Faire son chemin dans la ville
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Faire son chemin dans la ville

La mobilité intra-urbaine

  1. 256 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Faire son chemin dans la ville

La mobilité intra-urbaine

À propos de ce livre

Jean-Luc PINOL : La mobilitĂ© dans la ville, rĂ©vĂ©lateur des sociĂ©tĂ©s urbaines. Patrice BECK et Pascal CHAREILLE : Les changements de rĂ©sidence Ă  Dijon Ă  la fin du XIVe siĂšcle. Renzo DEROSAS : Residential Mobility in Venice, 1850-1869. Olivier FARON : ItinĂ©raire(s) urbain(s). Les changements de domicile Ă  l'intĂ©rieur de Milan au XIXe siĂšcle. Thierry EGGERICKX, Michel FOULON et Michel POULAIN : Suivre le chemin des nouveaux immigrĂ©s dans la ville : le cas de ChĂątelet de 1867 Ă  1900. Cyril GRANGE : La mobilitĂ© intra-urbaine Ă  Paris et dans l'Île-de-France au XXe siĂšcle : l'exemple des familles du Bottin mondain. Colin G. POOLEY et John TURNBULL : Moving through the City : the Changing Impact of the Journey to Work on Intra-Urban Mobility in XIXth Century Britain. SĂ©bastien ALBERTELLI : Les difficultĂ©s de la dĂ©mographie urbaine mĂ©diĂ©vale : enquĂȘte sur les feux Ă  Chalon-sur-SaĂŽne et dans ses faubourgs, entre 1381 et 1476. Odette HARDY-HEMERY : Statuts professionnels et mobilitĂ© sociale (1815-1880). Les petites villes du Hainaut français en voie d'industrialisation.

Foire aux questions

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
1999
Imprimer l'ISBN
9782738107671

La mobilité dans la ville révélateur des sociétés urbaines*1 ?


par Jean-Luc PINOL

La mobilitĂ© est au cƓur de la question urbaine. Aussi bien dĂ©mographes, gĂ©ographes, sociologues, ethnologues, anthropologues qu’historiens se sont interrogĂ©s et s’interrogent sur les relations qu’entretiennent ville et mobilitĂ©(s)1. Tous s’accordent Ă  dire le caractĂšre essentiel du phĂ©nomĂšne pour comprendre les rĂ©alitĂ©s urbaines. Jacques Brun et Yves Grafmeyer soulignent que la mobilitĂ© est sans doute au principe mĂȘme de l’urbanitĂ©. LĂ  se situe le point nodal « des problĂšmes que pose l’étude de la ville et de l’espace habitĂ©, des mĂ©canismes de la croissance et de ses disparitĂ©s aux dĂ©terminants et Ă  la portĂ©e effective des politiques d’urbanisme, en passant par la formation des valeurs fonciĂšres et par les processus de la division sociale de l’espace2. »
La ville entretient des relations anciennes avec la mobilitĂ©. Dans son Ă©tude sur Duisburg3, James Jackson souligne plusieurs Ă©lĂ©ments qui valent d’ĂȘtre rappelĂ©s tant ils semblent se retrouver dans toutes les Ă©tudes prĂ©cises des sociĂ©tĂ©s urbaines. Le lien trop souvent affirmĂ© entre industrialisation et mobilitĂ© n’est pas un lien spĂ©cifique : les villes prĂ©industrielles ne l’ignorent pas. À Duisburg qui, au cƓur de la Ruhr, devait devenir l’une des grandes citĂ©s de la sidĂ©rurgie allemande, la mobilitĂ© est trĂšs affirmĂ©e avant mĂȘme l’installation des premiers hauts fourneaux. Surtout, et c’est un des points soulignĂ©s par James Jackson, si le niveau de la migration s’élĂšve, sa nature et les arcanes de son fonctionnement ne sont pas transformĂ©s par l’industrialisation. Ensuite, la mobilitĂ© n’est pas, contrairement Ă  une idĂ©e des observateurs sociaux de l’époque parfois reprise par les historiens, la cause des dĂ©viances qui travaillent les sociĂ©tĂ©s urbaines. Enfin, le niveau des migrations est tel que la ville est un milieu en perpĂ©tuel renouvellement. ParticuliĂšrement nombreux sont les individus qui ne font qu’un bref sĂ©jour dans la ville et la visibilitĂ© de ces oiseaux de passage suffit souvent Ă  dĂ©finir l’atmosphĂšre de certains quartiers pour lesquels les Anglo-Saxons emploient le terme de transience, de sĂ©jour transitoire

Pourtant, longtemps, les recherches sur la ville, et en particulier celles menĂ©es par les historiens, ont privilĂ©giĂ© l’analyse des structures sociales et se sont efforcĂ©es de dĂ©crire la distribution des groupes dans l’espace urbain. Une grande partie des recherches portant sur ce qu’il est convenu d’appeler la sĂ©grĂ©gation sociale relĂšve, de prĂšs ou de loin de ce paradigme. La sociĂ©tĂ© urbaine est observĂ©e Ă  travers les groupes sociaux que le chercheur construit4. Depuis deux ou trois dĂ©cennies cependant, se sont aussi dĂ©veloppĂ©es, chez les historiens, des Ă©tudes qui ont fait de la mobilitĂ© l’une des clefs des problĂšmes urbains. À dire vrai, ce passage de l’analyse des structures Ă  celle de la mobilitĂ© s’est d’abord opĂ©rĂ© dans le domaine social avant de prendre en compte, vĂ©ritablement, l’espace urbain. Pour comprendre cette inflexion, il est nĂ©cessaire de mentionner l’ouvrage pionnier de Stephan Thernstrom, paru en 1964, Poverty and Progress : Social Mobility in a Nineteenth-Century City, mĂȘme si les mĂ©thodes utilisĂ©es peuvent paraĂźtre, aujourd’hui, assez rudimentaires. L’ouvrage a alors catalysĂ© le dĂ©veloppement de la New Urban History et sa parution marque une inflexion majeure. Du point de vue mĂ©thodologique, ce changement de perspective est allĂ© de pair avec le dĂ©veloppement des approches. Dans un autre contexte historiographique, la tradition de la gĂ©ographie historique britannique a, avec d’autres mĂ©thodes et d’autres perspectives, portĂ© une attention privilĂ©giĂ©e Ă  la mobilitĂ© des individus dans la ville.

Les sens de la mobilité

Face Ă  l’inflation de l’usage du terme depuis les annĂ©es 1960-1970, Jacques Brun note qu’à l’utilisation du mot migration a succĂ©dĂ© celui de mobilitĂ©. DerriĂšre ce passage d’un terme Ă  l’autre, le gĂ©ographe dĂ©cĂšle le glissement d’une territorialitĂ© que caractĂ©risait une importante stabilitĂ© et oĂč la migration, phĂ©nomĂšne mineur voire exceptionnel introduisait une « perturbation dans l’ordre social ordinaire » Ă  la mobilitĂ©, fait banal, composante normale de la sociĂ©tĂ©, « un signe et un facteur de modernitĂ© ». Dans le panorama qu’il dresse de la maniĂšre dont les sciences sociales ont abordĂ© la mobilitĂ©, l’histoire est absente. Un simple dĂ©tour par l’observation des villes du XIXe siĂšcle aurait suffi Ă  dĂ©montrer que la mobilitĂ© Ă©tait partout et que les niveaux observĂ©s Ă©taient, sans doute, plus prononcĂ©s que dans les villes actuelles5. Les chercheurs en sciences sociales s’intĂ©ressent depuis les seules annĂ©es 1960 au phĂ©nomĂšne mais il est au cƓur des villes depuis fort longtemps. À faire l’économie de l’histoire, on prend pour neuf un phĂ©nomĂšne urbain ancien
 Les articles ici rassemblĂ©s en tĂ©moignent Ă  l’évidence.
Le terme mobilitĂ© est polysĂ©mique. On peut reprendre Ă  son propos ce que Jacques Brun constatait Ă  propos de la sĂ©grĂ©gation, « loin d’ĂȘtre un concept parfaitement clair et univoque, [elle] prĂ©sente des ambiguĂŻtĂ©s qui tiennent, entre autres raisons, Ă  l’extension du terme dans le langage courant mais aussi dans le langage des sciences sociales6 ». Le terme de mobilitĂ© tend aujourd’hui Ă  ĂȘtre utilisĂ© avec des significations diverses et il est nĂ©cessaire de prĂ©ciser ses 4 diffĂ©rentes acceptions Disons pour aller Ă  l’essentiel que peut ĂȘtre privilĂ©giĂ©e la dimension sociale et professionnelle ou la dimension gĂ©ographique, spatiale, mĂȘme s’il n’est pas question de nier les relations qu’elles peuvent entretenir7.
Pour se convaincre de la multiplicitĂ© des sens de la mobilitĂ©, il suffit de comparer les conceptions qu’en ont eu les pionniers des Ă©tudes urbaines qui, au seuil des annĂ©es 1920, ont sur les bords du lac Michigan constituĂ© l’École de Chicago8. Si pour un Robert Park « la mobilitĂ© d’un individu ou d’une population ne se mesure pas seulement par le dĂ©placement, mais aussi par le nombre et la diversitĂ© des stimulations auxquelles ils doivent rĂ©pondre9 », « la mobilitĂ© est peut-ĂȘtre, selon Ernest Burgess, le meilleur indicateur de l’état du mĂ©tabolisme de la ville ». Et d’ajouter : « On peut concevoir la mobilitĂ©, et cela va plus loin qu’une image fantaisiste, comme le “pouls de l’agglomĂ©ration”10. » De ces conceptions globalisantes, se distingue celle de Roderick MacKenzie, davantage marquĂ©e par l’espace : « La mobilitĂ© d’une population peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e sous trois angles diffĂ©rents : le changement de rĂ©sidence d’une agglomĂ©ration Ă  une autre ; le changement de rĂ©sidence d’un quartier Ă  un autre Ă  l’intĂ©rieur d’une mĂȘme agglomĂ©ration ; la mobilitĂ© sans changement de rĂ©sidence. Les sources de renseignements sur ces trois phĂ©nomĂšnes sont trĂšs imparfaites. Les recensements nous fournissent des donnĂ©es sur la nationalitĂ© et sur les migrations d’un État Ă  un autre. Mais outre que nous ne savons rien des mouvements de population d’une agglomĂ©ration Ă  une autre, nous ignorons encore plus les mouvements qui se produisent Ă  l’intĂ©rieur des agglomĂ©rations elles-mĂȘmes11. » C’est prĂ©cisĂ©ment ce dernier point qu’entendent Ă©clairer les contributions rassemblĂ©es dans ce numĂ©ro qui reprend les travaux d’un atelier organisĂ© dans le cadre de la IVe confĂ©rence internationale d’histoire urbaine Ă  Venise en septembre 1998.

Approche et caractéristiques de la mobilité intra-urbaine

La ville est un milieu en perpĂ©tuelle recomposition et il est patent que l’analyse des seuls bilans migratoires ne fournit qu’un indicateur assez mĂ©diocre de la mobilitĂ© des populations urbaines. On a pu calculer que le nombre des individus impliquĂ©s dans les Ă©changes migratoires reprĂ©sentait 10 ou 40 fois le solde migratoire12. Ce n’est pourtant pas cette dimension de la mobilitĂ© spatiale qui est ici retenue mais celle dont MacKenzie disait, dĂ©jĂ  en 1921, qu’elle Ă©tait encore moins connue, la mobilitĂ© intra-urbaine ou mobilitĂ© rĂ©sidentielle. Le flux des arrivĂ©es et celui des dĂ©parts est ininterrompu et les approches transversales et longitudinales ne donnent pas la mĂȘme perception des rĂ©alitĂ©s urbaines. Alors que les premiĂšres valorisent la stabilitĂ© des structures, les secondes mettent en lumiĂšre les Ă©volutions. La permanente recomposition de la ville, et plus particuliĂšrement de la grande ville, ne peut pas vĂ©ritablement ĂȘtre mise en Ă©vidence par l’analyse d’une succession de coupes transversales. Surtout, ce type d’analyse interdit de comprendre les rythmes de la recomposition elle-mĂȘme. Pour le faire, il faut reconstituer les trajectoires des urbains. La mĂ©thode est dĂ©licate car les sources permettant de maniĂšre immĂ©diate ce type d’approche sont rares. Les plus adĂ©quates sont celles qui relĂšvent de la logique des registres de population mais il est possible de reconstituer les itinĂ©raires des citadins Ă  partir de documents qui Ă©chappent Ă  cette logique.
Les recherches de James Bater sur la sociĂ©tĂ© urbaine de la Russie tsariste tĂ©moignent de la possibilitĂ© de prendre en compte la problĂ©matique de la mobilitĂ© en l’absence de registres de population. On sait la pauvretĂ© des sources statistiques de l’empire tsariste oĂč le premier vĂ©ritable recensement ne date que de 1897. Pourtant, aprĂšs avoir confirmĂ© l’importance de la mobilitĂ© des populations urbaines Ă  la fin du XIXe siĂšcle et leur instabilitĂ© saisonniĂšre13, faisant fi de la pauvretĂ© des sources, il pose de maniĂšre explicite la question de la mobilitĂ© intra-urbaine et trouve des documents qui permettent de rĂ©pondre aux questions qu’il se pose. Certes, pour parvenir Ă  Ă©tudier la mobilitĂ© rĂ©sidentielle, il est obligĂ© de se ...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Note aux auteurs des Annales de démographie historique
  4. Copyright
  5. Faire son chemin dans la ville - La mobilité intra-urbaine
  6. Comptes rendus
  7. Société de démographie historique
  8. Table