionnelles dâun individu en rendant explicites trois thĂšses tout Ă fait plausibles.
Si un partisan dâune ontologie platonicienne mâobjectait que des entitĂ©s abstraites â comme les propositions â peuvent possĂ©der des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques tout en Ă©tant dĂ©pourvues de propriĂ©tĂ©s physiques, je ferais deux rĂ©ponses. PremiĂšrement, aucun systĂšme physique ne peut saisir (ou interprĂ©ter) une proposition ou une propriĂ©tĂ© sĂ©mantique Ă moins quâelle ne soit la propriĂ©tĂ© dâune entitĂ© possĂ©dant de surcroĂźt une propriĂ©tĂ© physique. DeuxiĂšmement, je dĂ©fendrais lâidĂ©e que, Ă la diffĂ©rence des attitudes propositionnelles et des symboles linguistiques, les propositions nâont pas de signification ou de propriĂ©tĂ© sĂ©mantique : ce sont des significations ou des propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques. Pour un philosophe dâinspiration naturaliste, le fait quâun esprit puisse saisir (comprendre ou apprĂ©hender) directement une proposition est un mystĂšre24. Un esprit peut toutefois saisir la signification ou la propriĂ©tĂ© sĂ©mantique dâun symbole. Mais pour saisir la signification dâun symbole, il faut dâabord percevoir lâune de ses propriĂ©tĂ©s physiques. Il est donc plausible dâidentifier la signification ou la propriĂ©tĂ© sĂ©mantique dâun symbole Ă la proposition (ou au constituant propositionnel) que ce symbole exprime.
Les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques donnent lieu Ă des Ă©nigmes non seulement ontologiques mais aussi Ă©pistĂ©mologiques. En prĂ©sence de ces Ă©nigmes ontologiques et Ă©pistĂ©mologiques, bon nombre de physicalistes ont Ă©tĂ© conduits Ă rĂ©pudier le rĂ©alisme intentionnel et Ă lui prĂ©fĂ©rer une forme dâanti-rĂ©alisme ou dâirrĂ©alisme intentionnel. Quine (1960, p. 220-221) a attribuĂ© Ă Brentano la thĂšse selon laquelle le vocabulaire intentionnel (ou sĂ©mantique) dans lequel sont exprimĂ©es les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques est irrĂ©ductible au vocabulaire non intentionnel. La rĂ©duction dont il est question ici doit sâentendre en un sens Ă©pistĂ©mologique. Quine associe la thĂšse dâirrĂ©ductibilitĂ© de Brentano quâil accepte Ă sa propre thĂšse de lâindĂ©termination de la traduction. Ă la diffĂ©rence de Brentano toutefois, il conclut de la thĂšse de lâirrĂ©ductibilitĂ© Ă lâ« inanitĂ© de lâidiome intentionnel et Ă la vacuitĂ© dâune science intentionnelle » (ibid., p. 221). Il ne fait guĂšre de doute que Quine souscrit au physicalisme comme lâatteste son fameux slogan : « Pas de diffĂ©rence mentale sans une diffĂ©rence physique » (Quine 1977, p. 162-163)25. Le fait quâil admet la thĂšse dâirrĂ©ductibilitĂ© de Brentano doit donc ĂȘtre compatible avec le physicalisme. Quine (1960, ibid.) distingue entre les exigences pratiques de la vie quotidienne et le but de la recherche scientifique qui consiste à « dĂ©voiler la structure vraie et ultime de la rĂ©...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Dédicace
- PRĂFACE
- PREMIĂRE PARTIE - ReprĂ©senter
- DEUXIĂME PARTIE - Faire
- Conclusion - SĂMANTIQUE ETÂ PSYCHOLOGIE
- BIBLIOGRAPHIE
- INDEX
- Table
- Du mĂȘme auteur
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