
- 336 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Bonnes nouvelles des conspirateurs du futur
À propos de ce livre
Il était une fois la France, un pays merveilleux par sa variété et la richesse de son patrimoine. En effet, l'espérance de vie a augmenté de quarante ans depuis 1900 et continue de progresser, et le niveau de vie a décuplé en un siècle ! Pourtant, les Français sont pessimistes face à l'avenir. L'auteur, toujours à contre-courant des idées reçues, montre que :• l'optimisme est justifié pour l'avenir de nos enfants ;• l'immigration est nécessaire, encore faut-il la réussir ;• la mondialisation et le développement durable vont dans le sens des relocalisations ;• il faut « penser local pour agir global » en mutualisant les bonnes pratiques ;• si la France d'en haut est empêtrée dans ses contradictions, la France des territoires entreprend et innove. Bonnes Nouvelles n'est pas une fiction, mais un recueil de faits et d'actes de quatorze « conspirateurs du futur », c'est-à-dire des hommes et des femmes de terrain qui, au-delà de toute attente et souvent dans des conditions difficiles, ont su rebondir à partir d'eux-mêmes et d'initiatives innovantes et ambitieuses. Le levier des projets et la force des liens sont capables de changer le monde et de permettre à chacun de devenir entrepreneur de sa vie. Telle est la leçon contagieuse de Bonnes Nouvelles.Michel Godet est professeur au Conservatoire national des arts et métiers, titulaire de la chaire de prospective stratégique. Il est aussi membre de l'Académie des technologies, du Conseil d'analyse économique et du comité directeur de l'Institut Montaigne. Il a publié, entre autres, Le Courage du bon sens.?Pour construire l'avenir autrement.
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Informations
Quatrième partie
Devenir entrepreneur
Chapitre VIII
Riou : du verre fragile
à une entreprise solide1
à une entreprise solide1
Pierre Riou naît en 1953, en Seine-et-Marne, d’un père breton, commis de ferme, et d’une mère qui travaille dans un premier temps dans la même exploitation agricole que son époux, puis se consacre à l’éducation de ses cinq enfants (trois garçons et deux filles, Pierre étant le 4e de la fratrie). Elle décède à 41 ans, un an après avoir mis au monde Sylvianne, la petite dernière. Nous sommes en octobre 1962, Pierre a alors 9 ans. Mais ce drame lui est caché et il ne l’apprendra que lors de son retour à la maison qu’il avait quittée quelques années plus tôt.
En effet, Pierre est d’une santé fragile et souffre d’un début de tuberculose et de décalcification osseuse. Il passe sept ou huit mois à l’hôpital de Rambouillet, puis trois ans à Berck-Plage. Il est ainsi privé d’école, mais commence à apprendre à lire et à écrire seul à l’hôpital. Pendant ce temps, son père a la charge des quatre autres enfants. Une tante, Anna, vient l’aider, les grands s’occupent des petits. On cultive un jardin potager pour améliorer l’ordinaire, car les fins de mois sont difficiles. Une excursion organisée par le centre de Berck mène Pierre jusqu’à Lourdes. Heureux hasard ou miracle ignoré, nul ne sait !, mais les faits sont là : Pierre en revient en meilleure santé !
En 1965, Pierre rentre chez lui. Il a alors 12 ans et découvre que sa mère est décédée. C’est, pour le moins, un grand choc, dont il parle encore avec une profonde émotion. On lui a caché ce drame pendant trois ans. La maison lui semble grande et bien vide. Il entre alors à l’école en classe de CM1. C’est dur, mais ses frères et sœurs l’aident. En parallèle, il s’occupe de sa petite sœur Sylvianne. Tante Anna est toujours là, elle restera au total trois ou quatre ans pour aider la famille. Le père de Pierre travaille en plus chez des particuliers pour mettre un peu de « beurre dans les épinards ».
Pierre se présente au certificat d’études, mais échoue car, pour l’époque, il fait trop de fautes d’orthographe ! En revanche, il est bon en calcul. La mécanique l’intéresse, et il part comme apprenti mécanicien dans un garage de Rambouillet. Puis son père s’installe en Bretagne, plus précisément dans la région de Guingamp, avec les plus jeunes, Pierre et sa petite sœur. Il continue la mécanique, mais n’obtient pas son CAP car il ne suit pas les cours jusqu’au bout ! Il profite alors de l’achat par un membre de la famille d’un bar crêperie à Belle-Isle-en-Terre, dans les Côtes d’Armor, pour aider au service.
En 1971, à 18 ans, il part à Brest pour effectuer son service militaire dans la Marine. Mais il n’y fera que deux mois de classes et sera finalement ajourné pour cause de sureffectifs et en raison de ses antécédents de santé. Il y a toutefois appris à fumer, à jouer au baby-foot, au flipper et à faire du sport, et garde un bon souvenir de ces moments-là.
Lorsqu’il revient à Cherbourg, il se fiance avec Christiane Lequertier. Il faut dire qu’il la connaît depuis qu’il a 13 ans. En effet, la sœur de Christiane est mariée avec le frère de Pierre. Il l’a rencontrée, dans la boulangerie où elle travaille, à Orphin, tout près de Rambouillet. Lorsqu’ils se marient, il a 20 ans. Il trouve alors un petit boulot de laveur de voitures chez un concessionnaire Peugeot. Apprécié par ses patrons, il suit, tout en travaillant, une formation de plus d’un an pour réparer les moteurs de bateau, passe son permis poids lourds et de transport en commun, et devient chauffeur routier régional.
Il décide alors de s’installer à mi-chemin des deux familles, entre Orphin et Cherbourg, et se retrouve en HLM, à Yvetot. Ce logement dans une tour est un mauvais souvenir pour Christiane, malgré le bonheur des naissances de Nicolas en 1974, puis de Christine en 1976. Christiane ne travaille plus et suit Pierre lorsqu’il trouve une place de chef d’équipe pour construire un camping à proximité de Honfleur.
Pierre y reste presque trois ans. Il s’y plaît bien et y apprend beaucoup. Christiane travaille aussi, même si elle n’est ni déclarée ni rémunérée, et espère que le patron propriétaire du camping tiendra ses promesses d’embauche. Ce dernier refusant toujours de la salarier, Christiane décide de rendre son tablier. Pierre est déçu, mais solidaire, et ils quittent le camping sans emploi ni toit. Que vont-ils devenir ? Vont-ils rester au chômage et tomber dans l’assistance ? Ils n’y ont pas songé un instant et n’ont même pas contacté les services sociaux. Ils ont pris leur sort en mains.
En 1979, Pierre a 26 ans. C’est alors que débute l’aventure entrepreneuriale. Sans diplôme, mais validant ses années d’expérience, il s’installe comme artisan à Pont-Audemer (peinture, isolation, survitrage et double vitrage). Il a beaucoup appris au camping. C’est à cette même époque qu’il achète avec Christiane une petite maison (un peu délabrée !) à Pont-Audemer. Il fait un emprunt, alors qu’il n’a plus de salaire, mais ses anciennes feuilles de paye suffisent pour le dossier et le responsable local du Crédit agricole lui fait confiance. Ce dernier, récemment décédé, était devenu un ami et c’est cette même banque qui va le suivre dans tous ses projets d’entreprise. Il doit néanmoins rembourser l’équivalent d’un demi-salaire par mois. Les débuts sont difficiles. Le couple peine même à nourrir ses enfants qui partent quelque temps s’installer chez le frère de Pierre.
Pierre, curieux de tout, se rend à Paris au salon Bâtimat, axé sur l’isolation (le deuxième choc pétrolier de 1979 est passé par là). À son retour, il investit dans une machine pour combler le vide d’air dans les murs avec de la mousse injectée. C’est un investissement important pour un artisan, l’équivalent de 10 000 euros d’aujourd’hui. Mais la famille est solidaire, son père se porte caution et sa banque, toujours la même, lui fait une fois de plus confiance !
Il travaille sur les marchés, surtout le week-end, et trouve ses premiers clients (isolation des fenêtres, survitrage, Placoplâtre) parmi la clientèle locale, mais aussi parmi les Parisiens qui possèdent des résidences secondaires dans la région. Ses produits intéressent, sa bonhomie séduit. Il établit les devis dans la foulée, le jour même, et repart le plus souvent avec la commande avant le dimanche soir. Deux commandes par semaine suffisent à lui assurer un revenu équivalent au SMIC. Il travaille seul pendant presque deux ans, jusqu’en 1981. Pour améliorer l’ordinaire, il continue à poser des doubles vitrages, en tant que tâcheron, pour une menuiserie industrielle.
Mais notre artisan n’est pas seulement un excellent bricoleur, il est aussi un observateur avisé des dysfonctionnements du marché. C’est ainsi qu’à cette époque, alors qu’il fabrique artisanalement et pose des doubles vitrages, il constate que beaucoup de verres cassent et qu’il faut attendre de longues semaines, voire plusieurs mois avant de se réapprovisionner dans les mêmes qualités et caractéristiques de verre (taille, épaisseur) chez les géants verriers que sont Boussois ou Saint-Gobain. Sa décision est prise : il va mettre au point un procédé pour les fabriquer lui-même…
Aussi Pierre puise dans ses compétences en mécanique et invente une presse à rouleaux pour calibrer les vitrages. Sur les conseils de l’Anvar (Agence nationale de valorisation de la recherche), celle-ci fera d’ailleurs l’objet d’un dépôt de brevet en 1984. À cette date, il crée l’usine historique de ce qui est aujourd’hui le groupe VIP (Vitrages isolants de Pont-Audemer), entreprise en nom propre, à Beuzeville, dans l’Eure.
Il perfectionne sa machine initiale et invente la presse à tapis, pour laquelle un brevet est également déposé, en 1988. Cette même année, il présente sa machine au salon international du verre à Düsseldorf : il en vend une dizaine ! Un succès n’arrive jamais seul : les chambres de métiers de l’Eure, du Calvados et de la Seine-Maritime lui décernent le prix de gestion artisanale. Avec ce prix, il réinvestit rapidement afin de pouvoir innover – cette façon de faire sera constante : à chaque étape de sa réussite, loin de se laisser griser, quitte aussi à se payer peu, Pierre réinvestit les bénéfices pour aller vers de nouveaux produits et développer de nouvelles activités. Dans ses investissements, parfois audacieux, sa banque le suit toujours et lui fait confiance. Pierre n’est plus seul, VIP compte à ce moment-là une vingtaine de collaborateurs.
1989 marque le début d’une longue série de créations et d’acquisitions d’entreprises. Comme cela sera le cas à chacun de ses investissements, ce sont des raisons personnelles et une aventure humaine qui décident Pierre à créer VIC (Vitrages isolants du Cotentin) : une forte volonté de développer une activité dans la péninsule du Cotentin, une région chère à sa femme Christiane, ainsi qu’une rencontre avec un dirigeant de Saint-Gobain désirant quitter la « grande maison », mais qui hésite à se mettre à son compte. À cette période, Pierre ne sait pas encore qu’il formera un géant industriel français – mais qu’à cela ne tienne, le groupe Riou Glass était né !
À la fin de l’année, c’est la consécration : l’Office européen des brevets de La Haye le désigne comme inventeur et lui décerne un brevet pour son procédé de calibrage électronique du verre. C’est son premier et seul diplôme. Il en est très fier. Malgré ce succès, Pierre a des doutes. Que doit-il faire ? Fabriquer ses propres machines-outils ou poursuivre dans la transformation du verre plat et l’assemblage des vitrages isolants ? Si Pierre est animé par la passion, Christiane, qui avait appris à gérer les comptes, sera sa raison. Elle le persuade que la vente de vitrages est plus régulière que la vente de machines-outils. Le doute est ôté, le métier de l’entreprise familiale sera la transformation du vitrage : le virage était pris, les années qui suivront ne modifieront pas cette direction !
Après la Haute-Normandie, terre d’adoption du couple, et la Basse-Normandie, région d’origine de Christiane, Pierre rêve de revenir aux sources et de conquérir la Bretagne, une région à laquelle il voue un attachement profond. Ses vacances à Saint-Coudan, près de Kergrist-Moëlou, où se retrouvait toute la famille, oncles, tantes et cousins, restent encore aujourd’hui les plus beaux souvenirs de son enfance. L’opportunité se présente en 1993, lorsqu’il reprend à Loudéac une unité de fabrication de produits verriers en grande difficulté et ce à la demande du patron de l’époque. Pierre empêche la faillite personnelle de son homologue et ami entrepreneur et sauve une dizaine d’emplois. Il appelle tout naturellement cette usine VIB (Vitrages isolants de Bretagne).
En 1996, le vitrage isolant ne suffit plus. Pierre veut maîtriser tous les métiers de la transformation du verre et se lance dans les verres de sécurité. Les investissements se poursuivent avec l’agrandissement de l’usine VIP (5 000 mètres carrés) et la mise en place des équipements permettant la fabrication de verres trempés de sécurité et de verres émaillés.
L’entreprise familiale prend tout son sens en 1999, lorsque Nicolas entre officiellement dans la société pour épauler ses parents. Pierre est désormais rassuré, la relève est assurée ! Le self-made man à la française redouble alors d’efforts.
Si l’entreprise grandit et qu’un groupe se dessine, Pierre conserve malgré tout son esprit créatif. En 2000, il dépose la marque Pierre et Cristal à l’INPI. Son idée est simple, mais efficace : plutôt que de jeter les chutes de verre provenant de ses usines, il s’en servira pour fabriquer des assiettes, des appliques et d’autres objets de décoration !
L’aventure exceptionnelle continue en 2002 avec un nouvel agrandissement de VIP qui atteint aujourd’hui 11 000 mètres carrés. Les innovations s’enchaînent (four de fabrication de verres bombés, découpe automatisée du verre, fabrication automatisée des vitrages isolants…), et les investissements suivent : 10 millions d’euros, soit le double du chiffre d’affaires ! Pierre fait alors entrer des sociétés de capital-risque dans ses projets pour lever les fonds (ils sortiront du capital en 2007). La petite entreprise familiale devient peu à peu un groupe important. C’est à cette période que Pierre propose à l’un de ses fidèles partenaires financiers de le rejoindre pour mettre en application ses nombreux conseils.
Le groupe est sur les bons rails, la vitesse de croisière est atteinte. Pierre reprend en 2005 une nouvelle usine en difficulté à Montady, dans l’Hérault, et sauve une quarantaine d’emplois. Il crée SLPV (Société languedocienne de produits verriers). En 2006, il rachète deux usines au verrier britannique Pilkington : il renomme celle des Herbiers VIV (Vitrages isolants vendéens) et celle du Nord-Pas-de-Calais VIN (Vitrages isolants du Nord). Les frontières historiques de la Normandie et de la Bretagne sont dépassées : le groupe régional devient un véritable groupe industriel français.
Au cours de la même période, il crée une plateforme logistique de distribution du verre pour la région parisienne (en 2007) et, en parallèle, il crée STV (Société de transports verriers, qui détient 45 camions à ce jour) qui a pour vocation les transports internes de la production du groupe, l’avantage étant pour les chauffeurs de pouvoir faire 200 heures/mois (et de ne pas être limités aux 35 heures/semaine). « Travailler plus pour gagner plus » pourrait être le credo de Pierre, ce travailleur acharné. Ses collaborateurs le savent bien : il n’y a que le travail et le mérite qui priment. L’ascenseur social n’est pas en panne dans la société de Pierre : pour preuve, ce sont les anciens chefs d’atelier qui dirigent aujourd’hui ses deux usines SLPV et VIN.
Remarqué par Jacques Chirac et quelques préfets, Pierre est décoré de l’ordre national du Mérite, en 2008, par Hervé Morin. Il parle volontiers de son émotion lors de cette cérémonie où lui, le sans-grade et sans diplôme, s’est vu honoré par la République.
Une seule corde manquait à son arc dans la transformation du verre plat : la fabrication de verre feuilleté. Ce manque est comblé par le rachat de la société V2S (Vitrages de sécurité du Sud) à Narbonne, une entreprise spécialisée dans la fabrication des vitrages feuilletés destinés à la protection des biens et des personnes (équipement des gendarmeries, ambassades, prisons, etc.). Ceci le mène à accompagner Christian Estrosi en Irak, pays intéressé par ces technologies en raison de sa situation conflictuelle. Il doit y retourner sous peu.
2009 marque un nouveau tournant dans la petite entreprise devenue grande. À l’heure de la mondialisation et des grands groupes qui absorbent les petits, Pierre rachète Pilkington France, la filiale française du géant verrier mondial. Le groupe, qui s’appelle désormais officiellement Riou Glass, compte quatre nouvelles usines réparties en France et sa taille a doublé. Le groupe comprend maintenant plus de 800 personnes. La femme de Pierre Riou et son fils se partagent la direction générale. Il s’est doté d’une responsable RH parce que la réglementation du travail est compliquée ! Les partenaires sociaux ont fait leurs premiers pas dans le groupe. Pierre Riou est serein à cet égard. Quand il discute avec eux, il ne manque pas de leur dire : « Voyez d’où je viens, faites comme moi, travaillez et vous vous en sortirez. » Le message est entendu car Pierre Riou est resté abordable et estimé. Son parcours suscite le respect. Chacun sait qu’il se payait lui-même au SMIC il y a dix ans à peine. Et qu’aujourd’hui encore il vit modestement en se consacrant entièrement au développement de l’entreprise. Les ouvriers et les employés de Pilkington France ne s’y sont pas trompés lorsqu’ils ont eu à voter en 2009 pour choisir leur repreneur : Riou Glass l’a emporté avec 95 % des suffrages.
Pierre avoue travailler beaucoup (il est vrai qu’il ne prend guère plus d’une semaine de vacances par an !), il a peu de loisirs en dehors de sa famille et de ses petits-enfants. Son métier est la passion qui l’anime depuis plus de trente ans. Comme il aime le rappeler, ses usines sont toutes situées pas très loin de la mer, et ce sont ses « seules résidences secondaires ». C’est peut-être pour changer d’air qu’il sauve début 2010 une société en difficulté à la montagne ! Il s’agit d’AVS (Alliance du verre de Savoie). Pierre est insatiable et, désormais, les frontières de la métropole sont trop petites pour lui. Il rachète cette même année Soremir (Société réunionnaise de miroiterie), présent à La Réunion et à l’île Maurice. Pierre n’a pas fini de nous étonner, il a encore plein de projets en tête. Il n’oublie pas pour autant de se sentir concerné par les questions de société. C’est ainsi que son entreprise s’est associée au cours de l’été 2010 à l’opération La France en courant (www.lafranceencourant.org) avec l’équipe Riou Glass Endurance 72. Cette dernière a collecté en quatorze jours 3 000 euros destinés à la recherche ...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Avertissement
- Avant-propos - Il était une fois la France des bonnes nouvelles
- Première partie - De l’écume des jours aux lames de fond
- Deuxième partie - Partir de soi pour transformer les faits en conte de fées
- Troisième partie - Agir dans son milieu
- Quatrième partie - Devenir entrepreneur
- Cinquième partie - Douze conseils pour penser et agir autrement
- Du même auteur