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Transformer l’entreprise pour prendre un temps d’avance

  1. 352 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Transformer l’entreprise pour prendre un temps d’avance

À propos de ce livre

Diriger une entreprise, c'est savoir la transformer pour prendre un temps d'avance. C'est décider de ne pas subir quand le monde bouge en profondeur. Quelles sont alors les mutations décisives ? Comment mieux les comprendre pour donner les nouvelles orientations ? Et comment les intégrer pour déclencher dans la réalité du travail les transformations qui permettront la réussite future ?Cas concrets passés à la loupe et adaptés à tous les types de structures ; éclairages apportés par des dirigeants de tous horizons sur leurs décisions et leur vision de l'avenir ; décryptage des mutations sociétales et économiques en cours : cet ouvrage, élaboré à partir de l'expertise des équipes de Capgemini Consulting, marque de conseil en stratégie et transformation du Groupe Capgemini, ouvre de nouvelles pistes de réflexion et d'action aux décideurs et gestionnaires des secteurs les plus divers, en entreprise ou dans la sphÚre publique. Xavier Hochet est directeur exécutif de Capgemini Consulting France. Il est aussi responsable des activités de conseil pour l'Europe du Sud et la Chine. André-Benoit De Jaegere est vice-président, directeur de l'innovation de Capgemini Consulting France.

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Informations

Éditeur
Odile Jacob
Année
2010
Imprimer l'ISBN
9782738124852
ISBN de l'eBook
9782738196262
SECONDE PARTIE
MUTATIONS
Chapitre 1
La fin des temps modernes
« Avouons-le sans amertume, l’individu a son intĂ©rĂȘt distinct, et peut sans forfaiture stipuler pour cet intĂ©rĂȘt et le dĂ©fendre ; le prĂ©sent a sa quantitĂ© excusable d’égoĂŻsme ; la vie momentanĂ©e a son droit, et n’est pas tenue de se sacrifier sans cesse Ă  l’avenir. »
Victor HUGO1
« À l’impĂ©ratif catĂ©gorique kantien, impĂ©ratif moral, actif et rationnel, succĂšde [
] un “impĂ©ratif atmosphĂ©rique” que l’on peut comprendre comme une ambiance esthĂ©tique oĂč, seule, importe la dimension transindividuelle, collective, voire cosmique. »
Michel MAFFESOLI2
Dans cette Ă©poque pressĂ©e, on a tĂŽt fait d’ériger en « ruptures dĂ©cisives » des Ă©vĂ©nements qui, quelques mois, voire quelques semaines plus tard, rejoignent la masse immense des non-Ă©vĂ©nements dont le Web devient le dĂ©positaire indiffĂ©rent. Le discours de la rupture, particuliĂšrement florissant dans les domaines politique, Ă©conomique et technique, a ceci de particulier qu’il rĂ©duit Ă  une mince ligne ce qui sĂ©pare l’avant de l’aprĂšs, entretenant l’idĂ©e que les sociĂ©tĂ©s humaines peuvent, du jour au lendemain, changer du tout au tout.
Les yeux rivĂ©s sur le temps court, l’Occident oublie que, pas plus qu’elles ne se dĂ©crĂštent, les mutations sociĂ©tales ne sont rĂ©ductibles aux Ă©vĂ©nements qui servent a posteriori Ă  les dĂ©crire, Ă  les expliquer et Ă  les dater. Ces mutations ne sont ni instant, ni rupture ; elles sont durĂ©e. Elles sont ce temps hybride entre l’avant et l’aprĂšs ; elles sont cet espace des tableaux d’Escher oĂč dans les interstices de l’évidence premiĂšre l’Ɠil devine, discerne puis voit clairement une nouvelle Ă©vidence. C’est Ă  cet exercice de discernement que doit constamment se livrer le dirigeant d’aujourd’hui s’il veut percevoir, comprendre et rĂ©duire les dissonances entre ce que propose l’entreprise – façonnĂ©e, sinon rĂ©gie, par les valeurs des temps modernes – et les attentes de ses clients, de ses collaborateurs, de son Ă©cosystĂšme, oscillant entre ces mĂȘmes valeurs et celles de la postmodernitĂ©.
Ceci devient cela
Les mutations sociĂ©tales sont difficiles Ă  apprĂ©hender et Ă  caractĂ©riser mais on peut, avec Michel Maffesoli, considĂ©rer que nous sommes en train d’en vivre une – abandonnant les rivages connus du monde moderne pour aborder ceux, plus incertains, du monde postmoderne. « Quand on regarde sur la longue durĂ©e les histoires humaines, dit Michel Maffesoli3, on voit bien que chaque trois siĂšcles, ou quatre, de grands changements de fond s’opĂšrent : de grandes valeurs sur lesquelles avait reposĂ© la sociĂ©tĂ© ne sont plus des valeurs attractives ; elles ne disparaissent pas ; simplement elles perdent leur attractivitĂ©. Pour dĂ©crire ce phĂ©nomĂšne, j’utilise l’idĂ©e de saturation. En chimie, un corps se sature quand les diverses molĂ©cules, pour des raisons d’usure, ne peuvent plus rester ensemble : le corps se dĂ©structure ; le corps est saturĂ©. Mais, et c’est sur quoi il faut insister, ces mĂȘmes molĂ©cules rentrent dans une autre composition pour faire un autre corps. »
Il paraĂźt important de souligner que ces grands changements sociĂ©taux, ou changements de paradigme, s’opĂšrent d’une maniĂšre quasi inĂ©luctable et que les individus « n’en peuvent mais » : ce ne sont pas eux qui font la mutation, ils la subissent, et toujours avec retard. « Il y a d’abord la vie, ajoute Michel Maffesoli, puis il y a la prise de conscience de ce qu’on vit. L’entreprise n’étant pas exterritorialisĂ©e par rapport Ă  la sociĂ©tĂ©, elle doit obligatoirement ĂȘtre attentive Ă  ce changement de paradigme ; c’est un principe de rĂ©alitĂ©. » Pour comprendre en quoi consiste le changement de paradigme, il est intĂ©ressant de revenir sur les trois grandes valeurs qui ont structurĂ© la modernitĂ© – travail, rationalisme, progrĂšs – et qui, depuis les annĂ©es 1950, se recomposent en un nouvel ensemble oĂč brillent d’autres Ă©toiles : la crĂ©ativitĂ©, la raison sensible, le prĂ©sent.
Du travail Ă  l’idĂ©e de crĂ©ation
La valeur pivot de la modernitĂ©, celle autour de quoi s’organise et se structure la vie en sociĂ©tĂ©, est la « valeur travail ». Il est rare de pouvoir dater prĂ©cisĂ©ment la naissance d’une valeur. Celle-ci, qui culmine au XIXe siĂšcle, s’affirme Ă  partir de la fin du XVIIIe siĂšcle, lorsque Kant la pose comme un impĂ©ratif catĂ©gorique auquel il est par consĂ©quent impossible de dĂ©roger : tu dois travailler, cela ne se discute pas. Pourquoi ? Parce que c’est par lĂ  qu’il y a rĂ©alisation de soi et rĂ©alisation du monde. Kant souligne cependant qu’il n’en a pas toujours Ă©tĂ© ainsi : jusqu’alors, le travail Ă©tait le fait des gens serviles. L’honnĂȘte homme dĂ©rogeait s’il travaillait, l’aristocrate (l’homme bon, beau, etc.) ne travaillait pas : homme d’Église ou d’épĂ©e, il servait Dieu et son roi – laissant commerce et autres industries aux bourgeois, ou, sous d’autres latitudes, aux vaishyas. La littĂ©rature europĂ©enne montre bien comment, peu Ă  peu, le travail devient une valeur centrale et la vertu par excellence de l’homme civilisĂ©. Seul sur son Ăźle, vingt-huit annĂ©es durant, que fait le Robinson de Daniel Defoe4 ? Il travaille. Il pourrait jouir de la vie, vivre de ce que lui offre la nature, mais non : il travaille sans relĂąche, bien au-delĂ  de ce qui serait nĂ©cessaire pour assurer sa subsistance. C’est le travail qui, en organisant son quotidien, l’empĂȘche de retourner Ă  l’état de nature. Les grands romans français du XIXe siĂšcle regorgent de hĂ©ros qui, par leur labeur et leur persĂ©vĂ©rance, parviennent Ă  « sortir de leur condition ». Mais que font tous ces hĂ©ros dĂšs qu’ils le peuvent ? Le paradoxe – mais en est-ce vraiment un ? – veut qu’ils se retirent des affaires, s’installant dans la respectabilitĂ© enviĂ©e de qui peut vivre de ses rentes, aprĂšs avoir bien mariĂ© ses filles

Le paradoxe n’est qu’apparent car, « dans tous ces cas de figure, c’est bien la valeur travail qui fonde l’ordre social, mais elle le fait comme “par dĂ©faut”. L’idĂ©al, ce Ă  quoi chacun aspire, est d’y Ă©chapper – de droit, du fait de sa naissance, par un beau mariage ou, au pire et beaucoup plus rarement, aprĂšs avoir beaucoup travaillĂ©5
 ». Si la littĂ©rature romanesque reflĂšte la maniĂšre dont la sociĂ©tĂ© vit le travail, la littĂ©rature Ă©conomique en dĂ©crit la fonction. Pour Adam Smith6, par exemple, le travail est avant tout ce qui crĂ©e la richesse. QuantitĂ© divisible Ă  l’infini, il est aussi l’unitĂ© de mesure qui permet d’établir de maniĂšre prĂ©cise la contribution de chaque individu Ă  la production (le nouvel objectif central de la sociĂ©tĂ©) et la rĂ©tribution qu’il doit en retirer.
On sait combien cette vision, formulĂ©e Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle, continue d’imprĂ©gner le discours politique et Ă©conomique, mais force est de constater que, depuis quelques dĂ©cennies, « la valeur travail » et l’injonction « travaillez, prenez de la peine », qui a fait avancer des gĂ©nĂ©rations entiĂšres dans l’espĂ©rance d’un mieux, se sont mises Ă  sonner Ă©trangement faux. Pour les gĂ©nĂ©rations montantes, la preuve est faite que le travail ne conduit pas l’humanitĂ© Ă  une vie meilleure – ce qui conforte les plus jeunes dans l’idĂ©e qu’il est aussi vain que stupide de perdre sa vie Ă  la gagner. Tandis que pĂąlit l’étoile du travail instituĂ© en uniques fin et moyen de l’existence, l’idĂ©e nietzschĂ©enne de « faire de sa vie une Ɠuvre d’art » progresse – poussant, consciemment ou inconsciemment, chacun Ă  faire preuve de crĂ©ativitĂ© dans la crĂ©ation de lui-mĂȘme. L’esthĂ©tique de l’existence prĂŽnĂ©e par Foucault – « l’idĂ©e selon laquelle la principale Ɠuvre d’art dont il faut se soucier, la zone majeure oĂč l’on doit appliquer des valeurs esthĂ©tiques, c’est soi-mĂȘme, sa propre vie, son existence7 » – trouve ainsi de plus en plus d’écho et d’adeptes qui s’ignorent. Cela n’exclut absolument pas la notion de travail, mais cela en change fondamentalement la nature, comme en tĂ©moigne l’emploi rĂ©current de l’expression « travailler sur soi », base de toute dĂ©marche de « dĂ©veloppement personnel », autre expression symptomatique.
De la raison Ă  la raison sensible
La deuxiĂšme grande valeur de la modernitĂ© est le rationalisme. S’il naĂźt au XVIIe siĂšcle avec Descartes, ce sont les philosophes des LumiĂšres qui lui donnent toute sa puissance structurante, en faisant de la rationalitĂ© humaine – la capacitĂ© Ă  Ă©tablir une relation de cause Ă  effet – le principe organisateur d’un monde dĂ©sormais perçu comme un systĂšme. DĂšs lors, le rapport Ă  soi, le rapport au monde, aux autres, Ă  la sociĂ©tĂ©, sont rĂ©gis et ne s’expliquent plus que par cette chose universelle : la Raison. Il n’est pas inutile, en ces temps de prĂ©occupations Ă©cologiques et d’émergence de l’idĂ©e de biens publics mondiaux, de rappeler que, dans la pensĂ©e des Temps modernes, la Nature n’est plus le grand vivant Ă©ternel des stoĂŻciens ; elle devient la machinerie cosmique dont l’homme doit, dit Descartes, se rendre « maĂźtre et possesseur ». C’est d’ailleurs ce que fait Robinson, Ă  la modeste Ă©chelle de « son » Ăźle – Ăźle dĂ©serte, comme on le sait, mais qu’il s’emploie nĂ©anmoins Ă  arpenter, cartographier, inventorier et civiliser, en y faisant rĂ©gner l’ordre et la religion.
À partir des LumiĂšres, la Raison cesse donc d’ĂȘtre une question philosophique dĂ©battue en chambre par les seuls universitaires. Par capillaritĂ©, elle pĂ©nĂštre et se rĂ©pand partout, dans le corps et individuel et collectif. D’oĂč la « rationalisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de l’existence » dont parle Max Weber – rationalisation que l’on retrouve, appliquĂ©e au management et Ă  l’organisation du travail, dans les Ă©crits de Taylor8. La rationalisation de la vie et de la sociĂ©tĂ© marque le triomphe du rationalisme ramenant tout au mesurable, Ă  l’explicable, au maĂźtrisable. Il va de soi que cette volontĂ© de maĂźtrise cherche Ă  faire taire et soumettre l’animal qui est en l’homme. La raison impose nĂ©cessairement le silence aux rĂ©actions primaires, aux Ă©motions et, plus encore, aux sensations. On voit, par exemple, comment Robinson – archĂ©type de l’homme rationnel, civilisĂ©, sachant se contrĂŽler – est choquĂ© par l’animalitĂ© de Vendredi, Ă  commencer par sa nuditĂ©. Que fait-il aprĂšs lui avoir sauvĂ© la vie ? Il lui donne des vĂȘtements ; ensuite, il lui signifie qu’il doit, sous peine de mort, renoncer au cannibalisme ; enfin, il fait son Ă©ducation, lui enseignant « Ă  faire tout ce qui Ă©tait propre Ă  le rendre utile » et l’instruisant « dans la connaissance du vrai Dieu9 ».
La raison cependant n’empĂȘche pas les Ă©motions, les passions et les sensations d’ĂȘtre. Elle les contient, elle les empĂȘche de s’exprimer – ce qui est loin d’ĂȘtre la mĂȘme chose. Ainsi, le roman victorien Ă©rige-t-il en idĂ©al fĂ©minin un ĂȘtre d’apparence raisonnable, rĂ©primant sa sensualitĂ©, tout de retenue, policĂ© et biensĂ©ant, bien que souvent en proie Ă  des sentiments d’autant plus exaltĂ©s qu’ils sont tus. Cela explique, en outre, la naissance (dans le XIXe siĂšcle finissant) de la psychanalyse, si l’on accepte de voir cette discipline comme la mise en mots de ce qui ne peut/doit pas ĂȘtre exprimĂ© et, partant, comme une (re)crĂ©ation de soi par le verbe.
Mais, depuis quelques dĂ©cennies, le monde rationalisĂ© craque de toutes parts et le corps – ce corps qu’on s’était appliquĂ© Ă  contenir, Ă  faire taire, Ă  tenir pour quantitĂ© nĂ©gligeable et mĂ©prisable par rapport aux choses de l’esprit – reprend ses droits. Le corps n’est plus simplement outil de production et de reproduction, comme au XIXe siĂšcle. On le soigne, on l’écoute, on le montre, on le valorise. On pourrait citer maints exemples, mais le dĂ©veloppement des mĂ©decines non conventionnelles auquel on assiste en Occident est une bonne illustration de l’émergence de cette « raison sensible », comme l’appelle Michel Maffesoli. MĂ©decines douces, soins Ă©nergĂ©tiques, chromothĂ©rapie, lithotĂ©rapie, rĂ©flexologie, aromathĂ©rapie
 toutes ont (au moins) un point commun : visant au bien-ĂȘtre global, Ă  l’harmonie du corps, de l’esprit et de l’ñme (laquelle fait d’ailleurs un retour en force), elles mettent l’accent sur l’entiĂšretĂ© de l’ĂȘtre.
Du progrÚs antérieur au plus-que-présent
La troisiĂšme valeur qui structure la modernitĂ© est la foi en l’avenir, la confiance dans « les lendemains qui chantent » – sur terre et dans l’au-delĂ . À partir du XVIIIe siĂšcle, toute l’énergie se focalise sur le futur, avec deux grandes manifestations : la philosophie hĂ©gĂ©lienne de l’histoire qui veut que, la raison gouvernant le monde, l’humanitĂ© soit partie d’un point A de barbarie et qu’elle se dirige inexorablement vers un point B de civilisation absolue ; le mythe du progrĂšs, qui est l’expression mĂȘme de cette conception de l’histoire. L’idĂ©e qu’en avançant, on va forcĂ©ment vers le mieux et le meilleur a Ă©tĂ© l’un des plus puissants ressorts du monde moderne et du dĂ©veloppement de l’industrie. Stephan Zweig en dĂ©crit l’emprise en ces termes : « Le XIXe siĂšcle, avec son idĂ©alisme libĂ©ral, Ă©tait sincĂšrement convaincu qu’il se trouvait sur la route droite qui mĂšne infailliblement au “meilleur des mondes possibles”. On ne considĂ©rait qu’avec dĂ©dain les Ă©poques rĂ©volues, avec leurs guerres, leurs famines et leurs rĂ©voltes, on jugeait que l’humanitĂ©, faute d’ĂȘtre suffisamment Ă©clairĂ©e, n’y avait pas atteint la majorité  cette foi en un “ProgrĂšs” fatal et continu avait en ce temps-lĂ  toute la force d’une religion10. »
L’idĂ©e de progrĂšs nourrit la foi quasi aveugle dans la science et dans la technique qui domine le XIXe, puis le XXe – du moins jusqu’au double choc de 1945 : la dĂ©couverte des camps de la mort et le bombardement de Hiroshima et Nagasaki. Si Ă  partir de cette date le doute s’insinue, le mythe ne meurt pour autant ! Il rĂ©siste. Sans cesse, il renaĂźt de ses cendres, aujourd’hui par exemple chez les trans- et posthumanistes, d’oĂč la conviction de James Hugues et de bien d’autres qu’on aura probablement vaincu le vieillissement en 2020 et qu’on saura tĂ©lĂ©charger le contenu d’un cerveau humain sur un ordinateur avant la fin du siĂšcle. ConjuguĂ© Ă  l’idĂ©e de croissance, la « valeur progrĂšs » connaĂźt une Ă©niĂšme jeunesse et reste, pour le commun des mortels, largement positive. Dans une quelconque assemblĂ©e aujourd’hui, qui oserait dire qu’il n’est pas un homme ou une femme de progrĂšs ? Personne ! « Si l’on n’est pas progressiste, on n’existe pas ; on ne peut ĂȘtre que progressiste : c’est la consĂ©quence de cette foi sĂ©culaire dans le futur », dit Michel Maffesoli.
Et pourtant, il y a maints indices que le futur n’est plus, aujourd’hui, la temporalitĂ© de rĂ©fĂ©rence des s...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Page de titre
  3. Copyright
  4. Sommaire
  5. Remerciements
  6. Préface
  7. Une invitation
  8. PREMIÈRE PARTIE. TRANSFORMATIONS
  9. SECONDE PARTIE. MUTATIONS
  10. Des mĂȘmes auteurs chez Odile Jacob
  11. QuatriĂšme de couverture

Foire aux questions

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