101 expériences de philosophie quotidienne
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101 expériences de philosophie quotidienne

  1. 276 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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101 expériences de philosophie quotidienne

À propos de ce livre

Immobiliser l'éphémère, songer à tous les lieux du monde, téléphoner au hasard, regarder l'autre dormir, courir dans un cimetière, rire d'une idée sérieuse, trop manger, imaginer qu'on va mourir… De petites expériences intérieures qui déconcertent le corps comme l'esprit, provoquent le sens des mots et des conventions, secouent l'ordre du monde et dérangent celui de nos habitudes. Instants volés au cours ordinaire de la vie par une série facétieuse de protocoles de dépaysement : invention de nouveaux regards, de gestes insolites, d'idées un peu folles. Mais derrière les apparences futiles et provocatrices de ces discrets coups de folie, une expérience plus en profondeur est proposée : retrouver l'étranger dans le familier, renverser les évidences qui saturent le quotidien, et par là libérer l'étonnement qui, selon Platon et Aristote, est la source de l'interrogation philosophique. Ces cent une manières d'aller contre les inerties de la vie sont autant d'occasions de provoquer l'impulsion à questionner qui revitalise l'existence. Un manuel du savoir-vivre à contretemps de soi-même. Roger-Pol Droit, chercheur au CNRS en philosophie et chroniqueur au journal Le Monde, est l'auteur, entre autres, de La Compagnie des philosophes. --Emilio Balturi 

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2001
Imprimer l'ISBN
9782738109224
1
S’appeler soi-même

Durée : 20 minutes environ
Matériel : un lieu silencieux
Effet : double
 
Asseyez-vous par terre au milieu d’une pièce calme, de préférence peu meublée. Demeurez tout d’abord quelques instants attentif au silence, sachant que vous allez parler et entendre. En écoutant intensément les très légers bruits qui vous entourent, pensez que bientôt cette paix va cesser. Préparez-vous à l’irruption d’une parole.
Prononcez alors à voix haute votre prénom. Articulez distinctement, et répétez, insistez. Comme si vous deviez héler, d’assez loin, une personne demeurant sourde à vos appels. Imaginez que vous interpellez quelqu’un qui vous connaît, mais ne vous aperçoit pas. De l’autre côté d’un champ. Ou bien d’une rive vers un bateau. Ou encore d’une maison à une autre.
Au début, les quinze ou vingt premières fois, vous avez l’impression d’être simplement en train de parler dans le vide. Vous appelez quelqu’un d’absent, d’inaccessible, d’une manière absurde et ridicule. Vous avez beau allonger les voyelles, prononcer les syllabes sur des tons différents, vous n’arrivez pas à y croire. Continuez. La porte est bien fermée.
Peu à peu, vous commencez à ressentir l’impression d’être appelé. De manière d’abord confuse, à peine perceptible. Hésitante, mal assurée. C’est là qu’il convient de s’installer, attentif à cet équilibre instable entre le dedans et le dehors. Insistez, répétez, appelez-vous encore quelques dizaines de fois, machinalement, automatiquement. C’est bien votre voix. C’est aussi celle de l’autre, là-bas. Vous venez juste de l’apercevoir.
Votre voix n’est pas dédoublée. Et bien sûr vous non plus. Vous sentez toutefois que vous êtes double, scindé en quelque sorte au-dedans. C’est bien vous qui appelez, mais vous ne savez pas qui. C’est bien vous qui êtes appelé, mais vous ne savez pas d’où. Ou plutôt si, évidemment, vous savez bien que c’est vous dans les deux cas, et « vous », vous supposez que ça ne fait qu’un. D’ailleurs, vous le savez, et là-dessus tout le monde est d’accord. Mais non, justement, ce n’est pas ce que vous éprouvez à présent. Vous savez bien que « vous » et « vous » ne font qu’un, mais vous ne le ressentez plus de manière pleine, évidente. Celui qui appelle est le même, et n’est pas le même, que celui qui est appelé.
L’expérience consiste à prolonger quelques instants ce jeu du dedans et du dehors, de l’appel et de l’écoute. Il faut éprouver, aussi loin que possible, ce qu’a d’insolite ce prénom que l’on connaît, mais que jamais on ne peut adresser à soi-même sans justement se sentir un autre. Seuls les autres, évidemment, vous nomment ainsi, et vous-même, en temps normal, ne vous appelez jamais. Continuez à vous héler, à intervalles réguliers, en criant presque certaines fois. Le but est de susciter ce léger malaise, pas forcément désagréable, qui accompagne un petit décollement de soi par rapport à soi. Se maintenir un moment dans cette situation de fin vertige.
Comment en sortir ? De quelle manière colmater l’écart, recoller les bords ?
Dites simplement, d’une voix haute et forte, avec le plus grand naturel possible : « Oui ! J’arrive ! »
2
Vider le sens d’un mot

Durée : 2 à 3 minutes environ
Matériel : ce qu’on a sous la main
Effet : désymbolisant
 
Ça peut être n’importe où, et sans heure particulière. Il suffit, cette fois encore, que vous soyez sûr de n’être pas entendu. Mieux vaut n’être pas gêné, en cours de route, par la crainte du ridicule. Parler seul n’est rien. Être épié et moqué troublerait le résultat recherché.
Donc, simplement quelque lieu où personne ne vous entend. Prenez ce que vous avez sous la main, l’objet le plus courant, un crayon, une montre, un verre, ou même une pièce de votre vêtement, bouton ou ceinture, poche ou lacet. Peu importe. Il suffit d’une chose banale. Sa dénomination est habituelle, sa présence est familière. À cet objet correspond pour vous, depuis toujours, le même mot. Identique, naturel, normal.
Prenez donc en main cette petite chose sans malice, sans étrangeté, sans risque. Répétez son nom, à voix basse, en la regardant. Fixez, par exemple, le crayon qui est entre vos doigts en répétant : « crayon », « crayon », « crayon », « crayon », « crayon », « crayon », « crayon », « crayon », « crayon », « crayon ». Vous pouvez continuer encore. Ce ne devrait pas être long. En quelques instants, le mot familier se décolle, se racornit. Vous ressassez une suite de sons étranges. Série de bruits absurdes, insignifiants, qui ne dénomment rien, ne désignent aucune chose et demeurent insensés, fluides ou râpeux.
Sans doute avez-vous déjà joué ainsi, enfant. Tous ou presque, nous avons éprouvé, comme ça, l’extrême fragilité du lien entre mots et choses. Dès qu’on le tord ou le tire, dès qu’on le distend, ce lien cesse d’être simple. Il s’entortille ou se brise. Le terme se dessèche, s’émiette. Coquille éparpillée d’inanité sonore.
Ce qui arrive à l’objet n’est pas moins étonnant. Il semble que sa matière devienne plus épaisse, plus dense, plus brute. La chose est là davantage et autrement, dans son étrangeté innommable, dès qu’elle tombe en dehors du fin filet des vocables habituels.
Ce vieux jeu dissociatif, il faut le répéter. Tenter d’observer la fuite même du sens, l’émergence rêche du réel hors des mots. Entrevoir l’écaille sous la prose. Redire plusieurs fois le même mot, pour la même chose, dissipe toute signification. N’est-ce pas merveilleux ? Effrayant ? Drôle ? Quelques instants suffisent pour fissurer cette fine pellicule où nous nous tenons en place, satisfaits de pouvoir dire le nom des choses.
3
Chercher « je » en vain

Durée : indéfinie
Matériel : aucun
Effet : dissolvant
 
C’est l’un des termes que vous utilisez le plus. Au cours de la journée, le mot « je » figure dans presque toutes vos phrases. Depuis votre plus tendre enfance, vous avez cessé de vous désigner par votre prénom. « Je » est devenu le mot par lequel vous exprimez vos désirs, vos déceptions, vos projets, vos espérances, vos actes les plus divers, vos sensations physiques, vos maladies, vos jouissances, vos plans, votre ressentiment, votre tendresse, votre goût pour la vanille ou votre aversion pour le fenouil. Vous avez lié depuis très longtemps ce mot si bref à la multitude de vos états d’âme. Il est intimement imbriqué à vos sentiments, à vos souvenirs. En apparence, rien ne se fait sans lui. On le retrouve dans tous vos récits, tous vos jugements. Pas la moindre décision, pas la moindre rumination ne lui échappe.
Curieuse situation : tout le monde se sert du même mot. La plus irréductible intimité, la plus singulière existence, pour chacun d’entre nous, est liée à un terme qu’il n’a ni choisi ni forgé, et dont tous les autres se servent identiquement. Un pronom de la langue. Rien n’est moins personnel que ce pronom « personnel ». L’existence à laquelle il se rapporte demeure, du point de vue linguistique, parfaitement interchangeable. Ce peut être n’importe qui, affirmant « je suis content » ou bien « je suis triste ». Chacun, différent de tous les autres, se désigne soi-même par un mot qu’utilisent tous les autres. Situation hautement paradoxale. Mais vous n’y songez pas, comme tout le monde d’ailleurs. Vous avez bien assez à faire pour ne pas vous encombrer de ce genre de questions.
Cherchez malgré tout où se trouve ce « je ». Existe-t-il ? Comment le repérer ? À quoi le reconnaître ? Si vous tentez de poser ces questions et de les résoudre avec application, vous allez expérimenter que ce « je » n’est pas simple à localiser ni à authentifier.
Ce n’est pas une expérience brève, dont les limites sont aisées à circonscrire. Cela pourrait au contraire ressembler à une longue traque. Il faut du temps, des occasions diverses, une certaine constance et de l’obstination. Où est donc cette évidence appelée « je » ? Vous chercherez longtemps, en différents endroits, sous des angles distincts. Il y a de fortes chances pour que, au bout du compte, vous reveniez bredouille. C’est là que les choses commencent à devenir intéressantes.
Parmi les pistes que vous pouvez tenter de suivre, il convient de rappeler l’existence du corps. Ce « je », singulier et pourtant semblable aux autres, n’est-ce pas simplement ce corps, ses habitudes et ses faiblesses, ses fragilités et ses particularités ? Vous ne trouverez pourtant jamais « je » dans votre corps. Aucune de vos cellules n’a survécu depuis dix ans. Aucun des éléments de votre corps n’est demeuré identique. Qu’appellerez-vous « je » ? La forme ? La structure d’ensemble ? L’organisation ? Reste la pensée, classiquement. Tout change, mais pas vos souvenirs, votre conscience de demeurer le même, identique malgré les altérations. Là non plus, vous ne mettrez pas la main sur « je ». Vous ne trouverez jamais que des pensées, des séquences, des souvenirs, des associations d’idées, des désirs qui sont affectés de ce que vous appelez « je ».
Entre toutes ces sensations, entre tous ces événements mentaux, « je » semble être le dénominateur commun. Mais ce n’est pas un support ni un moteur. Juste un air de famille. Une qualité commune à des pensées et sensations fort diverses, presque comme une couleur ou un parfum. Une façon d’apparaître. Éventuellement un style. Rien d’autre. « Je » n’est pas quelque chose ni quelqu’un. Ce n’est pourtant pas seulement un mot. C’est sans doute un certain refrain, un pli, une qualité seconde et relative.
Si vous parvenez à expérimenter cela, il faudra savoir ensuite quoi en faire. Quelle incidence peut avoir sur votre existence cette impossible trouvaille ? Comment vous débrouillez-vous de cette défection de « je » ? C’est une autre histoire.
4
Faire durer le monde vingt minutes

Durée : 21 minutes
Matériel : un monde et une pendule
Effet : effrayant ou rassurant
Le passé s’incruste. Le voici dans les moindres gestes. Il se love dans les pensées, même celles qui apparemment ne semblent pas se soucier de lui. L’avenir, lui aussi, ne cesse de soutenir le moindre projet. Il accompagne nos plus infimes anticipations.
Que se passerait-il si nous tentions — même illusoirement, à peine, pour jouer — de défaire ces terribles contraintes ? Imaginons donc, autant qu’il est possible, que le passé n’a jamais eu lieu et que l’avenir n’existe pas. Essayons de croire que ce monde, tel qu’il est, ne dure que vingt minutes. Il a été constitué d’emblée, juste à l’instant, tel quel, nous compris. À la minute précédente, il n’existait pas. Tout ce que le monde contient présentement comme vestiges, ruines antiques, bibliothèques, monuments, archives, souvenirs proches ou lointains, tout cela vient d’apparaître en même temps. Les archives sont bien là, les témoins aussi, mais le passé dont ils parlent n’a jamais existé autrement qu’à l’instant.
Ce monde — infini, divers, multiple — possède une durée de vie limitée à vingt minutes exactement. Au-delà il disparaîtra totalement, définitivement. Pas de déflagration gigantesque, aucune explosion cosmique. Pas d’embrasement insensé ni de fournaise immense. Rien qu’une extinction brusque. Comme s’évanouit une bulle de savon, comme cesse soudain de briller une lumière.
Installez-vous dans ce monde de vingt minutes. Constatez combien il est, en un sens, identique au nôtre : mêmes volumes, mêmes cieux. Aucun objet ne diffère. Les mêmes gens font les mêmes choses. Voyez : ce n’est pourtant pas du tout le même univers. Ce ...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Du même auteur Aux éditions Odile Jacob
  4. Dédicace
  5. Copyright
  6. Sommaire
  7. Introduction - Des aventures de tous les jours
  8. 1 - S’appeler soi-même
  9. 2 - Vider le sens d’un mot
  10. 3 - Chercher « je » en vain
  11. 4 - Faire durer le monde vingt minutes
  12. 5 - Voir les étoiles en bas
  13. 6 - Voir un paysage comme une toile tendue
  14. 7 - Perdre quelque chose et oublier quoi
  15. 8 - Savoir où l’on était le matin
  16. 9 - Se provoquer une douleur brève
  17. 10 - Se sentir éternel
  18. 11 - Téléphoner au hasard
  19. 12 - Retrouver sa chambre après un voyage
  20. 13 - Boire en pissant
  21. 14 - Faire un mur entre ses mains
  22. 15 - Marcher dans le noir
  23. 16 - Songer à tous les lieux du monde
  24. 17 - Éplucher une pomme dans sa tête
  25. 18 - Se représenter des entassements d’organes
  26. 19 - Se croire en altitude
  27. 20 - Imaginer qu’on va mourir
  28. 21 - Tenter de mesurer l’existence
  29. 22 - Compter jusqu’à mille
  30. 23 - Craindre l’arrivée du bus
  31. 24 - Courir dans un cimetière
  32. 25 - S’amuser comme un fou
  33. 26 - Apercevoir une femme à sa fenêtre
  34. 27 - Se fabriquer des vies
  35. 28 - Regarder les gens depuis une voiture
  36. 29 - Suivre les mouvements des fourmis
  37. 30 - Manger une substance sans nom
  38. 31 - Observer la poussière dans le soleil
  39. 32 - Résister aux fatigues
  40. 33 - Avoir trop mangé
  41. 34 - Faire l’animal
  42. 35 - Contempler un cadavre d’oiseau
  43. 36 - Reconnaître un jouet d’enfance
  44. 37 - Attendre sans rien faire
  45. 38 - Tenter de ne pas penser
  46. 39 - Aller chez le coiffeur
  47. 40 - Prendre une douche les yeux fermés
  48. 41 - Dormir sur le ventre au soleil
  49. 42 - Aller au cirque
  50. 43 - Essayer des vêtements
  51. 44 - Calligraphier
  52. 45 - Allumer un feu dans la cheminée
  53. 46 - Savoir qu’on parle
  54. 47 - Pleurer au cinéma
  55. 48 - Rencontrer des amis après des années
  56. 49 - Flâner chez les bouquinistes
  57. 50 - Devenir la musique
  58. 51 - S’arracher un cheveu
  59. 52 - Se promener dans une forêt imaginaire
  60. 53 - Manifester seul
  61. 54 - Tenir dans un hamac
  62. 55 - Inventer les titres de l’actualité
  63. 56 - Écouter les ondes courtes
  64. 57 - Couper le son de la télé
  65. 58 - Retrouver un lieu d’enfance qui paraissait bien plus grand
  66. 59 - S’habituer à manger quelque chose que l’on n’aime pas
  67. 60 - Jeûner quelque temps
  68. 61 - Grogner dix minutes
  69. 62 - Traverser une forêt en voiture
  70. 63 - Donner sans réfléchir
  71. 64 - Chercher un aliment bleu
  72. 65 - Devenir saint ou bourreau
  73. 66 - Retrouver des souvenirs perdus
  74. 67 - Regarder l’autre dormir
  75. 68 - Travailler un jour férié
  76. 69 - Considérer l’humanité comme une erreur
  77. 70 - S’installer dans la planète des petits gestes
  78. 71 - Débrancher le téléphone
  79. 72 - Sourire à n’importe qui
  80. 73 - Entrer dans l’espace d’un tableau
  81. 74 - Sortir du cinéma en plein jour
  82. 75 - Plonger dans l’eau froide
  83. 76 - Chercher des paysages immuables
  84. 77 - Écouter sa voix enregistrée
  85. 78 - Dire à une inconnue qu’elle est belle
  86. 79 - Croire en l’existence d’une odeur
  87. 80 - S’éveiller sans savoir où
  88. 81 - Descendre un escalier sans fin
  89. 82 - Résorber une émotion
  90. 83 - Immobiliser l’éphémère
  91. 84 - Aménager une pièce
  92. 85 - Rire d’une idée
  93. 86 - Disparaître à la terrasse d’un café
  94. 87 - Ramer sur un lac chez soi
  95. 88 - Rôder la nuit
  96. 89 - S’attacher à un objet
  97. 90 - Faire l’éloge du Père Noël
  98. 91 - Jouer avec un enfant
  99. 92 - Rencontrer le hasard pur
  100. 93 - Se mettre à genoux pour réciter l’annuaire
  101. 94 - Penser à ce que font les autres
  102. 95 - Faire partout du théâtre
  103. 96 - Tuer des gens dans sa tête
  104. 97 - Prendre le métro sans aller quelque part
  105. 98 - Enlever sa montre
  106. 99 - Endurer les bavards
  107. 100 - Ranger après la fête
  108. 101 - Partir à la recherche de la caresse infime
  109. Index des durées
  110. Index des matériels
  111. Index des effets
  112. Remerciements