Pasteur et ses lieutenants
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Pasteur et ses lieutenants

Roux, Yersin et les autres

  1. 272 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Pasteur et ses lieutenants

Roux, Yersin et les autres

À propos de ce livre

 « Comme celui de Napoléon, l'art de Pasteur consistait à toujours livrer bataille au moment choisi, à l'endroit choisi, sur son terrain », déclarait François Jacob. Que ferait un chef militaire sans lieutenants ? Le souvenir de Pasteur est encore présent dans nos mémoires, mais qui se rappelle Émile Duclaux, qui a donné son âme à l'Institut Pasteur ? Qui se souvient du docteur Roux, qui a vaincu la diphtérie ? Et ceux qui connaissent le BCG, que savent-ils de ses inventeurs, Calmette et Guérin ? Sait-on que c'est Élie Metchnikoff qui a découvert ce qui nous défend contre les microbes et que cela lui a valu le prix Nobel ? Connaît-on encore le nom d'Alexandre Yersin, qui a triomphé de la peste ? En France comme dans des contrées lointaines, ces lieutenants de Pasteur ont tous vécu des heures extraordinaires dans leur guerre contre les maladies infectieuses comme la rage, la diphtérie, le tétanos ou la tuberculose. Et c'est à eux qu'on doit le développement de l'hygiène, les vaccins et les prémices de la révolution antibiotique. Voici l'histoire de leurs combats, de leurs victoires. Annick Perrot est conservateur honoraire du Musée Pasteur. Maxime Schwartz a publié Comment les vaches sont devenues folles, Des microbes ou des hommes, qui va l'emporter ? (avec François Rodhain) et La Découverte du virus du sida (avec Jean Castex). Biologiste moléculaire, il a été directeur général de l'Institut Pasteur.

Foire aux questions

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Informations

Chapitre 1
Louis Pasteur raconte
Je me souviens de ce triste jour d’octobre 1838. J’avais 16 ans et le cœur serré. Une diligence m’emportait vers Paris, m’éloignant de mes parents, de mes amis, de mon pays. Mon cher camarade, l’insouciant Jules Vercel, m’accompagnait. Il allait préparer son baccalauréat. Pendant un long moment, il avait tenté de me consoler, de me faire rire en nous rappelant nos courses dans la campagne, entre rivière et coteaux du Jura, nos duels aux billes, le jeu de paume, les parties de pêche « à la fourchette » et les grands moments des vendanges… Puis, le bercement de la lourde voiture l’avait endormi.
Pour la première fois, je quittais donc Arbois pour rejoindre une pension située dans le Quartier latin, impasse des Feuillantines, dont le directeur M. Barbet, un Franc-Comtois, accueillait ses compatriotes avec générosité. Cette pension serait le point d’attache d’où je devais préparer le concours d’entrée à l’École normale. Tout le monde s’était ligué pour prendre cette décision : M. Romanet, le principal du collège qui avait convaincu mon père et ma mère, et le capitaine Barbier, un autre ami de la famille, qui avait trouvé une solution au problème financier que cet internat supposait.
Pendant ce voyage, j’eus tout loisir de me remémorer l’atmo-sphère de ma maison, l’odeur de la tannerie – que je n’oublierai d’ailleurs jamais –, les soirées passées auprès du poêle brûlant où mon père Jean-Joseph Pasteur, resté fidèle à l’Empereur, racontait ses campagnes. Conscrit en 1811, il avait participé à la guerre d’Espagne, à la campagne de France. Il avait atteint le grade de sergent-major quand il reçut le 12 mars 1814 la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Un mois plus tard, l’abdication de -Napoléon le mit à la retraite et il regagna son Jura. L’épopée avait été courte, mais avec quelle passion mon père en parlait ! Ébloui, je ne me lassais pas de ses récits. J’attendais toujours avec émotion le fameux épisode du sabre. Quand mon père revint à Salins, il dut déposer les armes. Après avoir connu l’enthousiasme suscité par l’enchaînement des victoires, il devait affronter le retour de la monarchie, ce qui le rendait amer, triste et aussi plein de colère. Elle fut à son comble quand il vit son propre sabre au fourreau d’un officier de police du nouveau régime. Il se précipita pour le lui arracher avec fureur. Le maire demanda réparation de l’outrage, mais le commandant de police refusa d’intervenir, et mon père fut porté en triomphe. Le sabre vint trouver sa place au mur entre deux portraits vénérés, ceux de l’Empereur et du roi de Rome.
Mon père était l’Histoire vivante qui nourrissait mon imagination. Il s’appliquait à me transmettre une instruction aussi complète que possible. Il complétait heureusement les connaissances acquises à l’école, où je n’étais qu’un élève moyen. De toutes les matières enseignées, le dessin avait ma préférence. Avec les encouragements de mon professeur, je m’exerçais au pastel et, un jour de 1835, à 13 ans, j’entrepris de crayonner avec mes bâtons de couleur le portrait de ma mère. Malgré mes maladresses, je pense avoir assez bien réussi son visage fin, ses yeux pleins de franchise. Comment traduire l’enthousiasme qu’elle manifestait en toute occasion ? Le petit succès que j’obtins me donna la hardiesse de dresser le portrait de mes voisins. Ma réputation se confirmait, et j’avoue que j’en éprouvais une certaine fierté. À Arbois, j’étais l’« artiste » ! Mais la personne dont l’avis, pour moi, comptait plus que tout autre ne l’entendait pas de cette oreille. Mon père ! Il ne voyait pas son fils rejoindre la cohorte des pastellistes ambulants proposant aux notables de province d’immortaliser leurs traits. Il avait d’autres ambitions : il rêvait pour moi d’une chaire de régent au collège d’Arbois. C’est à ce moment que M. Romanet, le principal du collège, prétendit avoir décelé chez moi « l’étincelle prête à jaillir » et parla de l’École normale à Paris. Mon père en fut tout abasourdi. Cette école prestigieuse qui a pour mission de former les enseignants en les préparant aux différentes agrégations lui paraissait inaccessible. Et puis la capitale, si lointaine et jugée dangereuse… et moi-même guère enthousiaste à cette idée… Finalement, réticences et obstacles furent levés : mon avenir était en jeu. C’est ainsi que je me retrouvai dans une diligence en route vers Paris.
Remontons le temps, que je dise quelques mots de ma famille et de ma naissance.
Mon père était né en 1791, pendant la Révolution. Orphelin dès son plus jeune âge, élevé par des tantes de Salins1, il s’était formé au métier qui avait été celui de son père, ouvrier corroyeur. On espérait le voir reprendre un jour la profession familiale dans une tannerie, mais son éducation avait été interrompue par l’épopée impériale, comme je l’ai rappelé plus haut. Après cette épopée, Jean-Joseph reprit son métier de tanneur. Puis, voici qu’il s’éprit d’une ravissante voisine, de deux ans sa cadette, Jeanne Étiennette Roqui, fille d’un ménage de jardiniers établi à Marnoz, village proche de Salins. Les noces furent célébrées le 27 août 1816 et mes jeunes parents s’installèrent à Dole, l’ancienne capitale de la Franche-Comté. Des rues étroites et tortueuses descendaient jusqu’à leur maison située au bord du canal du Rhin au Rhône. Une grande bâtisse de pierre, au sous-sol bas de plafond, et encombrée, tout le long de la berge, de fûts servant à la préparation des peaux2.
Mes parents eurent d’abord un fils, mort à quelques mois, puis une fille, Virginie, née en 1818. Avant de parler de ma propre naissance, il me faut mentionner un événement, en apparence mineur, qui se produisit en 1820.
Un industriel alsacien, Charles Kestner, préparait alors de l’acide tartrique à partir du tartre qui se dépose au fond des tonneaux de vin. Cet acide servait au mordançage des tissus en vue de leur teinture. Or il se trouva que l’acide tartrique obtenu par cet industriel, bien qu’identique dans sa composition à celui obtenu habituellement, en différait par quelques caractéristiques physiques. On lui donna le nom d’acide paratartrique. L’étude de ce composé devait décider de mon avenir3.
Je naquis le 27 décembre 1822. Louis XVIII régnait alors sur la France.
Je n’ai que peu de souvenirs de Dole, car nous ne devions pas rester longtemps dans ma ville natale. Dès 1825, mes parents allèrent s’installer à Marnoz puis, en 1830, à Arbois où une tannerie était à louer sur les bords de la Cuisance. C’est là que je devais passer toute mon enfance et où, devenu adulte, je devais revenir aussi souvent que possible, aménageant la maison en un pied-à-terre confortable, y poursuivant même occasionnellement mes recherches4. La famille s’agrandit bientôt. Joséphine et Émilie naquirent en 1825 et 1826. Mes deux cadettes, hélas, devaient avoir une triste destinée : la première, tuberculeuse, mourut à 25 ans et la seconde, handicapée mentale, à 26 ans.
Ma première expérience parisienne fit long feu. Malgré mes efforts, la gentillesse de M. Barbet et le soutien de l’ami Vercel, j’ai rapidement éprouvé le mal du pays. Je supportais difficilement la promiscuité des dortoirs et des salles d’étude, l’organisation quasi militaire de la vie au lycée. Alerté par Jules de l’état de dépression dans lequel je me trouvais, mon père vint me rechercher dès la mi-novembre.
Mon retour à Arbois fut peu glorieux, je devais surmonter la honte de mon échec. Cependant, la joie de retrouver les miens et mon environnement me donna une ardeur nouvelle. J’eus d’abord le grand plaisir de reprendre mes crayons et je dessinai une véritable galerie de portraits. Et puis, terminant ma classe de rhétorique5, l’élève moyen que j’étais devint le meilleur de la classe. Le découragement qui avait suivi l’épisode parisien fut vite surmonté et je recommençai à penser à l’École normale. J’étais prêt cette fois-ci à en préparer le concours. Pour éviter un nouvel échec, on ne parla plus de Paris. On se contenterait de Besançon, beaucoup moins éloigné et où se trouvait un excellent établissement, le -Collège royal.
En octobre 1839, je devins donc pensionnaire dans ce collège. Je n’en abandonnai pas pour autant ma passion pour le pastel puis, à partir de l’été 1842, pour la lithographie. Ma réputation d’artiste m’avait précédé. Élèves et professeurs m’assaillirent de demandes de portraits. Parmi ceux que je réalisai, je fus très satisfait de celui de Charles Chappuis, un camarade qui deviendrait pour la vie mon ami privilégié et mon confident. Entre 1836 et 1842, j’exécutai au total une quarantaine de pastels ou lithographies : outre le portrait de ma mère, de mon ami Chappuis et d’autres condisciples, mes voisins, les notables d’Arbois, des jeunes filles, une religieuse et pour finir, mon père. Cet ultime pastel, je le réalisai à la veille de mes 20 ans avec tout mon savoir-faire et l’affection que j’éprouvais pour cet homme méditatif et taciturne qui fut pour moi un éducateur attentif. J’avais compris que sa sévérité cachait une profonde tendresse. On a prétendu plus tard que tous ces pastels dénotaient un remarquable sens de l’observation, une qualité précieuse pour le futur homme de science !
Le succès que je rencontrai comme artiste ne me fit pas négliger mes objectifs. Voici une lettre retrouvée que j’écrivis à mes parents en janvier 1840 : « Des élèves m’ont dit que déjà l’on parlait quelque peu dans Besançon d’un élève du collège qui dessinait ses camarades. C’est que, comme je vous l’ai dit, le premier portrait que j’ai fait est exposé au parloir où va une foule de personnes, toutes celles qui viennent voir les élèves. Mais tout cela ne mène pas à l’École normale. J’aime mieux une place de premier au collège que dix mille éloges jetés superficiellement dans les conversations d’aujourd’hui. »
Comme j’étais jeune et présomptueux et péremptoire !
Cependant, je travaillais beaucoup et gagnais le rang des bons élèves. Le 28 août 1840, je devins bachelier ès lettres. Le jury estima mes résultats bons en grec, latin, rhétorique et philosophie, excellents en sciences et médiocres en histoire et géographie. Ce n’était qu’une étape. L’accès à l’École normale exigeait d’abord de passer avec succès le baccalauréat ès sciences. Le proviseur du Collège royal, qui m’appréciait et connaissait l’état des finances de ma famille, proposa de me nommer maître d’études suppléant, ce que je m’empressai d’accepter. Ce poste m’imposa un travail supplémentaire, mais me permit désormais de cesser, pour l’essentiel, d’être à la charge de mes parents. De plus, c’était un premier pas dans l’enseignement, la carrière à laquelle on me destinait.
Premier objectif, donc : préparer le baccalauréat ès sciences… avec ardeur. Était-ce parce que je consacrais trop de temps à mon activité artistique ou bien parce que je montrais trop d’assurance ? J’échouai. Ce revers me désarçonna et je dus faire appel à toute ma détermination pour me remettre au travail. Cette fois, en août 1842, je réussis… malgré une note « médiocre » en chimie6. Dans ce même temps, j’avais deux fers au feu : je préparais le concours d’entrée à l’École normale… et celui de Polytechnique. En effet, mon attirance pour les choses pratiques plutôt que pour les théories abstraites se précisait et me faisait envisager une carrière d’ingénieur, à laquelle préparait mieux l’École polytechnique. Mon bonapartiste de père aurait peut-être apprécié que j’y entrasse, mais je n’avais guère d’attirance pour la chose militaire. J’hésitais entre ces deux options et je débattais du choix décisif avec Chappuis. Ce sage ami pesait les avantages de l’une et l’autre : « Il y a plus de brillant d’un côté [Polytechnique bien sûr], mais je vois de l’autre [Normale] la vie si douce, tranquille de professeur, monotone quelquefois il est vrai, mais pleine de charme pour qui saura s’y plaire. » Je choisis la vie « monotone et pleine de charme », c’est-à-dire l’École -normale.
Je me présentai donc au concours et figurai sur la liste des admissibles, classé quinzième sur vingt-deux. Un dilemme se présenta alors. Fallait-il tenter la deuxième phase en vue de l’admission ? Peut-être aurais-je alors été classé parmi les douze premiers, et donc reçu. Toutefois, il fallait être parmi les cinq premiers pour bénéficier d’une bourse entière, les suivants ne bénéficiant que d’une demi-bourse, ce qui aurait été loin de subvenir à mes besoins. L’objectif me paraissant impossible à atteindre, je renonçai et décidai de préparer à nouveau le concours l’année suivante. Cette fois-ci, ce serait à Paris.
De retour à la pension Barbet, je retrouvai mon ami Chappuis. Mon emploi du temps était réglé « comme du papier à musique » : cours au lycée Saint-Louis, répétitions destinées à payer mes études, travail dans une bibliothèque voisine le jeudi et, le dimanche, promenade et discussions philosophiques avec Chappuis dans les jardins du Luxembourg. Et, alors que l’enseignement du lycée Saint-Louis n’avait pas débuté, je me précipitai aux leçons que donnait à la Sorbonne Jean-Baptiste Dumas, « premier des chimistes français », extrêmement populaire parmi les étudiants. Jamais je n’oublierai l’impression des premiers jours, le silence attentif de l’auditoire ou les exclamations passionnées qui saluaient les envolées lyriques du maître. Ah ! Dumas, l’« allumeur d’âmes », je lui conserve toute ma vénération. Encore une de mes lettres à mes parents qui atteste du succès de ces leçons :
« Vous ne pouvez vous figurer quelle affluence de monde il y a à ce cours. Il faut aller une demi-heure d’avance pour avoir une bonne place, absolument comme au théâtre. Pareillement, on applaudit beaucoup. Il y a six ou sept cents personnes. »
Enfin, l’ardeur et la volonté mises à poursuivre la voie tracée furent récompensées. Présenté au concours général de physique, je remportai un accessit ; à Saint-Louis, ce fut un premier prix. Et surtout, je fus reçu à l’École normale, cette fois à un rang plus qu’honorable : quatrième de la promotion de 1843. J’avais 21 ans.
Alors que je rencontrais ainsi mon premier succès, un petit enfant en connaissait également un, à sa mesure. C’était à Aurillac, dans le lointain Cantal. Il se prénommait Émile, Duclaux de son nom de famille, et il devait devenir le premier de mes collaborateurs. Son exploit ? Alors qu’il n’avait que 3 ans, il était allé à un concert avec ses parents. Pour le faire tenir tranquille, on lui avait donné un programme. À la grande surprise des parents, il s’était mis à en lire le texte à haute voix, montrant ainsi une précocité extraordinaire !
images
L’École normale supérieure vers les années 1850.
En médaillon en haut à gauche : Louis Pasteur, alors qu’il est élève à l’École.
1- Depuis plusieurs générations, Salins, dans le Jura, était le berceau de la famille Pasteur.
2- Cette maison, la maison natale de Louis Pasteur, a été transformée en 1923 en un musée qui n’a cessé de se développer dans une ville dont Louis Pasteur est le héros tutélaire.
3- Nous aurons l’occasion d’y revenir !
4- Cette maison peut être visitée. Elle a été conservée telle qu’elle était du temps de Louis Pasteur, et l’on y sent encore sa présence, comme s’il venait de la quitter.
5- Notre classe de première d’aujourd’hui.
6- Ironie de l’Histoire pour celui qui allait révolutionner cette -discipline !
Chapitre 2
Une lumière
et un étudiant… polarisés !
À la grande stupéfaction du directeur des études de l’École normale, Louis se présenta dès le lendemain de la publication des résultats du concours ! À l’époque, l’installation matérielle de l’École, qui n’avait pas encore rejoint son lieu définitif, laissait beaucoup à désirer. Voici ce qu’en écrit Louis : en dépit de son rayonnement, « [elle] ne payait cependant pas d’apparence. […] Il avait fallu la soutenir par des étais, cette vieille demeure de la rue Saint-Jacques. Tout menaçait de s’effondrer ». Elle devait emménager en 1847 dans de nouve...

Table des matières

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Préface
  6. Prologue
  7. Chapitre 1 - Louis Pasteur raconte
  8. Chapitre 2 - Une lumière et un étudiant… polarisés !
  9. Chapitre 3 - L’enfant du Cantal
  10. Chapitre 4 - Battements de cœur chez Biot et chez Pasteur
  11. Chapitre 5 - Des cristaux aux microbes
  12. Chapitre 6 - Émile Duclaux raconte
  13. Chapitre 7 - Le ver à soie, la guerre, la bière
  14. Chapitre 8 - Un self-made man
  15. Chapitre 9 - Microbes et maladies
  16. Chapitre 10 - Émile Roux raconte
  17. Chapitre 11 - L’apôtre
  18. Chapitre 12 - Un médecin de la marine
  19. Chapitre 13 - Sans père et sans prénom
  20. Chapitre 14 - Pasteur et Roux, la rage vaincue
  21. Chapitre 15 - Roux, Yersin et le poison bactérien
  22. Chapitre 16 - Création de l’Institut Pasteur
  23. Chapitre 17 - L’outsider
  24. Chapitre 18 - Roux, la diphtérie vaincue
  25. Chapitre 19 - Albert Calmette raconte
  26. Chapitre 20 - Un explorateur en Indochine
  27. Chapitre 21 - Alexandre Yersin raconte
  28. Chapitre 22 - Le roi est mort, vive le roi !
  29. Chapitre 23 - L’Institut Pasteur de Lille
  30. Chapitre 24 - Un directeur pas comme les autres
  31. Chapitre 25 - Metchnikoff, lauréat du prix Nobel
  32. Chapitre 26 - Le BCG, magnifique succès, terrible drame
  33. Chapitre 27 - Un moine laïque
  34. Chapitre 28 - Des instituts comme des champignons
  35. Chapitre 29 - Monsieur Nam
  36. Épilogue
  37. Chronologie
  38. Bibliographie
  39. Remerciements
  40. De Maxime Schwartz chez Odile Jacob