
- 544 pages
- French
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eBook - ePub
Un enfant du Bronx
À propos de ce livre
Colin Powell est l'incarnation du rêve américain. Né de parents jamaïcains, il a connu la jungle des rues avant d'entamer une brillante carrière dans l'armée puis à Washington. Le reste appartient à l'histoire. L'homme qui a été à la tête des armées des États-Unis, aujourd'hui l'une des figures qui comptent dans la vie politique américaine, raconte son parcours : du bourbier vietnamien aux garnisons de Corée, du Sud profond aux couloirs du Pentagone et aux antichambres de la Maison-Blanche, sous Reagan et Bush, à l'époque de la Guerre des Étoiles, comme au moment de l'Irangate ou de la guerre du Golfe.
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Informations
Quatrième partie
Le chef d’état-major
Chapitre XV
Dernier commandement
Chaque fois que je m’asseyais dans la salle de conférence du FORSCOM à Fort McPherson en Géorgie, je me retrouvais nez à nez avec un pacifiste légendaire. Dès que j’avais pris le commandement en chef, j’avais installé une affiche de Martin Luther King, qui m’avait été offerte par son épouse, et sur laquelle étaient notées ces paroles de son mari : « La liberté a toujours coûté cher. » Je voulais que cette affiche me rappelle, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans la pièce, le rôle capital qu’avait joué l’armée dans la défense des libertés et dans les progrès en matière de justice raciale. L’un des derniers soirs que j’ai passés à la Maison Blanche, pour une réception, un portier noir est venu me dire : « Mon Général, j’étais simple soldat pendant la Seconde Guerre mondiale, quand il y avait encore de la ségrégation dans l’armée. Je n’aurais jamais cru que je verrais un jour un général noir ici. Je voulais juste vous dire que nous sommes fiers de vous. – Je vous remercie, mais vous vous trompez. C’est moi qui suis fier de ce que vous tous avez fait pour nous mâcher le travail. »
J’ai cité un jour les paroles de Martin Luther King à l’association des journalistes noirs pour exprimer l’idée que la liberté coûtait cher et qu’on devait la défendre. Je me suis fait mal recevoir, et même critiquer dans la presse. J’étais sans doute allé trop loin en essayant de rattacher le héraut de la non-violence à la carrière militaire, et je n’ai plus jamais cité ce passage.
Comme j’avais servi à la Maison Blanche pendant les élections présidentielles de 1988, les gens d’Atlanta et d’ailleurs me demandaient parfois ce que je pensais de l’usage que l’on avait fait de l’affaire Willie Horton à la télévision afin de discréditer le candidat démocrate Michael Dukakis. Horton, un Noir détenu dans une prison du Massachusetts à l’époque où Dukakis était gouverneur, avait violé une femme et poignardé un homme pendant un week-end de permission. Le fait d’en parler était-il raciste ? Bien sûr. Est-ce que ça me dérangeait ? Certainement. Les stratèges républicains avaient fait un calcul politique cynique. Comme il n’y avait aucun moyen de gagner à la cause républicaine les électeurs démocrates noirs, ce n’était pas la peine de se fatiguer. Certains étaient allés plus loin : si la carte raciste pouvait jouer en leur faveur, il n’y avait pas de raison de s’en priver. C’était le but recherché par toute cette publicité à propos de Horton. C’était un coup bas politique. J’ai essayé de ramener malgré tout les choses à leur juste mesure. On m’avait confié des responsabilités au plus haut niveau du gouvernement. Les conseillers du Président en matière de sécurité nationale ne sont pas là pour faire joli. C’est vraiment un travail exigeant et difficile. Les deux années où j’ai travaillé avec Ronald Reagan et George Bush, je n’ai jamais relevé la moindre trace de préjugés racistes dans leur attitude. Mais ils étaient à la tête d’un parti qui n’adressait qu’un seul message aux Noirs américains : « Aide-toi, le ciel t’aidera. » Encore faut-il être en mesure de s’aider… Je regrette que Reagan et Bush n’aient pas fait preuve de plus de sensibilité en la matière. Je me console cependant à l’idée que la confiance qu’ils m’ont faite représente leur foi dans l’idéal américain de promotion au mérite.
Feu Whitney Young, lorsqu’il était directeur de la National Urban League, faisait le trajet de sa banlieue jusqu’à son bureau à Manhattan. Lorsque le train approchait de la gare de la Cent vingt-cinquième Rue à Harlem, Young se demandait parfois s’il ne ferait pas mieux de descendre se joindre aux manifestants plutôt que de continuer vers le quartier des bureaux. Young avait bien conscience du rôle important que jouaient les agitateurs au sein du mouvement. Mais il restait dans son train, en se disant que ce qu’il faisait depuis son bureau pour aider les Noirs à trouver du travail dans les grandes sociétés américaines était la meilleure façon d’utiliser ses talents. La croisade pour l’égalité exige une diversification des rôles, de même que l’armée a besoin de secrétaires et de cuisiniers tout comme de pilotes de chasse. En prenant le commandement du FORSCOM, j’ai atteint le plus haut rang militaire du pays, celui de général quatre étoiles. J’avais été conseiller du Président. Il fallait que ma carrière serve de modèle aux autres Noirs, qu’ils soient ou non dans l’armée, pour témoigner des débouchés qu’offre la vie en Amérique. De même, j’espérais, et j’espère encore, que mon ascension pourra aider des Blancs racistes à remettre en cause leurs idées racistes et contribuer à extirper le poison du racisme, pour que les Afro-Américains qui viendront après moi soient jugés exclusivement d’après leurs mérites.
J’ai également conscience que, au fil des années, mon statut a pu servir de couverture à certains racistes : « Je ne suis pas raciste. La preuve : j’ai été sous les ordres de Colin Powell. » Je me suis toujours retenu face aux provocations racistes : j’étais décidé à réussir en me montrant au-dessus de ça. J’ai de l’admiration pour ceux qui ont fait des manifestations, mais j’admire aussi ceux qui ont continué au-delà et sont allés créer des emplois. J’admire encore plus ceux qui servent en menant une vie exemplaire. Et je salue les milliers d’Afro-Américains ordinaires qui, jour après jour, vont au travail, font vivre leur famille, et qui sont, avec les Américains de toutes les races, le nerf de ce pays.
En tant que commandant du FORSCOM, j’avais désormais à mes ordres deux cent cinquante mille troupes actives, deux cent cinquante mille réservistes, et je présidais à l’entraînement de cinq cent mille gardes nationaux. J’étais constamment sur la route, pour aller inspecter ces troupes de la Floride à l’Alaska. J’ai lié connaissance avec les généraux qui commandent toutes les divisions. Ce que j’ai découvert dépassait de loin nos estimations les plus optimistes après le travail accompli par Reagan et Weinberger. Nous avions une armée bien entraînée et bien équipée, prête à se battre. Mais se battre où et contre qui ? Alors que la guerre froide était en plein dégel, je me rendais compte que nos généraux ne démordaient pas de l’idée d’un affrontement avec l’Union soviétique. J’avais été bien placé pour constater les fissures du monolithe soviétique. J’avais été à la même table que Mikhaïl Gorbatchev à Moscou, à Washington et sur Governor’s Island, et je l’avais entendu s’avouer vaincu dans la guerre froide. J’avais vu Gorbatchev réduire unilatéralement les troupes soviétiques de cinq cent mille hommes. J’avais vu notre vieil ennemi coopérer avec nous pour arriver à des solutions pacifiques en Angola, en Namibie et dans la guerre Iran-Irak.
Certains de mes collègues officiers prévoyaient qu’un changement de cap s’imposait. Mais pour la majeure partie de l’institution militaire, tout se passait comme si, alors que notre ennemi principal avait fait demi-tour et était rentré chez lui, nous nous tenions encore prêts à essuyer une collision frontale. J’ai décidé d’utiliser la chaire que m’offrait le FORSCOM pour ramener les gens à la réalité. Une excellente occasion s’est trouvée lorsque le général Jack Merritt, mon ancien patron à Fort Leavenworth, m’a invité à faire un discours lors d’un séminaire. Ce que j’allais dire risquait de ne pas être au goût de tout le monde dans l’armée ou parmi les fabricants d’armes qui seraient présents.
Le 16 mai, dans un hôtel de Carlisle, en Pennsylvanie, je me suis retrouvé face à un nombre de généraux trois et quatre étoiles suffisant pour constituer une galaxie, et un nombre d’industriels suffisant pour armer la moitié de la planète. J’ai fait un discours intitulé « L’avenir n’est plus ce qu’il était ». J’ai fait remarquer que malgré des bouleversements gros comme des montagnes, il y en avait toujours pour considérer Gorbatchev comme un calculateur machiavélique qui essayait d’endormir notre méfiance. Non, ai-je déclaré, la seule explication de son attitude est « l’impuissance et l’échec, à l’extérieur comme à l’intérieur, de l’Union soviétique. Le système soviétique est en faillite, et c’est Gorbatchev qui liquide ». J’ai décrit les zones dans lesquelles Gorbatchev avait contribué à promouvoir la paix. L’ours était devenu inoffensif. Je voulais que ce discours réveille les foules, et personne ne dormait ; je sentais la tension dans la pièce.
J’avais deux autres idées dans mon texte préparé que j’avais biffées, réécrites et rebiffées. Aucun journaliste n’étant présent ce jour-là, c’était le moment d’exprimer le fond de ma pensée. Nous n’étions qu’en 1989, mais j’ai prédit la chose suivante : « Si demain nous ouvrions les portes de l’OTAN à de nouveaux membres, nous aurions des demandes en moins d’une semaine : la Pologne, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, peut-être l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie voire l’Ukraine. En fait, les membres des partis d’opposition aujourd’hui publics en Géorgie soviétique se posaient la question la semaine dernière de savoir si l’avenir de la région allait passer par le non-alignement ou par l’adhésion à l’OTAN. » Mes remarques ont autant frappé le public que si j’avais prédit que des militants anti-avortement allaient devenir membres du Planning familial. « La machine militaire soviétique est toujours aussi massive, malfaisante et dangereuse qu’autrefois. De ce côté-là, rien n’a changé. Mais je crois que ça va changer. » Quelles étaient les conséquences pour l’armée ? Le peuple américain allait continuer à être en faveur d’une défense forte. Mais « l’ère de croissance du début des années quatre-vingt est révolue. Croyez-moi ». Il fallait nous poser nous-mêmes une question difficile, avant qu’on nous la pose de l’extérieur : « Avons-nous besoin de tel ou tel engin ? » Et lorsque la réponse était négative, il fallait savoir dire non. Le plus dur était d’accepter que nous devions faire des coupes, tout en continuant à entretenir « la meilleure foutue armée au monde ».
En temps de paix, lorsqu’un corps, une division ou un bataillon est bien dirigé, l’officier de commandement n’a, à vrai dire, qu’à se tourner les pouces par rapport aux pressions que l’on subit du matin au soir quand on est au FORSCOM. Au FORSCOM, j’avais des collaborateurs fiables. Je m’étais tracé une philosophie de commandement bien claire. Une fois de plus, je pouvais me détendre un peu : rentrer à la maison à seize heures trente, faire une partie de racquetball avec mon ancien chauffeur du 5e corps d’armée, Otis Pearson, que j’avais fait transférer à Atlanta ; loger dans une belle demeure victorienne, et avoir le temps avec Alma de cultiver un peu l’art d’être grands-parents. Jeffrey Michael Powell était né juste avant notre déménagement à Atlanta.
Le Congrès n’avait pas prévu que j’aie un chauffeur pour me conduire de chez moi à mon nouveau travail. Tout en étant à la tête d’un million de personnes, j’étais obligé de me rendre au travail avec mon vieux break Chrysler gourmand et à bout de souffle, qui faisait des taches d’huile devant le QG tout neuf du FORSCOM, qui avait coûté quarante millions de dollars. Mais, une fois que j’étais rendu au bureau, je pouvais me faire conduire à mes rendez-vous officiels par Otis dans une Mercury rutilante fournie par l’État.
La Chrysler était mon cheval de labour de tous les jours pour transporter des outils, des pièces détachées, et déposer les enfants à la fac. Mais j’étais en pleine histoire d’amour avec les vieilles Volvo. Il y avait entre autres une 122 de 1967 avec un gros moteur à double carburateur. Lorsqu’il y avait une panne que je n’arrivais pas à résoudre tout de suite, j’allais m’isoler et je sortais le manuel. J’étalais devant moi les plans du circuit électrique et du moteur, et par élimination, j’identifiais la source du problème. Lorsque j’avais éliminé toutes les explications possibles sauf une, je repartais au garage. On n’a pas idée de la satisfaction que cela me procurait d’analyser et de résoudre un problème mécanique grâce à un livre. J’y trouvais autant de plaisir que d’autres à jouer au golf ou au bowling. Rien ne me fait autant plaisir que de démonter tous les fils, les tubes, les tuyaux et les boulons d’un moteur, de détacher l’arbre de transmission, de passer une chaîne autour du moteur, de l’arrimer au plafond et de hisser, couvert de cambouis et de gloire, le moteur hors du capot. Je préfère travailler seul. Je n’aime pas avoir des copains qui viennent tailler le bout de gras. C’est ainsi que je passais une bonne partie de mes loisirs à Atlanta.
Un jour au début de l’été, on m’a fait dire que Dick Cheney, le nouveau secrétaire à la Défense, voulait me voir. J’avais travaillé en collaboration étroite avec lui, mais il n’était encore jamais venu au FORSCOM. Je suis allé le chercher à l’aéroport minuscule d’Atlanta et je l’ai ramené à mon QG où mon personnel lui a fait un rapport sur l’état des réserves nationales stratégiques au sol, dont j’étais commandant. Puis nous sommes allés déjeuner.
C’était bien le Cheney que j’avais connu au 5e corps d’armée et avec qui j’avais travaillé au Capitole, aigu, intelligent, pas bavard, qui ne laissait jamais transparaître plus qu’il ne fallait. Et dur à cuire. Cet homme qui n’avait pas passé un seul jour sous les drapeaux, qui, pendant la guerre du Viêt-nam, avait eu droit à un délai pour terminer ses études puis pour élever ses enfants, était passé à la tête du Pentagone du jour au lendemain. Ses amis à la Chambre des Représentants l’avaient apparemment averti que s’il ne s’imposait pas tout de suite, les généraux et les amiraux allaient le manger tout cru. Mais il ne s’en laissait pas compter.
J’étais quasiment sûr que Cheney n’avait pas fait halte à Atlanta juste pour avoir un rapport sur l’entraînement du FORSCOM. Mais, au cours de notre conversation, cet homme discret n’a rien laissé transparaître des autres raisons pour lesquelles il serait venu. Je lui ai fait comprendre que j’étais satisfait de ce que j’avais.
Ce mois de juin, j’ai eu un appel d’un journaliste. « Mon Général, votre vie est une histoire à l’américaine extraordinaire : le pauvre fils d’immigrés du Bronx qui arrive aux plus hautes responsabilités de l’État et conquiert ses quatre étoiles. » On voulait faire un article sur moi. Le journaliste est venu à Atlanta, avec Eddie Adams, le photographe qui avait reçu le prix Pulitzer pour la photo inoubliable du chef de police sud-vietnamien qui exécute un officier viêt-cong dans la rue pendant l’offensive du Têt.
Mais l’article ne sortait pas. Entre-temps, j’ai commencé à entrevoir le but de la visite de Dick Cheney. Le second mandat de l’amiral Bill Crowe à la tête de l’état-major des forces armées allait toucher à sa fin en septembre. On lui avait proposé un nouveau mandat de deux ans, qu’il avait refusé. La presse avait cité une demi-douzaine de noms, dont le mien. À l’époque, j’envisageais seulement de rester au FORSCOM. Ensuite, on verrait bien. Peut-être même partirais-je en retraite. Ou dans le privé.
Le dimanche 6 août, j’ai pris l’avion pour Baltimore où les plus hauts chefs de l’armée devaient se réunir sous la présidence de Carl Vuono. C’était une rencontre tout à fait informelle, qui cette année se tenait à Belmont House, une ancienne propriété transformée en centre de conférences, en dehors de la ville. Il me tardait de passer ces trois jours. J’allais me retrouver parmi des gens que je connaissais bien, Carl, Butch Saint, un ami et concurrent, qui commandait nos forces armées en Europe, Norm Schwarzkopf, en charge de nos forces pour le Moyen-Orient, et une dizaine d’autres personnes auprès de qui j’avais gagné mes galons dans l’armée. Nous allions décider de l’orientation à donner à l’armée, ce qui était ma question préférée. Ce matin-là, dans l’avion, j’avais lu un article intitulé « Course à la succession à la tête de l’état-major ».
Nous étions arrivés au dernier jour de la conférence, lorsque vers deux heures de l’après-midi, je reçois un mot. Cheney voulait que je l’appelle. Je suis sorti discrètement de la pièce, en essayant de ne pas me faire remarquer, avec tous les yeux fixés sur moi. Cheney avait déjà quitté son bureau, mais un quart d’heure plus tard, à la fin de la conférence, j’ai reçu un autre message. Il fallait que je me rende immédiatement au Pentagone. Vuono m’a fait un clin d’œil lourd de sous-entendus et dit : « Je vais te trouver un hélico. »
Je suis passé chercher Alma et nous sommes partis. À l’héliport du Pentagone, un chauffeur est venu nous prendre en fourgonnette. Cheney m’a accueilli avec le sourire, sans faire plus attention à ma tenue de week-end. Il est comme ça : ce n’est pas le genre à perdre du temps pour des broutilles. « Vous savez que je cherche un chef d’état-major. Vous êtes mon candidat idéal. » Puis il a passé en revue la liste de mes qualifications à ses yeux. Je connaissais bien le fonctionnement du Pentagone et de la Maison Blanche. J’étais passé par les postes de commandement requis. Je connaissais bien la question du désarmement, qui était l’une des priorités de Bush. Et il estimait que nous étions faits pour nous entendre. Il m’a demandé ce que je pensais du poste. « Je suis flatté, bien sûr. Évidemment, si le Président et vous-même me voulez à ce poste, je l’accepterai et je ferai de mon mieux. Mais vous savez que je me plais à Atlanta et que je n’ai pas envie de déménager. » Je ne parlais pas de mon premier souci. Ça allait être une sacrée responsabilité. J’étais le plus jeune des quinze généraux quatre étoiles qui étaient légalement éligibles. Je n’avais ma quatrième étoile que depuis à peine quatre mois, et plusieurs des candidats les plus âgés avaient des qualifications militaires bien plus impressionnantes que les miennes.
George Bush avait manifestement des réserves du même type, car Cheney dit ensuite : « Le Président se demande si votre nomination poserait un problème aux autres généraux et amiraux supérieurs. » Je savais que je pouvais compter sur le soutien de Vuono, et j’étais en bons termes avec les autres chefs de service. « Je ne me fais pas de souci pour ça. » Ne jamais montrer ses doutes. « Parfait. Je vais vous recommander. Mais, comme vous le savez, c’est le Président qui a le dernier mot. »
Je n’ai rien dit à Alma jusqu’à ce que nous soyons dans l’avion qui nous ramenait à Atlanta. « C’est reparti pour un tour », s’est-elle exclamée.
Le lendemain, le mercredi 9 août, Cheney m’a appelé pour me dire que le Président avait approuvé sa recommandation et que c’était bien moi qui allais succéder à Bill Crowe. Bush voulait que je revienne à Washington le lendemain pour faire une déclaration dans la roseraie de la Maison Blanche. J’ai pris l’avion pour Washington le soir même. A...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Sommaire
- Avant-propos
- Première partie - Les années de jeunesse
- Deuxième partie - Le soldat
- Troisième partie - Les années à Washington
- Quatrième partie - Le chef d’état-major
- Épilogue
- Les règles de Colin Powell
- Remerciements
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